‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 77 sur 112 · III. — • Lépidoptères · texte numérisé non relu

III. — • Lépidoptères

Les larves de cet ordre d’insectes ont été peu rencontrées dans l’organisme humain, mais assez fréquemment toutefois pour qu’on ait donné aux accidents qu’elles déterminent le nom de Scolechiasis.

Le genre Aglosse a fourni la plupart des faits connus; il est caractérisé par une trompe rudimentaire ou à peine visible, et par des ailes formant avec le corps un triangle presque horizontal. On en distingue deux espèces, dont les chenilles vivent de substances animales; une de ces deux espèces seulement a été jusqu’ici rencontrée dans le corps humain, c’est celle de V Aglossa pinguinalis. Cette larve, qui vit ordinairement dans le lard, la graisse, le beurre, etc., ou dans les matières animales conservées, se rencontre fréquemment dans les cuisines et chez les marchands de comestibles ; on Fa vue aussi dans le tube digestif de l’homme où elle détermine des accidents quelquefois assez graves, principalement caractérisés par des diarrhées plus ou moins abondantes. Linné en a indiqué l’existence dans l’estomac de l’homme, Flope a relaté deux exemples semblables, et plusieurs autres faits sont signalés dans divers recueils de médecine. Dans un cas rapporté par Lunel, un homme fut pris d’accidents cholériformes très-graves à la suite de repas faits exclusivement avec du gras et de la couenne de jambon, conservés depuis plus d’une année. L’examen de 1 aliment permit d’y reconnaître une petite chenille glabre, portant seulement quelques poils disséminés, ayant huit paires de pattes et tous les caractères de Y Aglossa pinguinalis.

PARASITES ANIMAUX

Pour être complet, j’ajouterai que plusieurs auteurs, et notamment Forestus, Tulpius, Linné, Thomson, Bateman, ont observé des accidents produits par des coléoptères ou par leurs larves. Ces accidents, appelés par Hope du nom de canthariasis , résultaient de l’envahissement des voies digestives, plus rarement des narines, du conduit auditif, des voies lacrymales par certaines espèces faisant partie de cet ordre, surtout le sphodre leucophthalme, le dytique bordé , Yaxipore souterrain , le pédère allongé , le vermeste du lard , le géotrupe printanier , le blaps porte-malheur , le ténébrion de la farine , les perce-oreilles grands et petits, etc.

Bibliographie. — Car. Linné, Nox . insect. dissertât . , Stockholm, 1752, et Amœnitates Academ., vol. III. — Von Sierold, Art. Parasiten dans Rud. — Wagner Handwortep.be, De Physiol., vol. II, p. 683-685. — W. F. Hope, On insects and their larves occasionally found in the human body (Transact. of the entomolog . Soc. of London, 1840, vol. II, p. 256 et 265). — B. Lunel, Abeille médicale, 22 juillet 1861, et Gaz. hebd ., 1861, p. 555. — -Al. Laboulbène, Art. Aglosse du Dict. encyclopéd. des sciences mèd., 1865, t. Il, p. 190.

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