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ÉLECTRICITÉ. — ACCIDENTS DÉTERMINÉS PAR LA FOUDRE

Les cas de mort produits chez l’homme par l’électricité atmosphérique ne sont pas extrêmement rares, puisqu’en France, de 1835 à 186â inclusivement, l’administration a relevé le décès de 2311 personnes tuées par fulguration (Boudin). Les départements les plus maltraités ont été la Lozère, les Basses-Alpes, le Puy-de-Dôme ; les plus épargnés ont été la Manche, l’Orne, l’Eure, la Seine et le Calvados.

(1) M. Rosenthal, Untersuchungen und Bcobachtungen über Kalteeinwirkung auf sensitive und motorische Nerven ( Wiener Med. Halle, t. V, i-4, 1864).

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Les individus frappés parla foudre conservent souvent l’attitude qu’ils avaient au moment de la mort ; on les a trouvés debout ou dans la position de gens prenant leur repos. Quelquefois ils sont transportés loin du lieu où ils ont été frappés, ou seulement leurs cheveux et leurs vêtements. D’autres fois, les vêtements ont disparu ; sinon, ils sont partiellement ou complètement épargnés, tandis que les parties sous-jacentes sont brûlées.

Le corps des victimes est ordinairement roide et ressemble au cadavre d’un individu congelé. Les désordres que l’on y constate sont très-variables : les ongles sont parfois arrachés ; le corps est souvent dépouillé des poils, et, fait curieux, on a vu, chez des animaux dont le pelage était diversement coloré, les poils de même couleur être détruits, tandis que les autres n’étaient pas touchés ; par exemple, chez un taureau pie blanc et rouge, frappé par la foudre, les poils blancs furent brûlés, les autres restèrent intacts. Un phénomène non moins remarquable est la présence sur la peau d’images photo-électriques représentant des objets voisins du lieu de l’accident. Un matelot tué parla foudre présenta sur le dos une traînée jaune et noire qui partait du cou et se terminait aux reins, où se voyait imprimé un fer à cheval parfaitement distinct et de même grandeur que celui qui était cloué sur le mât de misaine au pied duquel il avait été frappé. La représentation d’arbres, de feuilles d’arbres, de meubles, etc., a été constatée dans plusieurs cas. On a observé enfin à la surface de la peau les images les plus singulières produites par l’action directe du fluide électrique. Analogues aux figures connues en physique sous le nom de figures de Lichtenberg, ces images forment de petits arbres, des Heurs comme celles qu’on voit sur des carreaux de verre couverts de gelée, des éventails, des étoiles, etc. ; elles sont rouges ou noires, selon le degré d’altération, qui peut varier depuis la simple rubéfaction jusqu’à la carbonisation de la peau ou même des tissus sous-jacents. O11 a pu constater en outre soit des fractures, soit des mutilations fort graves, comme l’arrachement partiel ou total de la langue, l’enlèvement d’un membre, et enfin la fêlure, la perforation des os du crâne ou même une fracture comminutive de ces mêmes os. Un accident plus fréquent est la déchirure et la perforation de la membrane du tympan ; ajoutons que la rétine est quelquefois aussi altérée, d’où l’amaurose.

Le sang contenu dans les cavités cardiaques est ordinairement noir et diffluent, à peine coagulé ; il a montré au spectroscope les raies normales, dans un cas rapporté par le professeur l ourdes ; le tissu du cœur n’estpasmodifié,maislespoumons sont congestionnés, quelquefois même ecchvmosés; la bouche renferme une écume sanguinolente. Les organes abdominaux sont plus rarement gorgés d’un sang liquide; les méninges

molles présentent souvent de Fhyperhémie ou des taches ecchymotiques, tandis que la substance cérébrale est le siège d’un sablé très-lin de sang noir. Lorsque la mort n’a pas lieu, il persiste quelquefois, aux membres inférieurs principalement, des paralysies du mouvement et de la sensibilité qui indiquent manifestement l’existence d’une modification survenue dans la moelle épinière ou les cordons nerveux.

Il serait superflu de parler ici des brûlures causées par l’application des cautères galvaniques sur les tissus; ces brûlures ne diffèrent pas de celles qui sont produites par un fil métallique rougi ou chauffé à blanc. Pourtant je dirai quelques mots de lagalvanocaustique chimique ou électrolyse. Lorsqu’on introduit dans les tissus des aiguilles inaltérables que l’on fait communiquer aux pôles d’une pile, on détermine autour de ces rhéophores la mise en liberté d’acides pour le pôle positif, d’alcalis pour le pôle pégatif ; ces acides et ces bases agissent par action secondaire sur les tissus voisins, et à la façon des cautères potentiels; ce sont eux qui produisent l’effet principal, l’électricité ne joue qu’un rôle secondaire ou nul. La preuve que les choses se passent ainsi, c’est, d’une part, les caractères des eschares, d’autre part, leur action sur le papier de tournesol. Au pôle positif, l’eschare est dure et rétractile, comme celles que causent les acides énergiques; au pôle négatif, elle est molle, non rétractile, et ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Enfin, si l’on place au pôle positif du carbonate de soude, et dans les environs du pôle négatif un acide faible, incapable de produire une action directe sur les tissus, on reconnaît que le passage du courant ne donne plus naissance à des eschares; il y a simplement un changement de transparence dans les tissus; les acides et les alcalis dégagés par l’électrolyse ont agi sur les corps basiques et acides déposés près des pôles, et non sur les tissus (Onimus et Legros, Gariel).

Les accidents déterminés par un excès de lumière se limitent presque exclusivement aux organes de la vue ; ils consistent d’ordinaire en des lésions inflammatoires de la rétine et de la choroïde; ainsi la rétinile et la choroïdite atrophique ne sont pas rares chez les bergers des Alpes, soumis à l'action d’une lumière intense. Les astronomes, les micrograplies présentent quelquefois aussi des désordres visuels qui n’ont d’autre origine que l’action de la lumière. Une lumière éclatante apparaissant subitement, par exemple la lumière d’éclairage, est également dangereuse; le passage d’un endroit sombre dans un lieu fortement éclairé, comme le pratiquait, dit on, Denys de Syracuse sur ses prisonniers, peut aussi déterminer des accidents graves de la vue. Certaines ophthalmies ont enfin été attribuées à une réverbération trop intense de la lumière soit par la

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neige des régions froides, soit par les sables du désert. Des faits de ce genre ont été observés chez des soldats et quelquefois chez des marins.

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