LIVRE PREMIER
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Le tronc, partie fondamentale du corps dont les membres ne sont que des appendices, se compose de plusieurs grandes cavités qui logent et protègent les principaux viscères de l’économie. Sa forme générale est irrégulière ; arrondi à son extrémité supérieure qui répond à la tête, il se rétrécit au niveau du cou , pour s’élargir encore à la hauteur des épaules et constituer une sorte de cylindre irrégulier, avec deux empreintes circulaires qui servent de limites extérieures entre le thorax, l’abdomen et le bassin. Les variétés extrêmes que présente son volume proviennent plus encore de l’état des parties molles , que de celui du squelette. Les rapports de ses diamètres se modifient avec le sexe : l’homme a les épaules plus larges que le hassin ; ces proportions sont à peu près égales chez les femmes.
Etendue du vertex au coccyx , sa longueur mesure à peu près la moitié de la stature du sujet; M. Blandin l’indique comme relativement moindre chez la femme; cette assertion est démentie par les faits. Chez elle, les cuisses étant comparativement plus courtes, le tronc acquiert une prédominance marquée. Dans un tableau de M. Orfila , la différence s’élève de 2 à 5 et 6 centimètres (de 8 ligues à 2 pouces). La mesure était prise du vertex à la symphyse. Nous avons vu plus haut que sur 44 hommes , la longueur du tronc était égale àcelle des membres dans 7 cas, plus courte dans 14 , et plus grande dans 23 (voy. Corps humain).
26 ANATOMIE MÊDICO-CUIRIRGICALE.
Dans les premiers temps de la vie embryonaire , il forme à lui seul le corps presque tout entier; sa prédominance diminue ensuite à mesure que les membres se développent. Chez l’adulte , il offre moius de variétés que les membres : aussi les différences de stature qui , dans une assemblée, frappent le regard durant la station debout , diminuent ou s’effacent dans la station assise. Qui n’a remarqué, dans nos théâtres, combien alors les têtes se nivellent?
C’est à la surface du tronc que s’ouvrent les orifices de toutes les cavités naturelles; il est remarquable que toutes les ouvertures d’entrée appartiennent à son extrémité céphalique; les ouvertures de sortie répondent à son extrémité coccygienne. Toutes celles qu’on rencontre sur d’autres points sont accidentelles et pathologiques (le mamelon excepté ) , et rentrent dans la classe des plaies ou des fistules. Les atrèsies congénialessont moins communes dans les orifices de la première catégorie , que dans ceux de la deuxième. Qui n’a été frappé de la fréquence des imperforations de l’anus , du vagin , du prépuce et de l’urètre, comparativement à celles de la bouche, du nez et des paupières?
L’enveloppe tégumentaire du tronc est fine ou dense et épaisse, glabre ou velue, suivant les régions où on l’étudie; l’âge et le sexe lui impriment d’autres différences.
La couche sous-cutanée, cellulo-adipeuse, contribue par son plus ou moins d’épaisseur au volume du corps; c’est elle qui dans l’obésité joue le principal rôle; elle communique largement d’une région à l’autre , sauf au niveau du raplié antérieur et surtout de l’épine dorsale, qui établit une forte barrière entre les deux moitiés latérales. Ces dispositions anatomiques expliquent la rapidité d’extension des abcès superficiels.
Les muscles sont en général aplatis et rubanés , ou étalés en membranes , de manière à ajouter à la force des parois , que souvent ils constituent en grande partie comme à l’abdomen. Ils sont sujets à entrer à la fois en contractions con-