‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 82 sur 112 · III. — Sclérostomes · texte numérisé non relu

III. — Sclérostomes

Sclérostome armé (Sclerostoma armatum , Dujardin). Ce ver a le corps cylindrique, gris rougeâtre, la tête globuleuse, tronquée en avant, la bouche ouverte, bordée par un ou plusieurs anneaux garnis de dentelures fines ou de franges convergentes, l’intestin entouré d’une substance brunâtre. Le mâle, long de 27 à 30 millimètres, présente une bourse caudale étalée et deux spiculés longs et grêles; la femelle, longue de 35 ou AO millimètres, a un anus non terminal, un utérus bicorne, des ovaires longs enroulés autour de l’intestin et des œufs elliptiques.

Le sclérostome armé habite l’intestin (cæcum et côlon), aux parois duquel il se fixe par son appareil buccal. S’il n’a pas été observé chez l’homme, il est cependant important de le connaître, à cause des désordres qu’il détermine chez les animaux et de la ressemblance frappante de quelquesuns de ces désordres avec certaines altérations pathologiques trouvées dans l’espèce humaine.

Une variété de ce parasite, et peut-être une espèce particulière (sclérostome armé anévrysmatique, Diesing), ne se rencontre plus dans l’intestin, mais bien dans des tumeurs anévrysmatiques ; elle se distingue par ses faibles dimensions, car le mâle est long seulement de iâ à 16 millimètres, et la femelle de 18 à 20 millimètres. Une particularité de ces sclérostomes, c’est qu’ils subissent une succession de mues en vertu desquelles une armure buccale plus simple est toujours remplacée par une armure plus complexe.

Le cheval, l’âne et le mulet sont les principaux animaux sur lesquels on observe l’anévrysme vermineux. L’artère mésentérique antérieure est le siège presque constant de cet anévrysme, qui n’a jamais été rencontré dans les artères de la poitrine, de la tête ou des membres. Ce vaisseau présente une dilatation fusiforme ou globuleuse, avec hypertrophie de ses parois ; il est par conséquent le siège d’une altération semblable à celle de 1 anévrysme vrai de l’homme, dont il diffère par la présence, dans sa cavité, d’un caillot adhérent. Les tuniques artérielles sont épaissies^ et principalement la membrane interne, qui est manifestement hypertrophiée ; quant aux sclérostomes, ils sont, les uns à peu près libres dans la cavité de l’artère, les autres, en plus grand nombre, enfouis dans le caillot fibrineux. Les sclérostomes se rencontrent encore dans les pou-

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mons de plusieurs animaux, notamment dans ceux du mouton, où ils peuvent simuler des tubercules.

Bibliographie. — Hering, Sur les anévrysmes int. du cheval ( Rec . de mèd. vétêrin. Paris, 1830, p. 443). — Rayer, Sur ï anévrysme vermineux et le Strongylus minor ( Archives de médec. comparée , 1842, p. 1). — Ercolani, Giorn. d. veterinaria. Torino, 1852. — Colin, Mém. sur le développement et les migrations des sclêrostomes, Paris, 1865. — Baillet, Note sur les strongy liens et les scier ostomiens de V appareil digestif des bêtes ovines. Paris 1868.

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