Disloliles
Les distonles fornlent un groupe naturel de parasites qui^ à l'étàt par-
■JOIi * . ÂtfATOMIK PATHOLOGIQUE,
fait, se renqïntrent diezles animaux composant les quatre classes des vertébrés. '
1° Distome hépatique {Distommm hepaticum). — Le distome ou douw hépatique est un ver- d'uif blanc grisâtre, long de 20 à 30 millimètres, large de 6 à 10 miiKm., ovale, arrondi en avant où il se resserre brusquement d'où résulte une sorte de cou conique, rétréci en arrière et aplati en forme de feuille. Son extrémité antérieure présente une cupule de forme triangulaire, obliquement dirigée en dessous et dans laquelle se trouve l'orifice buccal (fig. 228). Vers le tiers antérieur du ventre, il existe une autre cupule, sorte de ventouse qui n'est vraisemblablement qu'un organe d'adhérence. Du suçoir buccal part un œsophage qui se divise bientôt en deux branches grêles formant un intestin ramiiié qui se termine à l'extrémité postérieure par un orifice béant. Les sexes sont réunis, et les orifices génitaux, contigus, sont situés au milieu de l'intervalle des deux ventouses; le pénis est cjliodrique, saillant, contourné en spirale; les ovaires sont ramifiés ; l'oviducte contient des œufs Jaunitres pourvusd'un opercule et longsde 0""",13èO"",H. Le distome hépatique se rencontre chez des animaux très-divers, particulièrement chez les nuninants, le mouton surtout ; il habite en général les
O conduits et la vésicule biliaire, sans en (aire un sé-
jour exclusif. Quelques faits témoignent de sa pré-
n nna n- . — scnce daus les voies biliaires de l'homme; nuii
Fig. 22d. — a. Diilome bépuique. h. œuf ;roMi dans aucun d'eux il n'est fait mention des désordres
p"^' IX'-T».^ "'«'"''"' f" '« "'■ ' f^ '°"''''''" le <»• »pvaine). porté par P. Frajik, d'une jeune fille de huit ans
qui mourut épuisée et amatgrie ^u milieu de convulsions, après une longue diarrhée et de vives douleurs dans la région du foie. Plus nremeat ces entozoaires ont été rencontrés dans l'intestin ou rendus par le vomissement. Dutal en a trouvé une fois cinq dans la veioe porte-
L'étiologie du distome hépatique de l'homme est encore obscure ; maii il est vraisemblable que cet animal arrive à l'état de cercaire dus l'intestin et qu'il passe de là dans les voies biliaires. Il paratt d'aillenn qu'il peut se développer dans le tissu cellulaire sous-cutané; Gîe^ff trouva dans une tumeur de la plante du pied deux vers parasites que Frey et de Siebold reconnurent pour être des distomes hépatiques.
BiBUOGRAPHiE. — Pallas, Diss. de infest. viventibus intra viventia. Lugd- Batavor., 1760, p. 5. — J.Frank, Decitrandishom, morbisepitomcWenniB^iSiO, t. V. — Mehi-is, Observ. anat. de distomate hepatico et lanceolato, Gœtlinguc, 1825, p. 6(i. — DuVAL, Note sur un cas de distome hépatique {Gaz, méd. de Paris, 1842, p. 769). — Frey, MitthciL dei^ Naturforsch. Gesellscliaft in Zurich, 1850, l. II, p. 89. — Da VAINE, lac ciï., p. 250 et 315. — Lepckart, Die mmschlichen Parasitent t. I, p. 543, 1863. — Biermer, Distomum hepaticuni beimMenschen {Schweizensche Zeitschrift furîleilkunde, t. H, 1863). — 0. Wyss, Ein FaU von Bistomnm hepaticum beim Hienschen {Archiv der Ileilkutide, 9* anndc, 1868, p. 172).
2** Distome lancéolé {Distomum lanceolalum). — Ce ver est plus petit et plus rare que le distome hépatique. Son corps, long seulement de 6 à 9millim., large de 2 millim., est très-aplati, lancéolé, demi-transparent et blanchâtre. Ses deux cupules ou ventouses sont circulaires et situées sur la ligne médiane. L'intestin est droit et sans ramifications; les œufs se voient à travers les téguments, et, suivant leur développement, ils sont bruns ou noirâtres.
Le distome lancéolé croît comme le distome hépatique, et souvent avec lui, dans les canaux biliaires, mais parfois aussi dans la vésicule biliaire et dans l'intestin, chez le mouton, le bœuf, le lapin, le porc, et trèsrarement chez rhomme. Les distomes observés par Buchholz (Jôrdens, Entom. undHelm. d, menschen Korpers, 1802, p. 65) et Chabert (Rudolphi, Hist. nat.y t. 1, p. 327) appartiennent à cette espèce. Ceux qu'a rencontrés Busk» non dans les canaux biliaires, mais dans le duodénum d'un matelot
. originaire de Tlnde, doivent également y être rapportés (Budd, Diseases of ihe liver, London, 1852).
Distome hétéwphye {Distomum heterophies, de Siebold). — Cette douve a
été trouvée deux fois, en très-grand nombre, en Egypte, par Bilharz, dans
l'intestin grêle de l'homme, où elle n'avait produit aucun phénomène par-
«tîculier. Elle est longue de 1 millimètre environ, large de 0"'",5. Son corps
«si ovalaire, un peu plus dilaté en arrière qu'en avant, déprimé et de couleur
• rougeâtre. Il présente une cupule buccale petite, en entonnoir, et une cupule abdominale douze fois plus grande que cette dernière. La bourse da pénis, qui ressemble à une ventouse, est couronnée par un cercle
. incomplet de 72 soies cornées. Les testicules sont en arrière. Les œufs sont rouges.
3® Distome ophthalmobie{ Distomum ophthalmobium, deDiesing). — C'est un ver peu différenlde l'espèce qui précède. Il a été trouvé par Gescheidt [Zeitschr. f, Ophth, von Ammon, 1833), entre le cristallin et sa cupule dans un cas do
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cataracte congénitale. Il s'agissait d'un enfant de cinq mois qui portait quatre distomes.
U* Distome hématobie(Distomum hcematobium^Bllbarz). — Ce distome a été trouvé en Egypte par Bilharz, et pour ce motif il a été désigné par Cobbold sous le nom de Bilharzia hœmtUobia, C'est un entozoaire allongé, mou, lisse et blanchâtre, bisexué, mais dont les deux sexes sont tellement dissemblables et par la taille et par la forme, qu'on serait tenté de les considérer comme des animaux très-diiïérents. Le mâle, long de 8 à 10 millimètres, présente une partie antérieure ou tronc comme déprimée et lancéoli-e, un peu convexe en dessus, plane ou concave en dessous, et une partie postérieure (queue) cylindrique, huit ou neuf fois plus longue que le tronc
FiG. 229. — Distomes hématobies mâle et femelle, fortement grossis d'après Bilharz. a, b^ c, la femelle, en partie contenue dans le canal gynécophore ; (/, son corps vu par transparence dans le canal ; t, k^ g, le mâle. ef, canal gynécophore entr'ouvert en avant et en arrière de la femelle qui a été en partie extraite de ce canal ; ^, /«, limite vers le dos de la dépression de la face ventrale constituant le canal ; t, ventouse buccale; k, ventouse ventralu; entre t et h le tronc ; en arrière de h, la queue.
FiG. 230. — Œufs da distome liéw lobie ; o^ ces œufs renfermés dans m mucus épais (50 diamèlret); 6, ks mêmes œufs contenus dans rsmi (100 diamètres) (d*après Uarley);e, embryons libres ciliés (diaprés Robeiîkl.
(fig. 229), Tout à fait en avant, dans la région céphalique, on renunpe une sorte de cupule un peu inférieure et à peu près triangulaire. En dessous du tronc, on voit une autre cupule de la même grandeur que b précédente, mais orbiculaire. A partir de cette dernière, existe une rainmt longitudinale (canal gynécophore), dans laquelle se trouve logée k femelle, conune une épée dans son fourreau, montrant la partie céphaliqtf
eu avant et la queue en arrière entièrement libre. Le pore génital mâle est situé entre la rainure et l'exlrémilé caudale.
La femelle esl beaucoup plus petite que le mâle, surtout plus grêle, effilée et légèrement transparente. Son corps, d'apparence rubanée, diffère de celui du mâle en ce qu'il n'est pas formé de deux parties nettement distinctes ; sa queue n'a point de rainures. Les œufs sont ovales, prolongés en pointe d'un côté; l'embryon est mou et couvert de cils vibratiles à sa sortie de l'œuf (fig. 230).
Cet entozoaire habite, chez l'homme, les branches du système de la veine porte et les veines des bassinets, des uretères et de la vessie. Il ne parait point occasionner de désordres dans les troncs principaux de ces vaisseaux, mais il en détermine dans les capillaires et les membranes muqueuses des voies urinaires et digestives, non pas en Europe, où il n'existe pas, mais au Cap de Bonne-Espérance et en Egjpte. Il est tellement fréquent dans ce dernier pays, que sur 363 autopsies Griesingcr l'a trouvé 117 fois. Il parait plus commun de juin à août, et plus rare de septembre à janvier.
Les désordres les plus sérieux que détermine ce parasite ont leur siège dans les voies urinaires. La membrane muqueuse vésicale présente, à sa partie postérieure surtout, des taches plus ou moins 'circonscrites, dont les dimensions varient depuis l'étendue d'un grain de chènevis jusqu'à celle d'une pièce de un franc. Formées par une hyperhémie très-forte et un exlravasat sanguin, ces taches se recouvrent d'un mucus épais ou d'une matière gris jaunâtre qui renferme des œufs de distome ; dans quelques cas elles sont surmontées d'une croûte calcaire constituée par ces mêmes œufs et les sels de l'urine. D'autres fois, ce sont des excroissances ou des Tégétations isolées ou agglomérées, de la grosseur d'un pois à celle d'un haricot, jaunâtres et ecchymosées, verruqueuses ou fongueuses, à formes variées et comparables aux condylomes. Ces excroissances, dont le sié^e est le tissu sous-muqueux, laissent la membrane muqueuse à peu près intacte ou simplement épaissie; à leur base existent des distomes hématobies avec leurs œufs. Semblables altérations se rencontrent sur la membrane muqueuse des uretères et sur celle des bassinets. Ce sont toujours des plaques saillantes, d'un gris jaunâtre, recouvertes d'une couche de graviers , d'un noir foncé, constituée par une agglomération d'œufs de distomes, vides ou contenant un embryon, par des globules san- ^ins et des cristaux d'acide urique. L'uretère, dont la muqueuse est épaissie, se trouve en même temps rétréci, d'où la rétention de l'urine et la dilatation plus ou moins considérable de ce canal et du bassinet, l'altéra-* Uon secondaire des reins et quelquefois la suppuration de ces diverses
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parties. Dans certains cas enfin, les œufs du distome hématobie constituent le noyau de véritables pierres dont les couches extérieures soDt formées d'acide urique. Cette circonstance est sans doute la cause de b fréquence des calculs urinaires en Egjpte.
Ces désordres des voies urinaires retentissent généralement peu surlorganisme. Malgré Texistence d'une douleur plus ou moins vive dans la région rénale, surtout quand il y a des hémorrhagies, le malade digère el conserve les apparences de la santé; pourtant il devient apathique, paresseux, et tombe dans une anémie plus ou moins prononcée. Plus rarement, il survient, comme l'a vu Griesinger, une altération grave de la santé, êtes dernier lieu la mort à la suite d'une pneumonie, d'uïie dysenterie ou d'une maladie aiguë à forme typhoïde. En tout cas, les individus porteurs de distome hématobie sont aiïectés de fréquentes hématuries. Tenant compte de la répétition de ce symptôme, Griesinger a été conduit à émettre l'opinion que l'hématurie endémique des pays chauds pouvait tenir à la présence du parasite dans les voies urinaires. Cette hypothèse fut pins tard confirmée par l'étude que fit John Harley de trois malades atteints, roo de l'hématurie endémique du Cap de Bonne-Espérance, les deux autres de la javelle consécutive à cette affection. Dans l'urine de ces malades, examinée au microscope, l'observateur anglais découvrit un grand nombre d'œufs de distome hématobie, dont quelques-uns renfermaient un embryon, enchevêtrés dans des cylindres ou filaments muqueux, et de plus des corpuscules sanguins, des cristaux d'acide urique et des urates.
BiDUGGRAPHiE. — BiuiARZ, ZeitschHft fur wissênschaftl. Zoologie, t. IV. — Griesinger, Archiv der physiol, Heilkunde, t. XIII, p. 571, 1866. — Du même, Archivdei'IIeUkundeji. Vil, p. 96, 1866. — Davaîne, Traité des entozoair&,eic. Paris, 1860, p. 312. — J. Harley, Endémie Hœmaturia of the Cape of Gwi Hope {Mcd. chirurg. transact.y t XLVll, p. 15, 186^, 1. LII, p. 379). — Ro- BERTS, On urinary and rénal diseases, London, 1872, p. 582. — Lscoun, COBBOLD^ , loc. dt.