‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 134 sur 142 · I. FACE SUPÉRIEURE OU DORSALE · texte numérisé non relu

I. FACE SUPÉRIEURE OU DORSALE

Cette face , bombée à son origine , s’aplatit en s’inclinant en dehors et vers les orteils. Elle est sillonnée de veines et de reliefs tendineux.

Couches anatomiques. — 1° La peau, en général souple et extensible , devient rugueuse chez ceux qui marchent nupieds. La pression des chaussures y développe des indurations partielles et douloureuses. Le durillon est un sitfiple épaississement de l’épiderme ; Y oignon est un corps à large base , avec plusieurs feuillets superposés qui adhèrent à la peau en plusieurs points; mais souvent aussi il dépend de la formation accidentelle d’une bourse muqueuse devenue malade. Parfois il s’en développe une sur le 1er métatarsien chez ceux qui portent des sabots ou des chaussures lourdes. Chez l’adulte la peau dorsale se couvre de quelques poils.

— 2° La doublure des téguments se compose d’une couche cellulo-fibreuse , lâche et faiblement unie à la peau ; aussi se laisse-t-elle aisément pénétrer par les infiltrations séreuses et purulentes. Elle renferme quelques vésicules adipeuses , dont l’exubérance constitue le pied gras.

La veine saphène interne naît de veinules éparpillées sur

le gros orteil et sur le dos du pied où elles forment une arcade transversale qui communique en dehors avec la saphène externe. Celle-ci reçoit les radicules qui proviennent du bord externe du pied et des derniers orteils. — Les lymphatiques sont nombreux; ils remontent vers la jambe. Il est facile d’en découvrir sur les côtés du gros orteil; c’est là d’ordinaire qu’on cherche un de ces vaisseaux pour injecter ceux du membre inférieur.- Les derniers filets des nerfs saphènes se distribuent, ceux de V externe aux deux derniers orteils; ceux de Yinterne, aux autres. Le musculo-cutané s’y termine également.

— 3° L'aponévrose dorsale , d’un tissu dense et fibreux , née du ligament annulaire antérieur du tarse et des latéraux, s’épanouit sur le dos du pied , entre les tendons extenseurs des orteils , et s’insère en dedans et en dehors au 1er et au 5me métatarsien jusqu’à la racine du gros et du petit orteil. En avant, elle se perd sur le dos des orteils.

— 4° Couche tendineuse ; de dedans en dehors : A. Le tendon du jambier postérieur fixé au scaphoïde et au 1er cunéiforme. — B. Le jambier antérieur inséré au 1er cunéiforme et au 1er métatarsien. — C. L'extenseur du gros orteil terminé à la tête de sa phalangette. — D. L'extenseur commun dont les 4 tendons , fortifiés par ceux des lombricaux et des inter-osseux, croisent le muscle pédieux, et se comportent, pour les quatre derniers orteils , comme l’extenseur commun des doigts . — E . Le petit péronier ou péronier an térieur , implan té sur le Ôme métatarsien. — F. Le moyen ou court péronier latéral terminé en arrière du précédent. Les trois premiers tendons possèdent une synoviale particulière qui tapisse leurs tendons et leurs gaines, en formant un cul-de-sac au-dessus et au-dessous du ligament annulaire; celle de l’extenseur du gros orteil se prolonge plus loin. Le péronier antérieur reçoit un diverticulum de la capsule synoviale de l’extenseur commun. Le moyen ou court péronier latéral en a une spéciale. Les plaies du cou-de-pied et les sections des tendons dans ce

DU PIED

point ne seraient pas sans danger. L’inflammation pourrait amener la perle des mouvements et des suppurations profondes.

— 5° Une aponévrose mince, insérée à la face supérieure du calcanéum, recouvre le muscle pédieux; MM. Lacroix et Maslieurat (Gaz. Méd., 1840, p. 275) ont montré qu’elle enveloppe ses tendons et se perd peu à peu dans le tissu cellulaire des orteils.

Le muscle pédieux ou petit extenseur des orteils, inséré sur le calcanéum et le ligament annulaire, se dirige obliquement en dedans, et se termine par 4 tendons, dont l’interne se fixe à la lre phalange du gros orteil, et les 3 externes s’unissent à l’extenseur commun.

- — 6° L’aponévrose profonde, décrite par M. Gerdy, s’étale sur le métatarse et les muscles inter-osseux , et complète la gaine fibreuse du pédieux. — On conçoit maintenant qu’il puisse exister deux espèces d’abcès sous-aponévrotiques sur le dos du pied.

— 7° L’artère pédieuse , continuation de la tibiale antérieure, parfois sous-cutanée, descend d’ordinaire sous l’aponévrose et l’extenseur commun au côté externe de l’extenseur du gros orteil, et s’engage dans le 1er intervalle métatarsien pour traverser le 1er muscle inter-osseux et gagner la plante du pied où elle s’abouche avec la plantaire. Elle se termine par les collatérales du gros orteil. Au niveau du scaphoïde , elle fournil Y artère du tarse qui se porte en dehors vers le muscle pédieux où elle se consume, en s’anastomosant avec les malléolaires. L'artère du métatarse décrit une courbe dont la convexité produit les inter-osseuses dorsales qui communiquent avec les perforantes , et sont destinées aux quatre derniers orteils. — On découvre la pédieuse par une incision oblique du milieu du cou-de-pied au 1er espace métatarsien. La compression peut souvent suffire ; son tronc d’origine pourrait être comprimé sur le tibia.

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