‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 37 sur 104 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ANOMALIES DE IVUTRtTIOK

Celle gi^ande classe d'altérations, dont l'rtude so place naturellement à la suite des anomalies de formation et de développement, n\i pas été sans fixer depuis longtemps rattenlion des anatomistes et des médecins, qui ont eu, du moins sur l'inllammation, des idées plus ou moins justes. Néanmoins c'est seulement depuis la fin du xvm' siècle et le commenceraenl du xix' que les lésions matérielles résultant de désordres nutritifs sont l'objet de recherches suivies, qui permettront sans doute d'arriver un jour ou f autre à en saisir le mécanisme intime. Malgré l'intérêt qu'il y aurait à faire connaître les opinions qui ont eu cours sur cette matière, notre but n'est pas de donner des détails historiques, qui trouveront leur place ailleurs. Il nous paraît beaucoup plus important pour l'étude de ces a'iéralions de dire quelques mots de la fonction de nutrition.

Echafaudage et agrégat d'éléments hislologiflues, l'organisme humain "ï^t enjeu, pour sa nutrition, trois ordres de fadeurs : des éléments pro- P'^s [cellules hépatiques, nerveuses, libres musculaires, etc.), le sang ^^ les nerfs. L'élément propre, ou cellule, est la partie qui se nourrit ; le ^^n^esl le vecteur des matériaux de nutrition; le nerf est le régulateur ^e la fonction.

La cellule, qui est autonome, emprunte au sang certains matériaux V^ elle s'assimile, et lui en rend d'autres, impropres à sa vie végétative ; ^<^sl ce qu'on nomme le mouvement d'assimilation et de désassimilation. Le sang, milieu intérieur, reçoit du dehors les matériaux destinés à l'en- ^•■f^tien de la cellule. Le système nerveux domine ces deux facteurs, pro- ""'t leur conflit et régularise la fonction. L'intégrité de chacun de ces wcfenjs, ^çjj j^j^p indispensable à l'accomplissement régulier de la nulri-

^^e si, par une cause (|uelconque, ces conditions d'intégrité fonction-

noilo se U'ouvenl modifiées, 1^ nutrition est troublée ; un désordre maU'*riel (îii résuUe, par augmentation, diminution ou perversion de la fonction. Qu'une quantité de sang plus abondante que dans les conditions ordinaires vienne à baigner les éléments cellulaires, ceux-ci augmentent de volume; ils diminuent, au contraire, s'ils reçoivent une trop faible quantité de liquide nourricier. De même, la cellule, directement irritée par un agent physique ou par une substance étrangère introduite dans le sang, s'infiltre de liquides, accumule des matériaux en plus grande abondance, et, sous cette influence, passe quelquefois de Tétat adulte à Tétat e.mbrvonnaire donnant ainsi naissance à de nouveaux éléments. T(»l est h* n)ode de formation des lésions phlegmasiques et notamment d(»s inflammations scléreuses des buveurs. L'alcool passé dans le sang irrite Icîs parties élémentaires des organes qu'il traverse tout d'abord, et produit une multiplication de jeunes éléments dont l'organisation plus ou moins complète finit par amener l'induration et le retrait de l*organe tout entier.

D'un autre cùté, certaines substances jouissant de la propriété de s'opposer à l'absorption de quelques matériaux essentiels à la nutrition, l'oxygène de» lair, par exemple, mettent obstacle à l'oxydation des tissus, et, de la sort*», jMnivent produire non plus le retour à l'état embryonnaire des éléments cellulaires, mais bien leur vieillesse anticipée. Ainsi l'alcool, Vy phosphore, l'arsenic et beaucoup d'autres substances, en diminuant lexcrélion de Tacide carbonique et de l'urée, amènent la dégénérescence graisseuse d'un grand nombre de cellules. L'action irrégulière du système nerveux sur la nutrition conduit \ des résultats peu différents de ceux (|ue nous venons de décrû'e : après la section d'un nerf, l'équilibre nutritif n'existant plus, une plus grande activité formatrice a lieu, ou inversement. V

Trois facU^urs contribuent donc à la production des anomalies de nutrition, et il importe de rechercher la part plus ou moins active que chacun d'eux y prend, et leur influence réciproque dans les différentes formes de ces anomalies. L'influence exerci'îe par le sang à l'état normal consiste dans un api)ort plus ou moins considérable de matériaux ; les désoitlres (|ui en résultent sont ou des hypertrophies ou des atrophies. Au cx)ntraire, les modificrations que subit la cellule de la part des agents extérieurs ou inlérieiu's introduits dans le sang peuvent être de deux ordres : le retour à l'état embryonnaire, un état de dégénéresœncc ou de vieilhïsse anticipée. L'influence nutritive du système nerveux, s'exerçant à la fois sur le système vasculaire (»l sur la c(»llule, a pour conséquence tantôt une hypertrophie ou une atrophie des organes auxquels il se distribue

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