‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 84 sur 142 · RÉGION DE L’AVANT-BRAS. GO · texte numérisé non relu

RÉGION DE L’AVANT-BRAS. GO

(rajcl de ces deux muscles , avec un peu de chaleur , et une douleur sourde qu’augmentent les mouvements du pouce. Ces derniers et parfois la pression directe y font percevoir une sorte de craquement , qui a valu à la maladie le nom de crépitation des gaines tendineuses. J’en ai vu plusieurs exemples chez des manouvriers. Le repos, quelques sangsues, des cataplasmes, puis une compression méthodique en ont toujours triomphé à l’état aigu. J’en ai observé chez des joueurs de pianos quelques cas fort.rebelîes , passés à l’état chronique. — E. Les tendons des deux radiaux externes passent sous les muscles précédents, dans une gaine fibreuse, jusqu’au 2me et 3mc os du métacarpe où ils s’insèrent.

— 8° Le rameau inter-osseux du radial descend accolé au ligament jusqu’au dos de la main , où il se divise.

Ou comprend d’après ce qui précédé que les plaies de la face dorsale sont moins exposées aux hémorrhagies que celles de la face palmaire. — Après les amputations on aura à lier trois artères en avant et une seule en arrière; encore si la section a lieu près du poignet, ce vaisseau est souvent assez petit pour ne pas mériter la ligature.

Je dirai un mot des plaies artérielles de l’avant-bras et des hémorrhagies qu’elles causent. J’ai eu plusieurs fois occasion d’employer la compression méthodique comme substitutive de la ligature ; quand on ne peut découvrir les deux bouts du vaisseau et les lier (ce qui serait préférable), je fais porter la compression sur la radiale et la cubitale, non seulement dans un espace de plusieurs travers de doigt au-dessus de la plaie, mais encore sur toute l’étendue de l’artère du côté sain; elle s’exerce au moyen de deux compresses en forme de prisme triangulaire , placées sur le trajet du vaisseau , et renforcées par des attelles üexibles, le tout étant maintenu par des circulaires de bande. Ces accidents étant très-communs, je crois devoir citer quelques exemples pour servir de guide en pareille occurrence. Un ouvrier mineur est assailli par un assassin qui , d’un coup de hache , lui ouvre la

cubitale au-dessus du poignet. Je comprime la cubitale audessus de la blessure , et la radiale dans toute son étendue. Il quitte l’hôpital, guéri, 17 jours après. — Un menuisier a la radiale ouverte , au poignet, d’un coup de ciseau ; je comprime l’artère au-dessus, et la cubitale dans tout son trajet. La cure est complète en 3 semaines. — Un journalier a l’arcade palmaire superficielle ouverte par un morceau de verre , dans un cabaret; il y a 5 hémorrhagies en 9 jours. On me l’amène ensuite; j’établis la compression sur les deux artères de l’avant-bras. La guérison, obtenue en 23 jours, ne s’est pas démentie depuis 1841. — Un homme, voulant arrêter un malfaiteur, a les deux arcades palmaires ouvertes par un coup de couteau qui lui traverse la main de part en part. La compression est appliquée sur les deux artères de l’avant-bras; la main est entourée de compresses d’eau blanche. La guérison est complète le 22mc jour, etc. — Il est douteux que la ligature eût procuré des résultats aussi beaux et aussi rapides; la compression méthodique est un moyen simple, facile, toujours applicable et qui épargne au malade l’idée et les douleurs d’une opération que peuvent d’ailleurs compliquer des accidents divers. MM. Nichet et Fouilhoux, de Lyon , en ont retiré aussi de bons effets.

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