‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 82 sur 104 · II. — Monoslome · texte numérisé non relu

II. — Monoslome

Le genre monostonie se distingue du genre distome par l'existence d'oo^ seule ventouse ; il comprend plusieurs espèces qui se trouvent principale ment chez les oiseaux, les reptiles et les poissons^ dans l'intestin et dits d'autres organes ; une seule de ces espèces a été rencontrée chez rhomoK.

Le monostome de l'homme {Monostomwn lentis) a le corps déprimé; il est long de 0»",21 . Nordmann l'a trouvé dans un cristallin aiïecté decatiracle. Ce cristallin, qui provenait d'une femme Agée, renfermait huit moooslomes logés dans les couches superficielles de la substance de la lentiBe.

§ 3. — CESTODES.

Les cesloïdes (xwtô;, ceinlurc, Lumbn'ci des anciens auleurs, vers plats, vers rubanés des auteurs modernes) sont des vers qui, à toutes les périodes de leur existence, liahilent en parasites dans les tissus ou dans les cavités des organes, chez les animaux vertébrés ou invertébrés. A Tétat de larve, ils ont le plus ordinairement la forme vésiculaire, et occupent les tissus ou les parenchymes qu*ils compriment; à l'état adulte, ils prennent la forme rubanée et vivent exclusivement dans Tintestin grôle des animaux vertébrés. Dans cedernier état, ils présentent un corps aplati et annelé, aminci vers une de leurs extrémités, laquelle est fixéedans la paroi de Tinteslin, tandis que par l'autre extrémité ces vers flottent librement, dirigés d'avant en arrière dans le sens du cours des matières intestinales.

L'extrémité amincie se termine par un petit renflement ou tète munie de quatre ventouses ou fossettes musculaires contractiles, et souvent d'une trompe armée de crochets ou inerme. Le corps est composé d'articles agrégés ou segments nombreux, pourvus d'organes génitaux, mâle et femelle, d autant plus considérables qu'ils sont plus éloignés de la tôte. Les segments postérieurs, qui chez beaucoup d'espèces peuvent se séparer et vivre pendant quelque temps, à l'état de liberté, dans la cavité intestinale, sont désignés depuis les temps les plus anciens sous le nom de cxicurbitins. Les naturalistes modernes ont donné aux diverses portions des cestoïdes,qui représentent autant de phases successives de développement, des dénominations nouvelles : la tête est appelée scolex, le corps sfrobilcy le segment libre progioUis (Van Beneden).

Le lien qui réunit ces phases de développement est aujourd'hui bien connu : chaque article du ver plat ou ténia est à la fois mâle et femelle. A l'époque de la génération, les ovaires se gonflent et se remplissent d'une énorme quantité d 'œufs ; les articles se désagrègent, se séparent et deviennent indépendants. Entraînés par les matières fécales, ces articles ou cucurbitins se désorganisent, et les œufs qui les distendent sont ainsi disséminés. Ces œufs conservent longtemps leur propriété germinative ; ils résistent à l'élévation et à l'abaissement de la température, à l'action de la sécheresse et à celle de l'humidité, à celle de l'eau et même àcelle de l'alcool. Si, par hasard, ils sont introduits par les aliments ou par les boissons dans la cavité digestive de l'homme ou de certains animaux, l'embryon qu'ils renferment devient libre par la dissolution des enveloppes, il perfore la muqueuse digestive, et soit directement» soit par l'intermédiaire du courant sanguin ou lymphatique, il est transporté dans un parenchyme quelconque ou dans une membrane séreuse, dans le tissu conjonctif, en un mot. Là, cette es-

pècede larve rudimentaire devient, ou pour mieux dire engendre par voie agame, un nouvel individu engalné dans sa propre mère, lequel s'enkyste dans le sujet infecté, comme une chenille dans le cocon où elle doit se transformer en chrysalide (Van Beneden). Cette seconde larve présente une tète avec quatre suçoirs, une double couronne de crochets et un cou médiocrement long, lequel se termine par une ampoule membraneuse, immense phlyctèneà parois délicates, remplie de sérosité, dans laquelle le jeune animal peut, en se contractant, s'enfermer et s'abriîer. Il vit ainsi au sein de son kyste, comme un cynips dans sa noix de galle ; il est aloi*s connu sous le nom de ver vésiculaire ou hydalique ; sous cette forme il a quelquefois la propriété de produire par gemmiparité des individus semblables à lui.

Si cette larve et sa lignée ne peuvent sortir du parenchyme dans lequel elles sont enkystées, leur évolution ne dépasse pas Tétat de ver vésieulaire ou hydatique. Mais que cette larve soit introduite par les aliments ou par les boissons dans le tube digestif de l'homme ou d'un autre animal, elle s'attache (avec ses crochets et ses oscùles) aux parois de la muqueuse; bientôt elle perd son ampoule qui s'aiïaisse par exosmose et prend l'aspect d'un appendice aplati. L'animal devient plus transparent,alIongé, rubané, et produit une multitude d articulations successives, d'organismes particuliers, situés bout à bout et vivant d'une vie ^mmune, quoique pourvus chacun de tous les éléments indispensables à son individualité. Cette chatne de zoonites, qui peut être regardée comme un autre mode de reproduction, constitue l'état parfait de l'animal, celui de la reproduction.

Or ces différents états se rencontrent quelquefois chez l'homme, et partant, nous étudierons les cestodes et les désordres qu'ils occasionnent dans les deux grandes étapes de leur développement, à l'état complet et à l'état de larve. Ces parasites forment deux grandes familles qui prennent leurs noms des principaux individus qui les composent : la famille des téniadées et la famille des bothriocéphalidées.

Bibliographie générale. — Von Siebold, Ueber Band und Blaserwurmer^ 1854.

— P.-J. Van Beneden, Les vers cestoides. Bruxelles, 1850. — Stur les vers intestinaux. Paris, 1858. — Gervais et Van Beneden^ Zoologie médicale, Paris, 1859.

— G. Wageneb, Entwickelyng d. Ccstoden. Breslau, 1854. — KNocn, Teèer die Verbreitung d. menschlichen Cestoden auf dem Continente Westeuropas (BerJts. hlin. Wochenschrift^ 30, 32, 1864). — Bajllet, Expéi\ sur V organisation et ii reproduction des cestoïdes du genre tœnia {Anii, des se. naturelleSy U* série, t. X, 1858, et Hist nat, des helminthes des prifwipavj: anvnaux domestiqua* Paris, 1866). — Krabbe, Recherches helminthologiques en Danemark et en Islande. Copenhague, 1866. — Cobbold, Entozoa. London, 1869. — Megnin, Svr U développement des cestoïdes inermes (Comptes rendus de VAcad. des sdem», 13 mai 1872, et Joum. de Vanat. de Robin, 1872). — Ch. DAVAuni, les O»-

toides {Dict encyd&p. des se, méd., t XIV, p. 567, 1873), — Voyez les traites de Rudolphi, Bremscr, Dujardin, Kûchenmeister, Davaine, Leuckart

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