QAAf:. observe trois lots en moins d un an
grossi 300 lois. 7
à l’hôpital Saint-Antoine.
La larve du ténia inerme a été trouvée dans les muscles et les organes du bœuf, le cœur surtout ; elle offre de l’analogie avec le cysticerque ladrique, mais elle est plus petite et se distingue par une tête plus volumi-
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ueuse, inerme, avec des ventouses très-grandes. Quel([uefois très-répandue dans les muscles, cette larve peut donner lieu à des phénomènes fébriles ; elle se présente sous forme de petits nodules qui, à un examen superficiel, pourraient être pris pour des tubercules (fig. 237); elle ne paraît pas avoir été jusqu’ici observée chez l'homme.
us récemment par Saint-Cyr ont d’ailleurs montré quesi l’on fait prendre à de jeunes veaux des œufs ou des proglottides du tænia mediocanellata, il se développe dans le tissu cellulaire, dans les muscles et différents organes de ces animaux, des cvsticerques offrant, dans leur disposition céphalique, les caractères de troncature et d’absence de crochets de la tête du ténia inerme (mediocanellata). Ainsi se trouve produite l’affection parasitaire si commune chez le bœuf dans quelques contrées, principalement en Abyssinie, avec cette différence qu’au lieu d’une maladie bénigne on peut arriver à produire une maladie des plus graves et qui se termine par la mort (1). Les muscles du bœuf atteint de cette sorte de ladrerie étant ingérés par l’homme, le ver vésiculaire est alors placé dans les conditions d’accomplir sa dernière métamorphose et le cycle du ténia inerme se trouve complété.
Bibliographie. — Gotze, Eingeweidewürmer , etc., p. 269. — Bremser, Kuchenmeister, Davaine, R. Leuckart, loc. cit. — Jobert, Note sur V étiologie et la fréquence du tænia mediocanellata. Thèse de Strasbourg, 1869. — Denoyer, Le ténia épidémique en Syrie (1 iec. de méd. milit ., 1863, sér. 3, t. VII, p. 407). — Desmarest, Ibid., p. 415. — • Saint-Cyr, Expér. sur le scolex du tænia mediocanellata [Comptes rend, de VAcad. des sciences, 25 août 1873).
Tænia nana, de Siebold.
Ce ténia est de petite taille, long de 13 à 20 millimètres ; quoique irèsmince, il a une tête relativement grosse, obtuse, antérieurement pourvue d’un rostellum armé d’une couronne de crochets bifides (22 à 24)
(1) Il semble que les anciens Égyptiens aient connu la ladrerie du bœuf, ainsi qu’il ressort du passage suivant : « Ils ont opinion que les bœufs appartiennent à Epaphus, et par ce, ils en font l’épreuve en cette manière. S’ils leur trouvent un poil noir, ils les tiennent pour immondes. A faire telle épreuve est député un des prêtres qui langneie la bête, puis debout, puis couchée, le ventre dessus, afin de connaître si elle est saine et nette des marques que je dirai en autre passage [Histoires d'Hérodote, trad. de P. Saliat revue par E. Talbot. Paris, 1864, p. 130).
— Traité d’Anat. patli.
Les expériences faites par Leuckart et pl
Fig. 237. — Portion de muscle cle bœuf ayant dans son épaisseur des larves de tænia mediocanellata (d’après Leuckart).
Lancereaux.
et portée par un long cou. Les oscules de cet entozoaire sont saillants, ses articles sont beaucoup plus larges que longs, et les pores génitaux, situés du même côté, sont pourvus d’une coque épaisse, lisse et jaunâtre à travers laquelle se voient distinctement les trois paires de crochets de l’embryon.
Les migrations de cette espèce sont encore inconnues ; toutefois elle a
été observée en 1851, en Egypte, chez un jeune garçon mort de méningite, dont l’intestin renfermait un assez grand nombre de ténias nains.
Il y a lieu de parler ici d’un cestoïde décrit et figuré par MM. Grenet et Davaine, ténia un peu plus long que le précédent, et qui en diffère encore par certaines particularités de structure ; aussi a-t-il été désigné sous le nom de tænia Madagascariensis (Davaine); jusqu’ici il n’a été observé que deux fois à Mayotte (Comores), sur deux enfants âgés l’un de dixhuit mois, l’autre de deux ans.
Bibliographie. — Siebold et Biliiarz, Zeitschrift f. wissenschaftl. Zoologie , t. IV, p. 64, pi. 5, fig. 18. — Grenet et Davaine, Archives de médecine navale , 1870, XIII, p. 134.
Tænia elliptica, Batsch.
Le ténia elliptique est long de 15 à 20 centimètres, il a une tête obtuse, une trompe en massue armée de petits crochets disposés en plusieurs rangées. Les premiers articles sont très-courts, les suivants presque carrés, puis arrondis, puis elliptiques ; les derniers sont deux à trois fois aussi longs que larges. Deux pores génitaux sont opposés à chaque article, les œufs sont globuleux, à deux enveloppes.
Ce ver habite généralement l’intestin du chat, où il est très -commun. Quelques faits permettent d’établir sa présence chez l’homme, au moins •chez les jeunes enfants, où il a été rencontré par Weinland, Ivuster et Krabbe, sans doute à la suite de l’usage de la viande crue.
Bibliographie. — Weinland, loc. cit., t. I, p. 402, et t. Il, p. 862. — Cobbolr, Entozoa , p. 245. London, 1864.
Tænia flavo-punctata, Weinland.
Cet helminthe ou ténia à tache jaune a été découvert en 1842 par Palmer dans le Massachussets, où il avait été rendu par un enfant de neuf mois bien portant, sevré depuis trois mois et nourri à la manière habituelle. Ii a 20 à 30 centimètres de longueur et présente une couleur blanchâtre avec une tache jaune très-apparente sur le milieu de chaque
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article ; mais son caractère le plus remarquable est la situation de tous les orifices sexuels sur le même côté. Ses œufs sont sphériques, transparents, avec une tache jaune vers le centre. La tête et le cysticerque de ce cestoïde sont encore inconnus.
Bibliographie. — Weinlànd, An essay on the tapeworms of mon, Cambridge, 1858, p. A9.
Tænia marginata, Batsch.
Ce ténia s’observe chez le chien et le loup, en même temps que d’autres espèces dont il se distingue parla longueur et le volume des proglottis.
La larve de cet helminthe, ou cysticerque ténuieol (cysticercus tenuicollis), vit particulièrement dans la plèvre, le péritoine, le foie des ruminants et du porc, et quelquefois aussi chez l’homme, dans les mêmes par ties, où elle est connue sous la dénomination de cysticerque viscéral. Cette larve a pour caractère un cou étroit, térète et rugueux ; l’ampoule qui la renferme est ovale, peu volumineuse chez l’homme et parfois énorme chez les animaux.
Bibliographie. — Rose, Anatomy and physiology of cysticercus tenuicollis ( Médico-chirurgical Transcict ., t. XXXI, p. 215, 1848). — Küchenmeister, TJeber die Tænia e Cysticerco tenuicolli , ihren Finnenzustand und die Wanderung ihrer Brut [Moleschotf s Untersuchungen zur Naturlehre , t. I, p. 256. Frankfurt, 1856).
Tænia (cysticercus) acanthotrias, Weinlànd.
La larve seule de ce ténia ou cysticerque triarmé est aujourd’hui connue. Comme le cysticerque ladrique auquel elle ressemble, cette larve se rencontre dans les muscles et le cerveau de l’homme. Elle est caractérisée par trois sortes de crochets disposés sur trois rangs, quatorze à chaque rang; les suçoirs sont visibles à l’œil nu et le cou est articulé.
Je m’abstiendrai de parler ici du cénure (< cysticercus cœnurus ), larve provenant du tænia cœnurus du chien et qui se rencontre chez les herbivores, en particulier chez les jeunes agneaux où il engendre la maladie connue sous le nom de tournis. En effet, il y a lieu de croire que les prétendus faits de cénure observés chez l’homme ne sont que des cas d echinocoques du cerveau.
Bibliographie. — Weinlànd, An essay on the tapeworms of man. Cambridge, 1858, p. 6G.
Tænia echinococcus, de Siebold. — Echinocoques et maladie hydatique.
A. — Le ténia échinocoque est un animal presque microscopique, d’une longueur de 3 à 6 millimètres ; il a une tête armée de trente-huit crochets alternativement grands et petit s et remarquables par la forte saillie de la
garde. Il présente deux ou trois articulations dont la dernière est seule pourvue d’organes génitaux (lig. 238). Le pénis est situé sur le côté, en arrière du milieu de l’article fertile; l’ovaire est grand et sinueux, les œufs sont sphériques. Après leur séparation, les cucurbitins sont aussi volumineux que le ténia tout entier.
Cet entozoaire vit ordinairement dans le canal intestinal du chien ; il se rencontre encore chez le singe, le mouton, le chevreuil, le cheval, le chameau, le porc, et en général chez les herbivores; il a été trouvé une fois seulement chez les oiseaux; il est rare chez l’homme, mais par contre sa larve y est assez commune.
B. — Les métamorphoses subies par le ténia échinocoque sont multiples. L’œuf parvenu dans l’estomac humain est attaqué par le suc gastrique ; sa membrane extérieure est dissoute, et l’embryon, devenu libre, pénètre dans les tissus ; là, il est charrié par le liquide sanguin jusque dans un organe voisin de l’estomac, où il se transforme en une vésicule connue sous le nom d’hydatide Tænia (acéphalocvste de Laennec). Cette vésicule, géné-
pchiïinrnpciK p’rocci 99
fois (Van Beneden). ralement sphérique ou ovoïde, d’un volume qui
strobile complet mon- varie entre la grosseur d’une tête d’épingle et celle
trant un progiottis , ». , e , . c
adulte prêt à se déta- cl une tete ae fœtus a terme, renferme un liquide
cher. Le pénis fait limpide, non albumineux, ou du moins exceptionsaillie sur le coté. n . i n /,\ u j ,
nellement coagulable (1) ; elle a des parois égalés, non contractiles , constituées par une substance homogène, élastique, transparente, blanchâtre, sans libres ou cellules, ayant la consistance du blanc d’œuf coagulé, disposée par lames stratifiées, semblables entre elles et d’une épaisseur de 0mm,002, à 0mm,003. Cette membrane produit par gemmation, à sa surface interne, dans son épaisseur ou à sa surface
(1) C’est ordinairement lorsque les hydatides sont mortes que le contenu liquide du kyste, comme l’a signalé Gubler, devient albumineux.
Fig. 238.
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externe, des rejetons ou vésicules semblables, qui acquièrent plus ou moins de volume et se reproduisent à leur tour de la même manière.
Or si, dans le cas de production exogène, la vésicule reste simple, dans le cas contraire elle se remplit de vésicules filles qui, à leur tour produisant de nouvelles vésicules, donnent lieu à une tumeur kystique qui peut devenir très-volumineuse (fig. 239). 11 résulte de là qu’il y a lieu d’admettre deux formes d’hydatides, 1 hydatide simple et l’hvdatide composée. Partant de cette donnée, quelques helminthologistes ont admis aussi deux espèces d’échinocoques, l’échinocoque des bêtes de somme (echinococcus veterinorum) et l’échinocoque de l’homme ( ec/rinococcus horninis ) ; mais il est reconnu aujourd’hui que ces échinocoques sont identiques.
Fig. 239. — Utérus portant sur son tond un kyste hydatique 6, développé sur le péritoine et ouvert de façon à montrer les vésicules filles qui s’y trouvent renfermées; c, c, c, autres tumeurs du même genre, reliées entre elles par des pédicules membraneux.
Une troisième forme d’hvdatide, désignée sous le nom d 'hydatide multiloculaire, , se distingue par l’existence d’un grand nombre de vésicules peu susceptibles de s’accroître et rapprochées les unes des autres de façon à présenter à la coupe l’aspect d’une tumeur colloïde alvéolaire. Cette forme est-elle le résultat de l’immigration de toute une colonie d’embryons, ou de quelques-uns seulement qui, par leur développement, produisent une quantité considérable de vésicules? C’est là une question qui n’est pas encore décidée, mais la dernière hypothèse est celle qui parait la plus vraisemblable.
La vésicule hydatique, en se développant, donne naissance à une membrane qui la revêt intérieurement, ou membrane germinale, laquelle est formée d’un stratum fîbrillaire, infiltré de granulations élémentaires sans couches distinctes et bien différentes du tissu hydatique.
Plus ou moins apparente dans certaines régions de la vésicule, cetle membrane, lorsqu’elle fait défaut, condamne Phydatide à la stérilité, car c’est dans son épaisseur ou plutôt dans ses expansions que se développent les échinocoques. Ceux-ci naissent plusieurs ensemble et restent unis à la membrane germinale jusqu’à leur complet développement, après quoi le funicule se rompt ou se détache, et les échinocoques, libres dans la cavité de Phydatide, flottent dans le liquide qui s’y trouve contenu, sous forme de petits grains blanchâtres sphéroïdaux, analogues à des grains de sable. Vus au microscope dans ces conditions, les échinocoques sont ou libres ou adhérents au nombre de deux à vingt par un pédicule à un reste de membrane fertile, grisâtre, granuleuse,
duquel ils s’écartent en différents sens, comme les rayons d’un cercle ou d’une sphère (fig. 2â0) .
A peine visible à l’œil nu, l echinocoque, vu au microscope, présente un corps irrégulièrement ovoïde, long de 0mm,2, large de 0mm,11 environ, séparé en deux parties par un étranglement circulaire plus ou moins prononcé. La partie antérieure, c’est-à-dire la tête ou scolex,
Fig 240 — Échinocoques es* Pourvue d’un rostre et munie d’une double
fixés par un funicule sur la couronne de crochets au nombre de quarante-
m inale êe l’hjdatide (figure (lUatl'e 0U P,US et de <lmtre velltouses muscutirée de mon Atlas d'anat. laires contractiles. La partie postérieure ou
pathol.). tronc, plus large que l’antérieure, déprimée en
arrière où s’insère un funicule caduc, est formée d’une enveloppe épaisse, transparente, homogène et d’une substance amorphe qui renferme des corpuscules de carbonate calcaire arrondis ou ovoïdes. Dans le plus grand nombre des cas, la tête se voit invaginée dans la vésicule caudale, etl’échinocoque est régulièrement ovoïde; le rostre, comme un doigt de gant retourné, est en outre invaginé entre les ventouses, de telle sorte que les crochets se trouvent en arrière de celles-ci. Les échinocoques ne se rencontrent pas dans toutes les vésicules hydatiques ; ils font défaut lorsque la membrane germinale ne s’est pas développée, et comme après un certain temps cette membrane se détruit, il arrive que ces parasites disparaissent à leur tour, marquant leur passage parla persistance de leurs crochets.
Les hydatiques ne se développent ni dans les tissus épithéliaux ni dans les cavités revêtues par ces tissus, mais uniquement dans le tissu conjonctif des organes, et pour ce motif elles sont toujours renfermées dans un kyste formé à leur contact. Les kystes hydatiques peuvent siéger dans les différents organes du corps, mais on les trouve plus particulièrement dans le foie, le
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péritoine, les poumons, la rate, les reins, les muscles, le cerveau, le cœur et les os. Ordinairement contenus dans les viscères à la surface desquels ils sont plus ou moins saillants, ces kystes, lorsqu’ils viennent à se développer sous une membrane séreuse, peuvent flotter en liberté dans la cavité tapissée par cette membrane (fig. 241). Les vésicules hydatiques sont alors le plus souvent stériles, comme j’ai pu le voir dans un fait observé récemment, lorsque j’étais chargé de la clinique à l’iiôpital de la Charité (1)* L’action des kystes hydatiques est toute mécanique, ce qui ne les
Fig. 241. — A. Petite portion d’intestin grêle à laquelle adhère en A une tumeur hydatique, et en t une autre tumeur plus petite maintenue par un long pédicule ; m, mésentère. — B. Portion du gros intestin chargée d’un très-grand nombre de tumeurs hydatiques A, A, A, et de quelques autres tumeurs plus petites et portées sur des pédicules t, t', m} m, mésentère.
empêche pas dans quelques circonstances d’amener la destruction presque complète, ou la suppuration de certains organes, principalement lorsqu’ils viennent à se rompre (fig. 242). La toile fibreuse qui circonscrit
(1) Ce cas est celui d’une femme âgée de 29 ans, admise à l’hôpital de la Charité, service de la clinique, le 1er décembre 1875, pour une affection tuberculeuse des deux poumons, et de l’ascite. Le palper abdominal révèle l’existence dans la cavité péritonéale de masses d’inégal volume assez fermes, libres et disséminées; le toucher vaginal donne la
les hydatiques s’oppose parfois à leur développement, si surtout elle vient à s’incruster de sels calcaires. En pareil cas, les échinocoques succombent
ordinairement, les vésicules perdent leur liquide, se flétrissent, forment
Fig. 242. — Foie vu par sa face postéro-inférieure. Le lobe droit atrophié contient un kyste hydatique en partie vidé dans le canal cholédoque, a, a, lobe gauche hypertrophié et parsemé de nombreux abcès biliaires, conséquence d’une cholécystite ; b, canal cholédoque ouvert et rempli par des hydatides déjcà flétries ; c, membrane hydatique faisant saillie au niveau de l’ampoule de Wather; d, ouverture du kyste dans ïe canal cholédoque; x, membrane hydatique soulevée par une érigne.
une bouillie jaunâtre où domine la graisse et la cholestérine ; le kyste revient sur lui-même et n’offre plus aucun danger pour l’individu qui en est affecté : c’est la guérison spontanée.
sensation d’une tumeur volumineuse arrondie, située à la partie postérieure de l’utérus qu’elle refoule en avant. Élastique et peu résistante, cette tumeur nous semble de nature kystique ; quant aux tumeurs péritonéales, elles éveillèrent l’idée de lésions tuberculeuses ou sarcomateuses ; la pensée d’une altération parasitaire ne se présenta point à l’esprit et on négligea de provoquer le frémissement hydatique.
Cette malade succombe le 31 décembre 1875 aux progrès de la phthisie. L’autopsie révéla, indépendamment des tubercules pulmonaires, la présence de tumeurs hydatiques multiples
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On ne sait pas sûrement de quelle manière les hydatides viennent à se développer dans l’organisme humain, mais on suppose aveu beaucoup de vraisemblance que c’est par l’ingestion des œufs du ténia échinocoque. En effet, Leuckart a réussi à obtenir des échinocoques chez des porcs en leur donnant des œufs de ce ténia. Ces œufs peuvent donc être regardés, en Islande et ailleurs, comme les germes des échinocoques de l’homme et des animaux domestiques phytophages. D’un autre côté, il faut admettre que c’est principalement des hydatides du bétail que les ténias du chien tirent leur origine, ce dernier n’ayant que très-rarement l’occasion d’avaler des échinocoques de l’homme. Ivrabbe a d’ailleurs démontré que la fréquence de l’échinocoque en Islande tenait à la cohabitation des habitants de cette île avec leurs chiens et à l’absence des soins de propreté; j’ai moi-même observé, à Paris,, des faits confirmatifs de cette opinion (1).
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dans la cavité abdominale. Ces tumeurs, disséminées et pour la plupart appendues soit aux intestins, soit aux autres organes de l’abdomen, à l’aide de pédicules plus ou moins allongés, rappellent par leur ensemble les plombs d’un épervier ; c’est une véritable péritonite hydatique. Agglomérées dans le flanc droit, elles forment des masses qui font adhérer entre elles plusieurs anses intestinales; semblable disposition existe encore en d’autres points. Développées dans le tissu conjonctif sous-péritonéal, ces tumeurs, dont le volume varie depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’une noix ou d’une petite pomme, ont pour la plupart chassé le péritoine devant elles et se sont coiffées de cette membrane qui est hypérémiée. Quelques-unes sont maintenues par des pédicules très-longs, et le même pédicule supporte parfois deux kystes disposés à la suite l’un de l’autre comme les grains d’un chapelet (fîg. 241). Presque toutes ces tumeurs sont appendues à l’intestin, un petit nombre siègent dans les mésentères ou les épiploons. Le bassin est rempli par un kyste de la grosseur d’une tète de fœtus à terme, et qui se trouve situé entre le rectum et l’utérus qu’il refoule en avant et en haut; contrairement aux autres kystes, celui-ci renferme, avec des hydatides flétries, un liquide albumineux. L’utérus présentelui-même sursonfond unetumeur hydatique du volume d’un œuf de canard (fig. 239); d’autres tumeurs de même genre sont appendues au même organe par des pédicules qui ont de 7 à 8 centimètres de longueur. Le foie est, lui aussi, le siège d’un kyste bydatique volumineux. L’examende ces différents kystes nous apprend que ceux d’entre eux qui sont maintenus par de longs pédicules ne renferment pas d’échinocoqucs, en d’autres termes, leurs vésicules sont stériles.
(1) Voici un de ces faits qui prouve manifestement les inconvénients delà cohabitation avec le chien, au point de vue de la genèse des kystes hydatiques. Tandis que je faisais la
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suppléance de la chaire de clinique à Thôpital de la Charité, il entra dans mon service (24 novembre 1875) une femme âgée de 55 ans qui portait une énorme tumeur dans l’hypochondre droit. Cette tumeur élastique, fluctuante, faisant saillie sur le rebord costal, appartenait évidemment au foie qui était augmenté de volume, et comme la malade n’avait eu ni diarrhée ni dysenterie, et qu’elle ne présentait d’ailleurs aucun phénomène fébrile, je diagnostiquai un kyste hydatique, et ce diagnostic ne tarda pas à être vérifié par une ponction aspiratrice qui permit de retirer de la poche un liquide transparent non albumineux. La paroi abdominale ayant suppuré à la suite de cette ponction, il se produisit un large abcès qui fut incisé, et trois semaines plus tard, le kyste du foie s’étant ouvert dans cet abcès, il s’en échappa dans l’espace de quinze jours plusieurs centaines d’hydatides. L’état général restait bon, à la suite d’injections multipliées. Cependant la malade ne put résister à la longue suppuration d’une poche hydatique aussi considérable, elle finit par mourir d’épuisement. Désireux de connaître la cause de cette affection, j’appris à plusieurs reprises de ma malade qu’elle habitait avec ses enfants une petite chambre, et que pendant quatre années successives elle avait conservé chez elle, à la façon des Islandais, un chien terrier qui quittait peu cette chambre dans laquelle il déposait ses ordures. Or cet animal était mort depuis quelques mois seulement lorsque la malade entra dans notre service.
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