‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 93 sur 142 · DE LA MAIN · texte numérisé non relu

DE LA MAIN

parence nacrée, semble naître du ligament annulaire antérieur et surtout de l’épanouissement du teudon du petit palmaire qui en est le muscle tenseur. Elle descend en s’élargissant; ses fibres divergent et , en s’écartant, laissent entr’elles des lacunes de plus en plus larges où s’engagent des vésicules adipeuses, et qui font communiquer les couches superficielles avec les profondes. Au bas du métacarpe, l’aponévrose se divise en quatre languettes isolées qui se bifurquent pour le"passage des tendons fléchisseurs, et vont , en contournant la racine des doigts , se terminer sur le ligament métacarpien transverse inférieur. Entre ces languettes et des fibres transversales qui les unissent et leur conservent une grande résistance, existe des ouvertures que traversent les muscles lombricaux. En dehors et en dedans, l’aponévrose palmaire se continue avec deux expansions fibreuses plus minces , qui , désignées sous le nom d'aponévroses externe et interne, recouvrent les éminences thénar et hypothénar.

On a fait jouer à l’aponévrose de la main un grand rôle dans la rétraction permanente des doigts. Dupuytren rapportait cette flexion à sou raccourcissement; A. Cooper y joignait la rétraction des tendons fléchisseurs et de leur gaine à la suite d’une inflammation chronique. M. Goyrand en accuse des languettes fibreuses de nouvelle formation, qui prendraient naissance dans le tissu dense qui unit la peau à l’aponévrose. Peut-être a-t-on été trop exclusif en adoptant une seule de ces opinions. Dupuytren a pu exagérer l’influence de l’aponévrose palmaire, mais elle est réelle. J’ai expérimenté et vu distinctement sur le cadavre qu’en tendant cette membrane on fait exécuter aux doigts des mouvements prononcés. J’ai reconnu de petites brides qui de l’aponévrose vont à la peau de la main et des doigts; M. Malgaigne dit les avoir cherchées vainement, et il en nie l’existence. Une dissection soignée me les a plusieurs fois fait reconnaître; M. Tessier a montré (Soc. Jnatom. ,

1835) uue pièce anatomique où elles étaient distinctes. M. Maslieurat-Lagémard, qui distingue 7 languettes à l’aponévrose palmaire , indique aussi que trois d’entr’elles , plus superficielles, correspondent à l’intervalle des métacarpiens et s’insèrent , à ce niveau , sur la face profonde du derme (Gaz. Méd., 1839, pag. 273). — Il n’est donc pas besoin de supposer la création de nouveaux tissus, et je pense, avecSansonetM. A. Bérard,que ces brides existent à l’état rudimentaireetnefont alors que se développer. Elles s’hypertrophient et s’indurent, en même temps que le tissu sous-cutané se racornit et que la peau elle-même prend, suivant l’expression de M. Malgaigne , l’aspect du tissu modulaire. Nous signalerons une particularité peu connue dans la flexion permanente des doigts. On se rend compte de la rareté de cette difformité pour le pouce , en considérant la faiblesse de la portion d’aponévrose qui se porte vers ce doigt. « Mais , se demande M. Blandin , quelle est la raison de la rétraction si fréquente du doigt annulaire en particulier? je ne sais , et l’anatomie, véritablement, ne fournit aucune donnée pour l’éclaircissement de cette question. » (Anal. Topogr., 1834, pag. 559.) Remarquons que cette maladie se manifeste principalement chez ceux dont la profession expose : 1° à une flexion habituelle des doigts ; 2° à une pression prolongée sur leur racine , etc., comme chez les cochers, les maîtres d’armes , etc. On sait que, sous l’influence de pressions ou de contusions répétées , l’épiderme, la peau et les tissus sous-jacents s’épaississent, deviennent plus denses et moins élastiques. Le même résultat , sous l’empire des mêmes causes , devra se produire pour les doigts. Or , comme pendant que la cause morbide agit , ceux-ci se trouvent, danscertainesprofessions, presque constamment fléchis, c’est dans cette position que les surprendra l’induration cellulodermique. L’épiderme s’épaissira , la peau subira la transformation modulaire, et les tissus sous-jacents se confondront eu une trame fibreuse, et bientôt toutes ces parties

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