DU T. A MAIN
§ Ilf. UU SQUELETTE DE LA MAIN.
Le squelette de la main comprend le carpe et le métacarpe.
A. Le carpe se compose de 8 petits os, disposés sur 2 rangées; à savoir, de dehors en dedans : — pour la lre qui s’articule avec l’avant-bras , le scaphoïde , le semi-lunaire , le pyramidal et le pisiforme qui , implanté sur le précédent , ne fait pas partie de l’article précité; — pour la 2rae rangée, qui s’articule avec la lre et avec le métacarpe , le trapèze , le trapézoïde, le grand os et l’os crochu ou uneiforme ; les trois derniers font presque seuls saillie à la face dorsale; le trapézoïde est le plus élevé. — Considéré dans son ensemble , le carpe offre en arrière une surface convexe où l’on remarque le relief du trapézoïde , et en avant une face concave en forme de voûte, destinée à protéger les organes vasculaires et nerveux pendant la pression de la main contre les corps extérieurs. Celte concavité est limitée par deux éminences , dont l’externe appartient au scaphoïde et au trapèze , et l’interne au pisiforme et à l’os crochu-, ainsi qu’au ligament qui les unit.
1° Les articulations des os du carpe entr’eux sont de l’ordre des arthrodies; il importe de les connaître pour les procédés opératoires , lorsqu’une carie ou une nécrose oblige à en tenter l’extirpation. — a. L’os pisiforme , articulé sur le pyramidal , serait le plus aisé à enlever ; on a cité un cas où la contraction brusque du muscle cubital qui s’y insère a pu l’arracher. M. Gras a vu la pression directe le luxer en haut chez une repasseuse (Gaz. Méd., 1835, p. 542 ). — b. Les 3 os de la lre rangée sont unis par des faisceaux de fibres transversales , étendus sur leurs deux faces , sous le nom de ligaments dorsaux et palmaires. En outre deux ligaments interosseux, d’une structure dense et serrée , comme fibro-cartilagineuse, se portent, le 1er du scaphoïde au semi-lunaire, le 2rae de ce dernier au pyramidal.
c. Les 4 os de la 2,re rangée ont aussi leurs ligaments dorsaux et palmaires. Deux ligaments inter-osseux unissent le trapézoïde et le grand os, puis ce dernier et J’unciforme. Le trapèze, qui en est dépourvu, serait assez facile à extirper, malgré le soutien du tendon du grand palmaire fixé par une gaine fibreuse dans une coulisse à la face palmaire de cet os. — On peut remarquer que les ligaments qui représentent les arcs-boutants de la voûte carpienne, sont plus nombreux et plus forts vers la face concave que vers la dorsale , parce que c’est dans ce sens qu’ils supportent la traction la plus forte quand la courbe palmaire tend à s’effacer. Ajoutons que les insertions tendineuses et musculaires se font en avant; aussi est-ce en arrière qu’il faudrait, dans les opérations, attaquer le carpe; la même remarque s’applique au métacarpe. — Le petit volume des os et la force des articulations du carpe rendent les fractures assez rares; elles s’accompagnent de grands désordres dans les parties molles , comme survenant d’ordinaire à la suite d’écrasement ou de plaies d’armes à feu.
Une synoviale commune tapisse les deux rangées du carpe avec deux embranchements supérieurs, et trois inférieurs; elle communique parfois avec la synoviale du poignet; nouvelle cause de gravité pour les plaies profondes de la main et les opérations qu’on y pratique.
2° L’articulation médio-carpienne offre beaucoup d’inlérêt sous le rapport physiologique et chirurgical. — a. Les surfaces osseuses présentent une énarthrose et deux arthrodies. — Les faces interne du scaphoïdeel supérieure du semi-lunaire s’arrondissent en voûte pour recevoir la tête du grand os par énarthrose. — L ’arlhrodie externe provient de la réunion de la face inférieure du scaphoïde au trapèze et au trapézoïde; l’interne du contact du pyramidal avec l’unciforme. — b. Les moyens d’union sont des ligaments dorsaux et palmaires qui se portent les uns obliquement , les autres parallèlement de la 1" à la 2e rangée. — Deux ligaments