‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 67 sur 142 · I. La région sus-épineuse répond à la fosse du même nom · texte numérisé non relu

I. La région sus-épineuse répond à la fosse du même nom

Couches anatomiques. — 1° L’extrémité du trapèze se fixe au tiers externe du bord postérieur de la clavicule , à l’acromion et à l’épine scapulaire.

— 2° Une couche cellulo-adipeuse sépare les deux plans de muscles et renferme les vaisseaux et nerfs sus-épineux. Les artères proviennent des scapulaires postérieure et supérieure; les nerfs du sus-scapulaire.

— 3° L'aponévrose sus-épineuse est difficilement séparable des muscles qu’elle recouvre ; elle s’insère à l’épine et au bord postérieur du scapulum, et se confond avec les ligaments de l’articulation scapulo-claviculaire.

— 4° Le muscle sus-épineux remplit toute la fosse du même nom , et va s’attacher à la grosse tubérosité de l’humérus ; il est abducteur et élévateur du bras , ce qui le rend congénère du deltoïde. Il tire en haut et eu dehors le fragment supérieur dans les fractures du col huméral.

IL région sous-épineuse. — Couches anatomiques. — 1° Premier plan musculaire. A. En avant , les insertions du deltoïde à l’épine de l’omoplate; B. en arrière, celles du trapèze ; C. en bas , le bord du grand dorsal qui reçoit souvent quelques fibres de l’angle inférieur du scapulum.

— 2° L 'aponévrose sous-épineuse, forte et résistante , naît en haut de l’épine où elle se confond avec les insertions fibreuses du trapèze et du deltoïde; en dedans, et en dehors , des bords du scapulum; et en avant, elle s’étend sur l’articulation scapulo humérale où se termine aussi celle du bras.

de l’épaule.

— 3° Les muscles grand et petit ronds se rendent de l’angle inférieur de l’omoplate , le 1er à la coulisse bicipitale et le 2me au trochiter. L’un est rotateur du bras en dedans et en arrière , et l’autre abducteur.

— 4° Le muscle sous-épineux remplit la fosse du même nom , et monte se fixer au trochiter. Il est congénère des deux précédents, et agit comme eux dans les fractures du col huméral.

— 5° Plus profondément rampent les vaisseaux et nerfs. Les artères scapulaire supérieure et sous-scapulaire fournissent chacune une branche; le nerf sus-scapulaire donne quelques rameaux.

III. La région sous-scapulaire répond à la fosse du même nom.

Couches anatomiques. — 1° Une couche lâche de tissu cellulaire séreux se continue avec l’aisselle.

— 2° L 'aponévrose sous-scapulaire est mince et cellulofibreuse.

— 3° Le muscle sous-scapulaire remplit la fosse du même nom , et va s’attacher au trochin. Il est adducteur et rotateur du bras en dedans. Ce muscle reçoit quelques branches des artères scapulaire postérieure , sous-scapulaire et circonflexe postérieure; ses nerfs lui viennent de faxillaire , outre les rameaux sous-scapulaires, au nombre de deux ou trois.

Les abcès sous-scapuiaires sont toujours graves parce que leur profondeur les rend difficilement accessibles aux agents d’exploration et d’évacuation. Font-ils saillie vers l’aisselle? c’est là qu’il convient de les ouvrir. Sinon, on pourrait les attaquer par la trépanation du scapulum,à l’instar de Percy, qui a extrait ainsi des balles enfoncées sous l’os.

Remarquons que toutes les gaines aponévrotiques convergent vers l’articulation et vers l’aisselle; dès-lors, on conçoit que les produits de la suppuration tendent vers ces points , de même que les foyers purulents articulaires ou

axillaires pourront se faire jour en rayonnant sur ou sous

le scapulum.

Toutes les veines de la région suivent les artères; les lymphatiques se rendent aux ganglions du cou ou à ceux de l’aisselle.

IV. Le squelette est constitué par l’omoplate; mince et irrégulièrement triangulaire, elle est divisée en deux parties inégales par une éminence saillante et transversale qui porte le nom d 'épine. — Le scapulum appartient aux os plats; il est placé sur le côté du thorax comme un bouclier qui protège les poumons , au niveau des six premières côtes. Sa destination n’étant pas seulement de servir de cuirasse défensive , mais aussi de levier et de point d’appui pour le membre supérieur, il a dû offrir et présente en effet des insertions musculaires complexes et multipliées. Ses deux surfaces sont couvertes de faisceaux musculeux , de même que ses trois bords et deux de ses angles. Le 3me, ou antérieur, appartient à l’articulation scapulo-humérale. Placé, pour ainsi dire , sans point d’appui, au 'milieu de muscles puissants et nombreux, le scapulum offre un mécanisme de mouvements qui ne ressemble à aucun autre; articulé avec la claviculeet la tête humérale, il les entraîne l’une et l’autre avec lui. I! faut distinguer dans l’épaule deux espèces principales de mouvements : 1° Ceux du levier huméral , dont le centre est l’articulation ; nous les examinerons en leur lieu. 2° Ceux de l’épaule elle-même, qui sont des mouvements de totalité, à savoir : d’èiévalion , d’abduction, d’abaissement et un peu d’adduction; ces derniers deviennent très-prononcés dans les fractures de la clavicule où le soin de les prévenir constitue la première indication curative. Toutefois, il faut reconnaître qu’à l’état normal, l’omoplate exécute surtout des mouvements partiels. L’un des angles fixé à la clavicule représente un centre, autour duquel se meuvent les deux autres , comme l’humérus sur la cavité glénoïde. Eu outre , ce centre étant mobile peut aussi subir une rotation

de l’épaule.

autour de l’un des angles devenus fixes par Faction musculaire; il s’opère toujours un jeu de bascule qui fait mouvoir au moius deux points extrêmes de l’os; la dépression de l’acromion élève l’angle postérieur, et refoule l’inférieur. De là , la nécessité de fixer largement l’omoplate par deux pointsdansla réducliondesluxalionsdel’épaule. Jemetrouve bien de l’emploi de deux draps pliés en cravate ; l’un , serré circulairement autour du tronc, maintient l’angle inférieur et le bord axillaire; l’autre , appliqué verticalement sur l’épaule , maintient les deux angles supérieurs. Ces précautions sont nécessaires àcause de la force et delà multiplicité des puissances qui agissent sur l’épaule. Le trapèze élève le moignon ainsi que l’omoplate. L’omo-hyoïdien les incline en avant et en dedans. L’angulaire déprime le moignon en faisant saillir l’angle postérieur. Le rhomboïde rapproche les omoplates en les portant en arriére et un peu en haut ; le grand dentelé, au contraire, les lire en avant et en dedans; le grand dorsal , les longues portions du biceps et du triceps et surtout les muscles fixés au trochiter et au trocliin, lui impriment des mouvements variés, quand le bras est fixé.

L’extrême mobilité de cet os explique la rareté de ses fractures. J’en ai toutefois observé deux de l’épine , et une du col qui en imposa pour une fracture du col huméral. Le repos suffit à la cure des premières.

Dans un cas d’ostéosarcome de l’omoplate , M. Janson a pratiqué avec succès la résection de la moitié inférieure de l’os, en conservant la portion sus-épineuse et l’articulation du bras qui continua à jouir de ses mouvements (voy. Compte-Rendu de laPratiq. Chir. de V Hôtel-Dieu de Lyon).

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