‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 81 sur 112 · I. — Ascarides · texte numérisé non relu

I. — Ascarides

La famille des ascarides comprend plusieurs genres et un très-grand nombres d’espèces qui, presque toutes, habitent les intestins des vertébrés des différentes classes.

1° Ascaride lombricoïde . — Cette espèce, l’une des plus communes et des

plus anciennement connues, présente une tête nue, une bouche petite, pourvue de trois renflements ou valves disposées en trèfle et finement denticulées en dedans, un corps cylindrique, strié transversalement et légèrement atténué à ses deux extrémités (fig. 221). L’anus, sous forme

de fente transversale, est situé tout près de l’extrémité postérieure de l’animal. Le mâle, plus petit que la femelle, a une longueur de 15 à 17 centimètres, une extrémité caudale infléchie, deux spiculés courts, aigus, légèrement arqués. Longue de 20 à 25 centimètres, la femelle a la vulve située en avant du milieu du corps, deux ovaires filiformes, des œufs longs de 0mu*,075, larges de 0,058, à coque mince, lisse, recouverts d’une enveloppe transparente, blanche.

L’œuf ne se développe pas dans l’intestin, il est expulsé avec les garderobes, traverse l’automne et l’hiver avant que la segmentation commence, et peut rester un an dans letat d’inertie. En été, l'embryon se développe, mais très-lentement, il peut vivre plus d’un an dans l’œuf, en sorte que dans certains cas il s’écoule quelquefois plus de deux ans entre la ponte et le terme de la vie embryonnaire. Davaine croit pouvoir établir , par des observations et des expériences faites sur le chien, que l’embryon de l’ascaride lombricoïde reste renfermé dans la coque jusqu’à ce que l’œuf soit rapporté dans l’intestin, et que, ramollie par l’action des sucs intestinaux, cette coque est alors percée par l’embryon, qui, se trouvant dans un milieu approprié , ne tarde pas à atteindre l’état

Fig. 221 . — a, Ascaridelombricoïde (grand, nat.); b, extrémité céphalique grossie avec les trois nodules et la bouche ; c, extrémité caudale du mâle avec les deux spiculés; d, étranglement génital de la femelle avec Forifice sexuel; e, œuf grossi 100 fois.

adulte.

Les ascarides lombricoïdes appartiennent à tous les pays, et c’est à tort qu’on a attribué au climat une influence sur la propagation de ces parasites; ils ont été fréquemment observés en Allemagne, en Angleterre, en France, en Belgique et en Hollande. Ils sont communs sous les tro¬

piques (Bajon, Pouppé-Desportes, Sigaud, Levacher), dans la Syrie, en Egypte (Primer) et en Suède (Magnus lïuss). L’automne et le printemps

sont les saisons où on les observe le plus communément, comme si les pluies abondantes de ces saisons, entraînant dans les mares et dans les puits un grand nombre d’œufs, favorisaient leur propagation. L’eau semble être, en effet, le principal agent du transport de l’embryon du lombric dans le tube digestif de l’homme. S’il en est ainsi, l’importance du filtrage des eaux de boisson n’échappera à personne. Ajoutons que les lombrics sont beaucoup plus rares à Paris qu’à la campagne, et que cette rareté relative existe principalement depuis l’emploi de l’eau filtrée dans la Capitale (Davaine). Autrefois, et jusque dans le siècle dernier, ces vers étaient très-communs, ainsi qu’on peut s’en assurer en consultant les recueils périodiques de médecine où fourmillent des épidémies de fièvres vermineuses et des maladies compliquées de vers.

Quelques naturalistes pensent que l’ascaride lombricoïde, semblable en cela à un grand nombre de vers, la trichine, par exemple, 11e rentre pas directement dans le corps de l’homme et qu’il habite préalablement un autre séjour. En effet, Mosler aurait administré sans résultat à plusieurs enfants des œufs développés, et Leuckart a tenté la même expérience sans plus de succès. Néanmoins, malgré des recherches multipliées, on ignore encore le séjour intermédiaire de l’embryon de l’ascaride lombricoïde.

Les ascarides lombricoïdes se trouvent fréquemment chez les enfants après le sevrage, plus rarement chez l’adulte et presque jamais chez le vieillard. Us sont en nombre variable; mais comme ces vers ne se reproduisent pas dans le tube digestif de l’homme, et qu’ils viennent tous du dehors, ils ne dépassent guère le nombre de huit à dix, du moins à Paris; pourtant j’en ai vu plus de quarante chez une femme morte à la Salpêtrière, et il 11’est pas rare de les compter par centaines dans les pays où iis sont communs : ce nombre est toujours en rapport avec les circonstances accidentelles qui conservent ou qui transportent leurs œufs. Ces parasites se tiennent dans les intestins grêles, accidentellement dans d’autres organes en communication avec ces derniers , par exemple dans l'estomac, dans l’œsophage, dans les fosses nasales, dans les voies respiratoires. Leur présence dans le larynx et dans la trachée peut avoir des inconvénients sérieux et même déterminer la mort par suffocation. Dans quelques cas, on les rencontre dans le péritoine; je les y ai trouvés une fois, sans qu’il y eût de péritonite, et partant leur pénétration dans ce sac avait sans doute eu lieu après la mort. Les voies pancréatiques sont rarement envahies par ces vers, qui s’engagent assez souvent dans les conduits biliaires pour que certains auteurs aient pu penser qu’ils se développaient dans les canaux excréteurs de la bile.

Peu de désordres anatomiques résultent de la présence des lombrics

dans les intestins; Rilliet et Barthez ont constaté simplement une injection vasculaire de la membrane muqueuse de la région occupée par ces vers chez les enfants. Divers auteurs ont trouvé l’intestin intact dans des cas où les ascarides se comptaient par centaines ; aussi doit-on croire que ces parasites sont dans l’impossibilité d’ulcérer, à plus forte raison de perforer les parois de l’intestin, à moins que celles-ci ne soient partiellement détruites et fortement amincies comme, par exemple, dans la fièvre typhoïde. D'ailleurs, l’appareil buccal des lombrics, armé de denticules situées en dedans de la marge des valves qui le composent, ne peut s’exercer sur un objet placé en avant, mais seulement sur des substances introduites dans l’orifice de la bouche. D’un autre côté , ces vers que l’on a accusés de pouvoir s’insinuer entre les fibres des parois intestinales, de les écarter et de les perforer, exécutent simplement des mouvements d’inflexion et de redressement analogues à ceux des serpents, en tout cas très-différents de ceux du ver de terre qui s’enfonce dans le sol. La plupart des auteurs, et Davaine notamment, sont aujourd’hui d’avis que les lombrics ne peuvent, en aucun cas, produire la perforation de l’intestin, pas même lorsque ces vers sont réunis en paquet, ce qui n’arrive qu’autant qu’ils sont engourdis par le froid du cadavre ou affaiblis par une substance toxique, et dans ces conditions ils ne tardent pas à être expulsés. Sur quarante-sept cas rassemblés par Davaine, la perforation des parois abdominales avec expulsion de lombrics a eu lieu quarante fois dans les lieux d’élection des hernies, et cette expulsion a été relativement plus fréquente à l’ombilic chez les enfants , dans les aines chez l’adulte; par conséquent, tout porte à croire que c’est aux hernies et non aux vers qu’il faut rapporter les perforations mises sur le compte de ces parasites. Les tumeurs qui précèdent ces perforations sont d’ailleurs des abcès à l’ouverture desquels il s’écoule du pus de bonne nature, puis un ou plusieurs lombrics et point de matières stercorales. Dans les cas où l’on manque d’examen cadavérique, il y a lieu de soupçonner que l’ascaride, engagé dans une ulcération de l’intestin, est arrivé sous la peau par un trajet très-oblique. Lorsqu’elles ont leur siège à l’aine ou à l’ombilic, ces tumeurs sont en général douloureuses et accompagnées des symptômes de la hernie étranglée ; puis une eschare se forme au sommet et par l’ouverture artificielle ou spontanée il s’échappe du pus, des matières intestinales et enfin tôt ou tard des vers lombrics. Dans quelques cas, enfin, une fistule des parois abdominales donne issue à ces vers, sans qu’ils aient pris la moindre part à la formation de cette fistule.

Des troubles fonctionnels peuvent être pour divers organes la consé -

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quence de la présence des ascarides lombricoïdes dans les intestins ; ils s observent particulièrement cbez les individus qui ont une grande susceptibilité nerveuse. Les plus communs sont des attaques convulsives qui, par leurs caractères, se rapprochent de l’épilepsie, de la catalepsie, du tétanos ou de l’hystérie. Il y a quelques mois, j’étais appelé pour un jeune enfant de sept ans, qui, à la suite de son déjeuner, fut pris, pour la première fois, d’accès convulsifs suivis d’un état de pâleur et de mort apparente, avec arrêt de la respiration. Après avoir réveillé cette fonction à l’aide d excitants, je pratiquai la respiration artificielle, grâce à laquelle ce jeune malade resta pendant deux heures dans des alternatives de crises convulsives et d’un état de mort apparente. Convaincu enfin que cet enfant n’avait que des convulsions réflexes, je lui injectai, en deux fois, 0,01 2 milligr. de chlorhydrate de morphine, qui amenèrent un sommeil narcotique et firent cesser instantanément les convulsions. Lasantonine fut administrée le lendemain et les jours suivants. Le quatrième jour, ce jeune malade rendait deux vers lombrics.

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2° Ascaris mystax , Zeder. — Cet helminthe aune tête infléchie pourvue de deux ailes membraneuses semi -ovales, les valves de la bouche arrondies et petites. Le male est long de 3 à 6 centimètres, la femelle de 5 à 10 centimètres. Cette dernière présente une vulve située vers le quart antérieur, deux oviductes et des ovaires ; ses œufs sont presque globuleux et revêtus d’une zone de substance réticulée.

Ce ver habite l’intestin grêle du chat domestique, du lynx, etc. ; quelques faits semblent indiquer qu’il peut se rencontrer aussi dans le tube digestif de Thomme. Dans un de ces faits dû à Pickells (1), les parasites avaient été rendus à plusieurs reprises et en assez grand nombre par une jeune femme avec plusieurs ascarides lombricoïdes. Un second cas publié par Bellingham (2) est celui d’un ver provenant des évacuations d’un enfant; la description qu’en donne cet auteur ne diffère pas de celle de 1 ascaris mystax. Un troisième et dernier fait est rapporté par Cobbold (3) qui trouva tous les caractères de l’ascaris mystax à des ascarides rencontrés dans les selles d’un enfant. Ce petit malade, âgé de treize mois, avait présenté de la diarrhée et de l’agitation quelques jours avant l’évacuation de ces vers. Cobbold fait remarquer que la nourrice de cet enfant lui avait donné l’habitude de mâcher des tiges de céleri ; il est donc possible qu’il ait avalé des œufs d’ascaris portés sur les plantes par l’eau avec laquelle on les arrosait.

3° Oxyurevermiculaire Bremser {Ascaris vermicularis , Linné). Cette

(1) Transactions of tlie associations of fellows and licenciâtes of the King and Queen’s college of physicians in îreland , t. IV et V.

(2) Armais of natural liystory, 1839, t. XIII.

(3) Sur la présence de T ascaris mystax dans T économie humaine ( The Lancet, 1863, et Gaz.- hebdom ., 1864).

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espèce d’helminthe, assez semblable au vibrion de la colle de farine, est constituée par un animal blanchâtre qui a la tête ailée, c’est-à-dire munie de deux renflements latéraux vésiculeux du tégument, un œsophage en massue, une cavité stomacale revêtue d’une armure pliée angulairement. Le mâle est long* de 2 à 3mm,3, à queue enroulée en spirale, à pénis simple, recourbé en hameçon vers le sommet. La femelle, longue de 9 à 10 millimètres, large de 0,â à 0,nm,5, a le corps très-aminci postérieurement en forme de queue, des œufs lisses, oblongs, non symétriques (fig. 222).

Quoique très-communs et souvent trèsnombreux, les oxvures, à cause de leur

siège dans les parties inférieures du rectum, au voisinage de l’anus, sont généralement entraînés par les matières fécales, à la surface desquelles on les voit en plus ou moins grand nombre se tordre, s’agiter et mourir aussitôt que ces matières sont refroidies. Les oxyures, qui se multiplient abondamment, remontent l’intestin et passent quelquefois dans le cœ- £um. Les individus atteints de ces parasites sont sujets à de nombreuses récidives ; ils en souffrent quelquefois pendant dix et quinze ans.

La présence de ces vers chez l’homme détermine une irritation

Fig. 222. — Oxyure vermiculaire. a, individu mâle ;

b , femelle (grand, nat ) ;

c , extrémité céphalique , fortem. grossie ; d, extrémité caudale du mâle, grossie; e, extrémité caudale de la femelle; /% œuf, grossi 70 fois.

sourde, des douleurs lancinantes, du ténesme rectal et ordinairement une sensation prurigineuse plus ou moins vive qui, de la région anale, se propage quelquefois aux organes génito-urinaires, et dont la régularité quotidienne a pu, dans quelques cas, faire croire à une affection palustre. Par l’excitation qu’elle produit aux organes génitaux, cette sensation est quelquefois chez les enfants une cause d’onanisme ou de pertes séminales. La pénétration de ces vers dans la vulve et jusque dans le vagin chez la femme, et surtout chez les petites filles, est la cause d’un prurit insupportable, d’un écoulement leucorrhéique plus ou moins intense, ou même d’accès de nymphomanie. Quelques auteurs prétendent que ces vers ont pu parfois s’introduire et vivre dans la vessie et dans l’utérus ; mais les faits à cet égard sont peu probants.

Les oxyures vermiculaires se rencontrent dans toutes les contrées de

l’Europe; ils sont très-communs en Syrie, en Egypte, dans l’Amérique du Nord, en Islande et au Groenland. Les enfants, plutôt que

les adultes et les vieillards, sont exposés aux atteintes de ces parasites; leur siège est le gros intestin et principalement le rectum.

Ces helminthes se rencontrent plus spécialement dans les localités où on ne filtre pas l’eau qui sert à la boisson. Ainsi, ils sont plus communs à la campagne que dans les villes. Un jê’une garçon de dix-huil ans, que j’eus à soigner pour des oxyures qu’il rapportait d’Angleterre où il terminait ses études, m’apprit que dans le pensionnat qu’il venait de quitter, ces parasites étaient communs ; mais, fait digne de remarque, ils existaient presque exclusivement sur les Français et quelques autres étrangers, les Anglais en étaient exempts. Or, le régime auquel étaient soumis les élèves du pensionnat différait uniquement en ce que les premiers buvaient de l’eau, non filtrée, provenant d’un puits, tandis que les derniers buvaient de la bière. Une femme de BagnoleO que j’ai eu l'occasion de soigner au Bureau central des hôpitaux, était atteinte d’oxyures ainsi que ses trois enfants et son mari ; tous se servaient de la même eau. Barrv a rapporté un exemple frappant de la propagation des oxyures dans toute une famille, tant qu’elle but l’eau d’une même source.

C’est une opinion assez généralement répandue que les fruits verts et non lavés sont de nature à propager ces vers. Leuckart est d’avis que cette croyance populaire mérite l’attention des savants, et il pense quecertains végétaux que l’on a l’habitude de manger sans être cuits, comme la salade, les artichauts, etc., peuvent renfermer les germes de ces parasites ; il croit, en outre, que la farine avec laquelle les boulangers saupoudrent le pain et les pâtisseries n’est pas toujours exempte de ces mêmes germes, qui, apportés par le grain de blé, ont pu résister au battage et à la mouture. D’un autre côté, Cobbold prétend avoir administré sans succès, cà divers animaux, des œufs d’oxyures contenant de jeunes embrvons.

Quelques observations portent h admettre qu’il est possible de gagner ces parasites par la cohabitation avec un individu infecté. Situés, pour ainsi dire, à l’extérieur du corps, ces vers peuvent être transportés par des échanges de vêtements, passer d’un individu à un autre, surtout lorsqu’on partage le même lit, et cela d’autant plus facilement que les oxyures sont actifs le soir, comme l’indiquent les démangeaisons incommodes éprouvées par les malades à ce moment de la journée.

Bibliographie. — Brera, Loc. cit. (voyez bibliographie géne'rale, p. 677). — Bremser, Traité sur les vers intestinaux de l'homme , trad. fr. par Grundler. Paris, 1824, p. 149, avec bibliographie et indications de figures. — J. Milner Barry, On the origin of intestinal worms , particularly the Ascaris vermicularis

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(Transact. of the Association of physicians in Ireland , vol. II, p. 383. Dublin, 1818). — J. Cruveilhier, art. Entozoaires , Bict. de méd. et de chirurg . pratiques, t. VII, p. 337. — Lallemand, Des pertes séminales involontaires, X. III. Paris, 1842. — Marchand, Gaz. des hôpitaux , t. IX, 1847. — Bilharz et Y. Siebold, Ein Beitrag zur Helminthographia humana , etc. Zeitsclir. f. wissench. Zoologie , t. IV, p. 50, Leipzig, 1853.) — Gros, Gaz. des hôpitaux , n°135, 1865. — Hervieux, Union méd., 1859, 60. — Davaine, Traité des entozoaires, p. 209. Paris, 1860. — Stricker, ( Archiv f. pathol. Anat. und Physiol., t. XXI, p. 360, 1861). — Sp. Cobbold, On entozoa, p. 362. London, 1864. — R. L euckart , Die menschlkhen Parasiten , t. II, p. 287, Leipzig et Heidelberg, 1868.

H. — Strongylides.

Les strongyles se rencontrent chez les mammifères, plus rarement chez les oiseaux et les reptiles ; ils sont caractérisés par un corps allongé, cylindrique, atténué postérieurement, une bouche à six nodules, une queue simple chez la femelle et terminée chez le mâle par une capsule au milieu de laquelle se trouvent les spiculés.

1° S tr ongle géant. (■ Strongylus gigas, Rudolphi ; Eustrongylus gigas, Diesing). — ■ Vulgairement appelé ver du rein, le strongle géant a un corps généralement rouge, cylindrique, très-long, un peu aminci à ses extrémités, strié transversalement et longitudinalement; sa bouche est petite, orbiculaire, entourée de six nodules ou papilles planes. Le mâle, long de 14 à 40 centimètres, large de 4 à 6 millimètres, a la queue terminée par une bourse membraneuse, d’où sort un spiculé simple, très-grêle. La femelle, longue de 2 décimètres à 1 mètre, a la queue obtuse, légèrement recourbée. L’anus, situé sous l’extrémité caudale, est triangulaire et oblong, la vulve est placée en avant du milieu de la longueur du corps, l’ovaire est simple, en forme de tube et d’une longueur excessive. L’œuf, ovoïde et brunâtre, commence dans l’utérus de la femelle son développement, qui ne s’achève qu’après son expulsion du corps de l’hôte et son contact avec l’eau ou la terre humide (Balbiani).

Le strongle géant, le plus grand des vers nématodes, existe chez le cheval, le bœuf, le chien, le loup, la martre, et quelques autres carnivores ; il habite ordinairement le rein, la vessie ou le tissu cellulaire sous-péritonéal. Certains faits paraissent établir qu’il se rencontre aussi chez l’homme où il détermine la dilation, l’hémorrhagie des

bassinets, l’altération du parenchyme rénal, enfin, un ensemble symptomatique assez semblable à celui qui résulte de la présence de corps étran-

gers

ignore son origine ; mais

semble établi au-

dans ces parties. On c, ,

jourd’bui que la Filaria cysticà (Pmdolphi) est la larve d’un strongle.

Biblioskai’Iiie. — Rayer, Traité des malacl. des reins, t. lit, p. 728. — j. Lecoq. Du strongle géant dans les voies urinaires de l'homme ( Areh . gén. de méd . , t. ï, p. 666; 1859) — Davaine, Traité des entozoaires , p. 276, Paris, 1860. — Leuckar-t, loc. cit. — Cobbold, Entozoa, p. 358. — Balbiani, Recherches sur le développement et le mode de propagation du strongle géant (Journ. de l’anatomie, p. 180. Paris, 1870).

2° Strongle ci long fourreau (. Strongylus longevaginatus , Diesing). Le strongle à longue gaine, a le corps droit, d’un blanc brunâtre ; sa tète est conique et tronquée ; la bouche présente de quatre à six nodules. Le

mâle est long de 13 à 15 millimètres ; son extrémité caudale est infléchie, et la gaine du pénis est formée de deux parties très-longues et linéaires, ayant presque la moitié de la longueur du corps. La femelle, longue de 26 millimètres, est amincie à ses deux extrémités, sa queue est mucronée et son orifice génital est situé au-dessus de l’extrémité caudale. Ce ver a été trouvé une fois dans le parenchyme du poumon d’un enfant.

3° Ancylostome duodénal ( Anchylostomum duodenalc, Dubini) ( Dochmius ou Strongylus duodenalis). Découvert à Milan par Dubini en 1838, cet helminthe a été observé quelques années plus tard en Égypte, ou il est très-commun, d’abord par Pruner et, plus tard, par Bilharz et Griesinger. Eschricht l’a rencontré en Islande.

L ancylostome duodénal a le corps cylindrique, presque droit ou légèrement courbé, transparent dans sa partie antérieure, jaunâtre dans sa partie postérieure. Sa bouche, dont l’ouverture

Fig. 223. Ancyio- cs^ une ampoule orbiculaire tournée vers la face

stome duodénal fe- dorsale, forme comme une capsule cornée, armée,

melle fortement gros- , A ,

sie. a, cavité buccale : b, c, * e,u cote supérieur, de quatre forts appendices en

b, anus; c, ouverture forme de crochets recourbés vers leur centre;

commune aux organes . .

d’excrétion; d, vulve; e^e °^re du côté inférieur quatre petites émi-

e, le môme animal, nences coniques qui sont probablement des or-

grandeur naturelle. . 1

ganes tactiles. Le mâle, aminci en avant, d’une longueur de 6 à 8 millimètres, est pourvu d’un spiculé très-long et double, d’une extrémité caudale infléchie; la femelle, un peu plus grande que le

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mâle, a de 9 à 13 millimètres de long, une épaisseur deQram,25 ; elle offre une extrémité anale terminée en pointe conique et une vulve située vers le quart postérieur (fig. 223).

L’ancylostome habite le duodénum et le commencement du jéjunum, s attachant comme une sangsue à la membrane muqueuse de ces organes, dans l’épaisseur de laquelle il pénètre quelquefois et atteint le tissu sous-muqueux. Le point sur lequel ce ver est fixé se reconnaît par la piésence d une ecchymose de la dimension d’une lentille, circonscrivant une tache blanche au centre de laquelle existe une ouverture de l’étendue d’un trou d’aiguille, ce qui lui donne l’apparence d’une morsure de sangsue. Par cette ouverture, le sang paraît se répandre librement dans l’intestin qui contient parfois une notable quantité de ce liquide. Logé dans la cavité même où s’est épanché le sang dont il se nourrit, ce ver, par de petites saignées incessamment renouvelées, détermine peu à peu l’anémie des individus qui le portent. Cette anémie, désignée par Griesinger sous le nom de chlorose d’Égypte , affecterait à un degré plus ou moins grave le quart de la population égyptienne. Elle est caractérisée symptomatiquement par la pâleur générale des téguments, des bruits de souffle vasculaires, des palpitations, un pouls fréquent, des lassitudes des membres, des dérangements de digestion, et quelquefois aussi par de 1 amaigrissement, de l’œdème des extrémités inférieures et des paupières, de l’apathie et un affaiblissement général des forces. Les caractères anatomiques sont en dehors des infiltrations séreuses de différentes régions, la mollesse et la décoloration des muscles, l’anémie de tous les organes, l’altération graisseuse du cœur et l’atrophie du foie. D’un autre côté, Grenet et Monestier à Mayotte, Wucherer au Brésil, ont également observé 1 ancylostome duodénal, et se sont appliqués à montrer que Y hypémie inter tropicale ou mol d’estomac, mal de cœur, cachexie africaine, malaria, chlorose, géophagie, etc., devait être attribuée à la présence, dans l’intestin, de cet entozoaire qui se nourrit de sang.

Bibliographies Dubini, dans Omodei Annal . univers, di medic. di Milano , t. GVI, p. 5-13, 1843, et Entozoografia umana . Milano, 1850. — Pruner, Krankheiten des Orients , p. 244. Erlangen 1847. — Bilharz, Zeitschrift fur ' wissenschaftliche Zoologie , t. IV, p. 55 ; Leipzig, 1853, et Vierordt’s Archiv fur physiolog. Heük ., XIII, p. 554 ; anal. Gaz. hebd., 13 avril 1855. — Grenet et Leroy de Méricourt, Archives de mêd. navale , t. VIII, p. 71, 1867. — T. da Rocha, TJeber die Anchylostomenkrankheit in Brasilien ( Archiv du Ileilkunde, p. 178, 1868.)— O. Wucherer, TJeber die Anchylostomenkranli-

l ange beaux. — Traité d’Anat. path.

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