MALFORMATIONS DE LA FACE ET DU COU
Les parties constituantes de la face, notamment celles qui doivent former la bouche , se dessinent chez l’embryon humain dès le vingtième jour. Leur développement se fait à l’aide de productions ou lamelles isolées qui partent de l’extrémité supérieure de la colonne vertébrale rudimentaire pour se réunir vers la ligne médiane. Ces lamelles, qui ont été appelées arcs branchiaux ( Rathke ) et plus tard arcs viscéraux (Reichert), laissent entre elles des espaces connus sous le nom de
fentes branchiales ou viscérales. Les trois premières de ces lames commencent sous forme de prolongements appliqués contre la face interne des parois latérales du capuchon céphalique, pour de là s’avancer vers la ligne médiane de la même manière que les prolongements costaux. C’est aux dépens du premier arc que la bouche et ses dépendances, le nez, les deux mâchoires, le palais et son voile, sont produits. En effet, du renflement cérébral supporté par cet arc descendent un bourgeon médian ou frontal et deux bourgeons latéraux ou maxillaires, tandis que deux autres appendices latéraux, prenant naissance un peu plus bas , se portent en avant, vers la ligne médiane. La réunion de toutes ces parties constitue l’ouverture buccale. Mais, tandis que les deux bourgeons inférieurs appelés à former la mâchoire inférieure se fusionnent vers le vingt-huitième jour, ceux qui représentent la mâchoire supérieure ne se réunissent que plus tard et par l’intermédiaire du bourgeon frontal qui, vers le vingt-cinquième jour, s’échancre un peu à sa partie moyenne et se partage en deux bourgeons plus petits, les bourgeons incisifs ou intermaxillaires (Coste). Ceux-ci vont en divergeant à la rencontre des bourgeons maxillaires supérieurs, et leur contact, qui a lieu vers le trente-cinquième jour, ne laisse de chaque côté, entre les deux lamelles, qu’un petit sillon qui s’oblitère un peu plus tard. Dès la fin du premier mois, la bouche existe donc, mais elle forme avec les fosses nasales une cavité commune limitée par les bourgeons mentionnés. Du bourgeon médian descend verticalement un feuillet assez épais qui formera la cloison des fosses nasales, pendant que des bourgeons maxillaires supérieurs émanent deux lames horizontales qui, se rencontrant avec la première, séparent complètement de la bouche les fosses nasales déjà distinctes l’une de l’autre, en sorte que chez un embryon de soixante jours on ne trouve plus de trace de communication entre les fosses nasales et la bouche.
La première fente branchiale sert à la formation des conduits et des cavités de l’oreille. Le second arc branchial n’a qu’un rôle secondaire, et la seconde fente s’oblitère de très-bonne heure. Le troisième arc donne naissance à l’épiglotte et à l’os hyoïde ; la troisième fente tarde peu, après la seconde, à se remplir sans donner naissance à aucune partie permanente spéciale. Il en est de même du quatrième arc viscéral et de la quatrième branche branchiale, située entre celui-ci et le tronc. Toutefois, de la masse qui les constitue, comme de celle qui se dépose à la région des arcs viscéraux supérieurs , proviennent plus tard les parties molles du cou, muscles, vaisseaux, etc. Que, par une circonstance quelconque, ce travail de développement régulier se trouve entravé dans les os ou dans les parties molles, il en résulte une anomalie qui consiste, en fin
MALFORMATIONS
de compte, dans un défaut de réunion ou fissure ayant son siège ordinaire, pour la face , sur la ligne médiane ; pour le cou , sur les côtés. Étudions maintenant ces anomalies.