I.uodan ISaS
HYPERPLASIES. 1^25
âges serait certainement des plus utiles pour rélucidation du problème, toujours si obscur, delà genèse des néoplasies en général et des néoplasies épithéliales en particulier (l).Thiersch remarque dans son ouvrage sur le cancer épithélial que dans la lèvre des vieillards le tissu conjonctif dispamtt au point que les organes épithéliaux prédominent etque leur nutrition devient prépondérante. En vertu de cette disposition, lirrilation se manifesterait principalement par la végétation des organes épithéliaux (glandes sébacées, sudoripares, etc.) ; mais Billroth objecte avec raison à cette théorie ingénieuse que TinQuence de Tàge se fait sentir tout aussi bien sur tout le corps que sur une région déterminée, et qu'ainsi il faut admettre autre chose qu'une simple modiiication locale des tissus.
L'existence d'une prédisposition générale est donc absolument nécessaire pour expliquer la formation des tumeurs épithéliales, et cette prédisposition est forcément acquise ou héréditaire. Nous connaissons peu les conditions qui peuvent l'engendrer ; mais, quelles que soient ces conditions, il est vraisemblable, comme nous l'avons dit tout à l'heure, qu'elles résultent de la formation par l'organisme tout entier de substances anormales capables d'exercer à une certaine période de la vie une action spécifique sur les tissus épithéliaux, à peu près comme dans la goutte nous voyons les sels d'acide urique modifier les tissus fibro-cartilagineux.
L'hérédité (2) du cancer, que personne ne met en doute, tend du reste à prouver cette modification générale de l'organisme, comme elle prouve la permanence des espèces. Toutes les néoplasies épithéliales sont héréditaires et, réciproquement, transmissibles, comme le démontrent les observations de firoca et un tableau dressé par Baker, où Ion voit le cancer épithélial des téguments, chez les ascendants, se montrer chez les descendants dans des glandes diverses, la mamelle, le foie, etc. Ces néoplasies appartiennent donc à une même famille et doivent être considérées comme des qualités constitutionnelles, c'est-à-dire inhérentes à l'individu malade, puisqu'elles se transmettent avec lui ; l'individu qui en hérite n'est plus uu être physiologique normal, mais bien un être dégénéré. Un fait remarquable dans l'hérédité du cancer, et qui vient
(1) Peut-être la mamelle et l'utérus ne sont-ils si fréquemment atteints par le cancer qne parce que ces organes subissent de bonne heure les modifications de l'âge de retour.
(2) Voyez à ce sujet les intéressantes recherches consignées par Broca dans son Traité des tumeurs j t. I, p. 149; — J. Paget, Med, Times and Gaz,, Augiist 22, 1857; — J.-M. Baker, Contributions to the statistics of cancer {Med.-chir, Transact.y t XLV, p. 389, 1862) ; — le même, The inheritance of cancer^ etc. {Saint-Barthoiomew's Hosp, Rep,^ t. Il, p. 129, 1866); — Friedreich, Beitrog zur PathàLdesKrehses(Arch.fùrpath. Anat, wul Physioi.y août 1866 (transmission du cancer d'une mère à son enfant).
426 ANATOMIK PATHOLOGIQUE.
à l'appui de l'idée d'un étal constitutionnel, d'une dégénérescence, c'est la santé parfaite dont jouissent pendant de longues années la plupart des personnes qui apportent en naissant le germe de cette maladie. Les faits de ce genre ne peuvent être niés ; ils sont de pratique journalière, et se rapportent non - seulement au cancer, mais encore à beaucoup d'autres maladies, ce qui doit nous conduire à admettre des races pathologiques, les unes transmettant le cancer, les autres, d'autres manifestations locales, le tubercule par exemple.
H résulte de statistiques nombreuses (1) que les tumeurs épithéliales onl pour siège le plus habituel Tutérusiet la mamelle chez la femme, la face et les lèvres chez l'homme, enfin l'estomac, le rectum, c'est-à-dire les parties les plus exposées à l'action des agents extérieurs. Cependant il serait téméraire d'accuser le traumatisme de produire ces lésions, quand on n'est jamais parvenu à les faire naître par ce seul moyen. D'ailleurs, le nombre des individus qui voient le cancer succéder à un coup ou h une chute est relativement faible. Le traumatisme n'est doncid, comme dans les néoplasies conjonctives, qu'un agent de localisation morbide, une simple cause occasionnelle, c'est-à-dire qu'il ne peut rien sans une prédisposition spéciale, individuelle, locale et générale. Nonseulement les agents traumatiques sont impuissants à produire le cancer, mais l'inoculation ou l'injection d'un produit cancéreux sur un animal Âe même espèce ou d'espèce différente ne réussit pas à engendrer cette grave maladie.
La question de l'inoculation du cancer a depuis longtemps préoccupé les esprits. Peyrilhe, en 1773, introduisit sous la peau d'un chien environ 2 gros de matière exprimée d'une mamelle cancéreuse, mais il ne semble pas qu'il ait observé d'autre effet qu'une gangrène et qu'une ulcération locale, sans reproduction de la tumeur. Dupuytren fit avaler à des chiens des portions de tumeurs cancéreuses et pratiqua des injections de pns cancéreux dans les veines, le tout sans reproduire de cancer. Aliberl •essaya sur lui-même des inoculations cancéreuses, mais ses expériences n'eurent heureusement aucun succès ; il en fut de môme de celles deBielt, Lenoble et Fayet. La question semblait résolue, lorsque des injections de suc cancéreux, pratiquées dans les veines de plusieurs chiens, d'ahord par Langenbeck et ensuite par Lebert et Follin, donnèrent à ces auteurs une apparence de réussite, en ce sens que les animaux injectés présentèrent à l'autopsie, dans les poumons notamment, des productions qui
(1) Voyez s. Tanchou, Rech, sur le traitement méd, defttum, cancéreuses, Ptrfe, i84â, p. 258.
HYPERPLASIES. 627
ne manquaient pas d'analogie avec les tumeurs cancéreuses. Toutefois, dans le fait de Langenbeck, les noyaux des poumons offraient plus de ressemblance, d'après Virchow, avec les formes du cancer spontané, tel qu'il existe chez le chien, qu'avec les éléments du cancer humain. L'ouïmen microscopique fit reconnaître l'existence de cellules cancéreuses <lins les tumeurs pulmonaires du cas de Lebert et Follin ; mais ce dernier observateur remarque judicieusement qu'un seul fait, en pareil cas, ne prouve rien, car il se pourrait parfaitement que le chien eût été cancéreux auparavant. Quelques expériences de 0. Weber ne démontrent pas mieux k transmissibilité du cancer de l'homme aux animaux. Billroth, à son tOQTt essaya à plusieurs reprises de transporter aux animaux le sarcome Ml le cancer épithélial de l'homme, soit par injection de suc cancéreux dans les veines, soit par inoculation, et n'eut également que des résultats négatifs. Lebert et 0. Wyss n'ont pas été plus heureux avec l'injection des mes frais du carcinome, du sarcome et du cancroîde. Leur travail a servi à montrer combien, dans des observations de ce genre, il était facile de se tromper, en prenant pour des tumeurs reproduites ou greiïées des lésions dues à des phénomènes d'infection locale ou générale par des éléments agissant comme corps étrangers ou substances septiques. Goujon, dans des tentatives de greffe des tumeurs de l'homme sur des animaux, observa chez un cochon d'Inde, au point d'inoculation d'une tumeur encéphaloïde de la mamelle, une tumeur bilobée, adhérente à la peau, et qui lui parut formée de cellules épithéliales ; mais il n'y eut aucune généralisation du produit, et on peut douter que la néoplasie ait été réellement greffée. Cet expérimentateur obtint un résultat plus remarquable en greffant sur un cochon d'Inde une portion de cancer épithélial provenant d'un animal de même espèce; les meilleures conditions étaient remplies, il ne s'agissait plus de tissus ou d'éléments appartenant à des espèces différentes. A l'autopsie, on trouva une tumeur du volume d'une amande au point d'inoculation, et, dans tous les viscères, des noyaux cancéreux ; toutes ces tumeurs s'étaient développées en quinze jours. Cette expérience, dans l'hypothèse où il n'y aurait pas d'erreur sur la nature des tumeurs observées, semble démonstrative ; cependant, bien qu'un fait négatif ne puisse jamais annihiler un fait positif, je dois dire que Doutrelepont, se plaçant dans des conditions assez semblables, n'a pu parvenir à transmettre, soit par inoculation, soit par greffe, chez le cochon d'Inde, le lapin ou même le chien, un cancer épithélial spontanément développé dans la mamelle d'une chienne. Goujon pratiqua encore des inoculations de matière mélanique provenant soit de tumeurs pathologiques, soit de la choroïde, et le pigment, après avoir pénétré par infiltration
dans un ^land iiomhie di; ganglions, lui parul se jEéiiéraliser, et dovenif le point dt: dt'pait d'un iiouvtyiu dépdl do pigment. Mais tes recherches, qui peuvent rendre compte de ce que l'on observe dans cerlaios cas de méliinose de l'Iiomine (voy. fi§r. 138), ne conduisent pas k des 4^ ductions sérieuses par rapport aux tumnurs cancéreuses. Les gi-auuiatiaog pigmenta ire s ne représentent pas un élément anatomique figuré, et I<> cancer mélanique, chez l'homme, ne parait pas devoir sa malignité à h présence du pigment, mais aux éléments épithéliaux ou sarcomateui (jui sont le siège de l'inliltration pigmenlaire. D'ailleurs, Leb«rt ri 0. Wyss, ayant injecté dans le tissu sou»-cutané de la nuque de plusieurs lapins du suc provenant de tumeurs mélaniques de la peau oldes ganglions d'un cheval, trouvèrent chez l'un d'eux, sous le point d'inocDlation et dans le voisinage, des néoplasmes semblables h ceux de la tuber culose. Ces néoplasmes, dont les uns renfermaient la matière mélaniqui; de l'inoculation, tandis que les autres n'en présentaient pas de triM, étaient formés par un tissu coDJonctif proliférant, jeune; dans aucun cis l'infection ne se propagea au loin. Enfin, Ilyvert a pratiqué sans succ^ dix expériences de grefTe et d'inoculation du cancer de l'homme au la[Hii. Far conséquent, les tentatives faites dans le but de savoir si le cancer est transmissible aux animaux ont la plupart du temps échoué, et dans b quelques cas où l'on put cmire à une réussile, il est vi'aisemblablc qu'où a eu aiïaire à des néoplasmes inflammatoires ou à des tumeurs cancéntusffi spontanées, et cela d'autant plus que les chiens, sur les(|uelsles expérieufts ont été le plus sauvent prali(]uées, sont, comme on sait, très-sujets lu cancer. Quant à la transmissibilité du cancer de l'animal à un aninwidv! même espèce, elle repose sur des faits qui ne sont ni assez nombKiiK ni assez précis pour qu'elle puisse être définitivement admise (!)■
Une étude géographique du cancer envisagé dans ses rapports avec 1ï climat, le genre d'alimentation et les coutumes des difTéi-ents peuplât, serait certainement de nature il nous renseigner sur l'étiologie de c«Uf néoplasic. Malheureusement, nous possédons sur ce sujet des docuuienls fort incomplets, à peu près uniquement relatifs au cancer épilbéJiil <lt$ lèvres, et qui ne peuvent jeter qu'une faible lumière sur le problème.
Le cancer se rencontre chez la plupart des peuples qui habileiil 1^ régions du Nord ; il a été observé au Groenland, et il est assez fréqueDl
(1) 1,8 docteur Reinecke a publié dem cas de cancer alidDmtnal, Iraità» p»f U t"*' cealbte, tennini's pnr la mort, et dans lesquels an a troucc ili^s lumeum cancirrusoiw le trajet pariroiini par le Irocart. Ces tumeiin, il Ici ottrihuc i la contagtou directe, m)" il T * bien pluti^t lien de croire qus cette localiiatian a été déterminée pir k tmomi' j littne (Ànhiu f. palholos- Anal, und Pliijsiolog ,t, Ll, p. 39f, 1870).
HYPERPLASIES. U29
dans TAmérique anglaise, où on Taltribue à l'habitude de fumer (1). Son existence est depuis longtemps signalée au Kamschatka (2) ; il se rencontre en Suède, en Norwége et dans le Danemark. Au contraire, Panum (3) prétend n'en avoir vu aucun cas dans les îles Féroë. Cette altération est commune en Angleterre et en Allemagne. En France, elle existe avec un degré de fréquence variable ; il est des départements, celui des Vosges [U) par exemple, qui, sous ce rapport, sont malheureusement privilégies (5). Le cancer se trouve dans plusieurs points de la Russie, notamment à Samara (6). Certaines contrées de TAsie ne sont pas exemptes de cette affection : Day (7) et Turnell (8) signalent sa fréquence dans l'Inde. Cependant, à Calcutta, sur la côte de Malabar, le cancer serait, d'après Walshe, relativement rare, comme aussi dans les hôpitaux de Hobart-Town (Australie). On sait qu'il est commun chez les Chinois, et Mondlère (9) dit l'avoir rencontrée chez les Annamites. Peu fréquent en Turquie, le cancer est très-rare en Arabie et en Egypte (t 0); il n'existerait pas en Abyssinie, suivant le docteur H. Blanc (il). Au contraire, Berlherand (12) l'aurait observé chez les indigènes de l'Algérie. Girard et Huard (13) font mention de son extrême rareté chez les nègres du Congo et au Sénégal ; Livingstone(iZi) prétend qu'il est inconnu chez lesBechuinas. D'autre part, Landry (15) ayant rencontré le cancer chez toutes les races qui habitient le Canada, excepté chez les Indiens, on est conduit à attribuer la rareté de cette affection à l'état sauvage de certains peuples. D'ailleurs, il est établi que le cancer, parmi nous, est plus commun dans les villes que dans les campagnes (16). Cette maladie serait enfin relativement rare dans l'Amérique centrale, dans les Guyanes, au Mexique et au Pérou.
(1) Mcyer Ahrens, Vierte/jahrschrift, t. LIV, p. 121.
(2) Annales des Voyages^ t. XXV.
{3) Panum, Bibliotek for Lâger, 1847, t. I, p. 311.
(4) Michel, de Strasbourg, Arch. génér, dcméd.j 1853, t. I, p. 50i.
(5) Inutile de faire ressortir ici Timportance d'une étude géographique bien faite des maladies de notre pays.
(6) Ucke, Ueberdas Klima unddie Krankheit, der Stadt Samara, Berlin, 1863, p. 212.
(7) Day, Madras Quart, joum, of Med.j January 1862, p. 37.
(8) Turnell, ibid., July 1863, p. 182.
(9) Mondière, Bulletin et Mémoires de la Société d'anthropologie, 5 fév. 1874.
(10) Union médicale, 4 nov. 1869, p. 651.
(11) Gaz, hebdom. de méd. et de chitmvgie, 1874, p. 331. (12j Médecine et Hygiène des Arabes, p. 408, Paris 1855. (IS) Bulletin de la Soc. d'anthropologie, 1860, p. 524.
(14) Bulletin de la Soc, d'anthropologie, t. I, p. 237, 1860.
(15) Ibid., t. II, p. 16, 1861.
(16) S. Tanchou, Recherches sur le traitement médical des tumeurs cancéreuses du sein, p. 261. Paris, 1844.
/|30 ANATOKIE PATHOLOGIQUE.
En résumé, le «incer t^sl beaucouj) [ilus fréquent en Eui-opt- fl '« Asie qu'il m; l'est en Afrique ; il est commun en Amérique, exceplé choi les Indiens vivant à i'élat sauvage. De ces données, un point mk acquis : le cancer est, comme la phlbisie, une maladie des peuplu civilisés, car sa fréquence pai'alt suivre les progi'ès de la civilisation. On sait, du reste, que les animaux hiibîlués à vivre à iVlai sauvage, et que l'on vient à renfermer dans une ménagerie, deviennent assez généralement phthisiques ou cancéreux. Sous l'influfa» de la domesticité, d'un exercice musculaire insullisant, d'un air ini{iur, la nutrition générale est troublée, et la maladie se développe. En uulre, il est (ligne de remarque que les peuples chez lesquels le cancer est commun sont précisément ceux qui se nourrissent de substances tmolm (poissoAs, viandes), tandis que ceux chez qui il est rare vivent plus sp^ cialement de substances carbonées (végétaux). L'alimentation semblerait ainsi n'être pas enliêi'ement indifl'érente à la production du cancer, d'antant plus que certains vétérinaires, Leblanc (1) est de ce nombre, préteadïnl que le cancer est plus fréquent chez les carnivores que chez les hei'bivonï. Néanmoins, il nous faut reconnaître que cette dernière opinion est comhaltue, et que l'on voit des chiens n'ayant jamais mangé de viande deveilr cancéreux ; par conséquent, nous conclurons que la domesticité et lu mauvaises conditions hygiéniques qui lui sont inhérentes, plus encore quf l'alimentation, doivent contribuer & la gen^ des aiïeclions eancéreuset,
Constituées par l'hyperplasie déréglée et indélinie des éléments épilb^ liaux, les néoplasies qui nous occupent présentent autant de forai» distinctes que ces éléments eux-mêmes ; il est donc naturel de les grouper, suivant les caractèivs des épithéliums, sous trois chefs principaui' 1° les néoplasies à épilhélium pavinienteux ; 2° les néoplasies à épitlw^ lium cylindrique ; 3° les néoplasies à épîthélium sphérique ou néopbii* glandulaires.
1" Néoplasiei du lissu épithélial pavimenltitx. Éfiil/iéliomes pavimenl^- — Le tissu épithélial pavimentcux, quelquefois composé d'une seak couche de cellules polygonales (face interne de la choroïde et de firiSi conduits glnndulain'S, conduits inlerlobutaires du foie, etc.), estlo|Ji>> souvent formé de couches successives et plus ou moins épaisses de ceJloi» disposées à la surface du derme cutané cl de celui des muqueuses qui s'en rapprochent le plus, à savoir : la conjonctive oculaire, la muqueuv dos fosses nasales, celles do la cavité buccale, du pharynx, de l'œsopliif^'
[1) Bulteitn lie CAcnd. rU ihW. 18S5, di-cussion sur Iv canecr.
HYPERPLASIES. ^31
des cordes vocales, des organes urinaires et des organes génitaux de la femme. Les cellules qui reposent immédiatement sur le derme cutané ou muqueux sont relativement petites, arrondies, quelquefois allongées, ovaiaires, de 0"'',006 à 0"",015 de diamètre, avec un noyau vésiculaire de 0°'°,005 et moins ; elles sont soudées entre elles sans substance intermédiaire, et quelques-unes renferment des granulations pigmentaires. Ces cellules, en se développant, présentent des saillies ou dentelures qui s'engrènent avec les saillies des cellules voisines, comme deux brosses serrées Tune contre Tautre (M. Schuitze). Plus lard, elles se dessèchent, s'aplatissent, deviennent cornées, écailleuses, et mesurent de 0"",022 à 0,0^5"". Si ces dernières cellules, qui constituent la couche cornée de Tépiderme, n'ont aucune tendance à végéter, il n'en est pas de même de celles qui forment la couche profonde, ou réseau muqueux de Malpighi. Celles-ci sont, dans quelques circonstances, le point de départ de formations pathologiques que nous désignons sous le nom Hépithéliome pavimenteux (1).
L'épithéliome pavimenteux. Tune des formes les plus communes de la carcinose, a été spécialement étudié depuis les recherches microscopiques, et surtout depuis Tannée 1844. Cette affection, qui peut siéger partout où existent des cellules épithéliales pavimenteuses, se rencontre habituellement à la peau, au niveau du point où ce tégument se continue avec les muqueuses (lèvre inférieure, pourtour de l'orifice des narines, des paupières, de l'oreille, de l'anus et des organes génitaux des deux sexes), plus rarement sur les muqueuses, où elle affecte de préférence le col de l'utérus et l'œsophage. Elle débute par une crevasse, une fente, une excoriation indurée, une sorte de verrue, lésions en apparence insignifiante, mais qui, après un temps plus ou moins long, s'étendent en largeur plutôt qu'en profondeur, et finissent par s'indurer sur leurs bords. Par son développement ultérieur, cette végétation parvient à engendrer des saillies plus ou moins nettement limitées, ayant tantôt une apparence papillaire, la forme d'un champignon et une surface suintantes, tantôt la forme d'une induration bosselée au centre de laquelle ne tarde pas à se produire un ulcère cratériforme, laissant échapper un suc blanchâtre, mêlé ou non à des globules de pus. Cet ulcère,' plus ou moins étendu, se creuse peu à peu, reste grenu et conserve une teinte blanchâtre, ou bien il se couvtc de granulations d'un rouge sombre ou grisâtre. En gé-
(1) Cette afTectioD si reçu des noms Turt difTérents : Noli me tangere, chancre malin, ulcère chancreux, ulcère rongeur, cancer cutané, cancer faux (Ecker); épithélioma (Hannover), cancroïde (Lebert), cancer épithélial, etc.
ANITOMIE PATBOLOniQUE.
néral, il se fait remarquer par ses bords sinueux, indurés, aplalis ou reli fiés, souvent renversés comme les bords d'un chapeau (voy. Allaa tTt /iQ/Ao/., (larl.iincereaux el Lackerbauer,pi. 58, fig. 3].Tât ou tird un gonlleinent des ganglions les plusrap] delà région malade, lesquels s'indureul etséfiF sioiineiil entre eux ou même avec ia luineur primitive. Puis ta (lestruclion locale fiagiieen profondeur, aiïecte les tissus sous-jaceuls à li peau et aux muqueuses, attaque lesos,noDseulement ceux du crftiie el de la face, nuis aussi ceux des membres (fig. 15fi). et quelquefois des vaisse-aux volumineux, commcjf l'ai vu pour l'aorte, dans un cas d'êpîttiélionif de l'œsophage (fig. 155} ou encore les ncrfe. Examinée sur une coupe, cette produclkma l'aspect d'un tissu blanc, mal, grenu, honingène, l'ésislanl, mais sans élasticité. Kortenwil ex)mprimêe entre les doigts, elle laisse sourire un suc plus ou moins épais, une sorte de buuiilie blanchitlre et des cylindres ou grumea» ^eiimculaires comme le sébum épaissi d'unr glande dilatée de la peau. Vue au mieroscû|K, ct.tte bouillie est composée de grosses c«]iulo plates, de détritus moléculaires, quelquefoisdt inslauxdecholestél'ine et, enrm.deglolMioitutaires qui paraissent entourés de libres cMcenlriques (globes épidermiques).
La composition liislologique de cetl« moplasie comprend des cellules êpithéliales paiimenteuses, plus ou moins volumineuses, fl vi sttoma à larges mailles. Soudées entre t'Iloj, h cellules forment des amas oullots, plusou mni» réguliers, allongés ou arrondis. Quetqut^ petites et cylindriques, souvent un peu pigrot»ii'i d en 'i»rtia ti^os a la périphérie, elles sont disposées perpef ueiruit par un «piihfliome diculairement au stroma, et renfemieiit culanA (Coll. du D' Pcan^. . i. - -
noyau nianil'esle ; («Iles qui viennent
sont cubiques, rbumboïdales, plus volumineuses que les précédenleï/l comme elles, munies d'un noyau apparent, avec un nucléole. Les cel les plus intérieures, aplaties, fihroïdes et souvent dépouiTues de
- Parlio iiitJrieurB
BYPBnPLiSlBS. m
constituent enfiu, dans quelques cas, des couches disposées concentiîquement, à la façon des Teuilles d'une lélu de chou, autoui' d'une partie centrale incolore, homogène ou contenant àes nojaux (frltibes épidertniquea}(fTg. 156'. Le stroma, peu abondant, est conslilué par des noyaux libres, de petites cellules rondes et des vaisseaux en général peu nombreux (tissu conjonctif embryonnaire), ou par un tissu conjonctif fascicule et fibrillaire. Tel est l'épilhélioine adulte.
Dans un certain nombre de cas, au lieu de larges cellulescomées, les tumeurs à épilhclium pavîmenteux ne renferment que des cellules petites, jeunes, ayant au plus le volume de l'épilhôlium qui tapisse les canaux de l'urine. Ces cellules sont formées d'un noyau volumineux, entouré d'une faible couche de protoplasma, et analogues à celles qui forment la couche la plus inférieure du réseau de Malpighi. Soudées entre elles, sans substance intermédiaire, elles forment des traînées plus ou moins longues, et figurent des tubes cylindriques de forme acineuse ou glandulaire (épilhéliome tubulé). Le stroma conjonctif qui limite ces tubes renferme des vaisseaux peu abondants.
Ces deux formes de l'épilhéliome pavimenteux ne diffèrent en général que par l'âge des éléments. Elles peuvent, Tune et l'autre, s'étendi-e aux ganglions, et quelquefois mémo aux organes internes; mais l'épithéliome embryonnaire ou tubulé est beaucoup plus apte à se généraliser que l'épithéliome adulte. Toutefois, ce serait une erreur de croire que ce dernier est incapable de donner naissance à des tumeurs secondaires. Dans un cas de cancroïdc ulcéré de la lèvre inférieure, de la face et de la partie supérieure du cou, observé par moi, le diaphragme nintenait, près de sou centre phréuiijue, une [tetite tumeuraplatie.dudiamètre d'une pièce de un franc, composée de cellules épithéliales pour la plupart cornées et de globes épidermiques.
A cûté de ces formes purement analomiques nous placerons quelques variétés à la fois cliniques et anatomo-pattiologiques ; ce sont : l'épitbé- L*J(CïiiE*Uï. — Trail* d'Anal. I. — 28
lernc deux m>u«i é|iith£lialM a (lonl l'une est traversée par nerf récurrent aminci eldlërè n' (Atlas iF anal, pal h.).
UiU ANATOHIE PATHOLOGIQUB.
liome cicatrisanl ou atrophiijue. le choléastomit ou êpithéliome pek^] le mélanome ou épithél iome mélanique. L'épilhéliome cicatrisanl occu Imbituellement la peau de la face des vieillards et, comme la plupart, «ti nêoplasips des personnes Agées, il se fail reman|uer par un ac^roîssA
F[G. iiÇ — Dei<m microicapique d'un épitli^Uome. a, matsc ApUtiélUle en (onntdi cjlindrei ou de tubes b glabusépithéliaux; c, (rame conjonctive. Groisissrmenl, 190,
ment lent et une régression rapide de ses éléments cellulaii'es à 1*quelle succède une sorte de cicatrice centrale. Celte disposition, quisc retrouve dans l'épithéliome glandulaire, est pour ainsi dire caractêmliq» du cancer; elle est la consik(ueuce de la dégénérescence plus compIMeiJH cellules épithéliales au centre de la tumeur.
Le ckoUatlome se présente ù la coupe sous la forme d'une tumeur enkystée ou lobulée, sèche, d'un blanc brillant ou miroitant ; il est «mil'tué par des cellules très-délicates, aplaties, incolores, de forme roudeu» polygonale, ordinairement dépourvues de noyaux, placées rôle ii côlt d'une manière très -régulière, et auxquelles s'ajoutent quelqui-foli d'^ cristaux de cholestérine. Un examen attentif de cette altération condiiil à reconnaître qu'elle doit ses principaux caractères aUK éléments ê|)ili(^ miques, qui restent stationnaires par suite de leur transfurmatiuu en pilules cornées. Entre les amas perlés, plus ou moins complètement srpir^ les uns des autres, existe un tissu conjonctif dense, peu ou pas voscuItlK'
Vépilhé liome mélanit/tte, beaucoup moins rare qu'on ne le croit génô* lement parce qu'on le confond avec le librome mélanique, a pour pnÎDl de départ tantôt la couche de cellules épithéliales qui constiliie 1^
nmRPL^siEs. hK
l'ésena de Malpighi, tantôt ] "épithslium pigmentti de )a face intermi du système irido-clioroîdien. A In peau, celle altération prend généralement naissance au niveati des calus, des verrues, ou des nuevî vasculain's, el s'observe surtout à la plante des pieds, au scrotum, k la Tace et nus paupières. Elle se présente sous la forme de tumeurs qui ont la consislaQc<' de répitliéliome ordinaire, et (|ui habituellement se ramollissent et s'ulcèrent avant d'avoir acquis un volume considémliJe {lig. 157), flf teinli'
FiG. 157. — Ëpithéliame mëlonique de la région itiulaîre propagt' aux ganglions lymphaliquM ïoiiint. L'olJ»er*ttlion do ce Tait, iiiii m't'st [«rionnelle, su trouve rapportée dans la thèse du docleur Heiirtaux. Le dessin 3 Été prii par le docteur Péao.
brune ou sépia, ces tumeurs sont composées de cellules épithéliales, les unes nucléées, les autres sans noyaux et rendues tout à fait ojuques par des granulations pifi^enlaires semblables au pigment qui nifitlre les cellules du raseau de Malpighi. Quelquefois même, par suite de la destruction des cellules, les granulations sont libres au sein de la tumeur, et leur inégale ré|iarltliou dans dilTéronls points donne à celle-ci un »spect diversement coloré et marbré. Cette altération, qui commence par des tubercules saillants, durs et colorés en brun, ne tarde pas ii gagner les ganglions lymphatiques et les organes internes. (Cependant, dans un cas qui m'est personnel, l'infection dépassait il peine les glandes lymphatiques de la région, après une durée de six années (fig, 157',
/|36 ANiTOMIE PATHOLOGIOUE.
Los tumeurs mélaniques épithéliales de l'œil sont inlra-oculaires, elles oui pour point de départ les couches épithéliales de la choroïde ; par conln-, les lumeui-s pi^rmenlécs qui naissent sur la Tace exieme de cet ar(i;aue sont des ijbrunies embryonnaires (saioomesj. Stlué dans la profondeur de l'œil, l'épithéliome mélanique [carcinome mélaiiîque des auleursj forme des saillies plus ou moins volumineuses, qui ont pour résultat àr décoller la rétine el de comprimer le corps vitré, laissant la cboroïdcu peu près intacte, h part le point d'implantation de la tumeur. Quand elle remplit la cavité oculaire, cette tumeur fait disparaître la rétine par atrophie, repousse le cristallin vers la cornée, amincit et perfore lasclfrolique, et fait à l'extérieur une saillie eu forme de champignon, souroe d'hémorrhagies fréquentes; ou bien elle se propage par le nerfopliiiDr, du côté de la dure-mère et de la cavité crânienne (Robin). En somme, mlaines tumeurs mélaniques de la choroïde, que plusieurs auteurs font provenir du tissu conjonctif et considèrent comme des, sarcomes (libruuin embryonnaires), sont envisagées avec raison par Ch. Itobin commed» formations épithéliales. Elle sont composées, suivant ce professeur, de cellules juxtaposées, bipyramidales, possédant un ou deux noyaux ovoiiK clairs, non gi'enus, avec un ou deux nucléoles brillants, et disposéet tt forme de papilles.
Quelle que soit leur origine, les épithéliomes mélaniques ont It phi grande tendance à se généraliser. Ceux qui aJl'ectont la peau s'étendot tout d'abord aux glandes lymphatiques de la région, avant d'cnvahirla autres organes (tig. 157). lieux de l'œil aiïectent indifTéremmeal k
rapprochées
foie, les reins, les poumons,.le cœur, les vaisseaux, les glaudes lin|^ tiques, le tube digestif, les ovaires, etc. Chaque tumeur secondaiic f sentelescaractères de la lumcurprimitive,c'est-ii-dii'e qu'elle est consliul par des cellules épîibélinles. semblables à celles qui forment cette dwuii"
tumeur im^laniquc cic la jambe; li, cellules épiihéliale* pi^
; 17, porlioti (l'un lobule du foie dont les celluJeslMfWj iItiiIb sont inUlIrées de granulations pigDWDivret.
HYPERPLASIES. 637
Quelquelois, cependant, les métastases de ces tumeurs sont uniquement composées de granulations pigmentaires déposées dans les éléments normaux des organes, comme le montre la figure 158. Sur cette figure on voit ose petite tumeur cutanée (c) de la région antérieure de la jambe, formée de cellules épithéliales (6), et, à aUé, une portion de lobule hépatique (a) dont les cellules propres sont infiltrées de granules pigmentaires dans tout le pourtour de la veine centrale. Des granulations semblables se rencontrent encoredans les cellules hépatiques sur plusieurs points de la circonférence 4es lobules (voy. Atlas d'anat, path., par Lancereaux et Lackerbauer, pi. 9, fig. 3, 5' et 3"). Ranvier a communiqué un fait de ce genre à la Société wkrographique^ et pour mon compte j'en ai observé deux autres. II est bien évident, d'après ces faits, que certaines tumeurs mélaniques secondaires ne sont pas dues à un déplacement de cellules, mais simplement à la fixation de granulations pigmentaii^s dans des éléments histologiques normaux. D'ailleurs, dans un cas observé en commun avec notre ami Dubrueil, il nous a été possible de constater la présence de ces granulations dans les vaisseaux lymphatiques de la jambe d un homme qui portait une tumeur mélanique au pied. Ces tumeurs, toutefois, ne sont pas pomr cela le simple effet d'un transport ; il est plus vraisemblable que les granulations déplacées, comme celles que l'on injecte, à l'état frais, sous la peau des animaux (1), sont susceptibles d'augmenter de quantité, de bçon à former des taches, sinon des tumeurs plus ou moins étendues. Le mode suivant lequel se produit le pigment pathologique n'a pas man- <pé d'occuper l'esprit des observateurs, mais il importerait avant tout, si l'on ▼eut s'en faire une idée juste, d'être préalablement fixé sur le phénomène physiologique, c'est-à-dire sur l'origine du pigment des cellules qui composent le réseau muqueux de Malpighi, et des cellules choroïdiennes. Cepignaent est-il une élaboration spéciale des cellules? Provient-il du sang? Les observations depuis longtemps faites sur les chevaux paraissent indiquer <iue,dans la mélanose conjonctive au moins, il ne s'agit pas d'un phénomène purement local, puisque ce sont presque toujours des chevaux blancs et pis chez lesquels se développe cette affection. Cependant il est difficile de tirer pour l'homme des conclusions de ce fait, car, dans nos climats, ce sont
(t) Goujon a trouiré qu'au bout d'un ou deux mois la quantité de matière noire , ûuolobie dans l'acide sulfurique, peut être supérieure de dix fois au moins à ceUe ^lùaété injectée. Tout d'abord, une ou plusieurs tumeurs mélaniques se produisent ^ niveau du point injecté, et ensuite les ganglions lymphatiques voisins, puis ceux ^i lont éloignés, augmentent de volume et montrent des granules pigmentaires libres ^ coQtenos dans des cellules épithéliales. Comptes rend, et mém, de ta Soc, de biologie^ juin 1867, et Gaz, des ftop,, 25 juillet 1867.
aS8 ASATOMiB PATHOioaiotra. m
les personnes hrunes qui paraissent le plus souvent atteintes tic cancer'1 mélanique, bien que cette alTeclion ait été fort peu observée chex le négre-J puisqu'il n'en existe jusqu'ici, à notre connaissance, qu'un seul cas aOM tlientique. Eisfttt ayant remarqué chez les individus atteint de mélanosdfl l'existence d'une urine noire, ou tout au moins brunissant ù l'air, ou p^l l'addition d'acides, Ifoppe-Seiler a montré que cette urine était tri^-ricfan en indican, mais qu'elle présentait simplement la propriété de noircir M , un plus haut degré que l'urine ordinaire; eu d'autres termes, qu'^li^ ne contLiiait pas de matièn; colorante spéciliquu. U n'est donc pas prdlfl babie, d'après cela, que la coloration do l'urine ait une cunnexioS^ réelle avoc la formation des tumeurs niélaniques; et, du reste, i'identilA de la matière colorante de l'urine et de la matière colorante de l'épilhéllome raélanique n'a pas été constatée. D'un autre cfllé, comme il est it règle de voircelépilliéliome prendre naissanceau niveau et \Taisenib]abl«) ment aux dépens d'éléments renfermant de la mélanine, il y a lieu d croire <|ue la formation de cette substance est, dans ces cas au moini j la propriété de ces cellules,
Aupoiiitduvuederhérédité, les tumeurs mélaniquesne dilTèrentpasdi toutes les autres tumeurs épithéliales. Il en est de même en ce qui o les conditions d'Age, car elles sont spéciales àl'&geadulteet ù Iavieillesse«|
Évolution. — L'évolution de répilhéliome comprend plusieurs points : le mode d'apparition, l'accroissement et les modîQcalions ultérieures. Il natt en général dans la couche profonde du corps muqueux de Malpighi : le cul-de-sac ou enfoncement interpapillaire s'agrandit et produit des renflements en massue, qui s'avancent dans la profondeur, et pénètrent dans le derme par l'apposition de nouvelles cellules épithéliales fonnées par la segmentation des cellules anciennes. En même temps que les éléments du tissu épithélial se multiplient, le tissu cunjonciif du voisinage passe à l'état embryonnaire, bourgeonne à son tour, de telle sorte qu'il- . se produit entre ces tissus de nouvelle formation une pénétration réc proque, semblable à celle que l'on observe p<;ndant le cours du dévâlo| pemunt embryonnaire. Ainsi se constituent des tlots de cellules épilhélialet circonscrits par des travées conjonctives, et se forme, non pas un si tissu, mais une sorte d'organe complexe ayant son point de départ dai une anomalie de nutrition de l'épilhêlium. D'autres fois, les masses é théliales naissent aux dépens des follicules pileux ; le poil tombe, la mei branc limitante du follicule disparaît et le tissu voisin dermo-papillai eslenvahi.Ijeslubesglandulaires sont, dans certains cas, lepoîntdedépi ; ils s'allongent, s'élargissent et se défonnent vers 1<
HYPERPLASIES. /i39
extrémités borgnes, qui deviennent bosselées ; la membrane limitante disparaît, et, par suite d*un bourgeonnement simultané du tissu conjonctif, il se produit des Ilots épithéliaux.
L*épithéliome s'accroît aux dépens de sa propre masse, et sans doute aussi par la fonnation d'Ilots nouveaux à sa périphérie. Ces îlots ne sont-ils que Teffetdu bourgeonnement épithélial qui s'étend?Sont-ils produits aux dépens d'un tissu conjonctif embryonnaire de nouvelle formation, qui, au contictdesépithéliums, se transformerait en tissu épithélial par une sorte d'action de présence, comme il arrive dans une cicatrice? La chose est difficile à préciser ; on sait seulement qu'il existe toujours du tissu embryonnaire au pourtour des îlots d'épithélium ; on sait encore que les muscles et les os, avant d'être envahis par des éléments épithéliaux, présentent des modifications assez semblables à celles qui caractérisent l'inflammation, savoir, un état congestif et la formation d'un tissu embryonnaire au sein duquel apparaissent les îlots de cellules épithéliales.
L'accroissement progressif de l'épithéliome pavimenteux est l'une des principales causes de sa destruction, car de cet accroissement résultent des troubles de circulation et de nutrition dans les parties centrales, qui sont les plus anciennes. Ces parties subissent peu à peu la dégénérescence graisseuse, se transforment en une sorte de bouillie athéromateuse qui, déversée à la surface de la tumeur, fait place à un ulcère plus ou moins profond et étendu; dans certains cas, elles peuvent être résorbées et laisser à leur suite un tissu conjonctif scléreux assez semblable au tissu de cicatrice. D'autres fois c'est une transformation muqueuse qui intéresse la trame, les vaisseaux ou les cellules. La transformation du stroma en un liquide riche en mucine, renfermant des granulations et des débris de cellules, produit l'épithéliome kystique de quelques auteurs. La dégénérescence muqueuse des vaisseaux est caractérisée par un épaississement de la paroi, qui est presque entièrement celluleuse et entourée d'une gaîne formée de tissu muqueux à cellules étoilées. Envahies par celte même altération, les cellules épithéliales deviennent claires, ou présentent de fines granulations, puis perdent leur noyau et se détruisent : c'est l'épithéliome muqueux, dont Fôrster fait une forme spéciale, mais à tort^ puisqu'il s'agit d'une altération secondaire. Cette modification, désignée sous le nom de cylindrome (1) par quelques auteurs allemands qui avaient cru voir là une altération spéciale, se présente sous la forme de masses, cylindriques, fortement réfringentes, gélatini formes, occupant de préfé-
(1) Nous ferons remarquer qu'on a encore appelé de ce même nom des tumeurs qui ne sont que des angiomes dont les vaisseaux ont subi une transformation colloïde particulière (voy. p. â9â}.
U8 AS\TOMIE PATHOLOGIQUE. ^^^^^^^VTl
les persoDDes brunes qui |>araissent le plus souvent atteintes de cancer mélanique, bien que celle affection ait été fort peu observée chez le nègre, puisqu'il n'en existe jusqu'ici, ii notre connaissance, qu'un seul cas authentique. Eiselt ayant l'eraarquc chez les individus atteint de mélanose l'existence d'une urine noire, ou tout au moins brunissant fk l'air, ou par raddilion d'acides, Hoppe-Seikn- a montré que cette urine était très-ricfae en inUicim, mais qu'elle présentait siinpleitient la propriété de noircir ii un plus haut degré que l'urine oMinaire; en d'autres termes, qu'elle ne contenait pas de matière colorante spécifique. Il n'esl donc pas probable, d'après cela, que la coloration de l'urine ait une c^nueiiou réelle avec la formation des tumeurs mélaniques ; et, du reste, l'idenliK de la matière colorante de l'urine et de la matière colorante de l'ùpithiliome mélanique n'a pas été constatée. D'un autre ci^té, comme il est de règle de voircetépithéliome prendre naissance auni veau et vraisemblablement aux dépens d'élémenls renfermant de la mélanine, il y alieudr croire que la formation de cette substanc« est, dans ces cas au moins, la propriété de ces cellules.
Au point de vue de l'hérédité, les tumeurs mélaniques ne diffèrent pasd'' toutes les autres tumeurs épi thélialcs. llenestdcmémeencequiconctftM' les conditions d'âge, car elles sont spéciales à l'âge adulte et à la vieilles».
Evolution. — L'évolution de l'épilhéliome comprend plusieurs poinli ; le mode d'ap|tarition, l'accroissement et les modiCcatious ultérieures. Il ' naît en général dans la couche profonde du corps muqueux de Malpi^- i le cul-dc-sac ou enfoncement interpapillaire s'agrandit et produit (b i-enllempnts en massue, (|ui s'avancent dans la profondeur, et ptïnètreiil dans le derme par l'apposition de nouvelles cellules épithéliales fonnes par la segmentation des cellules anciennes. En même temps que le éléments du tissu éptthélial se multiplient, le tissu conjonctif du voisÎM^ passe k l'état embryonnaire, bourgeonne à son tour, de telle sorte qu'il se produit entre ces tissus de nouvelle formation une pénétration réciproque, semblable à celle que l'on observe pendant le cours du dé>'da|ipemenl embryonnaire. Ainsi se constituent des îlots de cellules épitliÉllab. circonscrits par des travées conjonctives, et se forme, non pas un simp^' tissu, mais une sorte d'organe complexe ayant son point de départ ilu" une anomalie de nutrition de l'épithélium. D'autres fois, les masses fpi- Ihéliales naissent aux dépens des follicules pileux ; le poil tombe, \aaeo' brune limitante du follicule dispai'att et le tissu voisin dermo-papillii" est envahi. Les tubes glandulaires sont, dans certains cas, le point de d^p"' de ce processus; ilss'allon|.'enl, s'élargissent et se dêrormeni vers k^
HYPERPLASIES. /i39
extrémités borgnes, qui deviennent bosselées ; la membrane limitante disparaît, et, par suite d'un bourgeonnement simultané du tissu conjonctif, il se produit des tlots épithéiiaux.
L'épithéliome s'accroît aux dépens de sa propre masse, et sans doute aussi par la formation d'Ilots nouveaux k sa périphérie. Ces îlots ne sont-ils queTelTetdu bourgeonnement épithélial qui s'étend?Sont-ils produits aux dépens d'un tissu conjonctif embryormaire de nouvelle formation, qui, au contact des épithéliums, se transformerait en tissu épithélial par une sorte d'action de présence, comme il arrive dans une cicatrice ? La chose est difficile à préciser ; on sait seulement qu'il existe toujours du tissu embryonnaire au pourtour des tlots d'épithélium ; on sait encore que les muscles et les os, avant d'être envahis par des éléments épithéiiaux, présentent des modifications assez semblables à celles qui caractérisent l'inflammation, savoir, un état congestif et la formation d'un tissu embryonnaire au sein duquel apparaissent les tlots de cellules épithéliales.
L'accroissement progressif de l'épithéliome pavimenteux est l'une des principales causes de sa destruction, car de cet accroissement résultent des troubles de circulation et de nutrition dans les parties centrales, ([ui sont les plus anciennes. Ces parties subissent peu à peu la dégénérescence graisseuse, se transforment en une sorte de bouillie athéromaleuse qui, déversée à la surface de la tumeur, fait place à un ulcère plus ou moins profond et étendu ; dans certains cas, elles peuvent être résorbées et laisser à leur suite un tissu conjonctif scléreux assez semblable au tissu de cicatrice. D'autres fois c'est une transformation muqueuse (pli intéresse la trame, les vaisseaux ou les cellules. La transformation du stromaen un liquide riche en mucine, renfermant des granulations et des débris de cellules, produit l'épithéliome kystique de quelques auteurs. La dégénérescence muqueuse des vaisseaux est caractérisée par un épaississenicnt de la paroi, qui est presque entièrement celluleuse et entourée d'une gaine fonfnée de tissu muqueux à cellules étoilécs. Envahies par cette niême altération, les cellules épithéliales deviennent claires, ou présentent de fines granulations, puis perdent leur noyau et se détruisent : c'est 'épilhéliome muqueux, dont Forster fait une forme spéciale, mais à tort, puisqu'il s'agit d'une altération secondaire. Celte modification, désignée souslenom de cylindrome (1) par quelques auteurs allemands qui avaient ^ voir là une altération spéciale, se présente sous la forme de masses cylindriques, fortement réfringentes, gélatiniformes, occupant de préfé-
(1) Nou8 ferons remarquer qu'on a encore appelé de ce même nom des tumeurs qui ^ sont que des angiomes dont les vaisseaux ont subi une transformation colloïde parti- ^^re (voy. p. 494).
lionslP
ftflO AN\TOMIE PATHOLOOmUB.
rence ia l'égion de la face, disséminées au sein d'un tissu fîbreuiL et mon (ranl à leur ceiilre, df. distance en dislance, des corps n-friiigents, ovoïdes unis les uns aux autres par des prolongements enkystés. Ch. Itubîn fui rentrer les productions atteintes de celle dégénérescence dans les tumeur qu'il appelle hétéi'adéniques, tandis qu'un de ses élèves, Ordonez, considén les corps ovifornies comme des sporanges contenant quelquefois des spores de champignon, et voit dans cette altération une affection parasitaire.
Diagnostic et pronostic. — Le diagnostic de l'épi ihéliome pavîmenlem est généralement facile, excepté ii son début quand il revêt la forme de papilles, de tubercules ou de squames. La dillicultàest toutefois de |ieu dedurée, car bientôt survientunulcèrcdont les bo^s indurés et relrousiés laissent peu de place au doute ; du reste, le volume et la forme des celluja. épithéliales, la présence de globes épidermiques, ne permettent pi méconnaître cette tumeur. A la vérité, les adénomes des glandes acined pourraient quelquefois donner lieu à une erreur; mais ces afTeclîonsli produisent chez des personnes jeunes, mal menstruées, principalenienl à l'époque de la puberté, et, contrairement aus épilhéliomes, elles n'oni aucune tendance à l'ulcération. En outre, les parois propres des coiiiluil» glandulaires, persistantes dans les adénomes, n'existent pas dans te ascroïde. L'épitliéliome embryonnaire ou tubulé ne sera pas coufonbi avec le librome embryonnaire, dont les éléments, i-éunis par une subsU intermédiaire, ne sont pas compris dans un stroma alvéolaire.
L'épithéliome pavimenteux qui, au fur et à mesure de i ment, détruit les tissus qu'il envahit, est une altération des plusgru cependant, en raison de la lenteur de son évolution et de son peu de I dance i^ produire des métastases, du moins au delà des glandes lyiQ|| t iqucs régiouali's, il doit être regardé comme l'altération la moins n table du groupe des cancers. S'il est arrivé quelquefois de voir la g suivre la ilestruction complète de cette lésion, il faut reconnaître quelff souvent dans le courant de l'année qui suit l'ablation, la cicatrice dei le siège d'une tumeur analogue à l'ancienne. Toutes choses égales leurs, le pronostic est d'autant plus grave que les éléments qui coastili la tumeur ont moins de tendance à passer à l'état corné, et que oeU occupe une région plus vasculaire et surtout plus riche en vaisseauxlj phatiques. L'épithéliome du nez et des joues progresse avec lenU comme souvent aussi celui du tronc. L'épithéliome des lèvres < marche plus envahissante; celui des paupières est beaucoup I grave. Le cancroTde de la langue et de la bouche, celui du miluaQ tanche, sont peut-être les plus sérieux par leur tendance k s'élemln*
HYPERPLASIES. 461
détruire les parties qu'ils envahissent. Ainsi la topographie de celte aiïeclion importe non-seulement à son diagnostic, mais encore à son pronostic.
Ètiologie et pathogénie. — Le cancroïde appartient à la seconde moitié delà vie; il a sa plus grande fréquence entre quarante et soixante ans; mais si Ton tient compte de la diminution progressive de la population, on reconnaît que l'aptitude à contracter cette aiïection, loin de s'aiïaiblir a?6c l'âge, a de la tendance à augmenter. Le sexe ne parait pas sans tofluence sur le siège de prédilection de cette néoplasie : le museau de Unche est, chez la femme, l'organe particulièrement vulnérable; la lèvre inférieure est, chez Thomme, la partie généralement affectée. Or, si Ton tient compte des conditions spéciales de ces organes, on arrive à reconnaître que ces déterminations locales sont sous la dépendance trèsvraisemblable de causes occasionnelles, comme l'action de fumer la pipe chez l'homme, la fatigue et la malpropreté des organes génitaux chez la femme. Du reste, on a depuis longtemps remarqué que le cancer épithéliai est surtout une affection des classes pauvres, et qu'il est relativement commun chez les habitants des campagnes et chez les personnes ^ui négligent les soins de propreté. L'hérédité, dont l'influence est incontestable, montre bien la parenté existant entre les différentes affections épithéliales, car les ascendants des individus atteints de cancroîdes sont quelquefois porteurs des cancers dit squinheux et encéphaloïde.
BiBUOGRApniE. — Éplthéllome pavloientcvx •Impie. — Cruveilhier, BulL dilaSoc anat , année 1828, 2* édit., p. 1Z»1 et 192. — Gluge, Recherches mi- ^ntcopiques sur le fluide contenu dans les cancers encéphaloides(Compt, rend. Acad. ^ic., 1837, p. 20). — EcKER, Ueber den Bau der unter den Namen Lippenkrebs ^'ttmmengef. Geschw. der Lippe {Archivf. physiol. Heilkundc, 18Zi6). — Lebert, ^kltiolpathoL PsLris,iS!x6.(Traitédesmalad, cancéreuses) Paris, 1851.— Mayok, htherehes sur les tumeurs épidermiques et leurs relations avec V affection cancéreuse. Thèse de Paris, 1846. — MicnoN, Du cancer cutmé. Thèse de concours, Paris, 1848. — ViRCHOw, Archiv fur pathologisch, Anatom, und PhysioL, t. 111 {Gaz. «W., 1855, p. 208). — Ch. Robin, Gazette des hôpitaux, 1852. Mèm. sur le tissu ^étéradénique. Paris, 1856, et Gaz. hebd., 1856 — Hannoyer, Das Epithelioma; Leipiig, 1852, et Archiv. de méd. , 1 852, t. II, 6ZiO. — Broca, Mémoires de VAca- ^^ de médecine, t. XVII, 1852; Sur la nature du cancroide épithélial Paris, 1860. — Vkrneuil, Observât, pour servir à V histoire des tumeurs de la peau. {Archiv. génér. de méd., niai, août, décembre 1854). — Rokitansky, Lehrbuch ^rpatholog. Anat. Wien, 1855. — Dupuy, Du cancroide. Thèse de Paris, 1855. — Rammsteot, De carcinomate epithel. Halle, 1856. — Denucé, Gaz. ^^'i 1858, 342. — Heurtaux, Du cancroide en général. Thèse de Paris, 1860. ^(^uoeau dictionnaire de méd. et lie chirurg. pratiques, article Cancer. — Follin,
liU2 ANATOHIB FATHOtOGIQUE.
Traita Hèmentdire de pathologir ccterne, l. I, 1861. — L*nceheaux, Dfiir valions de canner épUhèlial <ie l'n-sophag», mec perforation de la trackévd'ns ntf cas, et déchirure de l'aorte dans l'avtre [BtUl. de ta Soc. nnat., 1861, p. 296), — Camille Lebunc, Destumean épithilinla ehez les animaux dùmestiques. Paris, 1863. — Otto Weber, Sur le d^cloppemtnt du cancer ipithëlial doits let oiyantt internes {Archiv f. p'tth. Ami. und Physiol., t. XXIX, p. 163, 186Ù). - Sur la production des tumeurs ipilhàliales dam les nf.rfs (Journul de fanal, et. la physiol. de l'homme et des animaux, 186'i). — Cohmi. el Ranvieh. d'histologie pntliol. l'ui'is, 1H69. — CARLTriii^niiLH, lier EpitheliaUtrebu, uamentlidi der Haut, aveu allas. Leipzig, 1865. — Fiehsteh, Handbwh derpaihot, Anatamit. Leipzig, 1865. — RiNnFLEisrD, Lehrbuch der patholog. Gewebelehre. Leipitg, 1866. — Ohtwnez, Note sur i/uelques tumeurs appelées héUradéniqua (Ga;, mid., 650, 1866). — Rëudnd, Quelques eonsidéralions nu sujet du eaneer épUhilial it cancroide. Thèse de Strasbourg, 1B66. — DEyoNCHv, Définition et elassifea^ de l'ipitMliome pavimetiteua:. ^llhse de Paris, 1867. — A. Boettoieii, rfinr Struetwr und Enttoiekel. der als. Schlauckknorpel-Qeschwulst, Cylitutnima etc. ithannten Xeultildung [Arehùi f.piith. Anat. und Physiolog., I. XXXVllI, p. M).
— K. KoESTER, Cancroid mil hyalitier Degeneration [Cylindroma de Sillrath) (Arcàit f. patholog. AtuU. und Fhysiolog., t. XL, p. fi68, 1867). — Mafer, Zur CaniitbJ der Gesekutulsibildungeninsliesonderedes Cyliiidroms {Archii! d. Bcilkunde, 1866, p. 1Û5). — BiLLBOTH, Veber Adenom und epithelial Krebs [Archiv f. kliii. Chirurgie, VU, 860). Path. chir. géii., Irad. rrançaise. Paris, 1868. — pACism- CHEH, Beitrûge zur Gesehwûlstlehre (Archiv f. path. Annl. und Phyml., t. XV>, p. ii90), — GussENBAUEB, Archiv fur klin. Chirurgie, vol. XIV, p. 561, el fin» de Hayem, t. I, p. 569. ^ Vaïda, De la production du cancer épithtiial eldili régénération de l'épithitiumengénéml {Centralblatt, 6 juin 1873).
Ëpithéllomc mClaniqne. — Lecat, Traité de ta couleur de la jieau humoii». Paris. — Laennec, Journ. de méd., par Corvisarl, l, IX, p. 3G0 ; Bull, 't'a Soc. de l'École de méd., \.H06; Traité de fauscuU. méd.,l. Il, 1819. — Bnzsdin, Consid. fur une mat- org. appelée dtgén. noire. Paris, 1821 . — Lobsths, OUde milanose (Répert. gin. d'anat. et de physiol., (. Vil, p. bS, 1829). —Cu- ÏEII.BIER, Amd.pathol., liv.XfX, p. 111, flg. 1, 2, 3 ; liv. -\X-\1I, p. 3 el ù.- Broca, Comptes rend, el Mém. de la Soc. de biologie, 1838, — Frbcusjos, IW Times, novembre 1855; Arch. gén. méd., 1855, t. Il, p, "36. — Pembmw'i On melauosis. LondoQ, 1858. — Eisklt, Ueber Pigmentkrcbs (Prager Vùrlijahrschr.ji. LXXett. LXXVl, p. 26, 1862). — Lancebeauï el Dlbbueii., ('«mi*' rend, et Mém. de la Société de biologie, t. Il, sér. 3, p. lui, année 1860.— H. Meissneh, Sohmidl't Jahresb., l. CXXVI. p. 88, el t. CXLII, p. 97. — B.if- GER et WoBTiNGTON, Mélanomes. Paris, 1866. — Goujon, Inoculiibilitt det tUm*' pigmontaires ou mélaniques {Gaz. des hùpitaux, 1867, p. 33). — Dhegslek, tJ^ such.d. Piîrbsto/f. dnesmelanot. Leberkrebses{Prager Vierleljahrschr.jUUiJl^^'^^' p. 9), — CoHNiL et Hanvieh, ilfan. d'anat, patholog., t. I, p. 328. Pni», iMS-
— LANCEBEAcxet Lackerbaueii, Atlas d'anatomie pathologique. Paris, 1671, p'^^
nVPERPLASIES. HllZ
et pi. 9. — Ch. Robin, Des colorai, noire ^ hématiqtie et mélainiqne des tisstis morbides {Jotirn. de Vanat,, 1872, p. 79). — Le môme, article MRlanosk du Dic^ioMM. ncyel.y sér. 2, t. VI. Yoy. plus haut Fibrome fuso^ellulaire mélanique^ p. 369.
2* Néftplasies du tissu épithélial njiindn'qve, — Épithéliomes cylindriques, -LVpilhélium cylindrique, seconde variété du tissu épithélial, tapisse d'une manière continue le tube digestif depuis le cardia jusqu'au niveau de l'anus, les canaux excréteurs des glandes qui s'ouvrent dans les intestins, les canaux pancréatique et cholédoque, la cavité utérine, les conduits iDanQniaii*es, etc. Il forme» à la surface interne de ces différentes parties une couche simple de cellules minces, verticales, soudées les unes aux autres, d'un diamètre égal dans toute leur étendue, ou plus larges à leur extrémité libre. Ces cellules sont munies de novaux arrondis, à bords nets, pourvus d'un nucléole ; leur corps est généralement trouble et granuleux. Sur quelques points du canal digestif de l'homme et des mammifi^res, les cellules épithéliales cylindriques offrent à leur extrémiti^ libre un plateau traversé par des canalicules; sur d'autres points, les TOes respiratoires, cette même extrémité est couverte de cils flottants. Adaptés à des fonctions spéciales, les épithéliums cylindriques canalicules, et surtout les cellules à cils vibratiles, paraissent moins aptes à végéter que les épithéliums cylindriques simples, qui, dans un certain nombre de cas, sont la cause de tumeurs entraînant des désordres sérieux dans l'organisme Les néoplasies épithéliales cylindriques affectent toutes les membranes muqueuses à épithélium cylindrique simple ou stratifié, mais elles se localisent de préférence dans le canal digestif, au niveau des parties rétrécies ou bienaux points de transition de revêtements épithéliaux différents, comme au col de l'utérus, au pylore, etc. Il cx)nvient de rattacher à ces néoplasies certains cas de cancer du foie et du sein qui ont pour point de départ les épithéliums des conduits biliaires et des canaux galactophores.
Ces formations se présentent à la surface des muqueuses, sous l'apparence de saillies arrondies nummulaires, fungiformes, érodées à leur centre elquelquefois formées en grande partie de villosités (fig. 159). Le plus souvent elles infiltrent les tissus normaux ; par exception, elles sont entourées d'une toile fine conjonctive, comme il m'est arrivé de l'observer pour un épilhéliome utérin avec métastase dans l'un des tibias. L'épilhéliome cylindrique, d'une consistance variable, le plus souvent molle, présente une Icinte blanchâtre, grisâtre ou rouge sombre. II donne à la pression un suc Manc, laiteux, abondant, composé de cellules épithéliales cylindriques, soudées par leurs bords latéraux, et dont les bords libres sont situés sur une "ïénae ligne limitée par un double contour. Vus de profil, ces épithéliums
&iï4
ANATOMIB FATBOLOGlQtrS.
peuvent ofTrir l'apparence d éléments rusiformes, el dana certains cas p senlenuiediiatalionvésiculeuse, disposition importante â connaître poi
diagnostic. An boni d'un temps plus ou moins Ion?, suivant son siège, 1'^
Fjc. 139 — rorliuLi pjlonque Le Toie était le si ;e de '
' I eslomsc présentant unf^ tumeur épilh liak cvlinilriquc. iicura m Ualallques histulogiqufltncnl seiuliloblei.
théliomec>hndriqueclianf.e de phjsionomief il se ramuilil et kndàs'nl' cérer; sa suiface sou^GUl Mlleuse presentt peu h peu une dépression centrale a fond bianchiUre et mollasse riclie en suc laiteux "ies bonis sont plus ou moins fermes et largei suivant I étendue de 1 altiratim.
Examine au microscope api es durcisbemenl, 1 epilheliome cylindrique présente, à un faible grossisstjment, des amas de cellules épilhélîal'i contenues dans des alvéoles plus ou moins larges, formés de iravee conjonctives parcourues par des vaisseaux. Ces alvéoles, dont la fornif varie suivant que la coupe est parallèle, perpendiculaire ou obliquo par rapport à leur plus grand diamètre, sont tapissés d'une couche d'épilhélium cylindrique perpendiculairement implanté, sans l'iulffposition d'une membrane propre hyaline, glandulaire, et n'était ai^ dernière circonstance, les caractères de l'èpithéliome cylindritjue « différeraient pour ainsi dire pas de ceux des glandes intestinales [Hg. IHl Les villosités et les papilles voisines de cette formation sont généfilemeiit hypertrophiées, et, dans un certain nombre de cas, àvs appendices papillaires tapissés d'une couche épithéliale cylindrique donnent ii la partie la plus superllcielle de la tumeur l'aspect d'uue mtin-
UVPEDPLAStES. khà
bnne bourgeoDnanle. Gommuiie fi la surrace de l'estomac où je l'ai observé? un grand nonihre de fois, celte allmtion était autrefois confonduc, à cause du suc laiteux qui s'en ét'happe, avec le carcinome médullaire. I.e stroma qui maiutient les éléments épitiiéliaux est pvu nbondaut ; le plus souvent /f em linon naire, il renferme dos nisseaux peu Dombrcux cl plus ou moins développés.
La prèdomiDance de l'un des éléincnts constitutifs de l'épithé- Fie- 160- — Coupe microKopiquo d'un é|iîtli*ta» crli.dri,pe produit aalan. 'l:Z:TiS''SSUf^itl, de ranélês de celte tumeur; l'é- Aiins (fiianiomit patM'-yiiiue). tat fibreux ou embryonuaiit; du stroma, la rfilalalion des vaisseaux et les héinurrhat'ics qui
msontlasuiteservent ^^.^
a établir qup|qu(^ au \ns variilf. dt lami me alleratiou
LesepithéliomcïC\ bndnques ne re^pcc teBtaucuii tissu I om me les épitheliomis pavimenteux lU eu vahissent peu a p^u ceux qui les appro cbeul le plus. Leurs éléments suiveut, au niveau des muscles et iji-a nerfs, les interstices conjonctifs; dans les os, les canaux el ^ les aréoles ; dans le fm. lui foie, le tissu inlerlobulatre(fig. 161). Plus tard, par la compression qu'ils délerraiuent, les cancers à épithéliums cylindriques atrophient
Coupe micrascopiqus d'un épitliéliomB cjlindrique eecondsiie du roic. e b e. ËpiLhéJiuuis eylindriquei dispoiésen [uriie de lubea (laiidutain;! ; i; cellules hépatique! de la circonrireiH'Bd'uii lobule aplaliu el eomfrimtea. k cAIé, eiisle un lubd cjtindriquc isolé tu à un (croislueuieut plus rarl (AOO dmmètiesj. {Aliai tfnHol. paOïot.)
S fibi-cs muscu-
Ml6 AMTOMIE PATHOLOGIQUE.
laires et nerveuses, les cellules propi-es du foie, elc Ces productions ai se comportent pas JilTéremmenl par rapport aux vaisseaux ; elles periorenl les veines et même les artères, après une résistance plus ou moins prolongée de leurs tuniques, d'où résultent des liémorriuigies inquiêlanle» ou même mortelles. Cette marche envahissante, dont le chirurgien doit s** pénétrer, mérite aussi d'être connue du médecin souvent appelé ii soignée ce ^eiire d'altération. Au bout d'un temps plus ou moins long, le^ glandes lymphatiques en connesion avec la région affeclêe se lumé6eiil, s'indurent et deviennent le siège de productions épithéliaies identique» avec celles de la tumeur primitive. I.'épithéliome cylindrique se gênéralisr dans les organes beaucoup plus souvent (]ue le cancroïde. Cette géuc- 1-alisatiun, fréquente dans le fuie, à la suite des lésions épithéliaies de l'estomac, de l'intestin ou même de l'utérus, déhule dans le système es canaux lymphatiques. Elle s'observe dans d'autres viscères, el je l'ai i-enconlré jusque dans les os. Inutile d'ajouter que les tumeurs secondaires ont toujours lu même composition que l'altération primitive.
Évolution. — Les épilhéliomes cylindriques des muqueuses et des glandes intestinales débutent par le gonHemeul et la dilatation des tubes glandulaires qui, peu à peu, s'enfoncent plus profondément dans \f derme. La surface des cavités glandulaires se met bientiït à bourgeonner; il s'élève tout d'abord, du fond des tubes, des excroissances acumlnéeiaii renflées, uniquement formées de cellules épithéliaies, el plus tard despr pilles richement arborisées se dévelop|>ent dans toutes les directilii Su même temps, lu surface libre de la muqueuse participe au pmcea morbide, se couvre de papilles plusoumoinsexubêranles, de tellcsfl que la tumeur, après avoir revêtu la forme d'une plaque, se prêst4 comme une excroissance fongueuse.
De même que le cancroïde, les épilhéliomes cylindriques sont cxpOl à subir des métamorphoses diverses et principalement les dégéliM cences graisseuse et colloïde. Ces dégénérescences, qui afTectenl l'élén épithélial de préférence à la trame conjonctive, consistenl, la premi dans une inliltralion de granules graisseux ; la seconde, dans In Iransl niatîon des cellules épithéliaies en vésicules transparentes qui s chent de la paroi des tubes pour tomber dans leur cavité. Ces f( sont exposées à s'enflammer, ou même à se gangi^ner; par cofl quent, il y a lieu de se demander si, à l'exemple des épilhéliomes k peau, elles peuvent quelquefois guérir spontanément. C'est à quoi •« fait n'a encore répondu.
Diagnostic et pronostic. — L'épilhiUiome cylindrique a de pranJ*
hyperplâsies. hkl
analogies de structure avec radénome, dont il se distingue principalement {AT sa marche envahissante. L adénome, en eiïet, le plus souvent enkysté, croit avec lenteur, ne dépasse pas les limites du tissu ou des organes qui lui ont donné naissance, et ne détermine aucune affection ganglionnaire ou métastatique ; en outre, il diffère histologiquement de 1 epithéliome par rintégrité de la paroi du cul-de-sac glandulaire et du tissu qui constitue sa trame, laquelle ne s'infiltre pas de cellules.
Lepithéliome à cellules cylindriques est une affection grave à cause de son peu de tendance à la guérison. de Tinfection et de la cachexie qu'il détermine. Sa gmvité, proportionnelle à la richesse lymphatique de l'organe affecté, est eu raison inverse du développement auquel parviennent ses éléments constituants ; c'est-à-dire que plus ces éléments sont développés, moins cette altération a de tendance à se généraliser et à récidiver.
Cette affection survient généralement entre quarante et soixante ans; plus tard elle est moins commune, sans doute à cause de la décroissance de la population. Sa cause nous échappe, car les irritations mécaniques ou chimiques auxquelles on a voulu rattacher la production de cette néoplasie ne sont que des conditions adjuvantes. L'influence héréditaire est établie par quelques faits ; mais elle ne peut rendre compte du plus grand nombre.
BifiuoGRAPOiE. — Reinuardt, Aimalm des Berliner Charité, 1851, p. 98, — BiDDER, Mûller's Archiv, 1852, Hft 2, p. 78. — Virchow, Gaz. médicflfc de Paris, 1855, 7 avril. — Fôrster, Archiv f, pathoL Anat. u, Phyiio&ig., t. XIV, p. 91, et Handb, der path. Anat. — E. Wagner, Archiv f, phymlog, Heilkundc, 1858, 306, et Gaz. méd., 1860, 208. — Friedreicii, Gaz. wed., 1860, 247. — Gawriloff, Wurzburger medic, Zeilung, 1863, t. IV. — CûRNiL, Mém. de l'Acad, de méd., t. XXVII. Paris, 1866. — Lancereaux et UoLEKBAUER, Atlas d^anatomîe pathologique. Paris, 1871, pi. U et 9.
3* Néoplasies du tissu glandulaire. Epithéliomes glandulaires. — I^s glandes sont constituées par des cellules épithéliales ou glandulaires qui tapissent une membrane transparente, mince, sans structure (membrane propre), et par un stroma conjonctivo-vasculaire qui remplit les espaces compris entre ces éléments, en même temps qu'il sert à leur nutrition par les sucs qu'il chan*ie et qu'il entretient la sécrétion. Les cellules épithéliales glandulaires sont les éléments essentiels, elles ont des formes vaïiibles, le plus souvent cubiques, sphériques ou arrondies, contrairement *Qx cellules qui tapissent les conduits excréteurs et qui sont, en général, cylindriques ou aplaties comme les épithéliums du tégument auquel aboutissent ces conduits ; de là sans doute, la différence dans la fonction.
hta ANATOMtB PATBOLOGIOITB.
i^omme aussi dans l'altération de ces diverses parties d'un mèitie organe, iicscellules glandulaires renfermenlqu^lquefois des granulnlions de malière coloninle jaune ou brune, jamais de granulalians de mélanine ; aussi ne sont- elles jamais aiïeclées de mélanose. Elles ont de^ dimensions variables : tandis que les cellules des follicuies gasltiques mesurent de W"',0'2 à 0"'",Cl29, et celles du foie à peu près autant, les cellules qui tapissent les capsules de l'ovaire ont seulement de O^^.OOfi à 0"°',009 de diamètre ; les noyaux de ces éléments ont de 0"'°,«Ofi à 0°"",009.
Comme la plupart des organes, les glandes se niodilient quelquefois momentanément lorsque leur fonction est rendue plus active, et en général au fur et à mesui'e de leur développement. Les cellules épitbéliales de certaines glandes paraissent appelées à se détruire, celles de la mamelle par exemple dans le cours de la lactation ; c'est un point de r8|>prochement avec les cellules épitbéliales du tégument. Dans d'autres glandes, ce fait est fort contestable : les cellules du foie et des reins soni des éléments il peu près permanents. Cbez les personnes âgées, Jesépilbéliums glandulaires, ceux de la mamelle notamment, s'altèrent et disfuraissent, tandis que la charpente lîbreuse persiste et s'épaissit; semblable évolution appartient à lu plupart des néoplasmes cancéreux. GcnKiw sont, par conséquent, pas sans analogie avec les organes glandulaires: mais ils en diiïfèrent par un développement et une destruction afiif».
Tous les organes glandulaires ont de la tendance à végéter ut à pruduire des néoplasies. Citons tout d'abord les glandes acioeuses de la peau et particuliêi'emenL les mamelles, puis les glandi^s du tube di^lif, surtout les glandes de l'estomac, enfin les glandes parenchvmaleuses, commi! les testicules, les reins, le foie et les ovaires. Lesié^ i de la végétation étant la partie sécrétoii-c de la glande, c'est-i-dîn^ l'acinus, on s'explique comment un même organe glandulaire peutCtnr le point de départ de deux formes dislincles de cancer, quand il renferiuf romme le foie des épitbéliums d'espèce dilférente.
Par cela même, on cemprend que les épitbéliums des glandes niiuil pas identiques, les éléments qui entrent dans la composition <!>< cancer glandulaire ne sont pas toujours semblables. Ce Oiuicer, A'aW- . lem's, composé tout à la fois d'éléments épitbéliaux et d'un slroma ci»jonctif, présente, suivant la prédominance de l'une ou de l'autre de (f* parties, des dilTérences qui ont été considérées comme aulaut &' variétés.
Les tumeurs épitfiéliales glandulaires atypiques sont ordinairemenl fermes, du moins à leur début, solidement tixéos au tissu envahi, la"''" lobulées, tantôt tubéreuses ou bosselées. Leur surface de section, i^
HYI>Elil-L.\âIES. m
teinl<! rouKP pAk-, laisse ôcliapptT, I<j1's(|u'uii lu cDMiptitiii.' <ju (|u passi! le dus du sculpcl, une iHiuiUiu |iIlis ou inoius épuis&t.', [i-uuble, laciBitatile. (lelto bouillÎL-, ou :iuc cottm'eux, regardée à tort par cerlaiiis auteurs comme caractérisliquc du caiiœr, est composite de cellules de brmus et de dimi disions viiriubies, mesurant, eu diaiuèlre, depuis O'^-OIO jusqu'à U'^iUSU et même plus. Ct^s cellules soûl, les unes sphéi-iques, les autres poK^onales, avec des angles plus ou moius aigus; quelques- Dtic5 reprèseulent un fuseau ou une raqiidlle, c'nstrà-dire qu'elles oui les deux exlréniilés exilées ou une extrémité cililéo et une autre reuflée ; ru somme, eltus n'ont aucuiie forme spéciale, bien qu'elles soient souvent tphà-iques au début de la uéoplasie, de tellesurleque t'est surtout par leur volume que ces éléments {leuveul être reconnus. Ce sont de grosses cellules qui renferment uu ou plusieurs noyaux ovalaires ou sphériques, ordiuairement très-volumineux, lesquels contiennent tanltlt un seul, laulôt plusieurs gros nucléoles d'apparence vésiculeuse. ISur une coupe iniuie, nprès Um'clsEoment dans l'alcoul ou dai).-.
Pic. IG3. ~ Lou|>« miorotcopiqiui d'un ipiihiliame glandulaire (evelnome) (cnéralîiA. Du Inclus conjonclift eireonwrfycnt des slvéoUi de dimemîMi viriublos, renlerniaia d« ceUuIes polygaiwle* munies d'un gros «ojau spliérique. Gros ti tu ment, 80.
l'acide thromique, on constate que ces cellules forment des amas circonscrits par des Imctus eoujonctifs entrecroisés de façon à constituer tlw espaces ou alvéoles d'une étendue plus ou moins cousidéiable, com- LA>CUU». — TtaJli d'Anal. '■ — ^^
a50 ATi'aTOMIB PATHOLUi;lQnE.
muiii(|iiaiil le» dus avuc lus imires comme s'il s'agissait iluii lihsu cavenicux (fig. 162). Lu Tonne gêiiémle de ces alvéoles, urdiiiairemeitl ronde ou ovoïde, semble suboi-doiiiiée, en parité du moins, à la cumposition spéciale de l'organe où sié^e la tuincnr. Les alvéoles d'une tumeur carcinomateuse secondaire développée dans un tissu à couctiiv^ denses et parallèles comme le lissu libreus sont en t^fTei ovoïdes et allongés parallèlement ii la direction dos couclies de fibres, tandis qu'ils sont bien plutôt spbériques daiiscerluins organes mous, comme le foie, Le stroma coiijonctif est formé de fibrilles et de nombreuses cellules fuii' formes, il renferme les vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux, dont lesdiraeusions sont relativement considérables, donnent lieu à un réseau r(>gulieren rapport avec la disposition des alvéoles, ils sont plusoumoinsabondauts, et d'une structure peu diiïérenle do celte des vaisseaux normaux. Soavent ils sont dilatés et flexueux, et toujours ils communiquent avec les «i»seaux voisins de la région et le système général de la circulation. Leur oblitération, qui n'est pas rare, a pour ciïet la production d'un foyerdc l'amollissement au pourtour duquel s'établit un réseau vasculatre collitéi-al, aussi épais et serre qu'autourd'un abcès. Schm^er van derKoUi constaté, comme nous le savons, la présence de vaisseaux lymphatiques dans les tumeurs carcinomaleuses ; Krause est parvenu à injecter ces Til^ seau.'ï qui accompagnent les vaisseaux sanguins dans l'épaisseur dcf cloisons du stroma, où, suivant Itiudlleisch, ils formeraient autour ik ces derniers des gaines analogues à celles des vaisseaux des ceolM nerveux. L'innervation des carcinomes n'est nullement connue, inù il est vraisemblable que ces produits pathologiques renferment, du niDlat dans quelques cas, des filets nerveux.
Cette description s'applique aux tumeurs de date récente ; les lunMun plus anciennes sont le siège de mélumorpbuses diverses qui en modifie*! plus ou moins la physionomie. Lne modiiication des plus candi' ristiques est le ralatinement central delà nodosité carciuoniuleuw, ^ semble produire une sorte de tissu de cicatrice, mais qui n'est en PCiBf que te ni'sultut de l'altération et de la résorption d'un certain uomïo des éléments cellulaires des alvéoles, ainsi qu'il arrive pour les ^UsM normales dans leur période de déchéance organique. Dne modifiaM non moins importante est l'ulcératirm qui résulte tout a la fuis de l'nllP ration granulo-graisseuse des cellules et du stroma de la tumeur, diil l'inflammation consécutive des parties tégumeutaires voisines. Le l>^ ment perforé, la masse végétante s'engage dans l'ouverture, s'*irt4 il l'extérieur et se gangrène en partie, d'où la formation d'un dIcM infundibuliforme, sêcrétonl un liquide iciioreux, nauséabond, cl »)'^
HYPERPLASIES. /i31
des bords indurés pfus oa moins élevés au-dessus du niveau de la peau. Dans les organes glandulaires internes la végétation se porte plus spécialement du côté des veines, et souvent elle obstrue les vaisseaux du foie et des reins.
L*épitbéliome glandulaire présente dos variétés nombreuses, déterminées les unes par la prédominance des éléments épithéliaux ou du stromaconjonctîf^ les autres par une influence purement topique. Les premières de ces variétés sont depuis longtemps connues sous les noms de carcinome encéphaloîde, squirrheux et colloïde; les secondes, trop négligées, méritent toute notre attention.
Êpithéliome glandulaire mou [cancer médullaire ou encéphaloîde), — Hésultat de la prédominencedes cellules sur la trame fibreuse, cette variété de Tépithéliome glandulaire présente une grande mollesse et une teinte blanche ou grisâtre qui donne au tissu morbide Tapparence de la substance cérébrale, d'où sa dénomination. Elle revêt, dans le principe, la forme de masses difl'uses qui ne tardent pas à prendre un accroissement considérable, à se répandre endin*érents points de l'organisme, à gagner la peau et à s'ulcérer, si elles se trouvent situées au voisinage de ce tégument. Incisées, ces masses présentent fréquenmient dans leur épaisseur des points ou des taches hémorrhagiques ; elles s'afl'aissent comme une bouillie un peu molle, et lorsqu'elles sont plus fermes, elles donnent lieu, sous l'influence de la pression, au suintement d'un suc abondant. Elles sont composées par un stroma très-mince et en même temps trèsvasculaire, qui circonscrit de larges alvéoles comblés par des cellules Volumineuses, prismatiques, sphériques ou polyédri(|ues. Disposées san.* ordre ot irrégulièrement implantées aux parois des alvéoles, ces cellules ^^ détachent facilement, car elles sont simplement soudées entre elles. Le l^slicule, l'estomac, le foie, les reins, sont le siège habituel de celle Wme d'altération (jui, en raison sans doute de l'abondance du suc Qu'elle renferme et de sa riche vascularité, a la plus grande tendance à in- ^"^1er l'organisme. C'est à elle que se rapporte le carcinome miliaire ^'Vu» qui se dissémine rapidement sur de grandes surfaces, envahit les ^ï'ganes internes, les membranes séreuses, et produit un mouvement ^^brile et des phénomènes typhoïdes.
Le carcinome hématode ou (élangieriasique (fongus hémalode) est, datis 'espèce, une sous- variété qui a pour caraclère principal une fonnalion exagérée des vaisseaux capillaires, leur dilatation totale ou partielle» Les lumeurs qui s'y rapportent, ordinairement volumineuses, d'une teinte y^sàtre ou rotlgeAtre, d'une (!onsislance molle, laissent échapper en
452 ANaToMIE t»ATHOL()GlOlJÉ.
abondance, à la coupe, un suc mclé de sang ou même du sang pur. Leur mollesse est telle, dans quelques cas, qu'il suffit de les toucher pour les réduire en un magma rougeàtre, analogue h du résiné ; c'est que leur trame est presque uniquement constituée par des vaisseaux qui présentent des dilatations fusiformes ou monilifonnes, de petits anévrysmes pariétaux, sphériques ou piriformes, dont la rupture facile donne lieu à des hémorrhagies dans l'épaisseur ou à la circonférence de la tumeur. Dans le foie, où cette forme d'altération n'est pas extrêmement rare, il m est arrivé de voir des héinorrhagies abondantes se produire au sein des masses carcinomaleuses, les rompre et faire irruption dans la cavité péritonéale. Développées dans le tissu osseux, ces mêmes tumeurs donnent lieu à des souffles qui peuvent faire croire à de vrais anévrysmes ; mais il faut reconnaître que fréquemment on a pris pour du cancer ce qui n'était qu'un (ibrome embryonnaire.
Epithéliome glandulaire dur ou squin*he. — Cette variété, qui a donné lieu à la dénomination de cancer, à cause de l'analogie grossière de ses prolongements rayonnes avec les pattes d'un crabe, se fait remarquer par la prédominance de la trame fibreuse. Elle aiïecte le sein et l'estomac de préférence à tout autre organe, revêt la forme de plaques dures, résistantes, ligneuses, et se dissémine par masses circonscrites qui, à la peau, se rétractent, s'atrophient, et finissent quelquefois par des ulcères à base indurée. Ces plaques, qui ne sont jamais limitées par une capsule fibreuse, se tranchent difficilement et crient sous le couteau. Leur surface de section, lisse, mate, grisâtre ou rosée, a l'apparence d'une cicatrice fibreuse; elle laisse échapper, sous l'influence de la pression, une faible quantité d'un suc blanc, laiteux, miscible avec Teau. Lestractusconjonctifs qui enti*entdans la composition de cette forme d'alléralion, généralement épais, peu vasculaires eu apparence, contiennent un fin réseau de capillaires ; ils laissent entre eux des espaces longs ou ovalaires, renfermant, à la périphérie, des cellules pâles, analogues à des éléments lymphatiques, et dans leur profondeur, des cellules plus volumineuses, munies d'un gros noyau, disposées sans ordre et faciles à isoler. Tout à fait au centre de la tumeur, on ne trouve souvent que des faisceaux de tissu conjonctif, entrecroisés et accompagnés d'un grand nombre de fibres élastiques. Donc, au fur et à mesure que cette altération s'étend |)ar sa circonférence, les éléments cellulaires se désagrègent à son centre, où se produit une sorte de cicatrice. On y distingue ainsi quatre zones qui correspondent à autant de stades du processus cancéreux : ce sont les zones du développemenl, de l'apogée, de la métamorphose régressive et de la
DYPtRPLAâlES. â33
cicatrisation. Maigre cette disposidon en apparence favurnlile, le squirrhe n'en est pas moins une alTcctIon envahissante et progressive qui ne peut dn rangée, connue le voudraient certains auteurs, dans la classe des processus phlegmasiqnes. La présence d'un stroina épais et libreux avec alvéoles comblés par des cellules ordinairement volumineuses, voilà le earaclère qui dislingue le squirrhe et le différencie des productions simplement lihreuses. I> diagnostic n'est pas toutefois sans diflicultés lorsque les éléments cellulaires sont, pour la plupart, étouiïés par la trame conjonctive ; en pareil cas, le cancer se reconnaît par son ratatinement spécial et par la pré>-enre liahituelle dans son voisinage de nodules indurés et incomplètement altérés.
Le squirrhe survient en général à un Age avancé, son développement est lenl, et sa gi-avité d'autant moindre qu'il détermine un ratatinement pins rapide des parties envahies. Il se propage aux vaisseaux lymphatiques, infecle les ganglions et se l'épand fréquemment dans les organes, Dotaniment dans les verlèhivs ; mais cette généralisation, comme les récidives qui suivent son ablation, n'est pas constante, et lorsqu'elle survient elle est ordinairement tardive, ce qui fait de cette variété une forme clinique relativement bénigne.
Epil/iéliome j
colloïde. — Cette forme d'altération se rap-
FlG.163.- tpilhi
inflUréi» desubfUncicolluïde ; /> h, il ii avec disparition dei cellules è[>ilhélinlct
prorhe des variétés précédentes par sa structure alvéolaii-e, mais elle s'en éloigne par le contenu gtHalineux de ses alvéoles, résultant d'une mo-
ANATOMIE PATHOLOlilÇUK.
(lilicalion il6séli'monlsépithéli.iux. Elle siège oi-dinnii-emonl dans le lîssu coiijoncUf sous-niuqueus et sous-séreus de l'eslomac. de l'œsophage ou du reclum, plus rarement dans le l'oie, les ovaires et les reins. Les tumeurs qu'elle dâlermine sont lantût étalées et dliïusos (estomac), Uinliit circonsoriles el multiples, disséminées a. la surface des membranes séreuses ou dans la iirofondeur des organes (tumeurs secondaires). Les plaques diffuses foui paralli'e les organes comme iufilirés par une maliens semi-fluide, transparente, gélaliniforme on muqueuse, dont la coniposi^ liun I liimique est jusqti ici indéterminée Lts nodosités cirronsciiteh, ou tumeurs, donl /e ^oIume ^.tlle depuis la grosM'ur dune lentille jtisqu a <p|]eduii marron ou d une pomme, diil une leinte grisillre, une nonhguralion irregulièro, lxi»s^ie«, une consislani^ un pfu moJk, ]na]<. plus tcinie que celle du i^Rinome encuphaloïde Leur suilîia de section, lisse d pis lire, est parsemée de pomli Il tnsparenls produits par le #J \><'\ de la substance colloïdal I itileiicui des aUeoles dont U piiois sont Tonnées d ud titsu lonjonclif fin, slriL', conleiunl ( n plus ou moins grande abwi- •hnre (les cellules embrjoiiPl- 1 SI l des vaisseaux Cesalvwik' M)nl Lrnsguliers, remplis * lu>^atu et de cellules plus «i iiMMns aderoes Tout d abord ces cellules sont infiltrées d'uw matière homogène, colloïde, im refoule le noyau d la pi-uplierie , mais plu-, lard (lies se modiUenl, d^ tiennent plus volumineuses, spheriques, ou se transforment en vestentes kystiques, souient elles renferment plusieurs no\au\ {six e( huit) et J« granulations molcrulaiies libres (fig 163) On conslale en même temps I existence de cellules incluses les unes dans les autres, de nojnauiwsiculeuxel de dehiis eellul.iiiesqui se eontraeleni el diminuent de volume
itli^
Fie ilià — '-urrare fxli^rieura ei cuu|ie >1 un Foie atleml d épilliéliunie glandulniro n, mai ie« blanchâtres ou gncxtreB formdan par le prolifération an cellulis hépaliquM /,',, r, trinci obsiruâet par le li»u patholof iqiie
nYPEnPLASiES. fi55
sous l'inQuencc de l'acide acétique. Le carcinome colloïde ne respecte aucuntissu ; s'il siège dans l'estomac, il no taivlti pas à gagner les tuniques musculeuse et séreuse et à s'étendi-e de là au pancréas el nu foie ; lorsqu'il occupe le rectum, il envahit bientôt la vessie ou l'utérus. Il est le point de départ habituel de foyers métastatiques ; aussi n'est-il pas rare de voir le péritoine aiïecté dans les cns de carcinome du l'ectum ou de l'estomac. La marche de cette altération est ordinairement lente, sa gravité est proporlioanellc à l'importance de la fonction troublée; pour ce motif, le carcinome de l'estomac est l'un des plus redoutables.
L'organe au sein duquel se développe I ep thél um glandula mprime à cette lésion un cachet en quelque sorte spec at ce qu ne peut surprendre puisque chaque organe glandula re a des ep hel um d iï rents et une circulation particulière. L'ep Ih 1 o ne des gland anus (celui de la mamelle, etc.) est caracte se pa la format on d llul s semblables à celles des euls-de-sac glandula res a c tt d ffere e quVlles sont le plus souvent hypeitroph e s plus ou no ns al e e 11 s'étend par la voie des lymphatiques aux ga I n d I o oto -
pondante, rarement par la voie des veines ; sa généralisation esl fréquente, et souvent il est accompagné de noyaux carcinomateui secondaires oITrant tous les caractères de la nodosité primillye.
l'épithéliome des glandes pa- Knchymateuses , telles que le foie, les reins, les testicules, est -j"^
roiisiitué par la prolifération des p,,. g
éléments propres de ces glandes ; du pr*^ "B ** '^
. . , ■ -,1 . co rab m y ph p
mais, contrairement aux epithe- le n mu m d r»
lionies des glandes acineuses, il noy G m n o
a la plus grande tendance à envahir le sj t n e v u 'n cas dec ts par nous sous le nom d'adénome hépatique on ra à ce g nre d ffect on, el cinq fois le néoplasme avait pénétre dans les branches de l,i \eme porte et des veines sus-hépatiques qu'il obstruait plus ou moins complètement (fig. Ifi'i). Une fois mi^mc la végétation s'était avanaie jusque dans la veine cave, où elle formait une masse du volume d'un œuf, constituée p.ir du tissu conjonctif et des cellules hépatiques. L'épithéliome des cellules hépatiijues est formé de masses nodu-
ÛSO ANATOMIE PATHOLOCilQUK
Inîies plus ou mnins volumineuses, souvent coloréos par la bile, circon-
Frc. lOli. — Un rein iirÉtenlnnl lur la fiiee anicirieurc une i blanchûtrR, qui a Tail irrurlion dam tes branche) ei le ti
scriles par des traînées conjonctives. Les élémenls qui conHlituenl M-
FiG. iei —■ ioui c I
culet ur attires à peu prct ï iiiteau licjq elt lei cfl! les «i il!i|>ofe«s Trois «■meni KO
masses ou roHules pi-opres du fnie sont le plus soiivftil liyporlL-ophiés, munis d'un ou plusieurs noyaux et fréi|ueninieut inKItrés do gi-aniilalions graisseuses [lig. 16.'»].
LVpilhéliomc des reins se pi-ésente soiiî rap|)arence d'une mnsse unique ou de tumeurs multiples Nanclintics et d'un volume variable (fig. 166). Ces tumeurs sont eonstituée-i par les eellules pi-oliféi-ées et plus ou moins modifiées des canaheules rénaux. Vus suivant leur longueur, ces tubes sont tout d'abord dilatés et remplis par des cellules épitbélialea, volumineuses et irrép;ulièrement disposées (fig. 187); plus tard leurs parois anbysles sont détruites, et l*s épitliéliums se trouvent renfermés dans des espaces limités par un tissu conjonctif plus ou moins parfait. Sur une coupe perpendiculaire, les tubes rénaux apparaissent
iiil^rei perpendjculni rement icf lionnes sont ivinplii de cellules ^pilhéliales volumineuses iliipotéei tans ordre. Leurs parois tendent à disparaître et déjà les ef llut^g épithélialei font irruption dans les lacunes lymphatiiues. A la pgrtie intjrieure de la figure, le tissu tonjonDliC épmù AloulT'.' les élïmenls épilhêlianx en voie de diFpnrilîon. Groishs., 160.
élargis et remplis de cellules épîlhéliales disposées sans ordre. A une période avancée, les cellules épitbéliales altérées sont contenues dans un tissu conjonctif d'autant plus épais que leur modilication est plus profonde (iîg. 168). I.'épilliélioine du rein se généralise assez fniqueniment; dans un cas qui m'est personnel, il fonnail des noyaux métaslaliques dans les poumons et sur la dure-mère spinale. Comme le cancer du foie, le caiicerdu i-ein pénètre fréquemment dans les branches de la veine rénale, et le plus souvent la végétation, loin de s'arrêter k ce e L^on1inue jusque dans la veine cave, d'oii la fréqtience rela-
ASATDMIE PATtlOUIOIOlIE.
liv*- des embolies c.iiirôreuses dans ùe genre d'allrralioii ivoy. ii ûgard noire article \ kinb Cave du Dictionnaire enct/clupédit/ae de> KctJrntw médicale').
I^ cancer du testicule prend égLklument naissance au sein des nnalicules séminifères, quoifjue cetlfl origine soit parfois dinîcilc à établirai cause de la richesse de celle glande en vaissoaus lymphatiques. D'ajjord renrei-mées dans les eanalicules, les cellules iiui le composent, volumineuses, munies d'un gros noyau, plus mi moins inliitrées de imm, envahissent plus lard li> sli-oraa fibreux et les lacunes ]>mphnliqut«.o' qui peut faire croire qu'il s'est développé dans |e système de la \\m\/tif. Ce cancer a la plus grande tendance à se généraliser par suite, uns doute, de la richesse lymphatique de l'organe. Les élément^ des lumears
Fjr,. 169 — n, celiulfli épilhéliulpt provennnl il un cnncer primiLir du leiliculi^; k '^' iules ilËvnlopptos Hcoildairrment ilani ]c< (canE'ions Umphaliquei; o, cellulet IrMV dans les \eine* , il, cfIIiiIpi pravpnsnt de lumeuri <<ecandaircs lièpilîquei ; e, tt^<'^ if* tumeiin du puumon; f, «elliilen de> tumsurs du rein.
secondaires ne diffîîivnt pas de r«ux qui consliluent la lumvur p mitive(fig. 169).
/.'volulim. — l/épilhélioine glandulaire émane des élémeiils si^i^ toires des glandes; ceus-rî se multiplient ii profusion; les caviln* J"* acini et des tubes se remplissent, et « leur phce on voit des masses «I" lulaires qui bourgeonnent dans toutes les directions et pénètrent dans If* lacunes lymphatiques et le tissu eonjonctif voisin. En m^me temps il " produit dans ce tissu des modifications de )a plus haute importam*: ■*
HYPERPLASIES. /|59
éléments se multiplient à leur tour et fomient un tissu jeune semblable au tissu inflammatoire, qui envoie des bourgeonnements dans le tissu épithélial de nouvelle formation. Ces deux tissus se pénètrent réciproquement; c'est un phénomène semblables à celui de la formation des glandes (voy. p. 37), moins i*égulier et sans but physiologique. Il ne ressort |)as moins de ce fait que le cancer glandulaire doit être considéré, non pas comme un simple tissu, niais comme un organe nouveau, la formation h plus complexe et en même temps la plus grave de la série des néoplalies épithéliales. D'ailleurs il se modifie comme les glandes, en ce sens que les épithéliums s'altèrent et disparaissent, tandis que le tissu conjonctif augmente d'épaisseur.
De même que les épithéliomes cylindrique et pavimenteux, Tépithéliome glandulaire s'accrott surtout par sa propre masse, et s'étend principalement par la voie des lymphatiques. Cette extension dans les interstices et dans les vaisseaux lymphatiques a pu tromper certains auteurs et leur faire croire que le cancer se développait aux dépens desendothéliums du tissu conjonctivo*vasculaire. Donc, contrairement à l'opinion d'nn certain nombre d'histologistes qui font nattre le carcinome des glandes aux dépens des travées fibreuses, nous pensons que le phénomène initial de cette formation se passe dans l'épithélium et que la prolifération conjonctive est toujours secondaire.
La pénétration des éléments épithéliaux dans le réseau des sinus et des aisseaux lymphatiques des tissus voisins de la tumeur se révèle par Mnduration de ces vaisseaux, qui se présentent comme des canaux gorj^ de cellules à aspect moniliforme dans lesquels i'endothélium périt par dégénérescence graisseuse, Peu à peu l'altération gagne les glandes lymphatiques de la région affectée ; celles-ci, d abord tuméfit^es, donnent naissance à une formation semblable à celle de la tumeur initiale : la preïiiière phase de l'infection générale est accomplie. Plus tard se produit la ^^nde phase par un procédé analogue ou semblable.
Diagnostic et pronostic, — L'épithéliome glandulaire, néoplasie essentiellement constituée par la végétation des épithéliums sécréteurs, ^ distingue, en premier lieu, par les caractères particuliers des élé- *ïients cellulaires qui le constituent, en second lieu, par la disposition ^u stroma qui vient s'ajouter à ces éléments. Nous revenons ainsi à 'opinion ancienne de Lebert et de l'école histologiste française qui ^nsidérait la cellule comme étant la caractéristique du cancer, avec ^lle différence que nous regardons cette cellule, non pas comme un élément d'une espèce à part, mais simplement comme un épithéliun)
/ifiO ANATOMIE PATUOLOGIQLE.
qui ne diffère de répithélium normal que par des modifications secondaires. Il importe donc, pour arriver au diagnostic du cancer, de bien connaître les caractères physiques et micro-chimiques des cellules épithéliales, leur arrangement, et de savoir que ces éléments ne renferment pas de vaisseaux et ne présentent pas de substance intercellulaire à la façon des éléments conjonctifs. Toutes les fois, en effet, que Ton se trouve en présence de néoplasmes constitués par des éléments de ce genre n*ayant plus la disposition régulière de Tétat physiologique et ladaptation à une fonction déterminée, on peut affirmer qu'il y a cancer. Il est bien évident que ces éléments n'ont celte valeur patliognomonique que dans la période de leur complet développement; plus tard, lorsqu'ils viennent à dégénérer et à disparattre, le diagnostic», est aussi plus difficile. C'est ce qui arrive pour la forme de cancer connue sous le nom de squirrhe atrophique, cancer cicatrisant, à laquelle certains auteurs attribuent à tort une origine conjonctive. A une certaine période, celte alléralion n'fst plus composée que par un tissu fibreux très-condensé; mais si l'on vient à examiner la masse à sa périphérie, il est rare de ne pas y rencontrer des amas cellulaires non encore détruits et parfaitement reconnaissables.
L'altération qui ressemble le plus à Tépithéliome glandulaire, est incontestablement l'adénome. Cette néoplasie est toutefois fort diflférenle du cancer, elle est une hyperplasie de l'acinus glandulaire, tandis4|ue le cancer est une multiplication indéfinie des éléments épithéliaux de cetacinus avec destruction des culs-desac gl^dulaires. Dans l'adénome, lesépilkéliums maintenus par la paroi glandulaire restent toujours renfermés dans les culs-de-sac de l'acinus, mais dans le carcinome, au contraire, cette paroi | étant détruite, les épithéliums sont contenus dans des alvéoles conjonctifs; d'ailleurs l'âge où surviennentcesnéoplasies est très-différent. Dans la sert des néoplasies conjonctives, le chondrome et le fibrome embrjonnaiic sont les tumeurs qui se rapprochent le plus de l'épithéliome glandnlairp. Le chondrome, dont les éléments cellulaires volumineux sont quelque!!)» contenus dans un stroma alvéolaire peu différent du stroma canoéraff (voy. fig. 112), se distingue parla nature de ses cellules réfringentesqw réunit une substance intermédiaire, le fibrome embryonnaire, parte éléments de dimension relativement faible, parcourus par des raisseic et non contenus dans des alvéoles. Inutile, après ce que nousavonsA de rappeler les caractères différentiels des épithéliomes pavimenteox^ cylindrique et de lepithéliome glandulaire; ces altérations ne sont* reste que des formes diverses des loc^ilisations spéciales d'un méme^ pathologique.
llYI^ERPLASlËi). /i6l
Etiologie et jmthogénie — L'éliologie de l eplhéliome glandulaire est tout aussi obscure que Fétiologie des épitliélioraes pavimenleuxet cylindrique. Les divers genres d'irritation dans lesquels Virchow, 0. Weber et Rindlleisch ont voulu trouver le point de départ de la formation carcinoinateuse ne sont, en effet, qne des causes occasionnelles ou adjuvantes, et non des causes eriicientes. Un carcinome glandulaire qui survient à la suite d'un traumatisme ne peut être attribué uniquement à celte cause, quand les nombreuses expériences pratiquées dans le but de produire artificiellement cette affection par des irritations mécaniques ou physiques ont toujours échoué et n'ont jamais délerminéque des processus phlegmasiques. Par conséquent, s'il est vrai qu'un agent irritant ait la propriété d'engendrer le cancer, cet agent, que tout porterait à considérer comme un produit de l'organisme, nous est jusqu'à ce jour absolument inconnu.
L'hérédilé du cancer glandulaire ne peut être mise en doute, c'est du moins ce qui résulte des nombreuses observations rapportées par les auleurs et des faits non moins intéressants que le professeur Broca a consignés dans son Traité des tumeurs (t. I, p. 334). Mais avant d'élre héréditaire, la carcinose a nécessairement du être acquise. Ce sont donc les conditions capables d'engendrer primitivement celle maladie qu'il importerait de connaître; nous en avons parlé plus haut et nous n'avons pas à y revenir. Ajoutons simplement que la transmission réciproque de néoplasies épithéliales atypiques est chose infiniment probable, c'est 'ce que semblent établir les faits statistiques apporlés à l'appui de l'hérédité du cancer; quelques-uns de ces faits montrent, en effet, que des personnes morles de cancer du sein ou de l'utérus ont eu des enfants qui ont succombé à des cancers de l'estomac ou d'autres organes, et inversement. En tout cas, le nombre des faits où une néoplasie conjonctive a paru succéder à une néoplasie épilhéliale est tellement peu considérable qu'il est rigoureusement impossible d'en tenir aucun compte, quand on sait combien il est facile de laisser passer inaperçue la tumeur initiale.
Bibliographie. — Voyez, plus haut., à la page 298, et les indications suivantes :
Dévcloppenicnt du csanc^r. — V. Coknil et L. Kan\;ier, Contribut* à V étude du développement histolocjique des tumeurs épithéludes {Jouni, de VAitatomiCf 186'j, lt65, 1866, et Man. d'histoloy. patholog, Paris, 1869). — Waldeyer, Zur Entwickelung d. Carcinome (Archiv f. patholog. Aîiat. und Physhl., t. XLI, p. /i70, 1867, et t. LV, p. 67, 1872). — Ranvier, Étude du carcinome à Vaide de l'imprégnation d'argent [Archives de physiologie^ 1868, p. 666). — Naunyn, Ueber Entwickelung der Leberkrebse (Reichei't und du BoiS'heymond's Archiv, 1867). — Lancereaux, Contribution à f étude de l'hêpato-
^62 ANATOMIK PATHOLOGIQUE.
adénome {Mém. de lu Soc, de biologie, et Gaz, méd., 1868, p. 646, 706 et 736J
— BiRCH-HiRscHFELD, Zup Entwickeluîig det' Hodenfwebses {Archiv f, Ueilkimde VI, p. 537, 1868). — Shl'ppel, Zur Lehre von der Histogenèse des Leberkrebse (Ibid.y p. 387). — KOsTER, Die Entwickelung der Carcinome und Sarcome Wùrzburg, 1869. — Leontowitsch, Zur Lehre ùber die Entstehung des Epitkt lialkrebses {Centralblatt /*. med, Wissenschaften, 1869, 13). — Perewersei-f Archiv fur pathoL Anat, undFhysioL, t. LIX, p. 227.
InocDlatlon do cancer. — A. Louis, Observai, sur les effets du virus eaiH véreux. Paris, il kl. — Peyrilhe, Diss. de cancro. Paris, 1773. — DupuraiEf, Beauperthuis et Adet de Rossevillb, Animalcides microscopiques cause du cancer (Gas. méd. de Paris, 1838, p. 47). — B. voii LkSGE^fiBECK, Développement ducaxxr des veines et de la possibilité de transmettre le cancer de Vhomme aux animu {Gaz. mèd, de Paris, 1840, p. 601). — Tanchou, Contagion du cancer {Gai. méd., 1842, p. 349, 382). — Manec, Ibid., 364. — Lebert, Traité des maMtt cancéreuses, p. 136. Paris, 1851. — Folun, Traité de pathologie externe^ Il p. 303. Paris, 1861. — Kuiix, Gaz. méd. de Paris, 1861, p. 263, 391, â05.
— L. Goujon, Exposé de qu£lques faits tendant à démontrer que les prodwimf cancéreuses de l'homme sont susceptibles de se greffer chez les cmimaux. Thèse de Paris, 1866. — Billroth, Sur les inoculations d'éléments des tumeurs (Wi«er medicin. Zeitschrift, n*»" 72 et 73, 1867 ; anal, dans Gaz. hebdcm.^ p. 706-717, 1867). — Lebert et 0. Wyss, Recherches sur la transmission de divers prMi» infi. et néoplasiques de Vhomme aux animaux (Archiv fur pat h. Anat. widPhyskL, t. XL, p. 538, oct. 1867). — DoutrelepoiNt, Ueber die Vebertraegung der C4rcinome von Thici' auf Thier {Archiv f. pathol Anat. und Physiol., t. XLY, p. 501). — Reineke, Archiv f. path. AnaU und Physiol., t Ll, p. 391, 1870.— Hyvert, De IHnoculation cancéreuse [Expér, nouv»), Montpellier^ 1872.
Cancer colloïde. — F. Otto, Seltene Beobacht» zur Afiatom., I, p. M Breslau, 1816. — Tu. Fhericus, Uebi^r Galla't oder colloid Gcschtvùlste{Archk(' path. Anat. undPhysioL, I, 94)» — Lebert, Ibid. , IV, 1852* -^ Luschka, ibid. — BoETn-HER, îbid., t. XV, p. 352. ^ Waldeyer, Ibid., t. XLI, p. 490. — Rou TANskY, Cancer gélatineux (Arch. de méd.^ 1854, t. II, 472, et Gaz. mià 1852, IV, 333). — ScHULTZE, Cancer gélatineux alvéolaire {Arch. f. micnm» Anat., I, 4, p. 336). — Seplimus W. Sibley, On the structure andnatffftff socalledcollvid cancer {Med.-vhir. Transact., vol. XXXLX, 259, 1856). — E.** •i.NER, Zur Colluidmetam. dir Zellen [Arch. f. physiol, Heilkunile, 1'* paiiie, 1856)
— Lancereaux et Lackerbauer, Atlas d*anat. path,, Paris, 1871.