III. DE L’ARTICULATION DE LA HANCHE
La fréquence et la gravité des maladies articulaires de la hanche demandent un soin particulier dans l’examen de cette région ; son étude doit comprendre 1° les puissances motrices ; 2° les moyens d’union ; 3° les surfaces articulaires.
1° Puissances motrices. Elles ont avec l’article des rapports moins iutimesici qu’à l’épaule. Toutefois nous les diviserons en doux groupes, suivant qu’elles exercent une action plus ou moins immédiate sur l’articulation. — A. Extrinsèques. 1° Muscles abducteurs. — Le grand fessier est extenseur et abducteur du membre — Le moyen est congénère du précédent. — Le petit fessier est en outre tenseur du fascia lata. — 2° Muscles adducteurs. — Les trois adducteurs ramènent la cuisse en dedans, et sous ce rapport ils sont antagonistes des précédents; mais, comme eux, ils la tournent un peu dans la rotation en dehors. — 3° Muscle fléchisseur. Le pecliné opère la flexion et un peu l’adduction du membre.
— B. Intrinsèques. — 1° Muscles rotateurs et adducteurs. Le pyramidal , le carré crural el les obturateurs interne et externe concourent à porter le fémur dans la rotation en dehors et un peu dans l’adduction. — 2° Muscles rotateurs et abducteurs. Les jumeaux supérieur et inférieur inclinent le membre dans la rotation en dehors et un peu dans l’abduction. — 3° Muscles rotateurs et fléchisseurs. Le grand psoas et l'iliaque fléchissent la cuisse et la dirigent un peu en dedans , en même temps qu’ils lui impriment un mouvement de rotation en dehors. — Les fibres antérieures du moyen fessier représentent le seul rotateur en dedans. — Enfin nous devons ajouter le crural antérieur, qui n’a pas d’action immédiate sur l’articulation , mais qui par sa disposition autour du cotyle s’oppose à la luxation en avant.
C’est à cette prépondérance des muscles rotateurs en dehors qu’on a généralement attribué la rotation que la cuisse présente dans ce sens après les fractures du col fémoral. Mais si l’action musculaire en était la cause unique , comment pourrait-on ramener aussi facilement la pointe du pied en dedans (Desault), et expliquer la cessation du phénomène par la seule position demi-fléchie (Dupuytren)? Chaussier a démontré , dés 1786 , que le poids du membre produit ce résultat sur un cadavre dépouillé de muscles. M. Mercier donne l’explication suivante : si de la cavité cotyloïde , on mène une ligne qui gagne directement le talon dans le décubitus dorsal , on trouve que la plus grande partie de l’épaisseur du membre et par là môme son centre de gravité se trouvent en dehors de cette ligne , et l’on conçoit que cet excédant de poids contribue d’une manière puissante à l’entraîner de ce côté. » (Gaz. Méd., 1835.) — La rotation en dehors n’a de valeur comme signe dans les fractures du col qu’autant qu’elle est combinée avec un raccourcissement réel du membre. Dans les cas rares où il y a rotation en dedans, on pense qu’il s’agit de fractures au-dessus ou au-dessous du trochantin , c’est-à-dire disposées de façon que les muscles ro-