‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 86 sur 112 · II. — Monostomes · texte numérisé non relu

II. — Monostomes

Le genre monostome se distingue du genre distome par l’existence d’une seule ventouse ; il comprend plusieurs espèces qui se trouvent principalement chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, dans l’intestin et dans d’autres organes ; une seule de ces espèces a été rencontrée chez l’homme.

Le monostome de l’homme ( Monostomum lentis ) a le corps déprimé; il est long de 0mm,21. Nordmann l’a trouvé dans un cristallin affecté de cataracte. Ge cristallin, qui provenait d’une femme âgée, renfermait huit monostomes logés dans les couches superficielles de la substance de la lentille.

PARASITES ANIMAUX

CESTODES.

Les cestoïdes (xecttôç, ceinture, Lumbrici des anciens auteurs, vers plats, vers rubanés des auteurs modernes) sont des vers qui, à toutes les périodes de leur existence, habitent en parasites dans les tissus ou dans les cavités des organes, chez les animaux vertébrés ou invertébrés. A l’état de larve, ils ont le plus ordinairement la forme vésiculaire, et occupent les tissus ou les parenchymes qu’ils compriment ; à l’état adulte, ils prennent la forme rubanée et vivent exclusivement dans l’intestin grêle des animaux vertébrés. Dans cedernier état, ils présentent un corps aplati et annelé, aminci vers une de leurs extrémités, laquelle est fixée dans la paroi de l’intestin, tandis que par l’autre extrémité ces vers flottent librement, dirigés d’avant en arrière dans le sens du cours des matières intestinales.

L’extrémité amincie se termine par un petit renflement ou tête munie de quatre ventouses ou fossettes musculaires contractiles, et souvent d’une trompe armée de crochets ou inerme. Le corps est composé d’articles agrégés ou segments nombreux, pourvus d’organes génitaux, mâle et femelle, d’autant plus considérables qu’ils sont plus éloignés de la tête. Les segments postérieurs, qui chez beaucoup d’espèces peuvent se séparer et vivre pendant quelque temps, à l’état de liberté, dans la cavité intestinale, sont désignés depuis les temps les plus anciens sous le nom de cucurbitins. Les naturalistes modernes ont donné aux diverses portions des cestoïdes, qui représentent autant de phases successives de développement, des dénominations nouvelles : la tête est appelée scolex , le corps slrobilc , le segment libre progïotlk (Van Beneden).

Le lien qui réunit ces phases de développement est aujourd’hui bien connu : chaque article du ver plat ou ténia est à la fois mâle et femelle. A l’époque de la génération, les ovaires se gonflent et se remplissent d’une énorme quantité d’œufs ; les articles se désagrègent, se séparent et deviennent indépendants. Entraînés par les matières fécales, ces articles ou cucurbitins se désorganisent, et les œufs qui les distendent sontainsi disséminés. Ces œufs conservent longtemps leur propriété germinative; ils résistent à l’élévation et à l’abaissement de la température, à l’action de la sécheresse et à celle de l’humidité, à celle de l’eau et même à celle de l’alcool. Si, par hasard, ils sont introduits par les aliments ou par les boissons dans la cavité digestive de l’homme ou de certains animaux, l’embryon qu’ils renferment devient libre par la dissolution des enveloppes, il perfore la muqueuse digestive, et soit directement, soit par l’intermédiaire du courant sanguin ou lymphatique, il est transporté dans un parenchyme quelconque ou dans une membrane séreuse, dans le tissu conjonctif, en un mot. Là, cette es-

pèce de larve rudimentaire devient, ou pour mieux dire engendre par voie agame , un nouvel individu engainé dans sa propre mère, lequel s’enkyste dans le sujet infecté, comme une chenille dans le cocon où elle doit se transformer en chrysalide (Van Beneden). Cette seconde larve présente une tête avec quatre suçoirs, une double couronne de crochets et un cou médiocrement long, lequel se termine par une ampoule membraneuse, immense phlyctène à parois délicates, remplie de sérosité, dans laquelle le jeune animal peut, en se contractant, s’enfermer et s’abriter. Il vit ainsi au sein de son kyste, comme un cynips dans sa noix de galle ; il est alors connu sous le nom de ver vésiculaire ou hydatique ; sous cette forme il a quelquefois la propriété de produire par gemmiparité des individus semblables à lui.

Si cette larve et sa lignée ne peuvent sortir du parenchyme dans lequel elles sont enkystées, leur évolution ne dépasse pas l’état de ver vésiculaire ou hydatique. Mais que cette larve soit introduite par les aliments ou par les boissons dans le tube digestif de l’homme ou d’un autre animal, elle s’attache (avec ses crochets et ses oscules) aux parois de la muqueuse ; bientôt elle perd son ampoule qui s’affaisse par exosmose et prend l’aspect d’un appendice aplati. L’animal devient plus transparent, allongé, rubané, et produit une multitude d’articulations successives, d’organismes particuliers, situés bout à bout et vivant d’une vie commune, quoique pourvus chacun de tous les éléments indispensables à son individualité. Cette chaîne de zoonites, qui peut être regardée comme un autre mode de reproduction, constitue l’état parfait de l’animal, celui de la reproduction.

Or ces différents états se rencontrent quelquefois chez l’homme, et partant, nous étudierons les cestodes et les désordres qu’ils occasionnent dans les deux grandes étapes de leur développement, à l’état complet et à l’état de larve. Ces parasites forment deux grandes familles qui prennent leurs noms des principaux individus qui les composent : la famille des téniadées et la famille des bothriocéphalidées.

Bibliographie générale. — Von Siebold, TJeber Band und Blciserwurmer , 1854.

— P. -J. Van Beneden, Les vers cestoïdes. Bruxelles, 1850. — Sur les vers intestinaux. Paris, 1858. — Gervais et Van Beneden, Zoologie médicale. Paris, 1859.

— G. Wagener, Entwickelung d. Cestoden. Breslau, 1854. — Knocii, TJeber die Verbreitung d. menschlichen Cestoden auf dem Continente Westeuropas [Berlin. Min. Wochenschrift , 30, 32, 1864). — Bajllet, Expér. sur V organisation et la reproduction des cestoïdes du genre tænia [Ann. des sc. naturelles , Ae série, t. X, 1858, et IList nat. des helminthes des principaux animaux domestiques. Paris, 1866). — Krabbe, Recherches helminthologiques en Danemark et en Islande. Copenhague, 1866. — Cobbold, Entozoa. London, 1869. — Megnin, Sur le développement des cestoïdes inermes ( Comptes rendus de l’Acad. des sciences , 13 mai 1872, et Journ. de Vanat . de Robin, 1872). — Ch. Davaine, Les Ces -

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toîdes ( Dict . encyclop. des sc. méd., t XIY, p. 547, 1873). — Voyez les traités de Rudolphi, Bremser, Dujardin, Küchenmeister, Davaine, Leuckart.

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