‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 126 sur 142 · I. FACE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

I. FACE ANTÉRIEURE

Elle esj. formée de deux plans obliques en avant , dont la crête du tibia représente l’intersection.

Couches anatomiques. — 1° La peau est peu mobile, assez ferme et garnie de follicules pilifères. Ses adhérences et son peu d’extensibilité brident le développement des abcès et des tumeurs qui restent aplaties; elles rendent longues à guérir les plaies avec perte de substance.

— 2° La doublure tôguraentaireestcellulo-fibreuse, dense, assez résistan te , et ne renferme que peu de vésicules adipeuses . Sur le plan interne où l’aponévrose est confondue avec le périoste, elle se confond elle-même avec ces tissus; de là , après les coups et les chutes sur cette face , la formation de tumeurs analogues aux bosses sanguines qu’on trouve sur les os du crâne. La position superficielle de l’os l’expose à l’action directe des causes vulnérantes , et permet au chirurgien de choisir cet espace pour les résections partielles, l’extraction des séquestres , etc. Chez les personnes peu grasses, la couche adipeuse se distingue du fascia superficialis qui la double.

La veine saphène interne rampe dans cette couche : elle glisse sur la malléole interne et remonte obliquement en dedans jusqu’au bord postérieur du condyle fémoral interne. — Le nerf saphène interne , formé des deux racines que nous connaissons, suit en sens inverse le trajet et la division de la veine jusqu’au gros orteil. — On pratique souvent la saiguée de la saphène pour rappeler les règles , combattre les congestions cérébrales , enlever les douleurs d’une attaque de goutte sur le gros orteil , etc. Cette phlébotomie est parfois suivie de névralgie qu’on attribue à la piqûre ou à la section incomplète des filets nerveux. On a conseillé de replonger l’instrument pour en achever la division. Il serait mieux d’essayer d’abord les fomentations opiacées. — La sa-

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phone est le siège de prédilection des varices; fréquentes chez les femmes qui ont eu beaucoup d’enfants, chez ceux qui marchent beaucoup ou qui travaillent debout, elles entretiennent une congestion morbide sur la jambe; de là, des furoncles , des érysipèles, des abcès , et très-souvent des ulcères que la rupture ou l’érosion de la veine peut compliquer d’hémorrhagies. On a un moyen palliatif dans l’usage des chaussettes. L’oblitération du tronc variqueux parles caustiques est le plus innocent des procédés opératoires qui ont été proposés.

Les lymphatiques proviennent la plupart du dos du pied , et se dirigent vers le côté interne du membre; c’est là qu’on voit leurs lignes rouges, dans lalymphite; c’est là qu’on pratique les frictions mercurielles.

— 3° L'aponévrose jambière , sur le plan interne , est remplacée par le périoste du tibia. Sur le plan externe , elle répond à un espace ossêo-fibreux, prismatique, compris entre les deux os , et le ligament inter-osseux. L'aponévrose jambière antérieure le ferme en avant. Elie se fixe à la tète du péroné, se fortifie par des expansions de la patte d’oie, et, s’insérant à tout le bord antérieur du tibia, se porte en dehors vers le péroné où elle se divise en deux lames: l’une passe au-devant des péroniers latéraux et vient s’attacher au bord externe de l’os; l’autre, se fixant aussi à son bord externe , complète une nouvelle gaine osséc-fibreuse qui loge ces deux muscles. En bas, elle se confond avec le ligament annulaire antérieur du tarse. De sa face interne se détachent quelques lamelles inter-musculaires. La force et le peu d’extensibilité de l’aponévrose jambière brident les suppurations profondes. On a souvent occasion de voir , dans les fractures compliquées , combien cette barrière influe sur l’extension des fusées purulentes. De là , parfois l’utilité des dôbridements.

— 4° Le nerf poplité externe glisse entre la tète du péroné et le long péronier latéral , et se divise bientôt en deux

branches : la lro ( nerf tibial ) appartient aux couches suivantes; la 2me (nerf péronier musculo- cutané) descend sous l’aponévrose, entre le long péronier et l’extenseur commun , jusqu’au tiers inférieur de la jambe où elle perce l’aponévrose pour devenir sous-cutanée et gagner la malléole externe. J’ai mis à profit ces dispositions dans la sciatique , où j’ai poursuivi avec succès les douleurs par des vésicatoires saupoudrés de morphine et placés successivement sous l’ischion , sur la tête du péroné et au-dessus de la malléole péronière.

— 5° L’espace osséo-fibreux prismatique renferme six muscles. De dedans en dehors: — A. Le jambier antérieur (tibiosus-tarsien) côtoie de haut en bas la face externe du tibia jusqu’au ligament du tarse. — B. V extenseur du gros orteil (péronéo-sus-phalangeltien) n’est apparent qu’au tiers inférieur de la jambe; il sépare le précédent du suivant qui le recouvre un peu. — C. L’extenseur commun ( péronéo-susphalangettien commun), inséré en haut à des cloisons qui l’isolent du jambier antérieur et du grand péronier , descend verticalement entr’eux jusqu’au ligament annulaire du tarse où il se divise en 4 tendons. — D. Le péronier antérieur ou petit péronier ( péronèo-sus-métatarsien ), dont l’existence n’est pas constante , se borne, comme l’extenseur du gros orteil , au tiers ou à la moitié inférieure de la jambe, où il apparaît entre le précédent etlemoyen ou court péronier latéral. — Àiusi on voit que ces quatre muscles sont imbriqués et alternativement longs et superficiels, courts et profonds; les deux tiers supérieurs sont occupés par le jambier antérieur et l’extenseur commun. Leur interstice est célèbre en médecine opératoire. — E. Le grand ou long péronier latéral ( pèronéo-sous-tarsien ) , limite externe de la région antérieure, d’abord accolé à l’extenseur commun , s’en éloigne eu descendant derrière la cheville. — F. Le moyen ou court péronier latéral (péronéo-sus-métatarsien ), borné , comme l’antérieur, à la moitié inférieure de la jambe,

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est placé entre lui et le précédent. Il est , comme ce dernier , extenseur du pied et rotateur en dehors. Nous en verrons l’influence sur le pied-bot.

Les cloisons fibreuses inter-musculaires sont peu prononcées en bas; la lre sépare le jambier antérieur, en haut de l’extenseur commun , en bas de l’extenseur du gros orteil. La 2rae isole les deux extenseurs , dont l’interstice importe à connaître pour la ligature de la tibiale. La 3me, ou gaine fibreuse des péroniers latéraux , s’interpose entre l’extenseur commun et le grand péronier en haut, entre le petit et le moyen en bas.

— G. Le nerf tibial antérieur , rameau interne du poplité externe , traverse obliquement l’extenseur commun , et descend au-devant du ligament inter-osseux sous et entre le jambier antérieur et les deux extenseurs, en croisant la direction de l’artère; il lui est externe en haut et interne en bas.

— H. L ’ artère tibiale antérieure, née de la poplitée, traverse d’arrière en avant le jambier postérieur et le ligament interosseux, et chemine entre le jambier antérieur et l’extenseur commun , sous l’extenseur du gros orteil; à mesure qu'elle s’approche du pied, elle devient plus superficielle, et près des malléoles, elle se place sur la face aniéro-externe du tibia où l’on peut la comprimer. Son trajet est représenté par une ligne qui, du milieu de l’intervalle de la tête du péroné à la tubérosité du tibia, irait tomber sur le milieu de l’espace inter-malléolaire, où la tibiale s’engage sous le ligament pour prendre le nom de pédieuse. Rarement atteinte d’anévrysme spontané , elle est souvent intéressée dans les plaies. En haut, elle est trop profonde pour être liée; en bas, elle est trop voisine de l’articulation , et la compression peut y remplacer la ligature. Entre ces deux points , on la cherche dans l’interstice qui sépare le jambier antérieur, en haut de l’extenseur commun , et en bas de l’extenseur du gros orteil. En un mot, c’est toujours dans le 1er interstice à partir du tibia ; c’est un point sûr de ralliement pour se retrouver, si l’on tombait d’abord dans le 2me.

ï\/l ANATOMIE MÉDICO-CHIRURGICALE.

— I. La veine tibiale, souvent double, suit l’artére et ses divisions.

— J. Les lymphatiques sont peu nombreux. On trouve un ganglion sur le trajet de l’artére.

— K. Le poplité interne fournit un rameau, négligé par plusieurs anatomistes , rameau qui traverse le ligament interosseux , suit quelque temps l'artère , et se consume dans les muscles antérieurs. On pourrait l’appeler 2rac nerf tibial antérieur.

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