DU LA MAIN
seront devenues assez inextensibles pour fixer les doigts dans leur état habituel de flexion. Il n’est pas nécessaire de supposer toujours la rétraction active de l’aponévrose ni la création hypothétique [de tissus nouveaux. On se rend trèsbien compte aussi de la prédilection de la maladie pour l’annulaire et l’auriculaire; ce sont les doigts qui, dans la préhension des corps allongés, s’appliquent le plus exactement sur leur surface , et supportent la principale pression ; celle-ci va en diminuant pour chacune des autres phalanges, et ce sont eux qui ont le plus à souffrir. — Dupuytreu a démontré que le traitement le plus efficace consiste dans la section de ces brides; il opérait de la peau aux parties profondes, au niveau de la base du doigt affecté. Aujourd’hui on préfère, avec raison, la section sous-cutanée dont A. Cooper a donné le premier ici le conseil et l’exemple. M. Maslieuratveut qu’on porte le ténotome de préférence au-dessus du point où se termine la gaine séreuse propre de chaque doigt, c’est-à-dire, à 1/2 pouce (13mm) plus haut que l’articulation métacarpo-phalangienne, afin d’éviter le voisinage d’une jointure importante et le danger qui pourrait suivre l’ouverture de la gaine digitale.
B. Parties spéciales.
Au-dessous de ces couches communes, la structure de la main devient plus compliquée, et diffère suivant qu’on l’examine dans le creux palmaire ou sur les deux éminences latérales; aussi convient-il de la subdiviser en trois régions secondaires.
1 0 L 'éminence thénar est formée par la saillie des muscles du pouce. — Couches anatomiques; de dehors en dedans : — a. Le petit abducteur (carpo-sus-plialangien) s’étend du scaphoïde et du ligament annulaire antérieur, au côté externe de la lre phalange. — b. L 'opposant (carpo-métacarpien) descend obliquement du trapèze et du ligament annulaire , au bord externe du 1er métacarpien. Il porte le pouce vers le creux de la main en l’opposant aux autres doigts. Son attache su-
ANATOMIE MÉIUCO-CUIRIBÜICALE.
pèrieure est traversée par l’artère radio-palmaire. — c. Le petit fléchisseur (carpc-phalangien), fixé en bas à la lre phalange , a supérieurement deux insertions , l’une antérieure au ligament annulaire et au trapèze , l’autre postérieure à l’os unciforme et au 3me métacarpien. Entre ces deux faisceaux glisse, comme dans une gouttière, le tendon du long fléchisseur du pouce. — d. Profondément, on trouve l 'adducteur (métacarpo-phalangien) , en forme de triangle, inséré par sa base à la face antérieure du 3me métacarpien , et par son sommet au bord interne de la lre phalange. Il est congénère de l’opposant , et antagoniste du petit abducteur. — Tous ces muscles sont animés par deux des cinq filets digitaux du nerf médian.
2° L’éminence hypothénar , moins proéminente que la précédente, est due aux muscles du petit doigt. — Couches anatomiques : — a. Le palmaire cutané, qui manque quelquefois, est sus-aponèvrotique et recouvre transversalement l’éminence hypothénar; étendu delà peau au ligament annulaire et à l’aponévrose palmaire, il fronce cette membrane et augmente la 'concavité de la paume de la main. — b. L’abducteur de l’auriculaire (carpo-plialangien), couché sur le bord cubital de la main, s’étend de l’os pisiforme au bord interne de la lre phalange. Il écarte le petit doigt des autres et le fléchit un peu. — c. Le petit fléchisseur , fixé en haut au ligament annulaire et à l’os unciforme , confond en bas son tendon avec celui du précédent. — d. L 'opposant (carpométacarpien) , né des mêmes insertions que lepetit fléchisseur, descend s’attacher le long du bord interne du 5me métacarpien qu’il porte en avant et en dehors. — Tous ces muscles sont animés par des filets émanés de la branche palmaire du cubital. Un rameau de la branche dorsale du même nerf côtoie le bord interne du Ôme métacarpien. Des artérioles peu importantes proviennent de la cubitale au niveau de l’os pisiforme.
3° La région médiane ou creux de la main a une forme ir-