‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 64 sur 142 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Bc l’Épaule.

Les épaules représentent chacune un conoïde dont la base correspond à la poitrine , et le sommet à l’articulation seapulo-humôrale. Par leur réunion au sternum, à l’aide de la clavicule, elles constituent une sorte de demi-ceinture osseuse mobile autour du thorax. Elles sont annexées au tronc, mais sans lui appartenir, bien que M. A. Eérard ait prétendu qu’on ne pouvait les regarder comme faisant partie des membres, sous le prétexte que leurs maladies offrent les mêmes caractères et réclament le même traitement que celles du torse ( Dicl . en 25 vol. 1839, XIX , 359). Chez l’homme , le moignon de l’épaule, déjeté en dehors par la clavicule , fait une saillie prononcée qui manque chez les quadrupèdes où le membre thoracique sert à la progression et n’est pas pendant à côté du tronc. Une remarque importante qui trouve naturellement ici sa place, c’est que l’articulation humérale peut exécuter des mouvements de totalité qui sont dus au déplacement du scapulum , ce qui n’existe pas à la hanche et ce qui contribue beaucoup à augmenter la mobilité du membre supérieur; et, comme l’os qui sert d’arc-boutant, peut se rompre par contre-coup et soustraire au choc la cavité glénoïde , de là une très-grande différence entre les effets des chutes sur le moignon de l’épaule ou sur le grand trochanter.

Dans le langage vulgaire , l’épaule n’a pas la même étendue que dans le langage anatomique. La physiologie et l’ostéogénie montrent qu’il faut y rattacher la clavicule et l’omoplate qui forment deux régions spéciales. MM. Blandin et Velpeau y comprennent aussi l’espace sous-claviculaire

DK l’épaule.

qu’ils ont nommé axillaire. Mais cette région, dit M. Malgaigne, n’appartient pas plus à l’épaule que celle du trapèze et du grand dorsal; elle a au contraire avec la poitrine et les mamelles des connexions intimes qu’il était utile de conserver. On ne saurait approuver cette extension insolite donnée à une dénomination dont le sens était nettement fixé jusqu’à nous; le creux de Vaisselle constitue, en anatomie comme en chirurgie , la vraie région axillaire.

Nous diviserons l’épaule en régions : 1° de la clavicule , 2° du scapulum, 3° de l’aisselle, 4° du deltoïde, 5° de l’articulation scapulo-humérale.

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