II. — - Monstres doubles parasitaires
Cette série de monstres est caractérisée par l’association de deux individus bien développés, l’un vivant activement et par lui-même, l’autre, implanté sur son frère et rudimentaire, vivant à ses dépens, l’un autosite, l’autre parasite.
Ces monstres naissent généralement à terme, et l’accouchement se termine presque toujours d’une manière heureuse en raison de la petitesse de volume de l’un des composants ; ils sont bi-mâles ou bi-femelles, le plus souvent bi-mâles. Non-seulement ils donnent en naissant des signes de vie, mais l’expérience a appris qu’ils peuvent parvenir jusqu’à l’âge adulte. On connaît un hétéradelphe qui est devenu père de plusieurs enfants bien conformés. La présence d’un parasite n’est pas toutefois sans gêner quelque fonction et sans abréger l’existence du sujet bien conformé; et à cet égard le siège de l'implantation n’est pas indifférent. D’après ce siège, les parasites sont généralement distingués en parasites crâniens, maxillaires et ombilicaux (1 ).
Les parasites crâniens sont constitués par une tête surnuméraire portée par son sommet sur le sommet de la tête principale. Cette forme, décrite sous le nom d 'épicome par Is. Geoffroy Saint-Hilaire, est assez rare ; un cas a été raconté par Everard Home et un autre a été publié par Vottem, de Liège. L’épicome de Home naquit en 1783, au Bengale, de parents indiens jeunes et bien portants ; il mourut dans sa cinquième année, des suites d’une morsure d’une vipère à lunettes. Le corps était bien conformé dans toutes ses parties et la tête principale elle-même n’offrait rien d’anormal , si ce n’est dans la région pariétale où ses téguments se continuaient avec ceux de la tête accessoire. Celle-ci, adhérente par son sommet, et par conséquent renversée sur la précédente, offrait
(1) Is. G. Saint-Hilaire divise les monstres doubles parasitaires en trois tribus. La première comprend ceux des monstres parasitaires qui se rapprochent le plus des autositaires ; le parasite implanté extérieurement est reconnaissable par son organisation complexe; cette tribu se divise en deux familles, les monstres doubles hêtérotypiens et les monstres doubles hétéraliens. Dans la deuxième tribu, l’individu accessoire est, comme dans la première, inséré à l’extérieur; mais il est tellement confondu avec l’individu principal, qu’il est difficile au premier aspect de ne pas prendre celui-ci pour un être unitaire portant quelques parties surnuméraires. Cette tribu est également divisée en deux familles : les monstres doubles à mâchoires multiples ou polygnathiens, les monstres doubles à membres multiples ou polyméliens. La troisième tribu ne comprend qu’une seule famille, celle des monstres doubles inclus ou endocymiens. ( Hist. des anom, de l'organisation , t. III, p. 207 et suiv.)
MONSTRUOSITES.
une direction oblique en haut et en arrière. A part cette tète d’une conformation qui n’était pas tout à fait normale, l'appareil de la circulation et tout le reste de l'être se trouvaient complètement atrophiés ; en effet, à la suite de cette tête accessoire venait un cou mal conformé, puis une tumeur arrondie comparée à une pêche. Les deux encéphales étaient séparés comme il a été dit à propos des céphalopages; cependant la tète accessoire semblait participer aux joies et surtout aux chagrins de la tète principale. D’un autre côté, lorsque l’enfant tétait, la physionomie de la tète accessoire prenait une expression de satisfaction, et la bouche laissait échapper beaucoup de salive. Dans le monstre de Vottem, l’encéphale du parasite était rudimentaire ; les muscles consistaient en des libres disséminées ; il existait des rudiments du larynx, des poumons et du cœur, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs ganglionnaires, une petite rate, un segment d'intestin, etc. Le système artériel faisait défaut. Il n’y avait pas trace de cordon ombilical.
Bibliographie. — Home, Philosophical Transact., ann. 1790, vol. LXXX, p. 296. — Vottem, Description de deux fœtus réunis par la tète , Liège, 1828.
Les parasites maxillaires (monstres doubles polygnathiens) sont formés par l’adhérence d’un être rudimentaire ou même simplement d’os maxillaires rudimentaires aux mâchoires d’un fœtus bien constitué d’ailleurs. Is. Geoffroy Saint-Hilaire divise ces monstres en trois genres, qui sont les genres epignathe, hypognathe et augnathe, dont le premier seulement aurait été observé dans l’espèce humaine (1). La relation qu’il donne du genre épignathe, chez l’homme, repose sur un fait rapporté par Hoffmann : il s’agit d’un fœtus femelle qui naquit en 168â avant terme, ne vécut que peu d’instants, et chez lequel existait une tête supplémentaire affectée de plusieurs vices de conformation. Le nez de ce fœtus était déprimé, l’œil droit fermé, et la bouche formait une énorme fente de laquelle sortait une masse osseuse et charnue attachée au palais, et laissant voir manifestement l’ébauche d’une seconde tête. Un second cas a été étudié par Ividd : la tumeur était lobée, recouverte d’une peau bien conformée ; elle renfermait des kystes séparés parun tissu solide et fibreux, des cartilages, des fragments d’os, une portion de cæcum et de mésentère, un doigt, un orteil, des phalanges avec des ongles rudimentaires. Un fait assez semblable a été vu à la Maternitéde Paris, où le modèle est conservé. De la bouche d’un fœtus s’échappe une masse informe se terminant par une jambe et un pied à quatre
(1) Je viens d’apprendre qu’un monstre humain hypognate a été présenté, en 1873, à la Société de chirurgie, par M. Farn on, d’Amiens
doigts tout à fait reconnaissables (tig. 18 et 19). Il nous a été malheureusement impossible d’avoir des renseignements sur ce fait intéressant dont le modèle a servi à notre dessin. Au musée Dupuytren se rencontre, sous le n° 37 (arm. 77), le modèle en cire d’un fœtus de la bouche duquel s’échappe une substance fongueuse qui n’est vraisemblablement aussi qu’un fœtus
rudimentaire. Comme les hypognathes, les monstres épignathes sont plus communs chez les animaux.
Bibliographie — Hoffmann, Ephemer.
nat. eur., 1867, dec. II, ann. 6, obs. 165. — Poelmann, Bull, de la Soc. de méd. de Gand , 1855, p. 10. — Kim, Dublin hospit. Gaz., 1856, n° 6. — Is. Geoffroy Saint- Hilaire, Hist. des anom., t. III, p. 250. — Le même, Sur un nouveau genre de monstres doubles parasitaires de la famille des poly-
Fig. 18. — Monstre épignathe. Fig. 19. — La bouche entr’ouverle du
Une masse se terminant par une jambe monstre précédent laisse voir le point
et un pied bien conformé prend son d'implantation du parasite sur le fond
insertion sur le maxillaire supé- du sinus maxillaire supérieur gauche,
rieur gauche, et sortpar la bouche. c, cloison nasale déjetée à droite.
(Musée de la Maternité.)
gnathiens. ( Comptes rendus Acad, des sciences, 20 février 1851, et Gaz. méd., 1851, p. 134). — Dareste, Note sur un monstre appartenant à un nouveau type de la famille des polygnathiens ( Comptes rend. Soc. biol. et Gaz. méd., 1859, p. 300, 390 et 469). — Goubaux, Sur un monstre double parasitaire de la famille des polygnathiens et du genre épignathe ( Compt . rend. Acad, des sciences, 3 août 1863, et Gaz. méd., 1863, p. 558). — P. Bert, Note sur un monstre double autositaire de la famille des Monosomiens (Soc. de biologie et Gaz. méd., 1864, p. 182).
Les parasites ombilicaux naissent de la région épigastrique ou sus-
MONSTRUOSITES.
ombilicale du fœtus porteur ; ils présentent des différences, suivant que le sujet accessoire est complet, c’est-à-dire pourvu de toutes les parties constituantes du corps, ou suivant qu’il est incomplet, c’est-à-dire dépourvu de tète, de thorax, de membres pelviens, ou bien réduit à une tête portée par l’intermédiaire d’un col et d’un thorax rudimentaires. Is. Geoffroy Saint-Hilaire divise ces monstres en trois genres :
lu Les hétéropages , où le second individu a une tète distincte et au moins des rudiments de membres inférieurs, de sorte qu’il est presque complet. C’est à ce genre que se rapporte un monstre observé d’abord par Pincet qui en envoya la description et le dessin à Licetus, et plus tard, à l'âge de vingt-deux ans, par Bartholin. Ce monstre jouissait alors d une très-bonne santé, et lorsque le parasite se trouvait enveloppé dans le manteau de l’autosite, rien ne pouvait indiquer chez ce dernier un être monstrueux. Le parasite mâle, comme le sujet autosite, offrait tous les caractères extérieurs des monstres unitaires paracéphaliens. Sa tète était grosse mais mal conformée; abandonnée à son propre poids, elle avait fini par se renverser en arrière. Sa bouche toujours béante laissait échapper continuellement de la salive, ses yeux n’étaient pas ouverts, ses membres supérieurs, courts et contournés, n’avaient l’un et l’autre que trois doigts. Les organes génitaux n’étaient qu’ébauchés et il n’existait qu’un seul membre pelvien. Cet être incomplet était presque entièrement dépourvu de mouvement, incapable de se nourrir par luimême et vivant uniquement des aliments pris par le sujet principal.
Bibliographie. — Licetus, Ioc. cit., p. 111, 117. — Même cas dans Bartholin, Historia anat. rarior., cent. I, obs. 66, p. 105. Àmstelodami, 1659. — Is. Geoffroy Saint-Hilaire, t. 111, p. 212. — Vrolik, Ov. cluhl. missg . , p. 50, Mus. petropolitan. I, p. 307. — Hesse, Monstr. bicep. descr. anat. Berlin, 1823. — Wirtensoiin, Duor. monstr. hum. descr. anat. Berlin, 1825, p. 17, pl. III et V. — Loscher, P rager Vierteljahrschr. , 1854, 47 .
2U Les hétéradelphes, où le parasite ne consiste qu’en une moitié inférieure du corps sans tète et quelquefois aussi sans thorax ; c’est l union d’un acéphale à un fœtus régulièrement conformé (fig. 20). Ces monstres sont les plus fréquents des monstres parasitaires et ceux qui ont le plus d’aptitude à vivre. Sur trente-cinq cas réunis par Forster, vingt-trois faisaient mention du sexe masculin chez l’individu normal. Le parasite offre toujours un appareil générateur plus ou moins atrophié, un sexe souvent douteux; l’anus est imperforé ; les membres, mal conformés, diversement contournés, sont le plus souvent incomplets, et les doigts
presque toujours réduits à la seule paire abdominale. Les organes thoraciques font entièrement défaut dans presque tous lés cas. Le foie, la rate, le pancréas, l’estomac et même toute la portion d’intestin grêle
nourrie par l’artère mésentérique supérieure n’existent généralement pas. Le canal alimentaire est réduit à une portion de l’iléon, au cæcum, aux côlons, et au rectum, qui est oblitéré, s’il ne s’ouvre dans les voies urinaires ou génitales. L'iléon incomplet, qui forme la partie supérieure du canal alimentaire, se porte dans l’abdomen du sujet principal par une ouverture de communication qui existe au-dessus de l’ombilic, et il s’insère ordinairement, après s’être considérablement rétréci, sur l’iléon principal. Les reins sont uniques, fusionnés, ou ils font défaut, les uretères sont quelquefois imperforés. Enfin les organes générateurs sont imparfaitement conformés ou complètement atrophiés. Le squelette est trèsimparfait ; les membres sont peu flexibles,
Fig. 20. — Monstre hétéradelphe et plusieurs de leurs articulations se trou- (d’après A. Paré.) ... .
vent ordinairement à demi ankylosées. La
colonne vertébrale manque en partie avec les centres nerveux. L’appareil vasculaire consiste en quelques troncs artériels qui se rendent aux membres d’où reviennent de rares vaisseaux veineux. Le système circulatoire est ainsi des plus imparfaits, s’il ne manque complètement, et l’espace que devaient occuper les muscles se trouve rempli par du tissu cellulo-adipeux, un petit nombre de filets nerveux et de rameaux vasculaires.
Bibliographie. — A. Paré, Œuvres, p. 647, Lyon, 1652. — Winslow, Mém. de l’Acad. des Sc., 1733, p. 366, et 1734, p. 468. — Buxtorff, Act. Helvet., t. VII, p. 100. — Ed. Sandifort, Mus. anat., pl. CXXV et CXXYI, fig. i. — Busseuil, Mém. du Muséum d’hist. nat., t. XV, p. 407.
— Serres, Ibid. , p. 409. — Le même, Mém. de l’Acad. des sciences t. XXV, p. 567. — Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Hist. des Anom. , t. III, p. 215.
— Pereical, Philosoph. Transact. t. XLVII, p. 361. — Régnault, loc. cit , p\. XXL
— Berry, Transact. of the med.-ch. Soc. of Edinb., 1826, vol. I, II. — Mayer, Journ. f. chirurg. und Augenk., 1827; extr. dans Archiv. gén. de mèd., t. XVII, p. 579. — Zagorsky, Mém. de l’Acad. des sc. de Saint-Pétersbourg , 1832, 187.
— Nagel, (Estcrr. Wochenschr ., 1 845 , n° 9. — Murray, British med. Journ., 1857, et Gaz. méd., 1858, p. 597. — Anonyme, Archiv f. Kinderkrankh., 1846, et Gaz. méd., 1846, 353. — Gorré, Enfant monstrueux présentant trois extrémités infér. et lin double appareil sexuel mâle (Acad, des sciences, 25 mai 1846, et Gaz , méd., 1846, 433).
3° Les hétérodymes résultent de l’union épigastrique de deux sujets, l’un régulièrement conformé, l’autre composé d’une tête plus ou moins imparfaite, d’un col et d’un thorax le plus souvent rudimentaires, quelquefois si peu marqués que la tète du parasite semble directement implantée sur l’épigastre de l’autosite. Moins fréquents que les hétéradelphes, les hétérodymes se distinguent par des modifications en quelque sorte inverses des caractères de ces derniers. La moitié inférieure du corps qui existe chez le parasite hétéradelphien manque dans le parasite hétérodymien ; et réciproquement, la région supérieure qui manque au premier existe chez le second.
Bibliographie. — A. Paré, Œuvres , Lyon, 1652, p. 652. — Rueff, loc. cit., fol. 42. — Winslow, Mém. de l'Acad. des sc., 1733, p. 368. — Vfrh. van Het, Batav. genootsch., t. X, 1825 ; extrait dans Bull, des sc. méd., t. II, 1827. — Nokher, Preuss. Med. V ereins-Zeit . , 1837, n° 3.
4° Sous le nom de monstres polyméliens, Geoffroy Saint-Ililaire décrit une famille de monstres doubles qui se rapprochent beaucoup des hétéradelphes, et que l’on pourrait à la rigueur ne pas en séparer. Ils sont en effet caractérisés par l’insertion, sur un sujet bien conformé, d’un ou plusieurs membres accessoires, et quelquefois par la présence des rudiments d’autres parties, surtout d’un second anus. Suivant le lieu où s’insèrent les membres accessoires sur le sujet principal , ces monstres sont divisés en cinq genres : pygomele, yastromcle , notomèle , cèphalomele, mélom'ele. Je m’arrêterai seulement au premier de ces genres, que l’on observe quelquefois chez l’homme.
Les pygomèles, beaucoup plus communs chez les oiseaux que chez les mammifères et chez l’homme, se font remarquer par l’existence d’un ou de deux membres pelviens accessoires. Ces membres, toujours imparfaits et mal conformés, notamment dans la portion qui correspond aux pieds, s’articulent avec un bassin imparfait, très-petit, méconnaissable, mais soudé ou uni au bassin principal, de telle façon que chaque pièce osseuse va joindre son analogue. Les membres, au lieu d’être isolés, peuvent être fusionnés. C’est le cas d’un jeune garçon d'origine portugaise qui se faisait voir à Paris dans ces dernières années (fig. 21). Un membre pelvien fusionné et incomplet, attaché à la partie inférieure du bassin, au
niveau de l'arcade pubienne, pendait entre les deux cuisses, où il restait semi-lléchi. En même temps ce garçon était porteur de deux pénis parallèlement disposés à quelques centimètres de distance et pouvant fonctionner simultanément. Il possédait deux scrotums bien conformés, avec rapbé, mais ne logeant chacun qu’un seul testicule. Il présentait enfin un anus unique, et sur le parasite, on constatait l’existence d'un anus rudimentaire.
Un monstre qui rentre dans ce même groupe a été récemment présenté
à l’Académie de médecine, par le professeur Depaul. Ce monstre, que nous avons pu examiner avec tout le soin désirable, aujourd’hui âgé de cinq ans, est robuste et du sexe féminin. Il est né dans le département de l’Aisne, de parents bien portants.
Produit d’une quatrième grossesse, il vint au monde sans difficulté ; le frère qui l’a précédé est mort au bout de dix jours, il était atteint despina bifida. Toute la partie supérieure du corps est bien conformée, la partie inférieure seulement est le siège de l’anomalie (fig. 22). Entre deux jambes entièrement normales il existe deux jambes parasitaires, faisant saillie en avant, et jouant l’une et l’autre dans deux articulations coxo-fémorales situées sur un bassin rudimentaire soudé ou réuni à la partie antéro-inférieure du bassin principal au niveau des os pubis, sur lesquels il peut vaciller. Très-char- Fig. 21. Monstre polymélien (pygomèle). nugs au voisinage de l’articulation
coxo-fémorale , les membres parasitaires s amincissent notablement à partir des genoux ; elles sont inégales et terminées par des extrémités de petit volume affectées de pied bot varus. Le quatrième et le cinquième orteil de chaque pied sont réunis par une membrane interdigitaire , et le gros orteil du pied gauche présente un dédoublement incomplet. Les articulations fémoro-tibiales et phalangiennes sont plus ou moins complètement ankylosées ; les deux jambes font avec la cuisse, à droite, un angle presque droit, à gauche, un angle
MONSTRUOSITES.
aigu. Les muscles sont mal dessinés ; aux jambes surtout, ils sont atrophiés, et le tissu adipeux paraît prédominer.
La peau est d’autant mieux nourrie qu’on l’examine sur un point plus rapproché du bassin; à la partie inférieure des cuisses, où elle est plus épaisse, on aperçoit quelques poils bien nourris, plus longs que ceux du sujet autosite. La sensibilité à la douleur, au chatouillement et au froid, existe, mais faiblement. Au niveau du point d’union des membres, deux
dépressions opposées : l’une, plus profonde et cpii paraît être antérieure, laisse suinter par moments un liquide sanieux et fétide; l’autre, postérieure, plus superficielle, correspond à l’extrémité d’un os qui a de grandes analogies avec le coccyx.
Pour ce motif cette dépression semblerait être un rudiment d’anus, tandis que la première pourrait être un
Fig. 22. — Monstre polymélien.
a , rudiment de vulve du parasite.
Fig. 23. — Partie postérieure du monstre représenté fig. 22. a, canal de l’urèthre du sujet principal ; 6, rudiment d’anus du parasite.
rudiment de vulve. Le siège réciproque de chacune de ces dépressions pourrait faire croire que la partie postérieure du parasite, contrairement à la loi générale des monstruosités doubles, regarde la partie antérieure de l’autosite; mais ce n’est là qu'une apparence résultant de l’inversion des membres.
L’anus occupe chez le sujet autosite son siège ordinaire, puis vient un périné peu étendu et un espace limité par des lèvres peu développées, rudimentaires (fig. 23). Le fond de cet espace est constitué par une membrane
mince, rougeâtre ; limité sur le côté par les lèvres, il laisse voir à la partie postérieure le canal de l’urèthre, qui, bien conformé, se trouve à 2 centimètres de l’anus, et en avant l’insertion du parasite, de sorte que la menstruation paraît devoir rencontrer des difficultés, comme aussi le rapprochement sexuel.
Bibliographie. — Ciiabelard, Mêm. de V Acad, des sciences, 1746. — Ammon, Die Angeb. chir. Krankh., pl. XXX1Y, fig. 1,2. — Otto, loc. cit., n° 415. — Fleischmann, Der Fœtus in Fœtu, 1845. — Acton, Med. chir. Transact.,\ ol. XXIV, 1846. — Pitha, Prag. Vierteljahrschr., 1850, VII, I. — Hesselacii, Beschreib. d. Wurzb. Prcip., p. 237. — Weber, Archiv fur path. Anat. und Physiol., t. VI, p. 520. — Fr. Beer, Beitrcige zu der Lehre von den Missgeb. In. diss. Zurich, 1850. — E. Vidal, Monst. double parasit., genre pygomèle, famille des polyméliens (Soc. de biologie et Gaz. méd., 1861, p. 245-516). — Fôrster, Die Missbild. , p. 27. — Bulletin général de thérapeutique, t. LXIX, p. 44, 1865. — Hervieux, Bull, de V Acad, de méd., 6 janvier 1874, p. 20.