Néoplasics (lu lissii ncrvcut. — Névt'omeJ
Des recherches précises ont inis hors de doute là prapriéie (juè poss** dent les nerfs de se régénérer, dans certaines condition^, après avoir elf détruits; Philipeaux et Vulpian, dont ll's expérifences t>nt largement con-
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Iribuc à melli-e celle vérité en lumière, prétendent même avoir trouvé des libres nerveuses de nouvelle formation juscjue dans une portion de nerf (ju'ils avaient transplantée six mois auparavant. Si la régénération des ganglions nerveux, annoncée par Valenlin et Waller, n*a pas été vérifiée par les recherches de Schrader et de Schiff, cependant Arnemann, Flourens, Brown-Séquard ont constaté, chez les animaux, la réapparition du mouvement des membres après une section transversale de la moelle épinière. Schiiï a vu également la réapparition de la fonction après la section de certains points de l'encéphale, et Demme aurait trouvé, une fois, dans les centres cérébraux des tubes nerveux nouvellement développés au sein d'une substance conjonctive. Vsly elles-mêmes, ces recherches portent déjà à admettre la possibilité de formations accidentelles dans le tissu nerveux; mais Tobservation a parlé sur ce point, et la réalité de ces formalions, tant dans les nerfs que dans les centres encéphaliques, est aujourd'hui incontestable. Avec Forster, nous donnerons aux unes le nom de névrome faseiculaire ^ aux autres celui de névrome médullaire.
Le nécrome fasciculaire, formation composée principalement de fibres nerveuses à simple ou à double contour, est une altération tout à fait distincte des néoplasies muqueuses ou fibreuses développées sur le trajet des nerfs, et qui, jusqu'ici, ont été désignées à tort sous le nom de névromes. C'est une formation qui n'est pas extrêmement rare, elle se rencontre fréquemment, dans les moignons, aux extrémités des nerfs coupés, el quelquefois sur le trajet des cordons ou des branches nerveuses. Sous Tonne d'un simple renflement, d'une nodosité ronde ou ovale, du volume d'une lentille, d'une noisette ou même d'une petite pomme, le névrome fasciculaire est une tumeur ferme, solide, lisse à sa surface et Irès-nellemcnt circonscrite dans quelques cas. Il est constitué hislologiquement par des tubes neigeux semblables aux tubes normaux, diversement entre* croisés et séparés les uns des autres par du tissu conjonclif plus ou moins riche en éléments cellulaires. Or, suivant qu'ils renferment des tubes nerveux à double contour, ou des fibres de llemak, les névromes fasciculaires ont été désignés par Virchow sous les noms de névromes myéli- "'îttw et de névromes amyéliniques. Le même auteur admet en outre des névromes purs, dans lesquels les élémenls nerveux prédominent; des névromes télangiectasiques où réiément vasculaire est abondant, et, d'après 'a nature du tissu interstitiel, des névromes fibreux, gliomnleux et mu- ^neux; mais ces divisions ne s'appliquent qu'à des variétés. Labhé t't '^egros ont observé des névromes caracl<'»risés par l'hypergénèse el ^'hypertrophie des corpuscules terminaux des nerfs.
U' névrome fasciculaire, suivant Forster qui a éludié le développe-
blH ASaIoMIH: fAl'lluLuGK.ll'E.
luenl an calle fomialioii, prend naissiiucu au\ dùpeus dii UssU conjonwl Les (ilires nerveuses prcvieitiieiil de ijellules lusiromies qui éalloiigeiil, s'nnasloniosetit par leurs pointes et finissent par ivurei-niei' de la moelle? nerveuse. Ce névioiue est d'urdiitaii-e unique, plus l'ai'emeul multiple. L. csl localisé tanUU à un seul, Laiil'H à plusieurs nerrs. Son évolulîuu e^ leiile, et souvent, au bout d'un certuiii temps, il cesse de s'accratlre. C une alTecliou en somme peu ^rave et ijui parait avoir un traumal pourpoint de départ habituel.
Le névronie médullaire a pour sié^e les ganglions, les centres ou les dons nerveux. Les m'tvi-nmes ^nglionnaires sont rares, du moins il n'en existe jusqu'ici que fort peu <J'e\empK>.i, Virchow avoue, dans son Traité lUt lui/ifurs, n'en counutlro que deux ijliservalions, encore n'eu esl-il qu nue rjui mérite créance. C'est un cas rapporté p^r (JUnshurj;!, où lu troisième el lu quali'iéine nerf sacre du côté paiiclic m' lenninaienl cliucun par un l'-'iillviiiiiii
lilanclifitre, pisiTorme, de 2 milli i'^
de toiifmeur, de 1 ceulituèli-e ilr Ln^n^i elde 1/3 de cenlimëlre d'épaisseur, laii* dis que ceux du cùté droit surtaîciil d'un renllemenl plus petit. Ces r«pAemenls étaiejit composés d'un fcutn^' de libres nerveuses el de tissu interstitiel, ave»! de nombreuses celluU's plate, transparentes, de O"",! à O^^ilS de dismètre. Au rapport de RiodHoisch {Tnili d'histologie pat/iologiijue, trad. fi'anc- 1"^ (jross, p. 1611), Simon, de h'ranrfortiau- Exirémiii inférieure rio rail obscrvé une tumeur de la gross* la moelle *pinifiro,ei queue de clic- d'im œuf de poule, située daii.<> l'ang''^ l'urmé par la paioi costale el la surfe"" antérieure de la colonne veilébrulc, laquelle se trouvait formée de libres nerveuses et de cellules gangtiomuiM'i de nouvelle formation. Toutefois, en raison du siège, l'idée de l'Iivp*' trophie d'un ganglion du pi-iiiid svnipalhique ne ];eiit iHi-e enlîèreotf, rejetée.
Un fait consigné dans mon Mlus d'amlomie pathologique mep"*'' iivoir plus lie valeur. Il s'ajiil il'uu liuimnc mort, à l'agi' du Irenlf '
HVPKtlPLASIES. A65
ans, d'uni' alTi'clion syphilitique de la proluh<3i'aiicc mm niai ro, h l'nulopsie du(|ut;l il fut conslalé que six des faisueauv nerveux qui conslituenl la queue de cheval présentaient, à 1 ou 2 centimètres do l'extréinité de la moelle, des renflements fusiformes grisâtres, assez semblables ' siu ganglions spinaux, ayant depuis le volume d'un grain de blé Jusqu'à la grosseur d'un noyau de prune (lig. 170). Sur une coupe microsco-
pqiie lougitudinale, on reconnut la pi-ésence de tubes nerveux disposés wns forme de faisceaux entre des amas de cellules arrondies ou ovoïdes, pginenlées, en possession d'un noyau très-volumineux. Une coupe tnosversale montra de la façon la plus nette que ces cellules étaient comprises dans des espaces formés par tes travées conjonctives ; et bien ^il fût dinicilo de leur trouver des prolongements, néanmoins elles ' Ole parurent devoir être considérées comme des cellules nerveuses
(Sg. m).
Il n'y a pas, que je sache, d'observation de névrome vrai de la moelK* Minière ; ce qu'on a décrit sous ce nom n'est qu'une hyperplasie de la né- "^lie. Quant aux formations nerveuses signalées par Virchow dans le» lumeiirs congénitales sacro-coccygiennes, elles ne peuvent être regardées <*iiiine des névroraes vrais ; elles ne sont que le système nerveux rudi- ■"eniaire d'une monstruosité (voyez p. 103). Cependant, il existe des ob- Tniléd'Anat. 1. — 30
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servations de névromes de rpimiéphalo, dont (]ud(|ues-uns sont congénitaux. Dokitansky, Virchow, firiesinger, Tunftcl, Mcschede, Mei-kel et Th. Simon ont rapporté des cas où des masses de substance ^ise existaient C9ii^i!iiitalement nu sein de la subgtancc blanche de l'em^épliitle, au voisinage des circonvolutions ou des cavités des ventricules latéraux ; mais, dans tous ces faits, il s'agit vTaisemblablemcnl, non pas d'une nêo— plasie, mais bien d'une malformation, d'une hélérolopiL' de la substancegrise chez des individus présentant des désordres cérébraux et le plus souvent épileptiqucs ou idiots.
Sous le nom de cérébrmne, llayem a rapporté un cas de tumeur ce —
Via. iVi. — Ccllulee rusiformei Éluiléei proienanl d'une tumeur développée dan! ■ubstonce blancho d'un hémisphère cérébral.
rébrale qui avait le volume d'une grosse orange, et qui occupait lenoTM' I blanc de l'hémisphère droit du cerveau. Netlemunt circonscrite el Éiiucléable, cette tumeur était creusée d'un kysle du volume d'un œuf depouK el formée presque eiclusivemani pai' de jeunes éléments nerveux en vt
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d'évolution. J'ai observé, pour mon compte, dans la substance blanche de rhémisphère cérébral gauche, deuv tumeurs voisines, composées de grosses cellules sphériques, étoiléesou fusiformes, avec prolongements rubanés, munies d'un seul ou de plusieurs noyaux ovoïdes ou arrondis entourés de granulations pigmentaires et réunies par une gangue amorphe et nne trame fibrillaire vascularisée (fig. 172). Ces deux faits poun-aicnt porter à admettre Texislencede névromes vrais de lencéphale. Cependant, il ne me semble pas absolument démontré que les éléments cellulaires observés dans mon cas soient bien réellement des cellules nerveuses ; ces éléments ne sont pas, en effet, dépounus de ressemblance avec les cellules araignées de la névroglie, lesquelles font partie du tissu conjonclif. Quant au failrapporté par Hayem, il donne lieu à des objections non moins sérieuses, et par conséquent il n'est pas possible, aujourd'hui, de considérer comme certaine l'existence d'un névrome vrai du cerveau, si l'on fait abstraction deseas d'hétérolopie ou de malformation de la substance ner^'euse, qui o'a][ipartiennent pas au groupe des néoplasies.
L*ét!oIogie du névrome est fort incertaine; le traumatisme et l'hérédité opt pa être regardés dans quelques cas comme la cause d'un certain oônilHre de néwomes fasciculaires ; quant au névrome médullaire, on peat dire que son origine nous est jusqu'à ce jour absolument incoumne.
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/»68 ANATOMiB Pathologique.
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Après une étude détaillée des lésions de nutrition ayant leur type dans le développement physiologique des tissus de l'organisme, il importe de montrer, autant que possible, les analogies et les différences que présentent ces lésions entre elles, et celles de leurs produits avec les tissus normaux. Certes, la limite entre les phlegmasies et les néoplasies est presque insensible ; on comprend donc que les auteurs soient loin de s'entendre sur ce point et que les uns fassent rentrer dans le groupe des néoplasies ce que les autres attribuent aux phlegmasies, et inversement. Cependant, malgré la grande ressemblance qui existe à leur point de départ, ces lésions offrent des différences notables à leur point d'arrivée. D'ailleurs, si nous sommes maîtres de produire, pour ainsi dire à volonté, la plupart des phlegmasies, il nous est impossible d'arriver à faire naître la moindre des néoplasies, celles-ci étant sous la dépendance de conditions éliologiques absolument inconnues.
Les phlegmasies sont des affections de tous les âges, elles s'attaquent également bien à l'enfance, à Page adulte et à la vieillesse ; les néoplasies, au contraire, s'adressent plus spécialement aux âges extrêmes, et surviennent, les unes, dans la période d'accroissement des organes, les
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autres, dans la période de déchéance organique. Les premières de ces altérations n'ont qu'une faible tendance à s'étendre au delà des parties irritées» c'est-à-dire soumises à l'influence de l'agent morbifique, et les désordres qu'elles engendrent sont ordinairement réparables. Les secondes se limitent seulement dans quelques circonstances; le plus souvent elles s'étendent d'une façon indéflnie au sein des tissus qu'elles détruisent peu à peu. Les produits phlegmasiques cessent de se développer au bout d'un ceilain temps, après quoi ils restent stationnaires si leur accroissement est complet, ou bien ils se métamorphosent et sont résorbés. Les produits néoplasiques ont pour la plupart une extension illimitée, et comme ils continuent à se développer dans leurs parties périphériques^ tandis que leurs parties centrales sont en voie de métamorphose régressive, il en résulte qu'ils donnent naissance à des ulcères d'une forme souvent particulière.
Chacun de ces groupes comprend des tissus qui ont la plus grande ressemblance avec les tissus normaux, à côté de tissus qui en diO'èrent sensiblement, comme le tubercule, le Gbrome embryonnaire, etc. Quelques-unes seulement de ces altérations peuvent infecter l'économie, ce sont les phlegmasies suppuratives et les néoplasies épithéliales atypiques ou cancéreuses, qui, dans certains cas, déterminent des désordres secondaires plus ou moins éloignés, semblables à l'altération primitive. Les phlegmasies, comme les néoplasies, aflectent plus spécialement tantôt les tissus conjonctifs, tantôt les tissus épithéliaux, et se comportent d'une façon fort différente, selon que les uns ou les autres de ces tissus sont le siège de la localisation morbide. D'une façon générale, les altérations des tissus de substance conjonctive sont moins graves que les altérations des épithéiiums, ce qui tient, d'une part, à l'importance fonctionnelle de ces derniers, d'autre part, à la difficulté ou même à Fimpossibilité de se régénérer, pour un certain nombre d'entre eux. L'inflammation des épithéiiums est souvent la mort de ces éléments, il en est de même de celle des cellules nerveuses ; au contraire, les phlegmasies des tissus conjonctifs se traduisent presque toujours par une nouvelle formation luxuriante. Dans les néoplasies, les éléments épithéliaux comme les éléments conjonctifs se multiplient sur une grande échelle, mais les premiers ont plus que les derniers de la tendance à se détruire et à infecter l'organisme, d'où l'indication d'opérer plus tôt les tumeurs épithéliales.
Les différences que nous venons de signaler entre les processus phlegmasiques et néoplasiques ne sont pas seulement anatomiques et physiologiques, elles sont encore étiologiqucs. Nous savons déjà que les causes
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des phlegmasies et des néoplasies ne sont pas identiques ; ajoutons que les causes des phlegmasies des tissus conjonctifs ne sont jamais cell^ qui produisent les phlegmasies des tissus épithéliaux, et inversement ; de telle sorte que chacun de ces tissus s'enflamme sous l'influence de causes spéciales. Ce fait étant vrai pour les phlegmasies, doit Têtre également pour les néoplasies ; aussi, peut-on supposer que les néoplasies conjonctives, déjà si diflerentes des néoplasies épithéliales, le sont encore au point de vue de leur origine. Malgré l'ignorance où nous sommes de cette origine, il nous est donc possible d'affiiiner qu'elle n'est pas identique pour ces diverses altérations.
Des considérations qui précèdent touchant les hyperplasies, il résulte qu'il y a autant de formes de tissus pathologiques qu'il existe de tissus physiologiques, et que tout tissu normal peut végéter et donner naissance à un néoplasme pathologique. Mais, contrairement aux tissus physiologiques, les tissus pathologiques, nés, pour ainsi dire accidentellement et sans but fonctionnel, ont une évolution irrégulière et déréglée. Plus ou moins complètement subordonnés à la vascularisation et à la facilité de régénération des tissus normaux, les tissus pathologiques ont enfin d'autant plus de tendance à se généraliser et à récidiver que leur puissance d'accroissement est plus faible et que leur développement est plus imparfait.