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III. — Phlegmasies prolifératives

Ces phlegmasies (phlegmasies adhésives de Hunier) ont pour principal caractère de donner naissance à un tissu semblable à celui de l’embryon, avec cette différence qu’il est destiné à périr ou à se transformer en tissu de cicatrice.

Désigné sous les noms de phlogome (Küss), granulome ou tissu de granulation (Virchow), néoplasme inflammatoire (Billroth), le produit de ces phlegmasies présente une disposition et des aspects variés, suivant qu’il se développe cà la surface d’une plaie, sur une membrane séreuse ou dans l’épaisseur même des organes. Au niveau d’une plaie, ce* tissu prend la forme de petits bourgeons rosés, de volume variable, qui, parleur dévelop-

PiG. 7 4. — Masse de tissu inflammatoire et embryonnaire déposé sur la face externe de la dure-mère d’un malade atteint d’ostéite vertébrale.

(Mal de'Pott.)

Fig. 75. — Coupe microscopique à travers la masse inflammatoire delà figure 74. Ce tissu est formé de cellules embryonnaires et de fibrilles ; «, vaisseau dont la tunique interne est en voie de végétation. (Grossissement

pement, tendent à combler la perte de substance. A la surface des membranes séreuses, il s’étale en couches membraneuses plus ou moins épaisses et régulières. Dans la profondeur des organes, il existe par points isolés effengendre des productions nodulaires, ou bien il se dissémine lancereaux. — Traité (l’Anat. I- — t7

et produit des traînées ou tractus (fig. 74), sinon une infiltration générale; mais, quel que soit son siège, ce néoplasme n’offre pas de différences notables, il est primitivement constitué par des cellules assez semblables aux cellules lymphatiques (cellules embryonnaires) et par des vaisseaux plus ou moins nombreux (fig. 75). Les cellules embrvonnaires sont des éléments sphériques ou légèrement anguleux, de

petit volume (environ 0mm,010 à 0rnm,0t2), pourvus d’un noyau assez gros comparativement à la masse de protoplasma qui l’enveloppe. Le noyau, peu foncé et réfringent, contient un nucléole petit et brillant ; la masse de protoplasma, peu abondante et légèrement granuleuse, présente quelquefois des mouvements amœboïdes. Ces éléments sont juxtaposés et en contact presque immédiat, séparés seulement par une couche mince de matière unissante, amorphe et molle, qui permet facilement la dissociation»

L’apparition de ces cellules au niveau des tissus irrités et en voie d’inflammation ne fait de doute pour personne, mais leur origine est jusqu’à ce jour Lobjet de vives discussions. Ch. Robin et ses élèves les font naître par génération spontanée au sein d’un blastème exsudé par les vaisseaux sanguins sous l’influence de l’état phlegmasique. Colmheim les considère comme des globules blancs échappés des vaisseaux ; mais si nous nous en rapportons à l’étude que nous avons faite des concrétions fibrineuses des vaisseaux (1), ou nous avons toujours vu: l’organisation commencer à la périphérie et se produire aux dépens des cellules endothéliales, nous sommes peu disposé à admettre cette hypothèse, qui déjà est réfutée par la formation d éléments embryonnaires à distance des vaisseaux comme au sein de la substance fondamentale du cartilage. D’ailleurs, si le tissu embryonnaire provenait de l’organisation des globules blancs, il faudrait admettre que ceux-ci se produisent dans les espaces lymphatiques, et la question de la génération spontanée, comme celle de la multiplication cellulaire resterait tout entière. Virchow professe, après Küss, que les éléments du tissu inflammatoire dérivent des cellules préexistantes, et il les fait provenir d'une division des corpuscules conjonctifs. Cette opinion trop exclusive est en i même temps basée sur une connaissance incomplète du tissu conjonctif. 1 En effet, les cellules du cartilage, les cellules endothéliales, les cellules à: mvéloplaxes, etc., irritées, paraissent manifestement se multiplier, soit par division de la cellule (cellules de cartilages, endothéliums), .j soit par bourgeonnement, soit par formation endogène. Donc, s’il n’est

(1) Voyez Comptes rendus de la Société de biologie et Gaz. méd.y 1S62, p. 684.

pas possible de se prononcer avec assurance pour l’une ou pour l’autre de ces théories, du moins il est rationnel d’accepter la dernière, avec les modifications que comporte une étude plus approfondie du tissu conjonctif, en raison surtout des nombreuses divisions présentées par les éléments conjonctifs enflammés.

Quelle que soit l’origine des cellules embryonnaires, il se développe dans leur masse des vaisseaux diversement disposés et dont le mode de formation est jusqu ici vivement discuté. Deux opinions régnent à ce sujet : 1 une fait naître ces vaisseaux directement dans le tissu inflammatoire comme il arrive primitivement dans le tissu de l’embryon ; l’autre

les rattache à un bourgeonnement des parois des capillaires préexistants. Suivant la première hypothèse il se produit, au sein des cellules embrvon-

naires, des tubes qui par leurs prolongements entrent en communication avec les vaisseaux les plus voisins, ou bien ce sont les réseaux de cellules plasmatiques qui s’abouchent avec les capillaires par leurs ramifications canaliculées dont l’élargissement progressif permet la pénétration des globules sanguins. La seconde hypothèse, qui est celle à laquelle on se rattache généralement aujourd’hui, attribue les vaisseaux nouveaux à la végétation des cellules des parois des vaisseaux préexistants. C’est par leur multiplication que ces cellules fourniraient les éléments nécessaires à la constitution des vaisseaux ; mais il est probable que les cellules embryonnaires de l’inflammation prennent aussi part à cette organisation, en sorte que les deux opinions pourraient bien renfermer chacune une partie de la vérité. Quant au sang qui occupe les réseaux capillaires au moment de leur formation, il se constituerait dans leur intérieur suivant Billroth, tandis que la plupart des auteurs pensent qu’il y arrive au moment où le réseau est mis en rapport avec le système vasculaire.

Le tissu embryonnaire, une fois constitué, se transforme peu à peu en tissu conjonctif définitif; sinon, il subit des modifications qui arrêtent son développement et donnent à la partie enflammée des apparences diverses dont l’une des plus communes est la transformation ou dégénérescence dite caséeuse. Nous appelons caséeuses les phlegmasies dans lesquelles le tissu inflammatoire cesse de s’accroître et de vivre, et scléreuses celles dans lesquelles ce même tissu continue de se développer ; mais nous reconnaissons qu’il existe entre ces deux groupes une série de processus intermédiaires qui rendent le passage de l’un à l’autre presque insensible.

L — Les phlegmasies prolifératives caséeuses sont celles dont les produits ne peuvent parvenir à une organisation définitive. Elles sont diffuses

ou circonscrites, suivant que ces produits se présentent sous la loi nie de niasses disséminées ou sous la forme de nodosités (tubeicule, gomme, etc. ) .

Les phlegmasies diffuses occupent de préférence les organes lymphatiques et les alvéoles pulmonaires ; elles s’observent aussi dans la peau, le tissu conjonctif sous-cutané, dans les os et le tissu interstitiel des parenchymes. Les glandes lymphatiques s’injectent, augmentent de volume, de façon à acquérir la grosseur d’un marron ; leur consistance diminue, leur teinte, grisâtre ou rosée, est semée de stries rougeâtres. Vues au microscope, elles présentent, en même temps qu une dilatation des vaisseaux, un accroissement et une multiplication de leurs éléments cellulaiits. Au bout d’un temps plus ou moins long, et qui varie suivant la nature du mal, les éléments nouveaux de ces glandes, ne pouvant continuer à se nourrir et à vivre, ou bien subissent une métamorphose graisseuse, ou bien se nécrosent. Dans le premier cas, le tissu de la glande pâlit, tn même temps, les éléments transformés rentrent peu à peu dans la circulation, et l’organe peut revenir à son volume primitif : tel est 1 état des glandes mésentériques et de la rate dans la fièvre typhoïde. Dans le second cas, on voit apparaître au sein de la glande de petits foyers blanchâtres ou jaunâtres qui se réunissent et transforment peu a peu tout l’organe en une masse blanche, sèche, friable, grumeleuse, composée de cellules granuleuses, déformées, atrophiées, et dans laquelle se rencontrent quelquefois des paillettes brillantes et des cristaux de cholestérine. Cette masse mortifiée, au sein des tissus vivants, se com¬

porte à la façon d’un corps étranger ; elle les irrite, les enflamme, les ulcère, et de la sorte elle parvient, si elle n’est pas trop profondément située, à se faire jour au dehors, laissant à sa suite une cicatrice plus ou moins profonde : telles sont les glandes intestinales dans la fièvre typhoïde, les glandes maxillaires et cervicales dans la scrofulose. Semblables phénomènes se passent dans la rate, les amygdales, qui sont aussi des glandes lymphatiques, avec cette différence que la mortification du tissu de nouvelle formation y est extrêmement rare.

La substance médullaire des os, considérée avec raison comme un tissu lymphatique, subit les mêmes altérations. Dans la scrofulose notamment, les éléments cellulaires du tissu médullaire se multiplient, forment i

des masses qui, ne pouvant vivre, dépérissent peu à peu et se mortifient (ostéite caséeuse). Le tissu conjonctif sous-cutané présente aussi toujours, chez les scrofuleux, des lésions assez semblables ou du moins fort peu différentes. Ce sont des tuméfactions molles ou fluctuantes, constituées par une substance visqueuse, transparente, avec flocons blanchâtres, ou par un liquide blanc jaunâtre et d’aspect purulent. Les leucocytes,

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ordinairement nombreux dans ces formations, les ont fait considérer comme des abcès froids ; mais si l’on tient compte de l’évolution de ces lésions et de leur faible réaction sur l’organisme, phénomène peu ordinaire dans la suppuration, on est conduit à les rattacher plutôt à une inflammation du genre de celle qui nous occupe. Les poumons, dont les alvéoles peuvent être considérés comme des espaces lymphatiques, sont souvent atteints de pneumonies lobulaires qui se terminent par une dégénérescence caséeuse : telle est l’une des formes de la phthisie pulmonaire.

Dans certains cas, au lieu d’une résolution complète par métamorphose graisseuse, ou d’une sorte de nécrose qui aboutit à l’ulcération, le produit exubérant de l’inflammation subit un ramollissement aigu, une sorte de destruction moléculaire de ses parties constitutives : ainsi se comportent les glandes lymphatiques dans la peste et dans quelques autres maladies.

Les phlegmasies caséeuses se produisent dans le cours de maladies générales, comme la fièvre typhoïde, le typhus, la peste, la dysenterie, etc. Fréquemment, ces altérations sont causées par des conditions hygiéniques mauvaises : une alimentation exclusive, ou mal choisie, peu appropriée à l’àge des individus, l’absorption d’un air humide, vicié, le défaut d’exercice musculaire. Alors la moindre irritation des glandes lymphatiques suffit pour amener une inflammation caséeuse ; c’est à cette prédisposition qu’on donne le nom de scrofulose. Remarquons que le siège de la localisation morbide aux glandes lymphatiques varie pour ainsi dire avec chaque cause spéciale : les glandes lymphatiques sous-maxillaires sont plus particulièrement affectées dans la scrofulose, les glandes bronchiques dans la rougeole, les glandes intestinales et mésentériques dans la fièvre typhoïde, les glandes des aines et des aisselles dans la peste. Outre ces différences de siège, il existe pour chacune des altérations en question des différences de durée et d’évolution assez appréciables pour leur constituer des caractères distinctifs.

Les phlegmasies qui se manifestent sous la forme de granulations ou de nodosités ont été à tort rangées dans le groupe des tumeurs. Effectivement, si l’on remarque que ces granulations ou nodosités sont généralement accompagnées de lésions diffuses, de tractus membraneux et de néomembranes, dont elles ne diffèrent que par une plus grande tendance à la destructivité, on est porté à les faire rentrer dans la classe des phlegmasies, dont elles n’auraient jamais dû être distraites, puisqu’elles ont toujours, comme les produits phlegmasiques, un accroissement limité.

La plus commune de toutes les altérations de ce groupe, le tubercule , est une production organisée, et non pas, comme le croyaient les anciens, une masse plus ou moins jaune, ou encore un simple exsudât. C’est une formation pathologique qui se présente sous l’apparence d’une nodosité ferme, remarquable par son petit volume (fîg. 78 et 80), rarement plus con„ sidérable que celui d’un grain de millet, d’où lui est venu le nom de granulation miliaire, et par sa dissémination habituelle, non-seulement dans un seul organe, mais dans plusieurs organes à la fois. Par leur agglomération, les granulations miliaires donnent lieu à des nodosités plus volumineuses, prises à tort pour des masses homogènes, surtout quand elles se rencontrent dans les testicules, les reins et le cerveau (lig. 76).

Fig. 76. — Partie postérieure d’un hémisphère cérébral dont l’une des circonvolutions est le siège de deux masses tuberculeuses accolées. Une section longitudinale a mis ces masses à découvert, a, b.

Vues au microscope, les granulations tuberculeuses offrent entre elles des différences en rapport avec leur durée, la nature des tissus qui les renferment et quelques autres circonstances. À son début, la granulation est constituée par un tissu qui a la plus grande ressemblance avec le tissu inllammatoire (granulome), et qui, comme lui, est composé de petites cellules arrondies ou légèrement aplaties (lig. 79), que colore le carmin après durcissement dans l’alcool, et que rend pkis apparentes l’action de l’acide acétique. Pressées les unes contre les autres sur quelques points, ces cellules sont ailleurs séparées en groupes linéaires par une substance brillante, réfringente, tantôt amorphe, tantôt 1 c irrégulièrement fibrillée (Grancher). A côté de ces éléments, il existe assez généralement des corps huit ou dix fois plus volumineux, et auxquels les auteurs allemands ont donné le nom de cellules gigantesques (. Riesenzellen ), sorte de cellules à noyaux multiples, mais qui, suivant les histologistes français, seraient tantôt un simple accolement de cellules d’abord indépendantes, tantôt des masses intra-canaliculaires ou intra-alvéolaires, de nature

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fibrino-albumineuse, colorées ou non par la matière pigmentaire du sang, et infiltrées, soit de globules blancs, soit de noyaux provenant des endothéliums vasculaires. Les vaisseaux en petit nombre qui font partie de la granulation tuberculeuse, ou qui s’y rendent, sont le plus souvent oblitérés, et par là on explique les différences présentées par cette granulation suivant la période de son évolution.

La granulation miliaire est rosée ou grisâtre, semi - transparente ; elle reste ainsi pendant un certain temps qui constitue sa première phase ou période d’accroissement. Plus tard, cette granulation devient opaque, blanchâtre, puis jaunâtre à son centre où les éléments anémiés s’infiltrent de granules graisseux, se déforment et s’atropnient, tandis qu’à la périphérie ils continuent de se nourrir et de vivre : c’est la période d’état du tubercule, celle qui est vraiment caractéristique. Dans une dernière phase enfin, la granulation miliaire revêt partout une teinte jaunâtre, et forme une masse sèche, friable, caséeuse, composée de cellules déformées, de granules moléculaires, de gouttelettes graisseuses, et parfois même de cristaux de cholestérine. Arrivé à ce terme, le tubercule a cessé de vivre ; il est devenu pour les tissus de son voisinage un corps étranger qui les irrite, les enllamme et en amène la destruction. Ainsi se produisent les ulcérations de la surface des membranes muqueuses (fig. 77), et les excavations plus ou moins étendues du parenchyme pulmonaire.

La granulation tuberculeuse n’est pas la seule forme que revête le produit tuberculeux. Celui-ci existe encore à l’état d’infiltration diffuse, comme il est facile de s’en assurer dans la méningite tuberculeuse, où l’on voit, à côté de granulations parfaitement caractérisées des masses membraneuses, grisâtres ou jaunâtres, composées des mêmes éléments que l’on retrouve encore quelquefois dans la substance

àmgmo^

ÊÊBmtÆ

Fig. 77.- — a, Pointe, de la langue dont la face dorsale est le siège d’un ulcère tuberculeux ; 6, coupe perpendiculaire à la partie moyenne de l’ulcère audessous duquel on aperçoit plusieurs granulations tuberculeuses, c.

injectée et ramollie des circonvolutions. Semblable disposition existe dans les organes génitaux (fig. 78) et urinaires, aussi aurions-nous mauvaise grâce de nier quelle puisse se rencontrer dans les poumons, où elle a été d’ailleurs nettement établie par quelques histologistes français. Grancher et Thaon ont montré en effet que les éléments tuberculeux peuvent infiltrer le tissu des poumons, de façon à donner naissance à des masses ayant tous les caractères de f hépatisation.

Mais faut-il, à l’exemple de quelques observateurs, regarder toutes les

altérations nécrosiques ou caséeuses des poumons comme se rapportant à la tuberculose? J’avoue avoir rencontré des faits qui se prêtent mal à cette manière de voir. J’ai pu me convaincre, pendant le siège de Paris,.

Fig. 78. — Utérus et trompes dontla muqueuse est infiltrée de granulations tuberculeuses.

La muqueuse du col utérin est restée intacte.

qu’un certain nombre de jeunes soldats, souffrant de la fatigue et d’une mauvaise alimentation, contractaient des pneumonies lobulaires qui,, loin de se résorber, se terminaient par la nécrose de l’exsudât. Cette altération engendrait dans le poumon des noyaux lenticulaires jaunâtres, friables, grenus à la coupe et ainsi très-différents d’une infiltration tuberculeuse. J’ai également observé cette disposition chez de jeunes enfants mal soignés et mal nourris et chez des adolescents qui avaient pris tout à coup un accroissement exagéré.

Les opinions les plus diverses et les plus contradictoires ont été émises, principalement en Allemagne, sur l’origine du tubercule ; il est sans intérêt de les rappeler. La composition du tissu conjonctif telle que l’ont fait connaître les recherches de Ranvier permet peut-être d’arriver à une solution. Nous savons que les faisceaux conjonctifs sont tapissés de vrais endothéliums, tout à fait comparables à l’endothélium qui recouvre les séreuses et les alvéoles pulmonaires. Or, sur un épiploon tuberculeux, il est facile de voir, dans le voisinage des granulations, comme le remarque Grancher, des cellules détachées des faisceaux et contenant un certain nombre de noyaux, qui ne sont que des cellules gigantesques d’où sortent probablement, par division successive , les J petites cel iules constitutives de la granulation. L’épithélium pulmonaire et celui des gaines lymphatiques ayant la plus grande ressemblance avec celui de la séreuse péritonéale, il devient ainsi facile de se rendre compte

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de la localisation du tubercule dans la trame conjonctive des organes, dans la paroi des vaisseaux (fig. 79) et dans celle des alvéoles pulmonaires.

Les poumons sont les organes de prédilection du tubercule ; viennent ensuite les membranes séreuses, les glandes lymphatiques, le cerveau, le foie, les reins, etc. Soumis à une même influence morbitique, ces divers organes peuvent être simultanément atteints, mais quelquefois aussi certains d’entre eux sont affectés consécutivement et par propagation du mal. On sait depuis longtemps, et mieux encore depuis les recherches de Lépine, que les tubercules ont de la tendance à s’étendre suivant le trajet des vaisseaux sanguins et lymphatiques ; la ligure 80 est un exemple de cette disposition. Ce fait, qui rend compte de la fréquence des altérations caséeuses des glandes lymphatiques dans la tuberculose, a sans doute conduit à l’idée de l’infection tuberculeuse.

Villemin a le mérite d’avoir appelé l’attention des observateurs sur la transmission expérimentale de la tuberculose; mais, malgré ses recherches et celles qui ont suivi, les expériences de Chauveau notamment, le tubercule ne peut être considéré dès à présent comme un produit virulent, analogue au produit de la variole et de la syphilis, et dans le cas où son inoculation réussit, il y a lieu de croire que la matière tuberculeuse a agi à titre de simple irritant sur un organisme débilité, en produisant un tissu inflammatoire, comme le font beaucoup d’autres substances. L’insuflisance de l’alimentation, de l’exercice musculaire et surtout de l'air, voilà la grande cause de la tuberculose.

Fig. 79. — Petite artère méningienne atteinte de tubercule, a, le vaisseau; è, les éléments tuberculeux (petites cellules rondes et quelques cellules fusiformes) distendent la gaîne lymphatique. (D’après Y Allas d'anatomie pathologique de Lancereaux et Lackerbauer. (Grossissement 300.)

Fin. 80. — Vaisseaux mésentériques dont les parois sont affectées de granulations tuberculeuses; a, ganglion lymphatique.

Les gommes syphilitiques se développent, comme les tubercules, au sein des tissus de substance conjonctive, tantôt aux dépens des éléments cellulaires de ces tissus, tantôt aux dépens des éléments de la tunique externe des vaisseaux et des parois des capillaires. La peau, le tissu cellulaire sous-cutané, le périoste, les os, les muscles, le testicule, le foie et les enveloppes du système nerveux sont les parties où elles siègent le plus habituellement. Ce sont, tantôt des nodosités arrondies ou semilunaires, souvent multiples, isolées ou réunies (fig. 81), d’un volume qui varie entre la grosseur d’une lentille ou celle d’un œuf, et composées d’une portion extérieure indurée,

grisâtre, et d’un noyau central jaunâtre; tantôt des infiltrations diffuses, peu étendues, assez homogènes, le plus souvent limitées à une portion d’organe. Variables sous le rapport de la consistance et de la coloration, les nodosités gommeuses sont ordinairement fermes, grisâtres, lisses à la coupe, humides, bien qu’elles ne contiennent pas de suc ; plus rarement elles sont molles, constituées par une masse incolore, visqueuse, analogue à une épaisse solution de gomme. Cette dernière forme, qui a valu aux produits syphilitiques leur dénomination (1), plus commune dans les organes extérieurs, et surtout au voisinage des os que dans les organes internes, n’est que lç résultat de la transformation muqueuse du tissu gommeux.

Ces produits sont formés, dès le principe,

par l’apparition, au pourtour des plus petits

. ic. 81. — Hemisphere cérébral vajsseaux ^ qans Jes vacuoles du tissu COngauche a la partie anterieure duquel existe une gomme développée jonctif, de petites cellules arrondies, sem-

dans le» mé|.inge». a dure-mère blables aux cel]u]es lymphatiques ou celalteree et adhérente a la gomme b. J 1 1

Iules embryonnaires et plus ou moins abondantes. Les trabécules qui circonscrivent ces vacuoles sont peu à peu détruites, et les jeunes cellules forment des amas que réunit une gangue plus ou moins fibrillaire et dont la partie centrale, mal nourrie, ne tarde pas

(1) Tumores atheromatici, qui gummata vocantur, assumpta similitudine ab arboribus, quoniam in morbogallico crescunt tubercula æmulantia gummas arborum. (Gabr. Fallope, Demorbo gallico , Patavii, 1564, p. 193.

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à s’infiltrer de granules moléculaires qui lui donnent une apparence opaque ou jaunâtre, tandis que la partie périphérique, constituée par des éléments plus vivaces, se transforme peu à peu en un tissu conjonctif définitif, rétractile comme le tissu cicatriciel (fig.82).Or, si le néoplasme est étalé et peu abondant, on comprend que son énergie vitale puisse être suffisante pour lui permettre une transformation presque complète en tissu ambiant ; si, au contraire, ce néoplasme circonscrit est déposé en masses plus considérables, il a par Fig. 82. — Coupe microscopique d’une

lui-même une vitalité moindre, et bientôt ",°fid“Sré,f°,mmeuhse repré?e[Ufe »/• 33

et 8a. Cellules embryonnaires tendant a

ses parties centrales, peu vasculaires, su- s’organiser en b et à se détruire enrt ; c bissent un travail de régression qui en- et 6 représe"(lent la Partie périphéri-

n 1 que; a , la partie centrale de la nodo-

traîne la destruction même des éléments site. (Grossissement 2-f°.)

propres de l’organe affecté. Ainsi, la spécificité de la gomme ne repose pas sur

Fig. 83. — Face antéro-inférieure du bulbe et de la protubérance où se voient plusieurs nodules gommeux circonscrits par un tissu conjonctif, jeune et vasculaire

Fig. 84. — Surface de section antéropostérieure du bulbe et de la protubérance représentés üg. 83. a, foyer d’encéphalite ; c et ery nodules gommeux.

une différence notable entre son tissu et celui de tout autre néoplasme phlegmasique, elle consiste plutôt en ce que dans un foyer de tissu embryonnaire

de nouvelle formation il se délimite un noyau central circonscrit, plus ou moins sphérique, différant par ses métamorphoses ultérieures du tissu embryonnaire environnant (fig. 83 et 84). Tandis que celui-ci se transforme en un tissu fibreux qui se rétracte en donnant lieu à une cicatrice plus ou moins accusée, celui-là subit une métamorphose muqueuse ou graisseuse qui favorise sa résorption ou qui en fait une sorte de corps étranger destiné à être éliminé par les procédés ordinaires (fig. 82).

On a prétendu avoir trouvé la caractéristique du produit syphilitique dans des alvéoles particuliers au sein desquels seraient déposés les noyaux et les cellules embryonnaires ; mais si l’on ne peut nier l’existence de ces alvéoles, qui ne sont vraisemblablement que les espaces lymphatiques du tissu conjonctif, admettre qu’ils permettent de reconnaître toujours les tumeurs gommeuses, c’est leur attribuer une importance qu’ils n’ont réellement pas, puisqu’ils se rencontrent avec des caractères peu différents dans un grand nombre d’autres processus. Quelques histologistes ont également cherché, sans plus de succès, des caractères spécifiques aux tubercules.

Superficiellement situées, les productions gommeuses se ramollissent tout d’abord du centre à la périphérie, irritent les parties voisines, qui s’enflamment et finissent par s’ulcérer en un ou plusieurs points. Au fond de l’ulcère, le néoplasme apparaît avec ses caractères particuliers, tantôt mou et comme gélatineux, tantôt blanchâtre, lactescent ou analogue à une émulsion; le plus souvent enfin, il est solide ou jaunâtre, semblable à un bourbillon, à un fragment de saumon desséché. Après son élimination il laisse une cavité qui se recouvre de bourgeons charnus et donne lieu à une cicatrice rétractile, froncée, indurée pendant un certain temps. Ces phénomènes d’élimination, fréquents pour les gommes de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, se présentent quelquefois dans les organes profondément situés. Les gommes des poumons, par exemple, s’éliminent par les bronches; je connais un fait où une tumeur de ce genre a détruit l’endocarde et ulcéré la surface interne du cœur. Dans un cas où je rencontrais une excavation étendue sur la face convexe du foie, je fus conduit à soupçonner une lésion de même nature, quoique le plus souvent les membranes séreuses s’opposent à ce mécanisme par les adhérences qu’elles établissent avec les parties voisines. Dans la profondeur des organes, les gommes syphilitiques dont la dégénérescence graisseuse est lente peuvent subsister longtemps ; mais, en général, elles sont peu à peu résorbées par les vaisseaux qui les entourent. Exceptionnellement elles s’incrustent de sels calcaires, et, de la sorte, elles peuvent séjourner indéfiniment au sein des organes et des tissus.

Cette évolution et, du reste, la plupart des caractères propres aux

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tumeurs gommeuses établissent un certain degré de ressemblance entre ces produits et le tubercule ; aussi la distinction de ces altérations n’est pas toujours facile. Ce qui différencie la tumeur gommeuse, c’est un volume généralement plus considérable que celui des tubercules, une trame cou jonctive abondante, surtout à la périphérie, où elle forme à la masse jaune centrale une sorte de coque dont il est quelquefois possible de l’énucléer, et enfin la présence d’éléments cellulaires et nucléaires qui sont d’ordinaire plus volumineux, mieux nourris, moins atrophiés et moins misérables que ceux des productions de la tuberculose.

Le virus syphilitique est la cause efficiente des productions gommeuses, dont l’apparition se trouve aidée par des causes occasionnelles multiples, les unes traumatiques (contusion, action de l’air extérieur, etc.), les autres physiologiques (grossesse, accouchement, etc.), les autres hygiéniques (abus des boissons alcooliques, etc.). La transmission héréditaire de la syphilis et de ses manifestations n’est pas contestable.

Les nodosités lépreuses occupent de préférence le derme cutané, et la peau du visage est leur siège de prédilection ; mais elles se localisent encore sur les membranes muqueuses des fosses nasales, de la langue, du larvnx, de la trachée et des bronches, sur celles de l’intestin et de l’utérus. Certains organes, et surtout le foie, la rate, les ganglions lymphatiques, les reins, en sont aussi affectés. Les poumons, au contraire, sont rarement atteints par ces lésions, qui, en cela, se distinguent du tubercule avec lequel histologiquement elles ne manquent pas d’analogie.

Ce sont tout d’abord des taches peu étendues qui se développent dans Lé paisseur des parties exposées au contact de l’air, et au niveau desquelles le tissu se tuméfie de façon à produire des tumeurs arrondies et circonscrites d’un volume qui varie entre la grosseur d’une Fig. 85. — Tête d’une jeune femme morte

ientllle et celle d une noix, nnp antees licrement épaissie par un tissu embryon- SUl1 une large base, ou des masses apla- naire de nouvelle formation. (Musée de

ties, sorte d infiltration diffuse, d une 1 '

teinte grisâtre ou blanchâtre (fig. 85). Ces masses, isolées ou agglomérées

sur des points particuliers, sont fermes, solides, brillantes, homogènes à la

coupe, non enkystées. Plus tard, elles se ramollissent, acquièrent la consistance d’une bouillie épaisse, irritent les tissus voisins, se couvrent de croûtes sèches , brunâtres , au-dessous desquelles existent des ulcérations plus ou moins profondes. Déposées à la surface de la moelle épinière atrophiée, ou infiltrées dans le périnèvre et le névrilème, elles produisent la forme de lèpre désignée sous le nom de lèpre anesthésique. Situées dans l’épaisseur du derme, ces nodosités déterminent l’atrophie de l’épiderme, des poils ou même des glandes sudoripares et sébacées.

Les altérations de la lèpre sont composées d’une substance fondamentale conjonctive, homogène, fibroïde, au sein de laquelle sont déposées des cellules rondes granuleuses, analogues aux cellules lymphatiques, ou bien de petits noyaux libres, semblables aux cytoblastions de Piobin (tissu embryonnaire). Les vaisseaux lymphatiques sont généralement les premières parties affectées par le processus de la lèpre, qui de ce point tend à rayonner dans diverses directions. Ainsi s’explique l’extension si facile des produits de la lèpre. C’est le plus souvent, en effet, dans la zone périvasculaire ou gaine des vaisseaux sanguins qu’on voit apparaître l’accumulation cellulaire qui forme plus tard la nodosité lépreuse. L’évolution de ces produits diffère assez peu de celle du tubercule et de la gomme. Ils tendent comme ceux -ci à se ramollir, à s’ulcérer, et lorsqu’ils parviennent à disparaître, ce qui n’est pas commun, c’est en laissant à leur suite des cicatrices blanches fibreuses et rayonnées. Dans certains cas, ils peuvent rester longtemps stationnaires, quelquefois même indéfiniment, et, de la sorte, ils se distinguent des gommes, qui n’ont ni la même durée, ni la même persistance.

Les conditions étiologiques et pathogéniques de la lèpre sont jusqu’ici inconnues. Après avoir sévi dans l’Europe entière, cette maladie est aujourd’hui reléguée en Islande et en Norvège, où elle est connue sous le nom de spedalskhed, dans les provinces occidentales de la Russie, sur quelquesunes des côtes de la mer Caspienne et de la mer Méditerranée (I ) . Elle existe en outre en Égypte, en Arabie, dans l’Asie Mineure, en Abyssinie, sur les côtes de l’Afrique, dans quelques contrées de l’Inde, au Mexique, dans l’Amérique du Sud et sur plusieurs points de l’Amérique du Nord. La lèpre est une maladie certainement héréditaire, rarement congénitale, nullement con- 1

(1) On prétend gém ^eterre sont entièrement exemptes

aujourd’hui de cette nu pen.. se demander s’il en est réellement ainsi en présence de certaines affections mu. - de la peau et du système

nerveux. Dans une discussion à la Société clinique de Le 73), un certain nombre

de membres convinrent qu’ils avaient observé des cas i ''ez des individus qui

n’avaient jamais quitté l’Angleterre.

HYPERPLASIES.

tagieuse ; elle se développe surtout dans les classes pauvres, dans les pays bas et malsains, situés au bord ou dans le voisinage de la mer. L’usage constant ou fréquent de poisson fortement salé, souvent même altéré ou à demi corrompu, est considéré, dans certains pays, comme étant une cause de cette maladie, en particulier aux Indes occidentales, en Crète, l à Corfou, au Cap de Bonne-Espérance, à Norvav, à Calcutta etàCevlan.

Si la pathogénie de certaines lésions lépreuses, de celles qui répondent directement à l’influence morbifique que l’on pourrait appeler primitive, est obscure, celle des lésions secondaires est mieux connue. Il n’y a pas de doute que ces lésions, qui affectent surtout la peau, ne soient sous la dépendance d’une altération préalable du système nerveux.

Le lupus est une altération voisine des lésions lépreuses et syphilitiques, et qui, dans certains cas, paraît se rattacher à la scrofulose. Il est constitué par la présence, dans les couches superficielles du derme, de petites cellules rondes ou elliptiques et de noyaux arrondis avec hypertrophie et altération des follicules sébacés. Au sein de ce processus, qui s’étend progressivement en détruisant les tissus normaux, surviennent après un certain temps des modifications régressives qui déterminent la suppuration et l’ulcération.

IL — Les phlegmasies prolifératives scléreuses produisent au sein des tissus de substance conjonctive un tissu peu différent par sa composition de celui de la région où elles siègent. Dans les paren-

Fig. 86 a. — Tissu embryonnaire provenant d’une encéphalite scléreuse étendue.

Fig. 86 b. ■ — Ce même tissu en voie de transformation fibrillaire.

Fig. 86 c. — Le même tissu à une phase un peu plus avancée et renfermant des fibres nerveuses.

chymes, où elles sont connues sous le nom de phlegmasies interstitielles en raison de leur localisation, et encore sous celui de scléroses , à cause de

anatomie pathologique.

l’induration qu’elles déterminent. Dans ces phlegmasies, les cellules embryonnaires, au lieu de cesser de s accroître, de sinliltiei de granulations graisseuses et de se détruire, en un mot, continuent à se développer ; à leur forme arrondie (fig. 86 a ) succède une forme anguleuse allongée comme dans le développement physiologique, puis elles se réunissent par leurs prolongements de façon à constituer un réseau dont les mailles renferment une substance amorphe, contenant toujours quelques éléments ronds : c’est le tissu à cellules fusiformes, représenté par des faisceaux de cellules, première ébauche des fibrilles conjonctives (fig. 86 b). ■Vraisemblablement, en effet, la matière protoplasmique, plutôt que la substance fondamentale intermédiaire, sert à la formation de ces fibrilles, tandis que les cellules conjonctives, situées entre ces faisceaux, deviennent définitives ou s’atrophient (fig. 86 c). Ainsi formé, ce tissu, d’abord assez mou, acquiert bientôt une densité et une solidité de plus en plus considérables qui expliquent la rétraction dont il est le siège.

A la surface des membranes séreuses, le tissu de nouvelle formation, débarrassé de la couche de fibrine qui le recouvre, s’étale sous la forme de toiles plus ou moins étendues, lamelleuses, et qu’il est souvent possible de décomposer en plusieurs couches superposées et comme feutrées. Ces toiles, ou néomembranes, sont généralement parcourues par des capillaires nombreux, remarquables par la faiblesse de leurs parois et par la puissance de leur calibre, qui contraste avec celui des vaisseaux de la séreuse. La disposition de ces capillaires, qui rappelle celle des réseaux admirables où la pression sanguine augmente proportionnellement au volume de la masse sanguine interposée entre le vaisseau afférent et le vaisseau efférent, peut rendre compte des taches ecchymotiques et des hémorrhagies qui se rencontrent dans l’épaisseur de ces produits phlegmasiques. Avec le temps, ces nouvelles formations prennent tous les caractères d’un tissu conjonctif plus ou moins dense ; des vaisseaux lymphatiques s’y développent (Schrôder van der Kolk, Robin, Lebert), et l’on y a signalé la présence de filets nerveux (Virchow, Lebert) et de fibres musculaires organiques (Neumann). Dans quelques cas enfin, ces toiles présentent à leur surface une couche de cellules endothéliales aplaties, analogues à celles qui recouvrent la séreuse, et, comme cette dernière, elles peuvent êtreil envahies par des productions tuberculeuses ou cancéreuses.

Dans l’épaisseur du tissu conjonctif interstitiel des organes parenchymateux, le tissu embryonnaire se vascularisé et s’organise en un tissu qui a tous les caractères du tissu cicatriciel. D’abord il rend la trame de ces organes plus épaisse, et, avec f aide de l’hypérémie concomitante, il en accroît le volume ; plus tard, en vertu de ses propriétés

HYPERPLASIES.

rétractiles, il presse sur les éléments propres, les comprime, les fait saillir, comme dans le foie, et les modifie en les privant des substances nécessaires à leur nutrition (fig. 87). Cette modification, qui conduit à l’atrophie ou même à la destruction de l’élément propre (cellules nerveuses, cellules épithéliales du foie et des reins), peut compromettre la fonction de l’organe, c’est pourquoi ces phlegmasies sont des plus tenaces et des plus graves. Les organes qui en sont affectés s’indurent, diminuent de volume, se déforment et deviennent granuleux (cirrhoses du foie et des reins), ou

Fig. 87. — Coupe microscopique perpendiculaire à la surface d’un foie atteint de cirrhose ou hépatite proliférative, a, capsule de Glisson épaissie; b , vaisseaux; c, lobule hépatique ; cl , jeunes cellules et tissu fibroïde. (Grossissement d’après une préparation de M. Pierret.)

bien comme il arrive dans la sclérose des centres nerveux, ils présentent des plaques grisâtres et plus ou moins déprimées. Quelle que soit la forme que revêtent ces altérations, le tissu de nouvelle formation qui les constitue, généralement vivace, n’a qu’une faible tendance à une régression naturelle; aussi les agents thérapeutiques connus sont-ils impuissants à arrêter son évolution et à amener sa résorption. lâncereaux. — Traité d’Anat.

Le tissu conjonctif sous-cutané ne se comporte pas différemment ; il devient, sous certaines influences mal connues, le siège d’un processus de nouvelle formation qui transforme le tissu cellulo-adipeux et une partie du derme en un tissu dense, coriace, blanchâtre, ce qui constitue la sclérodermie, ou encore l’éléphantiasis, si le membre affecte de la ressemblance avec un pied d’éléphant (fig. 88). Ce processus, suivant Rasmus-

sen, présente deux périodes histologiquement caractérisées, la première par l’infiltration dans les gaines vasculaires de petites cellules lymphoïdes, la seconde par la transformation de ces cellules en tissu conjonctif rétractile. La peau, dans la première de ces périodes, rougit, se tuméfie, devient douloureuse, à peu près comme s’il s’agissait d’un érysipèle, et quelquefois même se recouvre d’une éruption bulleuse. En général, ces phénomènes disparaissent au bout d’un certain temps et sont remplacés par une desquamation épidermique, puis ils reparaissent et laissent à leur suite un gonflement du tissu sous-cutané et de la peau, qui est en Fig. 88. — Éléphantiasis de la jambe même temps lisse, tendue, parcheminée.

§auclie' Dans un cas de sclérodermie rapporté par

Rasmussen, le chorion, plus épais que dans l’état normal, ne renfermait qu’un petit nombre de fibres élastiques. Les espaces existant entre les mailles du tissu cellulaire étaient très-larges; mais ce qui frappait surtout, c’était un développement considérable de cellules autour des vaisseaux de la peau et du tissu conjonctif sous-cutané, faisant paraître ceux-ci comme engainés. Ces gaines, formées exclusivement de cellules fortement serrées, offraient au centre l’apparence de cellules de lymphe, tandis qu’à la périphérie elles étaient plus oblongues, fusiformes et séparées par une substance homogène ou légèrement fibrillaire, soluble dans l’acide acétique ; elles couvraient complètement les vaisseaux et apparaissaient à la coupe deux ou trois fois plus épaisses que les parois de ceux-ci. Vulpian a vu des lésions assez semblables dans un cas d’éléphantiasis; Ranvier, dans un autre cas, a trouvé toute la masse du derme épaissi constituée par du tissu embryonnaire.

La seconde période est caractérisée par une induration particulière de la peau et des tissus sous-cutanés arrivant jusqu’à la consistance osseuse, avec

HYPERPLASIES.

rétraction et retrait des parties altérées. La peau ne peut être pîissée, eîie est comme souciée aux parties sous-jacentes ; dans les endroits où elle est contiguë aux os, elle s amincit, devient luisante et prend l’aspect cicatriciel qui suit une brûlure, plus rarement elle présente des fissures et

des ulcérations. Pour peu que les aponévroses participent au processus, elles se fusionnent avec le tissu sous-cutané et la peau, de sorte que sur une coupe on constate l’existence d’un tissu lardacé, induré à la fois par l’augmentation du volume et de la densité des faisceaux conjonctifs résultant sans doute de l’organisation définitive des éléments cellulaires de la première période. Les vaisseaux lymphatiques et les vaisseaux sanguins, situés au sein de ce tissu fibreux de nouvelle formation, sont généralement dilatés. Les faisceaux musculaires sont, au contraire, le plus souvent atrophiés, tandis que les nerfs ont été fréquemment trouvés intacts. La couche papillaire est la portion du derme qui conserve le plus long-

Fig. 89. — Pied droit affecté de dermite exfoliatrice consécutive à une altération

des centres nerveux.

temps son type physiologique; quant à l’épiderme, il s’hypertrophie et forme cà la surface du derme des squames plus ou moins épaisses ; d autres fois, il s’infiltre de granulations pigmentaires et colore le derme.

Un processus semblable, sinon identique, coïncide avec certaines lésions irritatives du système nerveux. La peau, d’abord rouge comme

dans l’angioleucite, s’épaissit et s’indure ; plus tard elle s’atrophie et devient lisse. Elle est le siège d’éruptions vésiculeuses ou huileuses. Les poils s’allongent; les ongles deviennent raboteux, crustacés, s’incurvent et tombent. Le tissu sous-cutané présente une tuméfaction œdémateuse qui simule un phlegmon. Les articulations enfin sont parfois le siège d’un gonflement douloureux qui disparaît, faisant place à des tissus durs et à une ankylosé partielle. Ce processus, dans un exemple qui m’est personnel, consistait en une succession de poussées érythémateuses, quelquefois accompagnées de bulles de pemphigus, et toujours suivies de la production de squames

pIG go Main droite de la malade dont le pied est représenté figure 89. L'altération

constituée par de la rougeur, avec épaississement du derme et formation de squames jj blanchâtres, est de meme nature, mais un peu moins avancée que celle du pied.

épidermiques (fig. 89 et 90), qui finirent par amener un certain degré d’induration delà peau (1). J

(1) T j ne femme de trente-sept ans, bien constituée, d’une bonne santé habituelle, fut prise, en 1871, à la suite d’une vive émotion morale, d’une hémiplégie droite, sansperte de connaissance, mais suivie d’aphasie. Après quelques mois, l’aphasie d’abord,

HYPERPLASIES.

Étiologie et pathogénie. — Les phlegmasies prolifératives scléreuses prennent naissance sous l’influence d’une irritation plus ou moins prO' longée des tissus, et sont l’effet de causes générales plutôt que de causes locales. Une de ces causes, les excès alcooliques, peut aider à comprendre leur genèse. Un individu, dont la vie est active, prend chaque jour à jeun un verre de mauvaise eau-de-vie. Ce liquide irritant, absorbé par les ramifications de la veine porte et transporté jusque dans le foie, congestionne et irrite les capillaires de cet organe et les tissus du voisi-

puis l’hémiplégie disparurent, ne laissant après elles qu’un peu de faiblesse musculaire et une légère altération de la vue. Un an après, cette femme ressentit une très -vive doulcuren ceinture, au niveau de la région lombaire, bientôt suivie de douleurs intenses dans la continuité des deux membres inférieurs, se faisant surtout sentir au niveau des genoux et des pieds, où elles ne tardèrent pas à s'accompagner de désordres nutritifs de la peau des extrémités. C’est dans cet état que cette malade entre, au mois de février 1873, à l’Hotel- Dieu. Elle présente les signes d’une paralysie de la troisième paire, et se plaint de douleurs spontanées, vives, lancinantes, dans les deux jambes ; elle éprouve de la difficulté à marcher. Partout la sensibilité tactile et la sensibilité à la douleur sont i conservées.

En même temps que ces symptômes il existe une altération des pieds, dont l’intensité paraît être en rapport avec les douleurs des jambes. La peau de la plante •et de la face dorsale des pieds, à l’exception d’une faible partie, est rouge, tendue et couverte de squames blanches, qui, de prime abord, font naître l’idée d’un psoriasis. Les ongles sont allongés, l’épiderme de l’extrémité des orteils a près d’un demi-millimètre d’épaisseur (fig. 89). On trouve, par places, de petites fentes recouvertes de croûtes jaunâtres, et deux fois j’ai pu apercevoir des bulles de pemphigus. L’altération es symétrique, mais plus étendue à la jambe gauche qu’à la jambe droite. Cette dernière étant bientôt devenue le siège de nouvelles crises douloureuses ; on put constater que l’altération cutanée prit sur elle un développement proportionné. Mais ce qui fixa surtout l’attention, ce fut l’apparition, sur cette jambe, d’une plaque érythémateuse, lisse, d’un rouge uniforme, accompagnée de tuméfaction et de chaleur, douloureuse à la pression, offrant, en un mot, les caractères d’un érysipèle, ou mieux ceux d’une plaque d’angioleucite. D’ailleurs, les ganglions inguinaux étaient tuméfiés et douloureux. Cette plaque disparut après trois semaines, laissant après elle une teinte sale, grisâtre, de la peau qui se couvrit de squames minces et resta épaissie et indurée. Peu de temps après apparut, sur les éminences thénar et hypothénar et sur la face antérieure du poignet droit, puis du poignet gauche, une éruption de plaques tout d’abord analogues à celles d’un psoriasis palmaire syphilitique, mais qui ne tardèrent pas à s'étendre (fig. 90).

Cette femme demeura dans cet état plusieurs mois pendant lesquels elle fut soumise à un traitement par le bromure de potassium, l’arséniate de fer et les injections au chlorhydrate de morphine. Ces dernières, pratiquées à la jambe, furent suivies, au niveau de la piqûre, d’un noyau d’induration inflammatoire qui obligea de les supprimer; ailleurs, il ne se produisit rien de semblable. L’altération des pieds et des jambes continua de s’étendre ; celle des mains, après avoir disparu, reparut et gagna les avant-bras. Les vaisseaux et les glandes lymphatiques participaient au processus morbide. Le 23 janvier 1874, à huit heures du matin, cette malade est prise de phénomènes de contracture qui tendent à se généraliser ; elle succombe à quatre heures du soir ; malheureusement il ne fut pas possible de faire l’autopsie. (Voy. Soc. méct. des Hôpitaux et Union méd ., 1874.)

iage. Tout d’abord rien d’anormal, mais, au bout d’un certain temps, les éléments irrités du tissu interlobulaire , soumis à une nutrition plus active, se tuméfient, se segmentent et donnent naissance à un tissu embryonnaire qui tend à s’organiser définitivement, et qui, peu à peu, se rétracte, comprime les vaisseaux sanguins et les lobules hépatiques, d’où î ascite et l’état granulé de l’organe. De même l’individu qui contracte la syphilis absorbe un agent qui par sa multiplication et sa généralisation en differents points du tissu conjonctif ou lymphatique, provoque l’irrita¬

tion des éléments de ce tissu et détermine la formation d’un tissu embryonnaire, histologiquement peu différent de celui qui résulte de faction de l’alcool. Ajoutons que les phlegmasies scléreuses de la lèpre et de i’éléphantiasis, que celles du saturnisme et de l’impaludisme ne se produisent pas autrement. Il y a lieu de croire qu’elles sont, comme celles de l’alcoolisme et de la syphilis, l’effet d’une irritation directe, peu intense, mais longtemps continuée, des éléments conjonctifs, et nous sommes ainsi conduit à admettre que la plupart des phlegmasies désignées sous le nom de scléroses des centres nerveux reconnaissent aussi pour cause une irritation prolongée de la névroglie dont jusqu’ici l'agent nous est inconnu.

Dans quelques circonstances l’irritation ne porte plus directement sur les éléments qui sont le siège du processus phlegmasique, mais plutôt sur le système nerveux qui préside à la nutrition de ces éléments. Les lésions qui en résultent, malgré des aspects variés, offrent encore, du moins à la peau, les caractères de la sclérose, en même temps que des modifications plus ou moins profondes de la couche épithéliale. Ces phlegmasies secondaires, aujourd’hui à l’étude, sont certainement plus communes qu’on ne le suppose généralement; aussi méritent-elles toute l’attention des savants. Elles sont attribuées par les uns à un désordre réflexe des nerfs vaso-moteurs; par les autres, à une inflammation première des nerfs ou de la moelle épinière (névrite ou myélite); mais, en somme, on ne connaît qu’incompléteinent leur mécanisme. Ce qu’il est possible d’affirmer, c’est qu’elles accompagnent les lésions irritatives des centres ou des cordons nerveux.

Si maintenant nous jetons un coup d’œil d’ensemble sur la description qui précède, il est un point digne de remarque et que ne peut laisser échapper un esprit philosophique, c’est la simplicité d’action de la nature dans le processus inflammatoire. Malgré les causes les plus variées, agents traumatiques ou toxiques, virus syphilitique, etc., l’irritation phlegmasique du tissu conjonctif se traduit toujours par l'apparition d éléments analogues à ceux de l’état embryonnaire, et ce fait ne peut sur-

Il I

HYPERPLASIES.

prendre si l’on se rappelle que les procédés pathologiques ne diffèrent pas des procédés physiologiques et que le tissu conjonctif n’a qu’un mode unique de génération. Ce n’est donc pas l’élément histologique qui par lui-même est en mesure de caractériser tel ou tel processus phlegmasique, mais plutôt l’agencement des éléments, et surtout leur degré de vitalité et leur mode d’évolution toujours en rapport avec la nature de l’agent irritant. De cette façon seulement on arrive à distinguer les produits phlegmasiques du traumatisme de ceux des maladies virulentes ou constitutionnelles, et à reconnaître que chacun d’eux possède des caractères évolutifs propres et pour ainsi dire spécifiques.

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§ 2. — PHLEGMASIES DES TISSUS PROVENANT DES FEUILLETS INTERNE ET EXTERNE DU BLASTODERME. PHLEGMASIES ÉPITHÉLIALES ET NERVEUSES.

Les tissus nés des feuillets interne et externe du Blastoderme sont constitués par deux ordres d’éléments, cellules épithéliales et cellules nerveuses, surbordonnées les unes et les autres aux tissus provenant du feuillet moyen, sans lesquels ils ne pourraient vivre.

On appelle tissu épithélial la couche plus ou moins épaisse de cellules qui sert de revêtement à la peau et aux membranes muqueuses, et les éléments cellulaires des glandes annexées à ces téguments. Ces cellules sont des éléments pales pourvus d’un noyau vésiculeux, homogène, quelquefois globuleux, d’un diamètre moyen de 0mm,055 à 0mm , 090 ; elles présentent des variétés de forme qui ont servi à leur division. Rarement, chez l’homme, ces éléments conservent la forme sphérique, qui est leur forme primitive et fondamentale ; le plus souvent ils sont aplatis ou comprimés latéralement, d’où deux variétés principales, l’épithélium aplati ou pavimenteux, et l’épithélium cylindrique. Dans quelques circonstances enfin, la surface libre de ces cellules se couvre de cils vibratiles ; de là une troisième variété, l’épithélium à cils vibratiles, qui, chez l'homme et les animaux supérieurs, est toujours cylindrique. Ces éléments, les cellules cylindriques

exceptées, s’infiltrent quelquefois de granulations pigmentaires; telles sont, chez l’homme et les mammifères, les cellules de la couche profonde de l’épiderme et les cellules épithéliales de la choroïde. Le tissu épithélial se caractérise surtout par l’indépendance de ses éléments qui, placés les uns à côté des autres, ne sont jamais reliés par des prolongements protoplasmiques et ne présentent pas de substance intercellulaire unissante analogue du moins aux substances gélatineuse , cartilagineuse ou fibreuse. Il ne possède aucun vaisseau, mais quelques auteurs auraient vu des filets nerveux se rendre aux noyaux des cellules épithéliales des glandes salivaires.

Les cellules épithéliales de la peau et des muqueuses renferment une substance albuminoïde, et souvent aussi du mucus; mais si, dès le principe, ces éléments possèdent des substances protéiques facilement solubles, plus tard ils se transforment, du moins en partie, en une substance dite cornée (kératine), plus ou moins réfractaire à l’action des alcalis et des acides. Les épithéliums glandulaires contiennent des substances particulières, telles que les éléments de la bile, de l’urine, du suc gastrique, de la graisse, de la leucine, de la tyrosine, etc. Envisagés dans leur ensemble, les éléments épithéliaux jouent un rôle fonctionnel important chez l’individu, dont ils régularisent les phénomènes de transsudation, de diffusion et de sécrétion. Ils ne remplissent pas un rôle moindre dans l’espèce, car ce sont eux qui président à la formation des germes (1).

Les tissus épidermiques se nourrissent par l’intermédiaire des vaisseaux des couches conjonctives sous-jacentes ; aussi survient-il des modifications dans la circulation de ces vaisseaux toutes les fois que les épithéliums viennent à s’altérer. Les phénomènes intimes de la nutrition de ces éléments nous échappent; mais il est certain que les cellules jeunes les plus rapprochées des membranes conjonctives, couche profonde ou de Malpighi, jouissent à cet égard d’une activité considérable, qui explique pourquoi elles sont le siège des phénomènes pathologiques. Au contraire, les cellules superficielles, transformées à l’état d’écailles cornées, sont à peu près dépourvues de tout mouvement nutritif, et, pour ce motif, elles sont réfractaires aux altérations pathologiques. Ces cellules se détruisent en se dissolvant, ou bien sont entraînées mécaniquement | J par desquamation.

(1) Balbiani a montré que la cellule embryogène destinée à devenir plus tard le germe embryonnaire se forme aux dépens des cellules épithéliales de la vésicule de de Graaf.

(' Comptes rendus de V Académie des sciences , 1874.)

HYPERPLASIES.

histologistes, la formation des nouvelles cellules épithéliales estdueâ la scission des cellules anciennes ou à celle des noyaux du tissu con jonctif ; suivant d’autres observateurs, Robin et Arnold (1), ces éléments proviennent d’un blastoderme granuleux qui se segmente, et au sein duquel apparaissent des noyaux. Quoi qu’il en soit, l’épithélium ne se régénère qu’en présence de l’épithélium, et lorsqu’il vient à se multiplier, il ne produit jamais que des éléments identiques. Il y aurait pour quelques auteurs une exception à cette loi, et des corpuscules de mucus et de pus pourraient prendre naissance à l’intérieur même des cellules épithéliales et aux dépens du protoplasma, (Voyez Frey, Traité dJ histologie, p. 178.)

Le tissu nerveux est constitué par des cellules et des tubes communiquant entre eux. Placées dans la substance grise des centres nerveux, dans les ganglions périphériques, les cellules nerveuses ont des dimensions qui peuvent varier entre 0mm,09 à 0“m,045 et même 0mm,018 (Frey). Elles sont sphériques, ovales, fusiformes ou étoilées, constituées par un noyau vésiculeux qui disparaît assez rapidement sous l’influence de l’acide acétique concentré, et qui est pourvu d’un nucléole arrondi. Dans quelques cas, on constate l’existence de deux nucléoles, plus rarement celle de deux noyaux. Le contenu de la cellule nerveuse apparaît sous forme d’une masse pâteuse, infiltrée de fines granulations grisâtres et de molécules graisseuses solubles dans l’alcool et dans l’éther, très-souvent aussi de granulations formées par un pigment jaunâtre, brun ou noir, qui augmente avec l’âge. Des prolongements ou des expansions de diverses sortes relient entre elles ces cellules sur la nutrition desquelles il n’existe jusqu’ici que des données vagues et incertaines. Quant aux tubes nerveux, simples conducteurs par rapport aux cellules qui sont douées d’une activité spéciale, ils ne doivent pas nous arrêter. Il suffira de rappeler que les nerfs sectionnés cessent de remplir leurs fonctions, mais qu’ils les reprennent après un certain temps. Les bouts séparés se réunissent facilement, et, même après l’excision d’un nerf dans une assez grande étendue, les deux troncs se rejoignent par l’intermédiaire d'un tissu de nouvelle formation.

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