‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 75 sur 142 · REGION DD BRAS · texte numérisé non relu

REGION DD BRAS

à moi pour une nécrose invaginée de tout l’humérus gauche avec 5 fistules, et ankylosé de l’épaule et du coude, je recherchai comment on pouvait l’opérer. On recommande de suivre la rainure latérale externe, mais dans ces cas elle n’existe plus; fallait-il , selon l’avis des auteurs, s’adresser à la fistule la plus large? C’était la supérieure, elle conduisait sur la tête de l’os; ou bien à l’inférieure, comme ils le conseillent encore? On arrivait sur l’épitroclilée; et dans les deux cas, on aurait pénétré dans une articulation. L’anatomie chirurgicale m’inspira le procédé suivant :

Procédé de V auteur. Une incision verticale peut impunément diviser le deltoïde jusqu’à l’os; seulement les artères et nerfs circonflexes doivent être évités. Or, ils rampent dans le 5me supérieur de l’humérus. On ne commencera donc qu’au-dessous ; mais l’incision ne peut rester verticalement latérale sous peine de couper le nerf radial (1); elle ne peut devenir interne sans courir le risque de blesser le tronc du nerf cutané externe qui traverse le biceps. J’ai trouvé un guide sûr dans le muscle brachial antérieur. Ainsi l’incision, arrivée aux attaches du deltoïde, deviendra un peu antérieure et pourra, en toute sécurité , séparer le muscle brachial en deux moitiés égales; et de la sorte on aura l’avantage de conserver intactes toutes les puissances motrices du membre, en ménageant tous les nerfs et vaisseaux. L’os découvert, deux couronnes de trépan à distance convenable suffiront, en faisant sauter le pont intermédiaire. Je conseille d’ébranler alors le séquestré en masse , puis de le diviser en deux avec une couronne de trépan. On extrait ensuite isolément chacun des fragments avec beaucoup d’aisance. — Ce procédé simple, qui remplit les indications, pourra peut-être, fondé qu’il est sur des points de ralliements anatomiques, élever l’extraction de la nécrose humérale au rang des opérations réglées.

(1) C’est à quoi ou est exposé en suivant les données de Richcrand.

Les fractures du bras s’accompagnent d’un changement dans ta forme et la longueur du membre. M. Blandin prétend que, si la solution de continuité a lieu au-dessus de l’insertion du deltoïde , ce muscle entraîne en haut et en dehors le fragment inférieur auquel il tient, tandis que le fragment supérieur est tiré en dedans par les muscles grand pectoral et grand dorsal. Ce phénomène ne se rencontre guère que dans les fractures obliques en bas et en dedans. Après les amputations du bras dans la région delloïdienne, j’ai rencontré ce genre de déplacement qui constitue une sorte d 'érection du moignon toujours très-fatigante ; mais dans les fractures du col, j’ai vu d’ordinaire le fragment inférieur se porter en dedans , tandis que le supérieur se trouve déjeté au dehors, moins peut-être par l’action musculaire que par la pression et l’ascension du bout inférieur qui remonte dans l’aisselle. Nous ne pouvons admettre, avecMM. Velpeau et Blandin, qu’au-dessous de l’insertion deltoïdienne, le triceps et le brachial antérieur , s’insérant sur les deux fragments , tendent à les maintenir en contact. Le plus souvent ils s’abandonnent; l’inférieur se porte eu haut sous l'influence du biceps , du triceps et des mouvements de l’avantbras. Près du coude , ajoute M. Blandin , « comme le triceps a plus d’énergie que le brachial antérieur, le plus souvent les fragments sont poussés en avant par la contraction de ce muscle. » Cette explication a quelque chose d’inexact. Ce déplacement tient surtout aux mouvements d’extension de l’avant-bras et à l’action des muscles de l’épicondyle et de l’épitrochlée. — Dans les fractures obliques, la rétraction musculaire agit sans cesse; jusqu’ici l’art ne possède que des ressources insuffisantes pour la combattre , surtout lorsque l’os est brisé près de ses extrémités articulaires , et je m’étonne que les chirurgiens de tous les temps aient complètement négligé jusqu’à ce jour Y extension permanente pour les fractures du membre thoracique. Remarquons que la compression circulaire ne peut être méthodiquement exercée ni

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