‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 76 sur 142 · REGION DU BRAS · texte numérisé non relu

REGION DU BRAS

sur l’épaule , ni près du coude , parce que ces régions ne présentent qu’une de leurs faces réellement accessible. De plus, dans nos appareils, rien ne s’oppose au déplacement qu’entraîne cette rétraction musculaire incessante. Ajoutons que placer quatre attelles solides autour du bras pour maintenir la réduction (J. Cloquet et À. Bérard, Dicl. en 25 vol., 1833, Y. — 582. ), c’est vouloir embrasser un cylindre entre quatre plans qui laissent ainsi quatre angles où peut se déjeter la brisure de l’axe central. Pénétré de celte insuffisance de l’art , j’ai fait quelques recherches , et je crois avoir eu le premier (1) l’idée de réaliser l’extension permanente pour le membre supérieur; les expériences cadavériques montrent que la position demi-fléchie, avec la supination de l’avant-bras , est la plus favorable pour assurer le rapport exact des fragments , soit dans les fractures du col , soit surtout dans celles du coude. Pour obtenir l’extension pcrmanen te , j’ai imaginé un appareil qui consiste à placer sur un bandage roulé une bande verticale destinée à former, audessous du coude , une anse à laquelle on suspend un poids convenable. Les chefs de cette anse sont amidonnés et fixés par des circulaires. Dans le jour , le malade se promène avec son appareil ; durant la nuit , le membre est couché sur un coussin ; on ajoute à l’anse un lacq qui glisse sur un cylindre ou un bâton attaché au pied du lit, de manière que le poids suspendu à son extrémité monte ou descende, suivant les mouvements du membre , avec une traction toujours égale.

(1) Voici comment M. Malgaigue s’exprime dans ses Recherches sur les Appareils de fractures (1841) : « Je viens d’indiquer les deux ressources que nous possédons pour appliquer l’extension au membre inférieur; j’ai déjà dit avec regret que nous n’en possédions point pour le membre supérieur . pour le bras , M. Pétrequin m’a dit qu'une fois il avait

suspendu un poids au coude , mais cela ne convenait que durant le jour • je ne vois guère de moyen possible qu’une attelle interne faisant la crosse sous l’aisselle, mais je signale à grands cris cette lacune de l'art. » Depuis cette époque, j'ai modifié et perfectionné mon appareil par des moyens simples; son action est devenue permanente jour et nuit.

Depuis quelques années, j’ai appliqué cet appareil plusieurs fois avec succès; dans les cas simples, je me passe de contreextension; sinon , l'anse d’un lacq glissée sous l’épaule , et qu’on fixe en arrière, remplit cet office. La traction est toujours parallèle à l’os. Le poids est proportionnel à la force de l’individu (voy. Gaz. Méd., Strasbourg, 20 nov. 1842).

Dans les fractures du col chirurgical , cet appareil ne suffirait pas pour combattre le déplacement en-dedaus; j’y ajoute alors un lacq pour tirer en dehors le fragment inférieur perpendiculairement à son axe. Un poids est suspendu à ses deux chefs réunis, tandis que le milieu, courbé enanse, embrasse le membre sous l’aisselle. Ces deuxappareils m’ont rendu d’éminents services dans les fractures du col et du coude , ainsi que dans les fractures obliques du corps de l’os. Le blessôdoitalorsgardcrlelit(J. de Méd., Lyon, nov. 1842).

Page 1