‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 120 sur 142 · DU SQUELETTE · texte numérisé non relu

DU SQUELETTE

Le fémur est composé d’un tissu compacte tellement solide qu’il faut une force énorme pour le rompre; mais comme il

est Irès-allongé, arqué en avant, et moins épais à sa partie moyenne qu’à ses extrémités (je lui ai trouvé pour circonférence , en bas, 60 lignes ou 135 mm; en haut, 50 lignes ou 122 mm; et au milieu, 42 lignes ou 94 mm, sur une longueur de 17 pouces 8 lignes ou 481 mm), il cède assez souvent aux causes fracturantes. Sa direction courbe et sa torsion sur luimême commandent l’application d’attelles flexibles qui se moulent sur la forme du membre, de manière à faire ensuite un tout solide avec le bandage amidoné. Une seule attelle antérieure inflexible repousse trop les fragments en arrière; mais on peut en tirer parti dans quelques cas. On a beaucoup discuté sur les variétés de déplacement et leurs causes. Voici ce que j’ai observé : dans les fractures sous-trocliantériennes, le fragment supérieur se porte d’ordinaire en avant et un peu en dehors , probablement sous l’action des psoas et iliaque qui le relèvent en le tournant un peu en dehors. (Le remplissage interne de M. Guyot est ici, comme dans les fractures du col, peu conforme aux indications à remplir.) L’inférieur remonte en dedans et en arrière. — A la partie moyenne, souvent la convexité normale est augmentée et la saillie devient antérieure, due à un seul fragment ou aux deux bouts réunis. On l’a attribuée à la contraction des muscles internes et postérieurs qui deviennent tenseurs de l’arc décrit par le fémur, et fléchisseurs des fragments. — En bas, l'inférieur tend à basculer en arrière, dans le creux poplité où le tirent les jumeaux; j’ai constaté plusieurs fois une déformation notable du genou. — Au reste ces déplacements sont conditionnels et variables; ils dépendent beaucoup aussi de l’obliquité de la fracture , de la direction des causes fracturantes, etc. Le seul constant est le déplacement suivant la longueur; de là, l’utilité de Y ex tension permanente dans le traitement. Je réussis à guérir la plupart des cas sans raccourcissement ni difformité, à l’aide d’un appareil très-simple que M. Eocachon a décrit dans sa thèse (Strasbourg, 1840), et dans le Bulletin thérapeutique (1841, XX — 97). Position

étendue; prise du point d’appui jusque sur le fragment inférieur; extension parallèle, continue, toujours égale. Absence de contre-extension, etc. Tels sont ses caractères principaux.

On a nié l’existence des fractures longitudinales ; j’en ai recueilli un bel exemple en 1840 sur un sexagénaire qui six mois auparavant s’était cassé la cuisse. Il y avait une fracture longitudinale , parallèle à l’axe du fémur , contournée comme lui, et le divisant en deux moitiés latérales. Elle occupait depuis le col jusqu’au tiers inférieur de l’os, dans une étendue de 1 1 pouces (297 mm). La consolidation, incomplète, était due à des ponts osséo-fibreux (voyez les détails dans YEsculape, 6 déc. 1840),

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