‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 98 sur 142 · E LA MAIN. G · texte numérisé non relu

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latéraux, I rés-courts, sout étendus, l 'externe du scaphoïde au trapèze, et l 'interne de l’os crochu au pisiforme.

Ces détails anatomiques font comprendre que la mobilité des os du carpe entr’eux est très-bornée; leur contact par des surfaces planes , et les trousseaux ligamenteux forts et résistants qui les unissent , s’opposent à des déplacements étendus; aussi les mouvements et les luxations ont-ils lieu principalement dans l’articulation médio-carpienne. La flexion en avant y est plus prononcée qu’en arriére, ce dont rend très-bien compte la disposition des ligaments palmaires plus forts et plus serrés que les dorsaux. M. Malgaigne estmêmcallè jusqu’à en nier la production dans ce sens. Mais on peut se convaincre sur le cadavre de la réalité de ces mouvements en arriére , je l’ai expérimenté plusieurs fois.

Quant aux luxations simples, on ne connaît que celle de la tête du grand os en arrière ; elle a lieu dans une flexion forcée du poignet en avant. C’est le seul os carpien qui présente des conditions anatomiques favorables, son articulation étant une énarlhrose.

B. Le métacarpe , composé de ô os allongés qui vont en diminuant de longueur du 2e au 5e, répond au creux de la main; réunis inférieurement par le ligament métacarpien tramverse inférieur , les quatre derniers forment une espèce de grillage concave en avant, dont les ouvertures sont comblées par les muscles inter-osseux.

1° L 'articulation carpo-métacarpienne commune, étrangère au pouce, est une arthrodiequi unit la 2e rangée du carpe aux quatre derniers os du métacarpe. Pour la désarticuler, on reconnaît son côt è externe à une tubérosité qu’on trouve sur le métacarpien de l’index, au sommet de l’angle qui sépare le 1er du 2e os du métacarpe, et l 'interne sous l’apophyse de l’unciforme qui domine la tête du 5e métacarpien. L’interligne articulaire est à peu près transversal. La synoviale qu’on y trouve est commune au carpe, ce qui rend plus graves les amputations partielles qu’on lente dans ce point.

Deux ordres de ligaments ( dorsaux et palmaires ) assujétissent fortement ces os , et ne permettent que des mouvements peu sensibles. Les luxations du métacarpe paraissent très-rares. L’opérateur peut tirer parti de l’absence de ligaments inter-osseux ; il suffit de diviser les dorsaux pour pénétrer dans la jointure; et dans les cas d’écrasement de ce nue je nommerai Yavant-main , le pouce excepté , l’amputation carpo-môlacarpienne est une ressource précieuse pour conserver ce doigt.

2° V articulation carpo-métacarpienne du pouce jouit de mouvements étendus que nécessitait sa qualité de doigt opposant. C’est une sorte de ginglyme arthrodial , formé par une facette oblique, concave en travers, creusée sur le trapèze et par la tête convexe du 1er métacarpien. Une synoviale isolée, et une capsule fibreuse assujélissent ces os. L’opérateur reconnaîtra l’articulation à une dépression qui surmonte la tête métacarpienne, et, pour désarticuler, il se rappellera la direction oblique en bas et en dedans de l’interligne. Les mouvements d’abduction et surtout d’adduction du pouce étant bornés par la rencontre du 2me os, il ne peut guère se luxer qu’en avant ou en arrière. À. Cooper n’a rencontré que le 1er genre de déplacement, Boyer et Sanson que le 2e.

M. Roux a eu le premier l’idée d’enlever le 1er métacarpien en conservant le pouce. M. Blandin a étendu cette opération aux autres doigts et aux orteils ; aujourd’hui son utilité l’a rendue vulgaire.

L’étude des fractures du métacarpe a été généralement négligée; la plupart des nosographes les passent sous silence; dans les autres, il règne plus d’une erreur sur leur mécanisme ainsi que sur leûr thérapeutique. Le pronostic peut être grave « dans les fractures de la main , dit Heister (Chir. I. — 896), on ne peut se flatter d’une parfaite guérison... Il est presque impossible que ces os se consolident régulièrement, en conservant leur figure naturelle Aussi n’arrive-

t-il presque jamais au poignet de conserver sa mobilité et sa

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flexibililé . » Il ajoute que Ruysh a vu une fracture de la main qui, après trois ans, n’était pas encore guérie. — On a dit à tort qu’elles sont toujours directes, sur ce prétexte que « les os du métacarpe soutiennent en commun le choc des corps extérieurs » ( Dict . en 25 vol., 1842, XVIII, 525.) S. Cooper va plus loin: « Aucune force susceptible de produire ces accidents, dit-il , ne peut agir sur les deux extrémités des métacarpiensde manière aies casser.» (Dict. Chir., I, 516.) Or, j’ai vu ces fractures se produire dans une chute sur le poing fermé , et M. J. Cloquet en cite un cas. Selon M. Velpeau, une forte traction sur les doigts a suffi pour briser le 3e. Sanson a vu plusieurs de ces fractures produites par contre-coup dans le choc que communiquait à la main le bout d’un bâton dont l’autre extrémité frappait le sol. — M. Bégin professe que les fragments n’éprouvent presque jamais de déplacement parce que les os qui sont demeurés sains, servent de soutien aux autres (Elém. Chir., 1838, II, — 876). Sanson le croyait aussi. Chélius au contraire écrit qu’on en rencontre toujours; il y en avait dans tous les cas que j’ai observés. J’ai pu constater de la mobilité, la crépitation , une saillie des fragments, et un raccourcissement sensible , etc. — On a tour à tour conseillé la position étendue (Sanson, B. Bell), demi-fléchie (A. Paré), ou fléchie (A. Cooper). Je crois avoir été le premier àappliquer à ces fractures la méthode de l’extension permauente, qui m’a donné de beaux résultats. Le procédé offrait quelques difficultés; il fallait trouver deux points d’appui. Je prends une grille en fil de fer dont la largeur dépasse le diamètre transversal de l’avant-bras et dont la longueur déborde le coude et l’extrémité des doigts d’environ 3 pouces (81mm) . Je recourbe la partie cubitale pour lui faire embrasser le coude , et la partie digitale de manière à fournir un point d’appui pour l’extension. Cela fait, on fixe au coude la partie recourbée avec quelques tours de bande en huit de chiffre indéfini; le membre est mis dans la demi-flexion et dans une position

moyenne entre la pronaticn et la supination; le creux de la main est matelassé avec un peu de charpie pour rétablir la concavité naturelle du métacarpe; les lacqs extensifs sont appliqués sur les doigts ; deux petites bandes sont placées parallèlement à leurs faces latérales, et maintenues avec des circulaires de bande qu’on amidonne à mesure. On peut aussi se servir de bandelettes de diachylon. On pratique l’extension en prenant un point d’appui sur la courbure antérieure de la grille. La longueur du métacarpe est rétablie avec sa forme, et l’appareil est laissé en place le temps convenable , ou peut être changé à volonté. Il est facile à improviser. Il a l’avantage de laisser à découvert le métacarpe, ce qui offre une grande utilité dans les cas de plaies, et permet non-seulement de surveiller l’état des fragments, mais d’appliquer les pansements appropriés. La plaie est-elle sur le dos de la main? on place la grille à la face antérieure du membre. Est-elle dans la paume? on renverse l’appareil qui peut être employé tout aussi bien à la face dorsale ; condition avantageuse pour satisfaire à toutes les indications. Jusqu’ici les moyens de l’art restaient impuissants dans les fractures obliques; c’était bien pis dans les fractures compliquées de plaies; aucun des appareils connus ne pouvait être appliqué. Or, pendant le temps que la plaie met à guérir, il s’établit une sécrétion vicieuse du cal; dès lors, difformité du métacarpe, gêne des fonctions de la main, parfois ankylosé, etc. — J’ai eu, maintenant, occasion d’employer successivement mon appareil à extension permanente, pour des fractures de tous les métacarpiens; il m’a réussi. Son mode d’action est aisé à comprendre. Il peut convenir également pour le carpe et pour les fractures obliques des premières phalanges, ce qui ajoute à sa valeur (voy. Compte-Rendu de VAcad. des Sci. , Dijon, 1841 — 42, p. 130).

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