Diptères
Les insectes de cet ordre rencontrés chez l'homme sont tantôt dans leur état de complet développement, tantôt à l'état de larves; un grand nombre ne sont que des parasites temporaires.
PuUcides. Le genre puce (pul^x), qui faisait autrefois partie de l'ordre des suceurs ou siphohaptèret (La Treille), est aujourd'hui, malgré l'absence d'ailes, rapproché des diptères ; il offre pour caractères un bec infléchi, étroit, renfermant deux lamelles ou lancettes et recouvert à sa base par deux écailles, deux y^ux peu saillants, un abdomen comprimé, des pieds sauteurs, au nombre de six.
1" La puce ordinaire {puiex irritans Lu^né] p/'ésente un corps ovale, comprimé, revêtu d'une peau cornée ' assez ferme, d'un beau marron luisant. Le mâle est moitié plus petU que la femelle; celle-ci pond au hasard ses œufs, qui tombent à terre, ordinairement dans les fentes des parquets, sur les vieux meubles, etc. A côté de ces œufs on trouve des grains noirs, luisants, aplatis ou cylindriques, qui sont du sang desséché et destiné à la nourriture des larves. Au bout de quatre à cinq jours en été, onze jours en hiver, les larves éclosent sous forme de petits vers allongés, cylindriques, divisés en treize anneaux garnis de poils. Onze à quinze jours plus tard, ces larves s'enferment dans une coque soyeuse, mince et blanchâtre, et s'y transforment en nymphes qui mettent de douze à quinze jours pour devenir parfaites.
Les puces produisent une petite démangeaison désagréable en se promenant sur les parties sensibles. La piqûre de ces insectes donne naissance à une sensation plus vive; elle laisse sur la peau une tache circulaire rougeâtre, sans tuméfaction manifeste, vers le milieu de laquelle se voit un point plus foncé.
Bibliographie. — Duméril, Art. Puce {Dict, des se, nat,, t. XLIV. Paris 1826). — Moquin-Tandon, Éléments de zoologie médicale^ p. 273. Paris 1860.
est
ANATOM» rATnOLOGlQIll.
2° La puce-chiquc {pulex penetrnns Linné) habite l'Amérique inl tropicale, particulièrement iaGuyaiicel le BrésiL Elle se tient d bois, sur les buîssous, les herbes sèches, etc. Plus petite que la puce q diiiaire, la chique présente une forme ovale, elle est aplatie, d'une c( fauve ou roussàtre, plus claire au thorax et à l'abdomen.
La femelle seulement attaque l'homme après avoir été fécondée, ^ dans le but de loger et d'alimenter ses petits, elle se poile sur les piad se glisse entre la chair et les ongles ou sous la peau des talons, : mains, rarement sur lescrutum el dans d'autres parties du corps.
Au moyen de son appareil buccal la chique s'introduit sous l'épideni obliquement jusqu'à ce qu'elle soit arrivée au derme, où elle se c
fjG. !li. — a, race plantaire du pied e'uclie inonlnnt en deux enilruili la iutni>i: qui rùBulte de la pénétraUnn du puUx penetrtnis danala peau; A, chique exlnile di i;t trài-gro»ïe, tub par u face polléricure ; c, chique TuB par u face antérieVeL f, cliiqut; remoite fécondée (grotsltsement, 2^ dînmètres), les derniers annRaus wal rcroiilès Ter» l'anui; g, chique remetle Têcondée au 3* jour de un introduction dwni la prau (Erosïistcment, 10 dlimèlrei); d, t, teuCs grostii.
une loge qui augmentera plus laid en proporlion du volume que prea l'abdomen. On constate d'abord l'eKisleuce d'un point noir qui dîspi peu à peu il mesure que l'inscjAle s'enfonce; l'épidenne S6 dâu
la tète et les pattes de la puce, immédiatement appliquées sur le derme, se trouvent cachées par Tabdomen, qui a pris un dévelop* pement relativement considérable et qui apparaît comme une tache blanchâtre. Cette tache s'élargit chaque jour au point d arriver au diamètre «d'une forte lentille, formant une légère élevure au-dessus du niveau de la peau. Parvenu à ce terme, Tinsecte présente Taspect d'une grosse perle légèrement déjirimée, il ressemble au fruit du gui blanc, et dans le pays on le nomme poche ou sac de chique (fig. 21/!»)* Ce sac, extrait de la peau sans •élre blessé, est vivant, on le voit se contracter et se dilater alternativement ; il présente deux faces, une face interne ou dermique, comprenant la tête et les pattes en rapport direct avec le derme ; une face extehie ou épidermique en rapport avec l'épiderme, et au centre de laquelle on trouve le cloaque, qui reste en contact avec Tair extérieur pendant toute la durée de l'état parasitaire. Les œufs, dont le volume est relativement considérable, suivent en sens inverse le sillon que Tinsecte avait fait pour pénétrer ^ans l'épiderme, puis ils tombent sur le sol où ils éclosent. Vers la tin de la ponte, les contractions se ralentissent, l'action musculaire devient insuffisante, la chique essaye inutilement de mettre un dernier œuf au jour, -et tout mouvement s'arrête dans le sac, c'est le terme fatal de l'existence d'un insecte qui a accompli sa mission.
L'un des premiers effets déterminés par l'invasion du parasite est une sorte de chatouillement ou de démangeaison agréable plutôt que douloureuse, intermittente comme le travail de l'animal. Cette période •dure de vingt-quatre à trente-six heures; mais à mesure que la puce grandit, les tissus voisins, mécaniquement refoulés, sont comprimés, et la démangeaison fait place à une douleur de plus en plus intense; puis le sac, agissant à la manière d'un corps étranger, détermine l'inflammation des parties avec lesquelles il est en contact. Tout autour de ce sac s'épanche une sérosité fluide et transparente, parfois purulente, qui agit de concert ATec le parasite pour refouler les parois de la loge, et contraste avec la •couleur blanche mate du sac, de sorte que la lésion à ce moment n'est pas sans analogie avec un bouton d'acné juvénile. Cette période inflaramaioire dure quatre à cinq jours.
Si à cette époque on enlève le kyste avec soin, on observe à la place qu'il occupait une petite cupule arrondie, assez profonde, creusée aux dépens du derme, dont on aperçoit le fond rougeâtre enflammé, suintant ; c'est une plaie qui se dessèche et se cicatrise bientôt. Si, au contraire, la lésion est abandonnée à elle-même, l'épiderme qui la circonscrit, décollé par le pus, se déchire tout autour du kyste, qui se détache de lui-même et tombe en laissant à nu une petite plaie suppurante dont la guérison est des plus
rapides. Toutefois les choses ne sont pas toujours aussi simples ; Tinflammation, au lieu de se limiter, peut gagner les tissus circonvoisins et produire soit Tulcération, soit la gangrène de ces tissus. L'ulcération se manifeste surtout aux régions occupées par plusieurs insectes, alors que toutes les plaies voisines se fondent en une plaie unique. L'ulcère s'étend en largeur en même temps qu*il creuse, il a une marche phagédénique. Ses bords sont ordinairement rouges, déchiquetés, taillés à pic; son fond grisâtre laisse suinter un liquide sanieux et fétide. Cette lésion est commune surtout au pourtour des ongles des pieds ; la matrice est frappée de mort, l'ongle se détache : c'est là une onyxis ulcéreuse chronique spéciale. L'ulcère déterminé par la chique ne serait, suivant Bonnet, que celui qui a été décrit sous le nom d^ulcèt^e de la Guyane. La gangrène ne s étend généralement pas, à moins que les tissus voisins de la plaie ne soient frappés d'anesthésie ; cette complication, comme l'ulcère, ne se montre d'ailleurs que chez les individus malpropres et placés dans de mauvaises conditions hygiéniques.
Bibliographie. — J. de Léry, Histoire d*un voyage fait en terre de Brésilj diU Amériquej etc., La Rochelle, 1578, 5* éd. Genève, 1611. — Sloane, A wyay* to the Islands Madera, Barbadoes, etc. London, 1707. — J. B. Labat (Père dominicain), Nouveau voyage aux îles de V Amérique, Paris, 172'2 ; 2' éd., 1742.
— M. Catesby, The natural history of Carolina^ Florida and the Bahama iilandSy t. II, append. , p. 10, fig. 3, London 1743. — M. Dobrizhoffer, Historû de AbiponibuSy vol. II, p. 34, Viennœ, 1784. — De Humboldt et Bonpllnd, Voyage au nouveau continent, t. VII, 1820, 1822. — PoHLct Kollar, Brastto» voi'zugl, làstige Imecten, t. I, Wien, 1832. — Aug. de Saint-Hilaire, Voyagn dans les provinces de Rio de Janeiro, etc., t. I, p. 35, 1830. — Levacher, 6w* médical des Antilles et des régions intertropicales, p. 327, Paris 1840. — J. Goc. dot, Ann. des se. nat,, 3* sér., 1845. — J. Niéger, De la puce pénétrante d& pays chauds et des accidents qu^elle peut occasionner. Thèse de Strasbourg, lft59*
— VizY, Note sur la chique du Mexique et sur son action sur r homme (Recueil fk mém. de méd,, dechii'urgie et de pharmacie milit., sér. 3 ; 1863, t. X, p. 306).— H. Karsten, Beitrag zw Kenntniss des Rhynchoprion pénétrons [Archiv f. patk»log. Anatom, und Physiolog., 1865, t. XXXII, p. 269, et Bull, de la Soc. da naturalistes de Moscou, 1864, p. 72-156). .;:— Brassac, De la chique {pulexpetie' trans); accidents produits chez V homme par ce parasite {Archives de mééecant natale, 1865. t. IV, p. 510). — L. L. Gage-Lebas, Des animaux nuisibles à r homme et en particulier du pulex pénétrons, chique ou nigua. Thèse de Paris» 1867. — G. Bonnet, Mémoire sur la puce pénétrante ou chique (Archioeidi médecine navale, 1867, t. VIII, p. 19 et 81). — L. G. Gdyon, Histoire nat^ et médicale de la chique, insecte parasite des régions tropicales des deux Amériques {Revue et Magasin de zoologie pure et appliquée de Guérin-MénevUle, sér. 2,
t. XVII, 1865 ; tirage à part avec 5 planches, 1870). — A. Laboulbêne, Art. Chique du Dictionn, encydopéd. des sciences médicales^ sér. 1, t. XVI, p. 228 et suiv., Paris, 1875.
Œstrides ou Œstres. On désigne sous ce nom une famille d'insectes diptères ayant la forme de grosses mouches très-velues , distinctes des taons par la disposition de la bouche» qui est constituée par trois tubercules ou par une trompe et des palpes rudimentaires. Rarement les œstres se trouvent à Tétat parfait, à cause de la brièveté du temps de leur apparition et du petit nombre des lieux qu1l leur est donné d'habiter. Leurs œufs sont déposés par la mère sous la peau qu'elle a divisée à Taide d'une tarière ; les larves, une fois écloses, se nourrissent de la matière purulente à la production de laquelle leur présence donne lieu. Certaines espèces déposent leurs œufs glutineux à l'extérieur, sur les parties de la peau accessibles à la langue de l'animal, afin qu'en se léchant il les amène dans sa bouche, les avale et les transporte ainsi dans le lieu qui est le plus convenable à leur organisation. L'œsti^e du cheval, se balançant dans l'air, pose de temps en temps ses œufs à la partie interne des jambes, sur les épaules, etc., de cet animal. Les larves s'arrélent ordinairement dans l'estomac, autour du pylore, où elles se tiennent en grand nombre, quinze, vingt, et quelquefois une centaine, suspendues par grappes dont une plus considérable (fig. 215). Elles vivent des humeurs sécrétées par la membrane muqueuse, et sont par leur épiderme, comme certaines graines, préservées de l'action d'un suc gastrique qui peut cependant digérer des grenouilles et des poissons. Il est d'autres espèces dont les œufs sont placés par la mère à l'entrée des cavités par où la larve doit pénétrer, et cela surtout chez les ruminants, notamment le mouton, le cerf et le chameau. La larve gagne les sinus frontaux et maxillaires, et se fixe à la membrane muqueuse qui les revêt au moyen de deux forts crochets dont sa bouche est armée. Les espèces qui vivent sous la peau ne sont pas moins communes, elles s'attachent aux animaux dans toutes les parties du monde, depuis les latitudes glacées de la Laponie, où elles tourmentent le renne, jusque sous l'équateur, ou le bœuf, le chien, le singe et l'homme en deviennent les victimes (Colin). Une fois parvenues au terme de leur accroissement, généralement fort long, de huit à dix mois, les larves parasites quittent leur demeure, celles-ci en se laissant tomber à terre, celles-là en suivant le canal intestinal et en s'échappant par l'anus avec les déjections excrémentitielles.
La présence chez l'homme de larves semblables à celles des œstres, re-
Lahcereaux. — Traité d'Anat. patb. 1. — 42.
AN&TOUIII PATHOLÔaÎQilB.
o depuis longlL'tiips, a lité révoquée en doule par plusk-ùrs naturalistes, en i-ais(in des l'ensei^nements incomplets dont la plupart des fatU
sont entourés. Ainsi on u plus d'une fois ntli'iliuù les larv.
PÀRASITCS ANIMAUX. 859
lies dans des tumeurs sous-cutanées à la mouche commune, qui h*a pas, comme certains œstres, d'instrument pour entamer Tépidernie; mais une circonstance propre à éclairer le diagnostic, c'est que l'œstre ne dépose qu'un œuf à la fois, et qu'ainsi chaque larve possède sa loge à part, tandis que la mouche en fournit plusieurs simultanément.
Les tumeurs cutanées produites par l'œstre ont été signalées parHumboldt, qui a vu dans l'Amérique méridionale des Indiensdontl'abdomenen était couvert. Howship a communiqué à la Société royale de Londres un cas de tumeur du dos et un cas de tumeur du scrotum observés dans cette partie de l'Amérique ; les larves furent gardées jusqu'à leur changement en œstres. Roulin eut l'occasion de voir à Mariquita [Colombie) un homme dont le scrotum était le siège d'une tumeur de deux pouces de diamètre à sa base, rouge au sommet et percée d'une petite ouverture. Après avoir agrandi cette ouverture à l'aide d'une lancette, il put en extraire une larve blanche piriforme, offrant des rangées d'épines noires dans la partie la plus renflée.
Bonnet a souvent observé à la Guyane française, dans le tissu souscutané de l'homme, une larve piriforme d'un blanc grisâtre, d'une longueur de 20 à 27 millimètres, qu'il considère comme une larve d'œstride connue sous le nom de vet' macaque. Cette larve détermine par sa présence d'abord un simple fourmillement, puis un gonflement d'aspect fnionculaire avec douleur intermittente et périodique, surtout le matin et le soir, au moment où l'animal fait agir ses crochets.
Semblables faits ont été observés sur la côte occidentale d'Afrique. Coquerel et iMondière ont vu à Portudal, près de Corée, plusieurs militaires présentant des tumeurs multiples, rougeâtres^ 'dures, acuminées, perforées à leur sommet, et qui sous l'influence de la pression laissaient sortir un corps blanchâtre, marqué de deux points d'un jaune fauve (stigmates antérieurs). Les hommes atteints de cette aflection avaient éprouvé tout d*abord une sensation analogue à celle d'une piqûre de moustique, bientôt suivie d'une légère saillie de la peau avec démangeaison. Le second jour, la tumeur était plus marquée rouge; puis elle augmentait progressivement de volume jusqu'à atteindre la grosseur d'une petite noix : elle était alors acuminée et uniformément rouge. Le cinquième jour, la peau s'amincissait et un orifice très-étroit se montrait au sommet de la tumeur. Le sixième jour, l'orifice augmentait jusqu'à présenter un diamètre de 2 ou 3 millimètres, la pression en faisait sourdre un liquide séro-sanguinolent. C'est alors qu'on apercevait la larve et qu'on pouvait en obtenir facilement l'extraction. Cette larve, très-bien décrite par Coquerel et Mondière, a une longueur de 1/!» millimètres, une largeur de b mil-»
660 ANATOMIB PATHOLOGIQUE.
limètres, un corps cylindrique, légèrement contouré en S, formé de onze segments, dont le premier, ou segment céphalique, présente deux petits crochets noirs, très-aigus, qui servent à la larve k se fixer dans les tissus de l'animal qui la porte. Les premiers segments sont couverts de rangées de petites épines noires, très-fines, très-aiguës; les derniers sont nus. A Textrémité du dernier on voit deux gros points d'un brun foncé, ce sont les stigmates postérieurs. Lorsqu'un orifice se montre au sommet de la tumeur, c'est cette extrémité postérieure munie de ses gros stigmates que l'on aperçoit. Cette larve, considérée par Coquerel et Mondière comme appartenant au groupe des œstrides cuticoles, s'éloignerait des larves connues de cette division, et conséquemmcnt l'insecte parfait formerait, selon ces auteurs, un genre nouveau à placer près des hypodermes.
C'est sans doute une larve du même genre, ou du moins très-voisine, qui a été observée par Bérenger-Féraud au Sénégal, où elle est connue sous le nom de ver de Cayor ou Bador^ et qui, selon E. Blanchard, appartiendrait apparemment au genre Ochromgia de Macquart.
Ribliogrâphi£. — RouLiN, Annales de la Société entomologiqve de France^ i833, t. II, p. 518. — Y. F. HoPE, The insecte and their larves^ occasionally found ôi the human body [Transact, of the Entomolog. Soc, of London, 1860, vol 2, p. 256). — DuNCAN, De la présence accidentelle des ORstreschez V homme {Edinburg veterinary Heview, jan. 1859, et Arch. gén, de méd , 1859, t. 2, p. 35i!i). — Coquerel, Larves d'œstrides de Vhommé. {Magasin de zoologie de Guérin, n** 8. 1859). — Spring, Larves d'oastride {Bulletin de l'Académie royale de Belgéqve, 30 mars 1861, et Presse belge). — > Colin, Sw* les transformations des hrtts d'autres qui vivent dans Vestomac et f intestin des solipédes {BiUL de la Soc, imp. et centr. de tnéd. vétérinaire^ 1862, sér. 2, t. VII, p. 26). — Coquerel et Mœ(- DiÊRE, Larves d^œstrid^^ développées dans des tumeurs d* apparence furùnadmi (fiai, hebdomad. de médecine et de chirurgie, 1862> p. 100). — Schreibib, Rapport sur le prétendu osstre de V homme, etc. {Arch, f, pathoL Anai, undPkjisioL, t. XXVI, p. 209). — Lortet, Nouveau parasite de V homme {Helophiba horridus) {Joum, de méd. de Lyon et Gaz hebd, 1866, p. 76). — G. Box^n, Contribution à l'étude du parasitisme. Thèse de Montpellier, 1870. — R. Waleeb, Cas de maladie parasitaire produite par la laixe de Vœstrus bovis (Briiish mtd Journ. et Arm. dedermatoL^t lïl, p. 163, 1870-74). — Béranger-Fékaud, Êtwiet sur les larves de mouches qui se développent dans la peau de Vhomme au SémÈgd {Comptes rendus de VAcad, des sciences, 1872, t. LXXV, n" 19, p. 1133; présentation par le baron Lan*ey, Anal, dans Mém, de méd., de chir. et depk^. milit., sér. 3, i. XXVlll, p. 622).
Muscides, Cette lamille de diptères, à laquelle appartient la mouciie commune qui lui sert de type, est souvent, pour Tespëce humaine, rooci-
PARASITES ANIMADX. 661
ûon de désordres qui ont été désignés par Hope sous le nom de myasis. Les larves (fig. 216), principales causes de ces désordres, sont blanches^ apodes, obliquement tronquées à Textrémité postérieure. Leur extrémité antérieure, se termine en pointe; elle est armée de deux crochets ôomés, destinés à hacher les aliments, dont ces êtres activent la putréfaction.
On distingue trois genres dans la bmille des muscides : les lucilies, qui -^
sont ovipares et i^emarquables par leur belle couleur d'un vert doré, compren* Dent la Lucilia hominivoraxy observée surtout à Cayenne; les cailiphores, qui sont également ovipares, renferment la
grosse mouche bleue de la viande {Cal^ ^^^ ^lô. - Larve de mouche camas-
/j^iAoravomt/ortVi); les sarcophages, aux- tÂéit. A, larve; B, son extrémité
quellesapparlientlamouchecarnassière ^•"'.ÏÏ:: Sri-.";. T^e (Sareophaga camaria), sont tisselées de (diaprés Moquia-Tandon). soir et de gris, à anus rouge, vivipares.
Les lucilies, qui ont reçu pour leurs teintes brillantes le nom de Muscidœ metaliices, et dont le type est la mouche dorée de la viande {Lucilia cœsar)^ se trouvent à l'état parfait sur les fleurs, et plus souvent encore sur les matières animales décomposées ou près de Tétre, auxquelles la femelle confie ses œufs.
Ces mouches, dans nos contrées, ne sont nuisibles qu'accidentellement, lorsqu'elles viennent à déposer leurs œufs, soit sur des plaies, soit sur le corps de personnes malpropres et endormies. Plusieurs exemples de larves de mouches trouvées dans ces conditions ont été rapportés par Hope; mais dans les faits de ce genre, relativement communs dans le midi de la France, en Algérie et en Crimée, il s'agit souvent autant de cailiphores et de sarcophages que de lucilies. Il serait conséquemment de la plus grande utilité de conserver la figure exacte de ces larves et de les placer dans les conditions d'un développement complet pour arriver à les rattacher avec certitude aux espèces connues.
Les lucilies de nos climats sont en général peu nuisibles; mais il en est autrement d'une espèce de ce genre, dont la larve, à la Guyane et a\i Mexique, envahit paiticulièrement les fosses nasales de l'homme. Cette mouche, décrite par Ch. Coquerel sous le nom de Lucîlia hominivorax, cause des accidents parfois redoutables. Les personnes atteintes éprouvent tout d'abord quelques fourmillements de la muqueuse des fosses nasales, puis bientôt survient un gonflement nedémateux de la région nasale qui s'étend ensuite aux parties voisines
663 ANATOMIB PATHOLOGIQUE.
de la face; une douleur plus ou moins vive (sensation de barre) se fait sentir dans la région sus-orbitaire, puis parfois il se produit des épistaxis abondantes et difficiles à arrêter.
. Dès cette période et plusieurs jours après le début, il s'échappe ordinairement quelques larves qui sortent, soit par Torifice des fosses nasales^ soit par des ulcérations produites sur la peau, gonflée et violacée par places, de la région supérieure du nez, tandis que les narines laissent écouler une sérosité rougeàtre et fétide. Plus rarement les larves se répandent dans le voile du palais, le pharynx, les orbites, les paupières ou la cavité buccale. Des phénomènes généraux graves accompagnent parfois les désordres locaux, qui peuvent s'étendre jusqu'aux méninges cérébrales ; c'est dans ces cas que l'on voit apparaître le délire et que survient la mort. Si l'affection a duré quelques semaines, Tautopsie révèle une altération marquée des os de la région envahie. Sur UU cas relevés par le docteur Maillard, 21 ont été suivis de mort; 35 ont été fournis par les Européens condamnés, U par les Arabes, 2 par les coolies, 2 par les noirs; les fosses nasales étaient envahies par les larves 29 fois, le pharynx l'était U fois, l'oreille 5 fois, les plaies 6 fois. Or, tandis que la luciiie hominivore, logée dans les plaies découvertes, ne cause pas la mort, à moins d'abandon complet du malade, au contraire, sur 38 cas où celte larve a été observée dans des cavités, on compte 21 décès. Cette mortalité, heureusement, a considérablement baissé depuis que des moyens de destniction presque infaillibles, comme le chloroforme, la benzine, l'acide pbénique, etc., ont été employés pour combattre la présence de ce parasite. Dans la plupart des cas observés, les mouches avaient profité du sommeil des sujets pour y chercher un terrain favorable à 1 eclosion de leurs œufs ; le meilleur moyen à prendre pour éviter les visites de la lucilia est de dormir protégé par un moustiquaire ou, à défaut de cet abri, dans les grands bois, d'imiter les nègres et les Indiens qui boucanent, enfument leurs cases ; enfin, d'allumer des grands feux dont la fumée incommode et chasse les insectes.
Bibliographie. — Robin eau-Desvoidy, Essai sur lesmyodaires, etc. ,1830, p. 452. — Ch. Coquerel, Note sur des larves appartenant à une espèce nouvelle de diptère {Lucilia hominivorax) y développées dans les sinus frontaux de rhomme à Cayenne (Awn. de la Soc, entomolog, de France, 1858, p. 171, pi. IV). — Dn même, Des larves de diptères développées dans les sinus frontaux, etc. {Arckit^ gén. de méd., 1858, sér. 5, t. XI, p. 513; et 1859, t XIII, p. 685). - V. Addouit, Des lésions produites chez V homme par la larve de la Lmlùi liomvnmyrax. Thèse de Paris, 186/i. — E. Lucas, Belation d'un cas de panmtisme observé à Acapulco, etc. Thèse de Paris, 186/i, p. Ixl. — J. El. Gokialés,
PARASITES AMMADX. d6S
Lamosca haminivora, Diss. Monterey, 3 mars 1865.— Jacob, Affection parasitaire des fosses nasales, observée au Mexique; traitemefit par les injections chloroformées {Mém. de mêd.^ de rhirurg. et depharm, milit,, 1866, sér. 3, t. XVll, p. 58). — Webkr, Joitm, de Brux,, XLV, p. 260, sept. 1867. — A. E. Layet, Quelques réflexions sur un point de zoologie médicale {Archiv. de médecine navale, 1869, t. XI, • p. 1 37). — A . Frantzius, Ueber dos Vorkommen von Fliegenlarven in der Nasenhôhle {Arch, f. path. Anat. undPhysiol, 1868, t. XLIII, p. 98). — Mankiewicz, <6wi. , t. XLIV, p. 375 . — J. OixET, De la Lucilia hominivorax à la Guyane française. Thèse de Montpellier, 1869. — G. Bonnet, Contribution à V étude du parasitisme. Thèse de Montpellier, 18 ft^r. 1870. — Oct. Maillard, De la Lucilia hominivorax. Thèse de Montpellier, 31 déc. 1870. — Al. Laboulbène, Art. Lucilia hominivorax du Dict,encyclop, des sciences méd., 1875, sér. 2, t. 111, p. 166.
Les calliphores et les sarcophages, insectes très-répandus, et vivant ordinairement sur la viande en décomposition, sont nuisibles pourThomme seulement dans des circonstances spéciales.
Ces insectes déposent leurs œufs renfermant des larves presque formées, ou bien les larves mêmes, dans les cavités muqueuses superficielles (voies lacrymales, narines, vagin, conduit auditif externe, ombilic, anus, etc.), sur des endroits excoriés, des blessures et des ulcères. Plus rarement les larves parviennent dans Testomac, où elles restent en vie pendant quelques jours et occasionnent des vomissements, ou dans l'intestin, où elles donnent lieu à des coliques et à de la diarrhée. Déposées dans les fosses nasales, elles occasionnent un corvza et de Tozène: dans le conduit auditif externe, elles peuvent donner lieu à un écoulement, et chez les jeunes enfants surtout éveiller des convulsions. Développées sous la peau, ces larves causent quelquefois des accidents sérieux, lorsqu'elles sont en grand nombre. J. Cloquet a vu chez un malade, qui, en état d'ivresse, s'était couché sur un tas de charogne, le cuir chevelu couvert de larves et baigné d'une humeur sanieuse et fétide, criblé de trous et soulevé en trois endroits par des larves qui y formaient des tumeurs volumineuses. Les paupières étaient œdematiées, les yeux perforés, le cristallin gauche était sorti par une large ouverture de la coniée avec cinq ou six larves attachées à la membrane cristalline; un certain nombre de larves se rencontraient dans les conduits auditifs, plusieurs s'étaient glissées entre le gland et le prépuce, dont elh^s avaient rongé une portion. Roulin a rapporté le fait non moins curieux d'un paysan du Lincolnshire, qui, couché sous un arbre, pendant un temps très-chaud, fut bientôt couvert de larves de mouches qu'attira sans doute l'odeur d'un peu de viande qu'il portait avec son pain sous sa chemise. Ces larves s'introduisirent sous la peau et firent de tels ravages que ce malheureux expira au bout de peu de temps.
66/!» ANATOMIB PATHOLOGIQUE.
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