‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 73 sur 142 · RÉGION DU BRAS · texte numérisé non relu

RÉGION DU BRAS

rn ban, en dedans de l’artère brachiale. C’est un point de ralliement pour la découvrir.

b. L 'artère brachiale ou humérale rampe dans la gouttière bicipitale interne , sans qu’aucun muscle la sépare des téguments; aussi peut-on sentir ses pulsations à travers la peau dans toute sa longueur. Elle suit une ligne qui, du tiers antérieur de l’aisselle s’étendrait obliquement à la partie moyenne du pli du coude ; elle côtoie , en haut , le coracobrachial , dont la sépare le nerf médian, et plus bas , le bord interne du biceps. Plus voisine de l’os que les nerfs et les veines , elle repose presque à nu sur l’humérus , derrière le coraco-brachial où la compression en est aisée et sûre. Elle présente des anomalies utiles à connaître : Je l’ai vue double; M. Blandin a rencontré 23 fois cette bifurcation , sans que jamais une des branches devint sous-cutanée , comme l’avance Meckel . M. Velpeau dit pourtant en avoir constaté quelques exemples. Parfois la division cesse plus bas pour constituer un tronc unique. Meckel parle de cette disposition que M. Blandin a trouvée 2 fois. MM. Bintot et Velpeau l’ont vue simuler un 8 de chiffre, etc. De pareilles anomal ses sont fort embarrassantes dans la pratique chirurgicale : l’artère est-elle superficielle? la moindre plaie peut l’atteindre. Est-elle double ? on peut en ouvrir une à son insu dans les opérations; dans les plaies, une seule ligature serait alors insuffisante , il faudrait lier les deux bouts. Si elle formait un 8 de chiffre , on risquerait, en opérant au-dessus , de lier celle qui n’est pas blessée, etc. Il importe donc , dans tous les cas , d’explorer le vaisseau avec le plus grand soin pour éviter les dangers que je signale. Les principes de sa ligature se tirent des rapports anatomiques précités qui permettent d’éviter toute méprise. J’ai vu , faute de cela , lier le nerf médian .

c. L 'artère nourricière traverse le tendon du coraco-brachial et rampe dans l’épaisseur de l’os avant d’arriver au canal médullaire; elle doit être souvent rompue dans les

fractures. — d. La collatérale interne (anastomotique inférieure), née au-dessus de l’épitrochlée, se porte transversalement entre le brachial antérieur et le nerf médian qu’elle croise, et se divise en deux rameaux qui commuuiquent avec les récurrentes cubitales antérieure et postérieure. Il faudrait, pour quelle concourût au rétablissement delà circulation, que la ligature portât sur le quart inférieur de la brachiale. — e. La veine brachiale est souvent double, elle est satellite de l’artère dont elle suit le trajet en la côtoyant. — f. On trouve dans la gouttière bicipitale trois ou quatre ganglions lymphatiques accolés à l’artère, et qui pourraient en imposer pour un anévrysme s’ils venaient à s’abcéder. Entourés de vaisseaux et de nerfs, ils formeraient une tumeur dangereuse à extirper (Velpeau). Les lymphatiques profonds s’enflamment plus rarement que les superficiels.

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