‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 84 sur 112 · TRÉMATODES · texte numérisé non relu

TRÉMATODES

Le nom de trématodes (rpvjga, pertuis) sert à désigner, depuis Rudolphi, un ordre de vers solitaires, inarticulés, plats, munis d’une bouche, d’un canal intestinal, et pourvus d’un ou plusieurs organes d’adhérence ou ventouses.

Le tégument de ces vers est mou, non revêtu de cils vibratiles ; l’ouverture buccale est à l’extrémité antérieure du corps et située ordinairement au fond d’une petite ventouse, elle conduit dans un pharynx musculeux et dans un œsophage aboutissant à un canal intestinal terminé en cul-de-sac. L’appareil excréteur se compose d’unréseau de vaisseaux déliés etdedeux grosses branches latérales s’ouvrant à l’extrémité postérieure ; le système nerveux est représenté par une masse centrale et deux cordons latéraux ; l’appareil circulatoire fait défaut*

Les organes sexuels mâles et femelles sont ordinairement réunis chez le même individu, et leur orifice siège dans le voisinage de la ligne médiane à la partie antérieure de la face abdominale. Les testicules sont multiples; les oviductes et l’ütérus sont tubuleux, très-longs; les œufs,

elliptiques et pourvus d un opercule, se développent en grande partie dans l’oviducte.

Les ti ématodes offrent deux types secondaires : 1° les polystomides, qui

PARASITES ANIMAUX

ont un développement direct, et dont l’embryon, nu et sans cils au moment de l’éclosion, possède déjà la forme de l’adulte; tous les membres de cette division vivent en parasites externes sur la peau et les branchies des animaux aquatiques, les poissons principalement, et comme tels ils ne doivent pas nous occuper; 2° les distomides, qui ont un développement indirect, en ce sens que l’embryon ne ressemble nullement au générateur ; ils vivent à l’état adulte en parasites internes des animaux vertébrés.

Les distomides sont ovipares, et les jeunes passent par une génération alternante compliquée de métamorphose. Les œufs, éclos le plus souvent dans l’eau, donnent naissance à des embryons petits et contractiles, nus ou plus souvent pourvus de cils vibratiles, et qui, par cheminement spontané, cherchent un nouvel habitat dans un animal, qui est ordinairement un mollusque et le plus souvent l’escargot; ils pénètrent dans l’intérieur de cet animal, perdent leurs cils, continuent leur développement et se transforment en utricules germinatifs qui produisent la génération des cercaires ; ces dernières, munies d’une queue directrice, abandonnent l’utncule mère qui se rompt, et le corps de l’animal qui les porte, pour ramper ou nager librement dans l’eau. La cercaire cherche alors un nouvel hôte, pénètre, au moyen de son armature buccale, à travers les téguments d’un animal aquatique, larve d’insecte, poisson ou mollusque principalement, perd sa queue dans le passage et s’enveloppe aussitôt d’un kyste; là elle revêt la forme d’un distomide parfait, mais elle n’acquiert point d’organes génitaux, et c’est seulement lorsque l’hôte devient la proie d’un vertébré que le jeune distome, parvenu dans l’organe et chez l’animal qui lui convient, acquiert définitivement les attributs de l’adulte de son espèce. Ainsi il y a ordinairement trois animaux porteurs différents, dont les organes logent le distome à ses divers stades de développement.

Les distomides adultes se trouvent principalement dans le tube digestif, les cavités respiratoires et les canaux biliaires des animaux vertébrés; extraits des organes et placés dans l’eau, ils se décomposent et périssent très-vite. Ces vers se distinguent par le siège et le nombre de leurs ventouses^ ils constituent ainsi quatre genres. Deux de ces genres sont caractérisés par l’existence d’une seule ventouse (monostome et amphistome); les deux autres genres (distome et holostome) ont chacun une ventouse antérieure buccale et une ventouse abdominale.

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