‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 75 sur 104 · ARACHNIDES · texte numérisé non relu

ARACHNIDES

Les arachnides sont des arthropodes organisés comme les insectes pour vivre dans Tair, et qui ont quatre paires de pattes, la tète confondue avec le thorax et dépourvue d'antennes. Cette classe comprend un petit nombre d'espèces parasites.

I. Ixodes. 1^ Les Tiques ou Jxodes sont des arachnides dont les palpes forment avec le suçoir une sorte de bec saillant, court, tronqué et un peu dilaté à son extrémité. Elles habitent les bois, s'accrochent aux végétaux peu élevés, et de là se jettent sur l'homme, plus souvent sur les chiens, les moutons, les bœufs, les chevaux, et se fixent à leur peau, dans laquelle elles enfoncent le bec à la façon d'un trocart. Les petits crochets qui garnissent la surface du suçoir l'empêchent de sortir du point où il a pénétré, de sorte qu'on ne peut le détacher qu'avec force et en arrachant une portion de la peau qui y adhère. Les principales espèces de tiques connues sont : 1*^ V Ixodes ricinus, qui s'attache aux chiens ; 2^ Y Ixodes reticuiatuSy qui attaque les mammifères domestiques; y Y Ixodes americanus ; k^ Y Ixodes hominis,

La tique s'accroche à la peau et y enfonce son extrémité mandibulaire avec une telle subtilité qu'on ne sent pas la piqûre. La douleur se montre seulement après plusieurs jours, et en examinant le point où on l'éprouve

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on est tout étonné d'y voir la tique gorgée de sang. Si on cherche à Teitraire, on sent une résistance considérable, due à l'implaDUitîon des crochets qu1l ne faut pas briser, autant que possible, car leur présence dans les tissus cutanés prolonge les accidents inflammatoires et détermine souvent une sorte de durillon qui ne se résorbe ou disfxaratl qu'après àfs mois.

2^ Les Argas sont des arachnides voisins des tiques, dont ils différent par leur bouche inférieure et par leurs palpes libres, coniques H composées de quatre articles. Deux espèces principales méritent notrt attention, Y Argas persicus qui, dit-on, inquiète de préférence les étrangers, et \ Argas chinche, qui habite la Colombie. Gerslaecker signale tn outre Y Argas reflexus (Dermanyssus avtum de Bory), qui vit ordiDairemeot sur les pigeons et les oiseaux de basse-cour, mais qui/ dans quelques circonstances, se fixe sur notre espèce et y détermine des accidents analogues à ceux que provoque l'argas de Perse. Les piqûres, extrêmement douloureuses, peuvent, dans certains cas, dit-on, amener la mort par épuisement. II est très-difficile de se dêbaiTasser de ces hôtes incommodes ; mais comme ils redoutent la lumière, le meilleur procédé pour éviter leur atteinte est de coucher dans des chambres bien éclairées.

Bibliographie. — Boschulte, Archiv f. path, Anat. und Physiolog.^ 1. XVIII. p. 556. — A. Gebst.fxker, Argas reflexus {Archiv f, pathol, Anat. tmd Hfsiolog., 1860, t. XIX, p. 457, et Gaz. hebd., 1860, p. 772).

II. Tromhidides, — Le Rouget {Leptus autumnalis) est un acarien àTêUt de larve, et comme tel ne présente que six pattes; il est reconnu pour être la larve d*un trombidion. Cet arachnide se tient sur les tiges des graminées, dans les guérets et les bois, etc. ; il fait généralement seotir sa présence sur Thomme du milieu de juillet au milieu de septembre; il s'insinue dans la peau, à la racine des poils, et préfère le ventre, le scrotum et la partie interne des cuisses des personnes qui ont la peti délicate.

Heiberg a eu l'occasion d'étudier une sorte d'épidémie de ce parasite! Tristed, petite ville de Danemark, où il règne tous les ans dans la seconde moitié de l'été. L'éruption qu'il produit, et qui est fréquente surtout ckei les individus qui travaillent dans les jardins, est désignée vulgairement sous le nom de bouton d*août. Cette éruption se caractérise par un exanthème d'abord papuleux, puis vésiculeux et même pustuleux, accompagné de démangeaison très-vive. Le parasite se laisse voir au milieu des boaloas

PARASITES ANIMAUX. OAv

SOUS forme d'un point rouge. Le traitement consiste en lotions avec l'extrait alcoolique des fleurs de Pyretbrum Caucaticam,

SiBUociurniE. — GuonEs, L'efcw eine iKoasion von Leptas auturmiaiis (Archtv fur fothotog. Anatom. unti Fhyitolog,,' t-'LlI, p. 355, 1S71). — V. Heibejio, teptvs aiaimnalis {Nordiskt med. Arkiv, t. \'J, n* 23; Andyse, dans Gaz. hebdmad.,i»li, p. H).

III. Acarides. — On désigne sous ce nom des acariens parasites qui TÎTOnt dans la peau des mammifères, principalement dans celle du mouton, du cheval et du bœuf. L'une des espèces de cette famille, appartenant au genre sarcopte, est plus spéciale à l'homme {Sarcoptet ieabia, Latreille).

Le sarcopte de la gale est un petit animal punctiforme, visible cependuit à l'œii nu, mou, luisant, un peu transparent, de teinte laiteuse; il a un rostre petit, étroit, ovoïde, à la naissance duquel on observe deux poils (li^. 217). Ses membres sont disposés par paires, on en

trouve deux paires en avant et deux paires en arrière, assez éloignées des précédentes. Les mfties sont plus petits et moins nombreux que les Cnnelles. Les œufs sont relativement très-volumineux, car ils ont au nuiment de la ponte près du tiers de la longueur de l'animal.

Les sarcoptes ont à leur naissance et à l'état de larves six pattes au lien de huit; ces larves, très-agiles, s'abritent sous des follicules d'épiderme soulevé, où elles s'engourdissent pendant quelques jours; leur peau

se plisse, se dessèche et tombe, une nouvelle paire de pattes se développe et ranimai arrive à 1 état parfait.

Le sarcopte est un animal fouisseur; à Faide de ses mandibules, il entame Tépiderme, s*y creuse une sorte de terrier, qui apparaît à h Surface de la peau sous la forme d'un sillon légèrement courbé ou sinueux. Les attaques réitérées des mandibules du sarcopte sur la surface villopapillaire donnent lieu, dans ces sillons ou galeries à un trajet oblique contourné ou festonné, à une sécrétion abondante d'humeurs dont ce parasite se nourrit. Ce sont ces humeurs et celles qui résultent d'un travail inflammatoire consécutif qui s'accumulent quelquefois sous Fépiderme et constituent à l'extrémité du sillon une vésicule miliaire transparente ou éruption vésiculaire de la gale. Ajoutons que des débris de cellules épidermiques et d'acares morts, desséchés , sont ordinairement attirés à l'ouverture de ce tenîer, où ils forment à la surface de la peau une croûte plus ou moins épaisse.

Le prurit si incommode qui accompagne la présence de l'acare cbei l'homme est attribué aux mœurs de cet insecte, qui vers le soir et dans la nuit se mettrait particulièrement au travail ; mais il n'est pas prouTé qu'il ne tienne aussi en partie à un liquide venimeux venant irriter les papilles nerveuses. Delafond et Bourguignon ont en eiïet montré que les humeurs qui circulent dans le tissu sarcodique des acares sont douées d'un principe d'irritation énergique, car, ayant inoculé à l'homme et au chien du jus provenant de sarcoptes écrasés, ils ont remarqué que la partie lésée et lés parties environnantes devenaient le siège dune éruption avec prurit insupportable le soir, la nuit et le matin.

Le sarcopte de l'homme fait particulièrement choix, pour tracer ses sillons, vivre et pulluler, des régions pourvues d*un épiderme souple, abondant, sillonné de plis, tel que celui de la peau des doigts, de l'intervalle des phalanges, des poignets, des organes de la génération chez l'homme et du voisinage du bout des seins chez la femme. Chez les animaux, les acariens préfèrent généralement habiter la partie supérieure de l'encolure du dos, la région des reins et de la base de la queue; chez le porc ils semblent rechercher les humeurs retirées de la face externe des oreilles. Ce n'est que dans les cas où la colonie acarienne est devenue trop considérable que la peuplade malfaisante émigré des lieux que nous venons de citer, pour s'établir dans le voisinage et ainsi successivement dans des lieux plus éloignés. Ajoutons que ces animalcules préfet les humeurs saines ou morbides des individus maigres, débiles et aiïaiblis par une mauvaise nourriture, ou dont la constitution est délabrée par un excès de travail, les privations, la misère, la malpropreté,

aux humeurs de ceux qui sont placés dans des conditions hygiéniques et physiologiques opposées.

Les sarcoptes des mammifères diffèrent peu de celui de l'homme ; il est établi qu*un certain nombre au moins d'entre eux et principalement ceux du cheval, du chameau, du bœuf, du chien et du chfit, peuvent se développer sur rhomme et lui donner une maladie analogue à celle où Tanimalcule a pris naissance. D'ailleurs le sarcopte de la gale humaine a élé rencontré chez le porc et le lama (Lanquctin, Robin).

Un animalcule qui peut être rapproché de Tacare de la gale est l'acaropse de Méricourt (Tyrogliphus Mericourti^ Laboulbène, Acaropsis Mertcourti, Moquin-Tandon). C'est un acarien long de û5 millimètres, ovoïde, sans yeux, et dont le corselet se confond avec l'abdomen. Il a été observé par Leroy de Méricourt sur un officier de marine, atteint d'une otite, à Terre-Neuve. Trois de ces petits arachnides ont été recueillis avec le pus qui se trouvait dans le conduit auditif. Le Sarcoptes cynotîs et le Sarcoptes hypopodes^ rencontrés, l'un sur des ulcérations de l'intérieur des oreilles des chiens, l'autre sur les bords d'un cancer du pied d'un cheval mort, ne sont sans doute pas différents de l'acaropse de Méricourt. J'en dirai autant d'un sarcopte que j'ai rencontré sur les ulcères pulmonaires d'un tuberculeux.

Bibliographie. — Hënucci, Sur la découverte de V insecte qui produit la conta* gion de la gale, etc. Thèse de Paris, 1835. <^ Dugés, Note sur le sarcopte de la gale humaine (Anmd, des sciences natur., 1835, t. III). — Aube, Considérations générales sur la gale et V insecte qui la produit. Thèse de Paris, 1836. — Hering, Die Krœtzemilben der Thiere und einige verwandte Arten {Nova acta physico-med, naturœ curiosorum, Vratislaviœ et BonnsB, 1838). — P. Gervais, dans Walckenaer, Histoire naturelle des insectes aptères , Paris, Id/i/i, t. IV. — Bourguignon, Traité entomologique et pathologique de la gale de V homme, Paris, 1852. — Deu^fond et Bourguignon, Recherches sur les animalcules de la gale des animaux et sur la transmission de la gale des animaux à V homme (Archives gén. de médecine^ 1858, sër. 5, t. XI, p. 18). — Gerlacu, Kraetze und Baeude, Berlin, 1857. — Lanquetin^ Annales des maladies de la peau et de la syphilis, Paris, octobre 1851. — Le même, Notices sur la gale et sur l'animalcule qui la produit, Paris, 1859. — Reynal et Lanquetin, Maladie parasitaire des oiseaux de hassé-cour, transmissible à rhomme et au cheval {Comm, à VAcad, de méd.^ séance du 21 juin 1859). — Ca. Robin, Becherches sur le sarcopte de la gcde humaine (Mém. de la Soc, de biologie^ sër. 3, t. I, p. 21, année 1859^ Paris 1860). — Le même, Mém, sur diverses espèces d'acariens de la famille des sareoptides, Moscou, 1860. — Furstenberg, Die Kràtzmilben der Menschen taid ThierCy 1861. — A. Hirsgh, Handb. d. historisch^eogr. Pathologie. Erlangen, i862-186&, p. 522.

IV. Dermatophiles, — Le Demodex {Demodex foUiculorum^ Owcn, Acarus folliculorum, Simon) est un arachnide digrade, à forme helminthoïde, long de 0"",3 à 0"^,6, dont la tête, confondue avec le corselet, forme un céphalo-thorax oblong (6g. 218) ; il a un rostre composé

de deux palpes latéraux avec un suçoir intermédiaire.

Ce parasite se rencontre dans les conduits normaux ou dilatés des glandes sébacées, particulièrement ceux des ailes du nez, où il est mêlé à la matière sécrétée. 11 vit généralement en petite société, plusieurs demodex occupent le même follicule, où ils se tiennent parallèlement à Taxe, la tête tournée contre le fond du sac. Relativement rare chez l'homme, où il a été contesté qu'il produisit des accidents, ce parasite est beaucoup plus commun FiG. 218. ^'^^^ les chiens, où il détermine quelquefois des désordres

Demodex folU- sérieux.

^" ToîTfofs. Sparks a récemment observé trois chiens qui, par suite de

cette affection, périrent après avoir perdu une partie de leurs poils ; les follicules pileux et les glandes sébacées, énormément dilatées, renfermaient des débris épithéliaux et des acares. S appuyant sur ces faits, cet auteur pense que certains cas d'acné de l'homme peuvent bien être dus à l'irritation déterminée par la présence du demodex.

Bibliographie. — G. Simqn, Mùlleis Archiv, 18/!i8, et Die Hautkrankh, dmk anat, Vniersuchung erlàuierty Berlin, '1851, p. 312. — Gruby, Compt. rend, de VAcad. des sciences^ mars 1845, t. XX, p. 569, et Edinb, monthly Jowm, ofihe med. scienc, nov. 1846. — Er. Wh^son, On dtseases of the skin, London, 1847. — P. Gervais, Hist. nui, des insectes aptères, t. ÏII, p. 282, pL 35, fig. 6. — G. Wedl, Zeitschr. d. GeselUch. d. Aerzte zu Wien, 1847, t. IV, p. 177. tow. Sparks, On a disease of the skin produced by the acarus foîliculortim, etc. {Medico-chirwrg, Transactions, t. LVÏI, p. 239, 1874). — Darin, Lettre sur k demodex ou acarus des follicules {Gaz, des hôpitaux, Paris, 1*^ sept. 1874).

§ 3. — crustacés.

Pentastonies, — Considérés autrefois comme des vers intestinaux, les pentastomes sont aujourd'hui rapprochés avec raison des crustacés,! cause de l'analogie évidente de leurs embryons avec ceux des leméides. Ces animalcules ont un corps allongé, aplati , plissé transversalement, subarticulé, plus large en avant qu'en arrière (hg. 219). La bouche est antérieure, inférieure, avec deux paires de crochets rétractiles; Torifice anal est à l'autre extrémité, Tintestin est simple, les m^nbres

font défaut. Le système nerveux est constitué par un ganglion sous-œsophagien volumineux. I/appareil génital du mâle se compose d'un long testicule cylindrique; celui de la femelle, d'un long ovaire également cylindrique, divisé en deux branches entourant l'intestin et se réunissant en un oviducte unique.

Communs au Brésil, les pentastomes se rencontrent en Europe, et ne sont pas rares dans le centre de la France; ils s'observent sur plusieurs animaux, notamment le chien, le loup, le cheval, le bœuf et le mouton. Sur 630 chiens ouverts par Colin à Alfort, en deux ans et pendant toutes les saisons, 6^ en ont oiïert de 1 jusqu'à 11 , en tout l/!i6. Les pentastomes vivent non pas, comme on l'a prétendu, dans les sinus frontaux ou les cavités ethmoîdales, mais bien dans les cavités nasales proprement dites, entre les volutes, entre les cornets, ou au fond des méats (Colin). C'est seulement après la mort de leurs hôtes qu'ils vont quelquefois se promener dans Tarrière-bouche et à l'entrée du larynx. A l'aide des crochets mobiles et acérés qui garnissent le pourtour de leur bouche, ces petits étress'implantentsurla pituitairesibien que par une traction violente on arrache leurs crochets plutôt que de leur faire lâcher prise ; aussi comprend-on qu'ils restent solidement cramponnés malgré les éternuments les plus violents. Le mucus semble leur seul aliment avec le produit de la glande qui tapisse l'antre du méat moyen. C'est alors que les sexes se développent et que la femelle pond dans le mucus de la pituitaire des œufs capables de donner naissance à une nouvelle génération. Ces œufs, expulsés avec les mucosités nasales, résistent pendant quelque temps aux influences atmosphé« riques; après quoi, faute d'un milieu convenable, ils sont perdus. Or ce milieu est le corps d'un animal; aussi lorsque, tombés sur l'herbe, ils viennent à être avalés avec les fourrages par un bœuf ou une brebis par exemple, ils se développent dans le corps de cet animal et passent à l'état de larve comme l'ont montré les expériences de Leuckart et celles non moins intéressantes de Colin.

Ce dernier expérimentateur fit avaler des œufs de pentastome ténioldc mêlés avec de la farine à deux chevreaux. L'un de ces animaux, conservé et sacrifié au bout de quatre mois, pendant lesquels il était resté maigre, présenta des ganglions mésentériques ramollis ou détruits, renfertnant

Fie. 219. — Pentastome ténioïde provenant d'un chien; les circonvolutions de l'oviducte apparaissent à Tintérieur. Grandeur naturelle. (D'après Davainc.)

un plus OU moins grand nombre de pentastomes agames semblables à ceux que Ton trouve chez le mouton, le bœuf, le dromadaire, etc. Nais après avoir pullulé dans les glandes mésentériques, les pentastomes ont fini par s*y trouver mal à Taise et ont fait irruption de tous côtés pour chercher des moyens d'existence. Ils se sont répandus dans Tépaisseuret sur les deux faces du foie, dans les poumons, etc. , et, à l'aide des petits crochets qui entourent leur bouche, ils se sont creusé des loges arrondies, irrégulières, les unes closes, les autres en communication avec la cavité du péritoine ou celle des plèvres. Ces loges renferment le pentastoroe denticulé, qui est la larve du pentastome ténioîde.

Or , voici ce qui s'est passé dans ce cas : les œufs arrivés à l'estomâc y sont éclos; il en est sorti de petits vers pourvus de pattes articulées et d'un stylet protractile à la tête. De l'estomac ils ont passé dans l'intestin et attaqué le tissu délicat des villosités. Une fois dans le canal chylifère, ils ont pu gagner à la nage les ganglions mésentériques, où ils ont fait élection de domicile. Là, les pattes et le stylet, devenus inutiles, sont tombés; l'helminthe a quitté sa forme globuleuse, s*est allongé et aplati ; son corps s'est segmenté et hérissé de piquants, sa bouche s'est garnie de quatre crochets propres à attaquer les tissus ; en un mot, il a pris sa seconde forme, celle de pentastome denticulé.

Enfin, si le mouton ou le bœuf porteur de cette lai-ve continue de vivre, celle-ci, condamnée à une détention perpétuelle, peut passer des années entières sans éprouver le moindre accroissement et en restant privée d'organes sexuels. Pour qu'elle puisse arriver à l'état complet, il faut nécessairement que l'être sur lequel elle s'est développée tombe sous la dent d'un animal carnassier, car alors, se fixant à sa lèvre, sur sa bouche, etc., elle va faire élection de domicile dans les fosses nasales, où elle achève son développement, et devient sexuée; toutefois la postérité ne pourra se continuer dans ces conditions qu'autant qu'un mâle et une femelle se rencontreront chez le même Carnivore.

Telles sont les métamorphoses du genre pentastome. Les espèces qui s'y rapportent sont aujourd'hui peu nombreuses; le pentastome lancéolé, découvert par Chabert, et auquel Rudolphi a donné le nom de pentastome ténioîde, est la seule espèce que l'on connaisse à la fois à l'état de larve et à l'état adulte. Une autre larve a été trouvée en Egypte, c'est le pentastome étreint.

l** Le pentastome ténioîde (Pentastoma iœnioides^ Rudolphi) a le corpB déprimé, lancéolé, plissé transversalement, une bouche presque orbicu* laire, des crochets rangés en demi-cercle. Le mâle est blanc, long de 18 millimètres, large en avant de 2"*",5, en arrière de 0"",ft5; la femelie

est plus volumineuse ((ig. 219). Ce parasite vil dans les fosses nasales, surtout chez le chien et )e loup.

Le pentastome denticulé {Pentastoma deniiculatwn, ttiidolphi), qui est la larve du précédent, a un corps mou, blanc, lancéolé, aplati, long de & à 6 millimètres, large de 1 millimètre à 1 millimètre et demi, beaucoup moins large en arrière, strié ou ridé transversalement, denticulé sur les bords en avant et armé de lamelles ou épines implantées sur le tégumentau moyen d'un pédicule tubuleui(6g. 330). L'extrémité obtuse présente en dessous une bouche elliptique portant de chaque cAté une paire de crochets un peu inégaux, dirigés d'avant en arrière.

Cette larve se rencontre dans des kystes des organes parenchymateux, et surtout dans le foie et les poumons chez certains animausherbivores, et notamment le bœuf, le mouton, la chèvre, le lapin, etc. Dans ces dernières années elle a été trouvée assez fréquemment chez l'homme, le plus souvent h )a surface de la glande hépatique (Zenker), mais quelquefois aussi à la surfoce des reins ou de la rate, dans le tissu sous-muqueux de l'intestin grêle (E. Wagner]. Ordinairement situé dans le foie, au voisinage du ligament suspenseur el dans le péritoine, ce parasite est contenu dans une capsule fibreuse, résistante, qui se présente sous la forme d'un tubercule de 2"",25 à S^.ST, ordinairement rempli d'un dépAt calcaire. Cette capsule, qu'il est facile de détacher du parenchyme, renferme l'animal recourbé sur lui-même, incrusté de substance calcaire et si fortement uni à son enveloppe qu'i

à l'en séparer. Au moyen de l'acide cblorhydrique affaibli on paiTient k le débarrasser des sels calcaires et à préciser les caractères du parasite, qui en général ne détermine aucun accident sérieux. Le pentastome denticulé ne paraît pas rare en Allemagne, puisque Zenker l'a trouvé 9 fois sur 168 autopsies k Dresde, Heschl 5 fois sur '20 à Vienne, Wagner 1 fois sur 10 à Leipzig. On ne sait pas exactement comment il pénètre dans les organes de l'homme, mais il est probable que c'est pu* des œufs ingérés , soit dans les boissons, soit avec de la salade mal neUoyée.

2' Le pentastome élreint {Penlastoma conttrictum, Siebod), -a un LiHCnEAtii, — Traité d'Anat p:th. I. - 13

KiG. 220. -~ P«nlulome denticuli, fur le ment gros li. Dn irait placé à c&lé mtrque la grandeur naturelle (d'après Zenker).

I éprouve de ta peine

corps allongé, cylindrique, long de 13 millimètres, large de 2 millimètres, annelé en apparence par des constrictions transversales ; son dos est convexe, son ventre est aplati, ses téguments n'ont pas d'épines.

Cette espèce parasitaire a été trouvée à Tétat de larve, en Egypte, par Pruner, chez la girafe et chez deux nègres, dont Tun était mort d'une péritonite, lautre d'une colite. Les pentastomes, vivants chez l'un de ces nègres, étaient morts chez l'autre ; ils se trouvaient situés dans des kystes de la dimension d'un kreutzer, plus elliptiques que ronds, saillants à la surface du foie ; chez l'un d'eux, le parasite avait quitté son kyste pour s'engager dans le duodénum. Bilharz a également rencontré le pentastome étreint en Egypte, à la surface du foie chez des nègres.

Bibliographie. — F. Prunrr, Die Krankheiten des Orients^ p. 269, Erlangen, 1867. — SiEBOLD, Zeitschrift f, wissenschaftl. Zoologie, t. IV, p. 63. — Ze^îker, Sur un nouveau parasite de l'homme^ pejitastomum denticuUUum, (Henle et Pfeufer), Zeitschrift fur ration. Med., 1856, t. V, p. 226. — Leuckart, Bauwid Entwickelung der Pentastomen, etc., Leipzig et Heidelberg, 1860. — Colw, Recherches sur une maladie vermineuse du mouton, due à la présence d'une Imguatule dans les ganglions mésentériques {Bullet, de médecine vétérinairej 1861, sér. 2> t. V), p. 125. — - Le même. Communication sur le développement de la linguatule des ganglions mésentériques {Ibid,, t. VII, p. 22). Recherches sur le pentastome des cavités nasales du chien (Ibid,, t. VIII, p. 108). — E. Wacsee, Pentastomum denticulatum in der Niere {Archiv f, physiolog. HeUkunde, 1856. p. 561). — Le même, Pentastome denticulé de la rate {Archiv d. HeUkwndi, t. m, 1862. — Sp. Cobbold, Entozoa, etc., London, 1866, p. 393.

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