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IV. — Trichotrachélides

Les espèces peu nombreuses qui constituent cette famille vivent pour ia plupart dans le cæcum ou dans le gros intestin, plus rarement dans l’intestin grêle de l'homme et des mammifères; elles sont inconnues dans les autres classes de vertébrés. Leur extrémité inférieure est ordinairement engagée dans la substance même de la muqueuse intestinale, tandis que le reste du corps paraît libre au milieu des mucosités.

1° Trichocéphale de V homme ( Trichocephalus dispar , Rudolphi). Ce ver, cylindrique, strié transversalement, blanchâtre ou jaunâtre , a le corps allongé, grêle, formé de deux parties, l’une antérieure, capillaire, l’autre postérieure, plus épaisse. La première de ces parties, terminée en pointe et dépourvue de tout renflement céphalique, contient l’œsophage et une faible portion de l’intestin, la seconde, dont l’extrémité est obtuse, renferme le reste de l’intestin et les organes génitaux. L’anus est à l’extrémité qui finit en pointe obtuse. Le mâle, long de 37 millimètres, a sa partie postérieure enroulée, il possède un spiculé contenu dans une gaine cylindrique, renflée et vésiculeuse à l’extrémité (fig. 224).

La femelle, longue de 34 à 50 millimètres, a la queue en pointe mousse ; son œuf est long de 0mm,053, large de 0,024 (Davaine) ; il se trouve dans les matières évacuées, et partant il peut servir au diagnostic du ver. De même que les œufs d’ascarides, les œufs de trichocéphale pondus dans l’intestin sont évacués avec les fèces et ne se développent qu’après plusieurs mois. L’embryon reste longtemps enfermé dans la coque et vivant; il est mis en liberté à la condition que l’œuf, apporté par les aliments ou les boissons, rentTe dans l’intestin de l’homme . Le déve

Fig. 22/1. — Trichocéphale de l’homme.

a, mâle, grand, nat.; b , femelle, grand, nat.; c, extrémité céphalique, grossie ; (/, extrémité caudale du mâle, grossie, avec spiculé terminal; e, œuf grossi 80 fois.

loppement du trichocéphale et sa propagation ont par conséquent la plus grande ressemblance avec le développement et la propagation de l’ascaride lombricoïde.

Ce ver n’est pas rare en France ; je l’ai, pour ma pari, observé dans le cæcum de plusieurs cadavres, notamment pendant le siège de Paris. 11 se rencontre fréquemment en Allemagne et en Angleterre. On le trouve en Italie (Thibault), aux États-Unis (Leidy), et, selon Pruner et Bilharz, il serait commun chez les enfants en Égypte et en Syrie.

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2° Trichine cle l'homme (Trichina spiralis , Owen). Logé dans le système musculaire pendant le jeune âge, cet helminthe habite l’intestin lorsqu’il est adulte. La trichine adulte a le corps cylindrique, l’extrémité céphalique amincie, l’extrémité caudale mousse et arrondie. Le tube intestinal est droit, l’anus est terminal. La moitié postérieure de l’animal présente, à côté du tube digestif, les organes sexuels qui, chez la femelle, s’ouvrent vers le milieu du corps, et chez le mâle à côté de l’anus. La trichine est vivipare; le male est long de 1 millimètre 1/2, la femelle de 2 à 3 millimètres.

Les organes génitaux se développent dès l’arrivée de la larve dans l’intestin ; des œufs se produisent en grand nombre ; l’accouplement a lieu

au bout de deux à trois jours, et, vers le cinquième ou le sixième jour, des embryons filiformes, longs de 0mm,08 à 0mm, 1 2 , sortent de la vulve. Ceux-ci perforent les parois intestinales, pénètrent dans le tissu cellulaire ou dans le sang, et de là dans les muscles volontaires. Au bout de dix jours environ, ils commencent à s’enkyster dans P intérieur du faisceau primitif (lig. 225). Ce faisceau change d’aspect autour du ver qui occupe le centre ; les stries disparaissent, le con-

Fig. 225.— Trichines enkystées dans tenu se décompose en fines molécules

un muscle. , , , ,

accumulées autour des noyaux musculaires considérablement multipliés. Alors le ver se roule en spirale et

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s’enveloppe d’une vésicule ovale ou elliptique, de sorte qu’il présente deux enveloppes, l’une produite par le kyste , l’autre par le sarcolemme; il continue de grandir et peut atteindre une longueur de 0mm, 7 à 1 millimètre; il n’a d’autre organe interne qu’un canal intestinal, sauf parfois des rudiments d’organes génitaux. Plus tard , au bout de quatre-vingts jours chez le lapin et de cent jours chez le porc, les parois du kyste s’encroûtent de molécules calcaires, et le parasite succombe, s’il n’est transporté dans l’intestin d’un autre animal.

Les trichines se rencontrent dans tous les muscles, le cœur excepté; leur enkystement débute en général par le diaphragme, les muscles intercostaux, ceux de la langue ; dans les membres, elles ont leur lieu d’élection dans le point le plus rapproché de l’insertion tendineuse ; plus communs dans les muscles superficiels que dans les muscles profonds, elles se rencontrent jusque dans les muscles de l’œil, du tympan, du larynx. Leur présence en grand nombre au milieu des muscles qui ont un rôle fonctionnel important produit des accidents quelquefois sérieux ou même mortels. Dans les cas graves surviennent, au cours de la première semaine qui suit l’infection, des troubles digestifs plus ou moins prononcés; dans la seconde semaine, apparaissent des désordres du système musculaire, contracture, douleur à la pression, enrouement, dyspnée, ou encore de la fièvre, de l’œdème, etc. Ces accidents étaient confondus soit avec la fièvre typhoïde, soit avec le rhumatisme, la pleurésie, etc., jusqu’au moment où Zenker parvint à en démontrer la nature.

L’origine des trichines est connue depuis qu’on a trouvé ces parasites dans une foule d’animaux (rats, souris, campagnols, etc.), dont les porcs, en particulier, mangent les débris. La viande du lapin, sans être aussi dangereuse pour l’homme que celle du porc, n’est pas toujours d’une parfaite sécurité; la putréfaction n’altère pas les trichines musculaires, mais celles-ci périssent à une température de 58 à 60° R.

Les trichines se rencontrent en Europe et en Amérique ; elles ont leur plus grande fréquence en Allemagne et en Angleterre ; elles sont rares en France, où Cruveilhier est à peu près le seul auteur qui en ait fait mention. L’usage de la viande de porc est la cause ordinaire de la trichinose ; c’est un fait aujourd’hui acquis par l’observation et par l’expérimentation. Il suffit de faire avaler à un lapin de la viande contenant des trichines pour voir se dérouler tous les phénomènes de cette affection. L’animal en expérience maigrit; au bout de trois à quatre semaines il perd ses forces, et il meurt vers la cinquième ou sixième semaine. Dans ces conditions, les muscles, le cœur excepté, sont remplis de millions de trichines qui conduisent à la mort par l’atrophie et l’altération du sys-

69 'l ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

tème musculaire. Tous les animaux ne sont pas également sujets à cette affection : tandis que le lapin, le cochon d’Inde se prêtent fort bien à l’expérimentation, le chat et le chien permettent peu sa réussite. Chez ce dernier animal, on suit très-bien le développement des trichines dans l’intestin ; mais les embryons ne passent pas dans les muscles, peut-être parce que les sucs digestifs du chien sont nuisibles à l’évolution et aux migrations du parasite.

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Y. — Filarides.

Les filaires sont des vers blancs jaunâtres ou rouges , filiformes, qui se trouvent chez les animaux vertébrés, principalement chez les mammifères et les oiseaux, plus rarement chez les reptiles; ils se rencontrent dans des organes très-différents, à l’exception du canal digestif.

1° Filaire de Médine ou dragonneau. ( Filaria Medinensis, Gmelin). — Connue dès la plus haute antiquité (Moïse, Agatharchilde, Plutarque, Aétius, Paul d’Egine), la filaire de Médine existe dans l’Arabie Pétrée, le Sénégal, le Congo, sur les côtes d’Angola, en Perse, dans l’Inde, dans les Antilles, notamment à Curaçao, et enfin dans l’Amérique méridionale. Elle s’observe rarement en Europe, et lorsqu’on Fy a rencontrée, elle avait été apportée depuis peu de temps.

Le mâle de la filaire de Médine est relativement petit et peu connu ; la femelle est longue de 50 centimètres et plus, large d’un millimètre au moins, filiforme, un peu amincie en arrière, blanche avec deux lignes longitudinales opposées, correspondant à l’intervalle de deux masses musculaires longitudinales ; la bouche est orhiculaire, la queue est subaiguë, recourbée en crochet. Les œufs éclosent à l’intérieur du corps de la mère, où l’on peut voir les petits presque tous enroulés, tantôt avec la queue saillante au dehors, tantôt avec celle-ci entortillée; ils ont un peu avant la naissance une longueur de 0mm,75. Leur extrémité antérieure, légèrement amincie, est terminée par une bouche à trois nodules ; l’anus est visible à la naissance de la queue qui est longue et très-effilée. Ces jeunes animaux vivent plusieurs jours dans l’eau à la température ordinaire (Jacohson, Maisonneuve) ; privés de ce liquide, ils restent sans mouvement et reprennent leur agilité par addition d’eau après six à douze heures (Ch. Piobin). Mais si la dessiccation a été complète, la vie ne reparaît plus.

La filaire de Médine, à l’état de larve, envahit chez l’homme, les extrémités inférieures, les pieds, les jambes, les cuisses, le scrotum, plus

rarement les extrémités supérieures, le cou et la tête (1). Elle se loge sous la peau, dans le tissu cellulaire sous-cutané, entre les muscles, met à se développer un temps qui varie de deux mois à un an, et donne lieu à une tumeur semblable à une veine variqueuse et qui se termine par un petit abcès, en même temps que survient un prurit insupportable. Pelotonné dans cette tumeur, le ver parfois sort en totalité avec le pus ; mais d autres fois il n’apparaît pas et sort plus tard en donnant lieu à un nouvel abcès si l’on n’a soin de l’extraire (fig. 226).

Fig. 226. Pied droit atteint par le ver de Médine, b , ce ver enroulé autour d’un stylet pour son extraction, a ’ a, embryons de la filaire de l’homme. (Gross. 80 diam..)

Le siège ordinaire de la filaire dans les parois du tronc, et principalement dans les membres inférieurs, conduit à penser que ce ver a dû pénétrer dans les tissus après avoir acquis un certain degré de développement. On sait aujourd hui que ce parasite affecte les personnes qui séjournent les jambes nues dans des eaux stagnantes où les jeunes filaires peuvent vivre très-longtemps, et celles qui se couchent sur la terre les

pietflplt les bras nus ; on a d ailleurs observé dans l’Inde que les hommes qui portent 1 eau sur leur dos, dans des sacs de cuir, sont souvent affectés du ver de Guinée dans les parties mises en contact avec ces sacs. Par conséquent , il n’est pas douteux que ce parasite ne se transmette par l’eau, et, du reste, c’est une opinion accréditée que la filaiie, dans la plupart des contrées où elle règne, se gagne par Peau appliquée à 1 extérieur ou ingérée dans l’estomac. Les nègres , dans le

(1) F. Pruner (Die Krankheiten des Orients. Erlangen, 1847, p. 250) a une seule fois rencontré ce parasite sur le cadavre d’un jeune nègre, en arrière du foie, entre les feuillets du mésentère ; c’est là un fait unique.

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Schemdi, gagnent la filaire en se baignant dans le Nil ; au Sénégal, en se plongeant dans l’eau du fleuve. Les personnes le plus généralement affectées du dragonneau, dans les provinces du Sennaar et du Cordofan, sont précisément celles qui se baignent dans les eaux stagnantes qui couvrent le sol du pays, ou qui s’abreuvent de ces mêmes eaux (Ferrari). L’influence des pluies et de l’humidité sur la propagation de ce ver est d’ailleurs bien connue partout où il se rencontre; celle de la chaleur ne l’est pas moins ; aussi est-ce dans les contrées chaudes, pendant les années humides ou à la suite de pluies abondantes, que l’on voit sévir ce parasite avec une fréquence tellement grande dans certains cas, qu’il serait possible de croire à une véritable épidémie. On peut penser, dans ces conditions, que la larve desséchée, et revenue à la vie par l’action de l’eau, acquiert un développement rapide sous l’influence de la chaleur, et partant cherche à pénétrer dans les tissus de l’homme, où elle arrive à son complet développement, puisqu’elle en sort pour rejeter ses petits au dehors. La question de savoir comment cette larve pénètre dans les tissus n’est pas encore jugée ; mais il y a lieu de croire qu’en raison de sa petitesse, un centième de millimètre d’épaisseur environ, elle parvient à s’introduire dans le conduit excréteur d’une glande sudoripare ou dans la gaine d’un poil, et qu’elle arrive par ces canaux jusque sous le derme.

La contagion de la filaire, reconnue par plusieurs médecins, n’est pas absolument impossible ; on comprend qu’elle puisse avoir lieu par le fait d’un contact un peu prolongé. D’après Clotbey, le docteur Dussap aurait été atteint de cette affection après avoir pansé un grand nombre d’individus qui en étaient affectés. Nous ferons remarquer qu’une fois introduite dans les tissus, la filaire ne cherche guère cà en sortir, et par conséquent, s’il est vrai que ce parasite se transmette par contagion, le fait est au moins très-rare.

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2° Filaire oculaire ( Filaria lentis, Diesing) Cette variété ou espèce de tilaire a été trouvée trois fois dans l’humeur de Morgagni, chez des individus affectés de cataracte ; elle a le corps filiforme, blanc ou rougeâtre, la bouche inerme, l’anus distinct et terminal, la vulve située à l’extrémité caudale. Le mâle n’est pas connu.

Plusieurs auteurs conservent du doute sur l’existence de cette espèce qui n’a pas été retrouvée depuis Nordmann et Gescheidt ; par conséquent il serait nécessaire d’avoir de nouvelles observations avant de l’admettre définitivement.

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Filaire des bronches [Filaria bronchialis Rud. — Flamularia lymphatica , Treutler). Ce ver, espèce peu différente de la précédente, cylindrique et d’une longueur de 27 millimètres, aurait été rencontré une seule fois par Treutler dans les ganglions bronchiques d’un homme épuisé et phthisique ; mais il y a lieu de douter aussi de son existence. (Treutler, De vermibus fthformis in gland ulis conglobatis bronchiorum repentis , dans Observ. path. anat., etc. Lipsiae, 1793, p. 11).

3° Filaire de V orbite [Filaria loa , Guyot). C’est un ver blanc cylindrique

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plus petit que la filaire de l’homme ; d’une longueur de 30 à 32 millimètres, il a une grosseur un peu moindre que celle d’une chanterelle de violon ; son extrémité postérieure est pointue, tandis que l’antérieure est obtuse ; la bouche est énorme.

Cette filaire existe sous la conjonctive des nègres, ainsi que l’a observé Guvot, chirurgien français, dans plusieurs voyages qu’il fit il y a cent ans à la côte d’Angola où ne règne point la filaire de Médine. Plus récemment Lestrille a eu l’occasion de rencontrer ce parasite dans Pœil d’un nègre du Gabon qui présentait les phénomènes suivants : clignotement fréquent, sensation d’un corps étranger gênant les mouvements de la paupière supérieure, injection des vaisseaux de la choroïde et larmoiement. A la partie supéro-antérieure du globe de l’œil, vers l’angle externe, la conjonctive était soulevée par un corps allongé flexueux qui s’étendait dans le sens transversal. Ce corps à la première vue ne paraissait pas se mouvoir; mais en soulevant avec une pince à dissection la conjonctive qui était décollée dans une assez grande étendue, on aperçut aisément des mouvements de réflexion. Une incision ayant été faite à la conjonctive avec des ciseaux, le ver put être saisi à l’aide de pinces.

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4° Filaire labiale ( Filaria labialis ). Ver filiforme de 30 millimètres qui a la tête allongée et la bouche entourée de quatre papilles. La femelle offre une vulve située à 3 millimètres de l’extrémité caudale, à 2 millimètres et demi de l’anus. Ce ver a été observé une fois à Naples chez un étudiant en médecine dont il occupait la lèvre supérieure ; celle-ci devint le siège de sensations de prurit et de fourmillements bientôt suivis d’une pustule acuminée renfermant le ver dans sa profondeur. (Pane, Nota su di un elminte hematoïde , dans Annali dell' Academ. degli as piranti naturalisa , Napoli, 1864, ser. 3, vol. IV.)

5° Filaire du sang de l'homme [Filaria sanguinis hominis ). Cette dénomination a été donnée par Lewis à des larves rencontrées dans le sang de l’homme et provenant d’individus non encore spécifiés. Le corps de ces larves est long de 0,mm 35, épais de 0,009; la tête est arrondie, la queue terminée en pointe ; l’œsophage et l’intestin sont peu développés (fig. 227).

Ces parasites envahissent le réseau vasculaire tout entier, et de cette façon ils peuvent être obtenus par la piqûre des extrémités des doigts ou des orteils. On les voit sous le champ du microscope se mouvoir dans tous les sens avec rapidité et contiguïté, écartant les globules du sang et s’insinuant entre eux. Le sang n’est pas le seul milieu où l’on trouve ces vers, ils ont été encore rencontrés par Lewis dans les urines chyleuses. Leur

Fig. 227. — Filaires du sang humain (d’après Lewis).

accumulation sur certains points peut amener une rupture et leur issue au dehors avec le sang ou la lymphe; c’est là ce qui explique leur présence dans les urines. Leur nombre est quelquefois considérable; Lewis a observé chez des malades atteints de chylurie plusieurs de ces entozoaires dans une seule goutte de sang; il a pu, dans certains cas, les évaluer au chiffre approximatif de làO 000 pour la totalité du fluide sanguin.

Les altérations déterminées par la présence de ces vers et leur passage à travers les organes n’offrent rien de bien appréciable à l’œil nu. Toutefois, à l’examen microscopique, on constate que la substance corticale et la substance tubuleuse des reins renferment de nombreux vers, contenus

principalement dans les parois de l’artère rénale et de ses plus Unes branches. On ignore jusqu’ici si ces vers que l’on peut trouver avec le sang dans l’urine traversent exclusivement les corpuscules de Malpighi.

Les symptômes qui traduisent l’existence de ces vers sont depuis longtemps connus, mais ils n’ont été rattachés à leur véritable cause que dans ces derniers temps : ce sont ceux qui caractérisent l’affection désignée sous le

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nom à' hématurie chyleuse ou d’ hématurie graisseuse des pays chauds. Après quelques désordres du côté des fonctions digestives, survient en général un état fébrile accompagné de douleurs à la région des reins, avec irradiations le long des uretères vers le scrotum et les cuisses ; puis les urines prennent une coloration rouge due à la présence d’un grand nombre d’hématies au milieu desquelles on aperçoit quelques globules blancs (environ 1 pour 300, Crevaux) et de très-fines gouttelettes de graisse tenues en suspension dans l’urine et qui se séparent de ce liquide lorsqu’on vient à le traiter à plusieurs reprises par l’éther sulfurique.

La chylurie s'observe en Amérique depuis le 30e degré de latitude nord jusqu’au 35e degré latitude sud. C’est au Brésil qu’elle sévit avec le plus d’intensité. Juvenot l’a rencontrée jusque sur les rives de la Plata et de ses affluents. En Afrique, cette maladie a été signalée dans les colonies du Cap et de Natal, à Madagascar et surtout aux îles Bourbon et Maurice: son existence est nettement établie en Asie, surtout à Calcutta (Lewis), à Bombay (Carter), à Saïgon (Crevaux).

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Acanthocéphales.

Sous ce nom sont désignés des vers ronds en forme de tube, à sexes séparés, ovipares, munis d’une trompe propulsive armée de crochets, dépourvus de bouche et d’intestin et se nourrissant par absorption. Bien que constituant un groupe particulier, ces vers sont néanmoins rares dans l’espèce humaine. Nous les plaçons à la suite des vers nématodes, avec lesquels ils ont une grande ressemblance de forme.

Ces vers forment un genre unique [E chinorhynchus , Millier) qui comprend un grand nombre d’espèces vivant chez les animaux vertébrés dans l’intestin desquels ils habitent, solidement fixés aux parois par leur trompe ; quelquefois, mais rarement, ils se rencontrent dans des kystes du mésentère.

L’échinorhynque a été trouvé exceptionnellement chez l’homme ; toutefois sa présence y est attestée par les faits suivants :

Un garçon de neuf ans mourut d’une leucémie h Prague, et l’autopsie qui en fut faite révéla l’existence dans l’intestin grêle d’un échinorhynque femelle (. Echynorhynchus hominis , Lambl), long de 5,6, large de 0,6 millimètres. Ce ver avait une trompe petite, presque globuleuse , armée de huit rangées longitudinales de crochets disposés par séries transversales alternantes de chacune six. Incomplètement développé, il avait sans doute pénétré peu avant la mort dans son hôte définitif, où il avait été introduit d’une façon accidentelle vraisemblablement par l’eau renfermant l’hôte intermédiaire.

Chez un soldat qui avait longtemps séjourné dans l’Inde, et qui mourut en Angleterre, Welch trouva, à l’autopsie, sous la muqueuse du jéjunum, enveloppé dans une couche de tissu transparent, un ver de très-petite dimension, que l’on reconnut être un échinorhynque enkysté. Rien pendant la vie n’avait pu faire supposer sa présence.

Bibliographie. — Lambl, Prager Vierteljahrschrift , 1859, 1er févr., pl. IV. — Welcii, The presence of an encysted eehinorhynehus in man (The Lancet , 16 nov. 1872). — Leuckart, Die menschl. Parasiten , t. II, p. 725 et 801.

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