X PREFACE
point de départ d'un cancer particulier et distinct, ce qui peut se formuler de la façon suivante : les végétations épithéliales présentent autant de variétés qu'il y a de variétés d'épit/iéliums à l'état normal.
Les secondes, c'est-à-dire les tumeurs qui prennent leur origine dans les tissus nés du feuillet moyen du blastoderme, ou tumeurs conjonctivO'VasculaireSy comprennent les nombreuses néoplasies connues sous le nom de sarcomes (1), myxomes, fibromes, ostéomes, angiomes, myomes, etc. Constituées par des éléments variés cellulaires ou fibrillaires, ces néoplasies se développent principalement dans le jeune âge, tendent peu à amener la destruction des tissus de voisinage, et lorsqu'elles se généralisent, c'est par un procédé différent de celui des tumeurs épithéliales ; elles forment ainsi une seconde famille naturelle, dont un des principaux genres a été signalé par le professeur Verneuil (2). Comme les néoplasies épithéliales, leà néoplasies conjonctives varient suivant le tissu où elles prennent naissance, partant elles sont aussi nombreuses que les tissus nés du feuillet moyen du blastoderme, doîi la conclusion fort simple : les végétations conjoîictives préseîitent autant de variétés qtiil y a de variétés de tissus appartenant au groupe des tissu» tonjonc tifs.
Ne voulant pas me départirdu principe qui consistée ne rapprocher que des lésions comparables, j'ai divisé les hyperhémies, les hémorrhagies et les hydropisies en groupes distincts, suivant que chacun de ces processus a pour point de départ les vaisseaux, le sang ou les nerfs, et j'ai classé les thromboses et les embolies sous deux chefs, selon qu'elles intéressent le système veineux ou le système artériel. Le lecteur appréciera, je l'espère, l'importance de ces divisions.
Les affections parasitaires forment deux classes, appartenant l'une au règne animal, l'autre au règne végétal. A cette division se rattachent d'ailleurs des désordres anatomiques très-différents. Les altéra-
(1) On voit que nous faisons ici l'abandon des mots carcinome et sarcome et que nous désignons toutes les tumeurs par des dénominations empruntées aux tissus normaux.
(2) A. Verneuil. Quelques propositwns sur les fibromes ou tumeurs formées par les éléments du tissu cellulaire, avec des remarquer sur la nomenclature des tumeurs, Mém. lu àlaSoc. de Biologie en octobre 1855, et Gaz, méd, de Parùt^ 1856, p. 59.
PAÉFACE. Xr.
lions traumatîques sont distinguées également en deux groupes, sui- \'ant que les tissus divisés sont ou non mis en présence de l'air extérieur. Nous avons de la sorte les plaies et les contusions qui comprennent les fractures et les ruptures.
Un point essentiel dans l'étude de Tanatomie pathologique est la subordination des lésions. Celles-ci ne peuvent être placées toutes sur le même plan ; les unes sont causes, les autres sont effets, et comme telles, elles ont chacune une valeur différente. Ainsi il est commua de rencontrer avec une néphrite interstitielle ou atrophique une allé-» ration de la muqueuse gastrique et un certain degré d'hypertrophie cardiaque. Or ces lésions, auxquelles on pourrait attribuer une même origine, ont cependant des causes très-diverses : la première, ou lésion rénale, est le fait habituel d'une intoxication saturnine ou de la goutte ; rh^T)ertrophie du cœur est la conséquence de la diminution du champ vasculaire amenée par l'altération des reins, tandis que l'altération de l'estomac est due à l'élimination par cet organe de gueJgues-uDs des principes de l'urine qui ne peuvent plus s'échapper par les voies naturelles. Si dans les cas de ce genre, qui sont loin d'être rares, on ne sait démêler ce qui est primitif de ce qui est secondaire, il en résulte que les lois qui président à la localisation des désordres anatomiques échappent entièrement, et la confusion surgit là où la lumière pouvait être faite. Nous nous sommes efforcé d'éviter cette erreur trop commune, comme on le verra dans la seconde partie de ce travail.
Consacrée à l'élude spéciale des altérations pathologiques des organes pris isolément, cette seconde partie doit s'écarter le moins possible de la première et n'être que lapplication des données générales de celle-ci à une portion détenninée de l'organisme. Le développement et l'évolution physiologique des organes seront tout d'abord examinés, et cet examen servira de base à l'étude des lésions anatomiques qui leur sont propres et dont la liaison avec le modep^e viabilité et de nutrition est des plus intimes. Puis, comme il importe toujours de procéder du simple au composé, les organes formés uniquementaux dépens du feuillet moyen du blastoderme, à savoir tous ceux qui composent les systèmes de la circulation et de la locomotion, organes absolument exempts d'éléments épithéliaux, seront d'abord l'objet de notre attention, et partant il nous sera facile de montrer l'analogie