‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 4)Chapitre 86 sur 104 · Des mutes · texte numérisé non relu

Des mutes

sembUbtes

le renconlrenl

lor 1B tète.

olemenl, vit les conidies de 2e

760 ÀNATOMIB PATHOLOGIQUE.

d'autres expérimentateurs n'ont pas obtenu les mêmes résultats, de sorte que ces données, pour être acceptées, demandent à être confirmées par de nouvelles recherches.

Le chien et le chat, mais surtout la souris et le rat^ sont des animaux sujets à Taflection qui nous occupe. On trouve chez ces animaux, dans certaines régions, principalement aux pattes et à la naissance de l'ongle, des croûtes épaisses, cassantes, d'une couleur jaune soufre ou gris terne ; elles affectent, grâce à une dépression centrale et à une élévation des bords, la forme d'un godet dont le diamètre varie depuis un à deux millimètres jusqu'à un centimètre. Par la suite, les godets faviques se multiplient, s'étendent en surface et se réunissent.

Étiologie, — Le favus nous vient quelquefois de nos semblables, le plus souvent des animaux, et ainsi s'explique le fait de la plus grande fréquence de cette affection dans les campagnes et de sa rareté excessive à Paris. Bazin et son élève Deffis ont démontré la transmissibilité du favus par inoculation de l'homme à Thomme. Saint-Cyr, après avoir répandu sur la tête d'un chat épilé à l'aide d'un épispastique de la poussière faveuse provenant d'un autre chat, et fixé pendant deux jours cette poussière parun emplâtre de diachylon, a vu apparaître sur la surface dénudée un ou plusieurs tubercules grisâtres, très-petits, doux au toucher, ayant à leur centre une dépression traversée par un ou plusieurs poils. D'abord grise, la croûte prit ensuite une teinte soufrée, d'autres godets se formèrent au voisinage du premier, puis ils s'agrandirent, se [rencontrèrent et finirent par se confondre. Le même expérimentateur, après s'être assuré que la teigne du chat se communique au chat, inocula à cet animal la teigne de l'enfant et obtint les mêmes résultats. Ainsi, la teigne de Thomme est transmissible aux animaux ; la réciproque est également vraie, car Tripier de Lyon, s'étant inoculé au bras la teigne de la souris, a obtenu deux godets bien caractérisés. Conséquemment, il y a lieu de croire que ce sont les animaux les plus inférieurs qui, en raison de leur genre dévie, contractent le favus qu'ils transmettent aux animaux domestiques plus élevés, lesquels le communiquent à l'homme. D'un autre côté, si la transmission du fa^ns a lieu par inoculation^ on comprend qu'elle puisse se produire par un contact médiat ou immédiat, principalement sur une partie privée d'épithélium; h contagion par l'air est à notre sens fort douteuse, bien qu'admise par Bazin. Indépendamment de ces conditions absolument nécessaires à la transmission du favus, il est des circonstances plus ou moins favorables an développement de cette affection. La contagion, facile à produire chex les jeunes animaux, présente des difficultés chez les animaux adultes. Le

PARASITES VEGETACJX. 761

Tavus, il est vrai, se rencontre à tout âge chez rhomme, mais il est plus commun dans l'enrance et chez les individus lymphatiques ou scrofuleux. En ce moment même, j'observe cette affection chez deux enfants débilités par une mauvaise alimentation et récemment entrés dans mon service à leur retour de la campagne, où ils étaient en nourrice ; chacun d'eux jouait habituellement avec un jeune chat. La malpropreté et la misère favorisent le développement de Tachorion ; d'autres circonstances y prédisposent, malheureusement nous les ignorons. Jusqu'ici, en effet, il est impossible de dire pourquoi le favus inoculé à plusieurs individus s'arrête chez quelques-uns, continue de croître chez quelques autres, ou même ne peut germer.

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3* Trichophytùn tonsurans (Malmsten). Teigne tonsdrante. — Ce champignon, cause déterminante de. l'herpès circiné, de la teigne tonsurante et de la mentagre, se compose de filaments articulés constitués par des spores enchaînées en filaments moniliformes qui se développent dans l'épaisseur de la substance des poils en suivant la direction de leur longueur (fig. 256). Ces spores sont rondes ou ovales, transparentes, incolores, à surface lisse, d'un diamètre qui varie entre 0,003 et 0,006; quelques-unes offrent une tache distincte ou un noyau mal circonscrit,

AMATOKIB PiTBOLOGlQDB.

d'autres sont étranglées vers leur milieu (Ch. Robin). Ce champignon, l'on en croit Hallier et Pick, appartiQîidrail fi une végétation infériei du Pénicillium glaucum.

Le Irychophyton siège de pi'érérence sur les régions couvertesde mais il ne paniîl pas que te cuir chevelu soit un milieu qui en fnvorii l'eslension, car il s'y multiplie peu. Les caractères objectiTs de l'alTecIron qu'il détermine varient avec la région lésée et diffèrenl notablement suivant que le cuir chevelu, la lace ou le troncsont le siège de la lonaliat.'' tien. Le trichophylon prend naissance, au cuir chevelu, h rinlérieur cheveux sous forme d'un petit amas de spores ari-undies. Au fur à mesure que le cheveu s'accroît,, cryptogame pousse de son cdté; une fois que la partie envahi) aiTivéeàdeuxou trois millimëlresnidessus du niveau de l'épidenne, \t cheveu se brise. Ainsi la présencede ce végétal détermiTie hi rupture des poiis, d'où calvitie plus ou moins étendue; en outre, elle provoque dans quelqi cas la formation d'élevures el croûtes qui recouvrent les parties surées. Sur la face on voit apptraKi* des jxiints rouges légèrement saiUuilf> ou de vérilahles lâches érythénuteaus cireutaires, dont les dimt'iisioDS nh rient depuis l'étendue d'une piè»

vingt centimes jusqu'à celle i' pièce de deux francs. Ces plw quelquefois h peine surélevées, d'autres fois saillantes, du mo leur circonférence où existe un tiou> relet sensible à l'œil nu ot au iàfi

ment »lûfc.j

■HnB

Fir. 25G. — TigB du cheveu £ cnué« an niveau de la peau c et ipontanéiiient , rompue i'i quelques iDÎIliniëlres au-dei- '

sus a. Celle liga est infiltrée do chaînes (érythème cifciné et marginé). Au IM Lrri.'ÎSÏÏÏLtaZ:'''''- 1'""« PH"«o« d-nncKleérr matcux, un cercle vésiculcux à u sion progressive trahit quelquefois, au tronc ou fi la face, surlout i période un peu plus avancée, la présence du champignon; il arrive* de voir plusieurs cercles vésiculeux concentriques (herpôs iris). Deséi lions pustuleuses signalent encore dans certains cas le début de l'alTMl principalement lorsqu'elle occupe la face; plus rarement ce sont d'

PARASITES VEGETAUX. 763

sions papuleuses, surtout si le dos de la main et le poignet sont le siège du champignon, et parfois des dartres furfuracées. Ainsi ce parasite, germant dans le tissu cutané, y joue comme Tachorion le rôle d'un corps étranger, d'une épine, et provoque des éruptions qui varient suivant son siège, la constitution du sujet, et probablement aussi suivant d'autres circonstances que nous ne pouvons encore apprécier. En même tçmps, le poil change de couleur, il devient terne, sec, friable, et finit par se casser à quelques millimètres de la surface tégumentaire.

A une période avancée, le champignon se montre tout à la fois sur les poils brisés et à la surface de l'épiderme. Sur les poils, il prend la forme d'une gaîne amiantacée d'un blanc mat, complète ou incomplète ; à la surface de l'épiderme, il donne lieu à une substance blanchâtre floconneuse ou lamelleuse de teinte blanche, de sorte que l'ensemble peut simuler une surface couverte de gelée blanche. En dernier lieu, le trichophyton qui a envahi le follicule pileux détruit la capsule et le bouton, arrive jusqu'à l'organe sécréteur du poil et l'enflamme; de nouvelles éruptions symptomatiques se manifestent, et l'inflammation, fixée dans des parties plus profondément situées, a une durée plus longue et des caractères différents de ceux qui appartiennent aux éruptions primitives. Dans quelques cas enfin, il n'existe plus que des pustules accompagnées ou suivies d'induration profonde, des nodosités, de véritables tubercules cutanés ou sous-cutanés : c'est alors que le végétal détruit par le pus disparaît de la gaine du poil et que la guérison spontanée peut avoir lieu; autrement, il faut pratiquer l'épilation et faire usage d'un agent parasiticide.

La teigne tonsurante n'existe pas seulement chez l'homme, elle se rencontre encore chez un certain nombre d'animaux et principalement chez le bœuf, le cheval, le chien et le chat. Ce fait, des plus importants à connaître, nous renseigne sur les conditions étiologiques de l'affection trichophytique de l'homme. Les observations de Reynal, Baerensprung, Vincens, et les nôtres, ont en effet démontré d'une façon positive que le trichophyton est transmissible des animaux à l'homme; aussi, je ne doute pas que le plus souvent nous recevions cette affection des animaux domestiques. J'ai soigné trois enfants qui étaient affectés d'herpès circiné à la face, au cou et aux mains pour avoir joué avec de jeunes chats trouvés par hasard dans un grenier. L'affection dont chacun d'eux était atteint correspondait parfaitement aux points qui sont ordinairement touchés lorsqu'on vient à porter un jeune chat sur son épaule et à le caresser. Une autre fois j'ai été consulté par un soldat d'un régiment de chasseurs à cheval, qui présentait sur les bourses et sur

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ravant-bi*as des plaques d'herpès circiné. Or l'avant-bras malade était précisément i^ gauche, c'est-à-dire celui qu'on a l'habitude d'appliquer sur la peau du cheval que l'on panse ; quant à l'affection du scrotum, elle provenait sans aucun doute du contact des ongles.

La cause efficiente des affections produites par le Trichophyton tonsurans est par conséquent la transmission de ce parasite d'un animal à l'homme, ou de ce dernier à son semblable ; mais il faut ajouter que, pour germer et se développer, le trichophyton a besoin, comme l'achorion, d'un terrain approprié, et qu'il a surtout de la tendance à se produire chez les jeunes gens et sur les personnes lymphatiques.

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août 1874). — Halberg, Ibid., 27 sept 1875.

4« Microsporon furfur. Ce. Robin. Pityriasis versicolor. — Ce champignon, encore désigné sous le nom de Mycoderma EichstadUi, se compose d'un mycélium formé de filaments ondulés, transparents, courts et ina^ ticulés, sorte de cellules étroites et allongées, dépourvues de granules intérieurs, quelquefois bifurquées, formant avec leurs branches une couche à l'extérieur de la quelle sont les spores (fig. 257). Celles^i réunies en groupes ou amas situés entre les filaments, à contours simples

PARASITES TKG&TADX. 765

OU doubles, réfractent rortement la lumière ; elles mesurent de 0™,004 à 0"",006 de diamètre, sont sphériques, (ransparenles el* dép<Jun-ues, conime les filaments, de granules intérieurs.

Le Microsporon furfar est la cause du pityriasis versicolor, du pityriasis nigra, de quelques éphélides lenticulaires, etc. Il vil aux dépens de I epiderme dont il habile la couche cornée, mais il ne semble pas pénétrer jusqu'au corps muqueux de Malpighî ; il se développe sur toute» les parties du coqis, et principalement sur les régions du thorax et de l'abdomen. Ce parasite donne lieu à la

formation de taches cutanées dont ^ '^ '^ o &

la couleur varie du jaune pâle à un ^

jaune verdàtre foncé et presque noir. ^.^t^

Ces taches sont plus ou moins larges, ^ ^

diversement conRgurées : ici, ce sont des points isolés; là, de larges pla- ~^ ques arrondies, à bords réguliers ou légèrement festonnés; ailleurs, de vastes surfaces continues qui s'étendent à toute une région. Elles Fc 257 — Tub«a videt et »por«s «gb

sont le siège, au bout d'un certain "tt' «,?''"T'r ''"■^'"' ""î*""" '^ par la raclage de la peau au niieau

temps , lorsque le champignon a tl'une t«cbe de pilyriuii vcnicalor (450

rompu la lamelle extrêmement mince ^w"*''*')-

qui le recouvrait, d'une exfoliation furfuracée, formée tout à la fois de

débris épidenniques et de matière parasitaire.

Il n'est pas prouvé jusqu'ici que le Microsporon farfur nous vienne des animaux comme l'achorion et le trichophyton. Manifestement transmissible de l'homme à l'homme, ce parasite peut se propager par la dispersion de ses spores dans l'air ; j'ai été victime de ce dernier mode de propagation. Voulant placer dans mon Atlas d'anatomie pathologique un dessin microscopique du Microsporon farfur, je me rendis à l'hôpital Saint-Louis où je recueillis sur une feuille de papier ce champignon que j'avais gratté à )a surface de ta peau d'un malade; puis je mis cette feuille de papier dans la poche de mon gilet , et j'eus la maladresse de l'y laisser pendant plusieurs jours. Or environ un mois plus tard, ma femme me fit remarquer qu'elle portait sur la poitrine des taches qu'elle n'avait jamais vues et qui n'étaient autres qu'une éruption de pityriasis versicolor ; m'étant alors examiné moi-même, je me trouvai porteur de la même affection qui , sans aucun doute, m'avait été communiquée par les spores du champignon rapporté de l'hôpital Sainl-Louis.

On ne sait pas mieux l'origine du Microsporon furfur que celle de l'achoriifn el du trichophyton. Ce champignon, suivant Hallier, ne serait que Tune des formes (forme achorion) de Y Aspergillus glaucus qui végéterait et produirait des conidies entre les cellules épidermiques ; mais les recherches sur lesquelles s'appuie cet auteur n'ayant pas été confirmées par d'autres observateurs, son opinion ne peut être définitivement acceptée.

• Bibliographie. — Eichstaedi, Froriep's Notizen, 1846, vol. XXXIX, p. 270.

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5° Microsporon Audouinù Teigne pelade. — Ainsi dénommé par Gruby, qui l'a découvert en 1843 dans la forme de teigne qu'on appelait alors le Porrigo decalvans, ce champignon fut regardé comme la cause de cette affection que Bazin, plus tard, désigna sous le nom de pelade. Toutefois, la plupart des micrographes et des dermatologistes n'ayant pu retrouver le microsporon d'Audoin, on en vint à douter de son existence. Récemment, Courréges et Malassez ont de nouveau signalé la présence de ce cryptogame dans les pellicules que Ton obtient en raclant légèrement le cuir chevelu au niveau des plaques de pelade, bien plutôt que dans les cheveux de la périphérie de ces plaques. A la vérité, on peut douter qu'un cryptogame aussi superficiellement placé parvienne à produire les désordres anatomiques de la pelade, et par conséquent une étude nouvelle de ce champignon dans les différentes phases de cette affection semble encore nécessaire.

he Microsporon Audouini^ qui, suivant Gruby, commence son développement à la surface des cheveux, à un ou deux millimètres de répiderrae,esl composé de branches, de tiges et de sporules. Bazin admetqu'il est fonné de filaments ondulés, quelquefois bifurques, auxquels font suite des spores globuleuses, petites, d'environ 0 ,003 millimètres ; qu'il entoure, à sa sortie du bulbe, le cheveu qui se renfle ou se brise; qu'enfin il se propage dans le follicule pileux jusqu'au bulbe et déracine le poil, d'où la calvitie. Pour Malassez, ce cryptogame est uniquement constitué par des spores sphériques, très-petites, d'un volume qui varie de 0,002 à 0,005 millimètres, et qui forment parfois de petits chapelets de cinq à six spores ou plus. Bien qu'accidentellement rencontré sur les cheveux, ce champignon est rapproché du trichophyton par tous les observateurs.

Ces données divergentes, qui ont sans doute leur explication dans des études faites à des périodes diverses du mal, ne sauraient lever tous les doutes relativement à la nature de la pelade; pourtant, la marche clinique de cette affection ne différant pas de celle des lésions cutanées produites par des cryptogames, on peut, jusqu*à preuve du contraire, lui attribuer une origine parasitaire. Bazin lui-même admet qu'elle n'est souvent (ju'une variété de la teigne tonsurante. En tout cas, les poils offrent d'abord un aspect sale et terne; ils se décolorent, puis ils tombent en grand nombre, et Ton voit se dessiner des tonsures de l'étendue d'une pièce de deux ou de cinq francs, ordinairement ovalaires et remarquables par la décoloration du tégument à leur niveau. Le nombre de ces plaques d'un blanc de lait est variable : on peut en compter jusqu'à quinze et vingt, dispersées $ur le cuir chevelu. La décoloration de la peau témoigne d'une action spéciale exercée sur la matière pigmentaire ; mais il nous est difficile d'attribuer, comme certains auteurs, la disparition de cette matière à son absorption par le parasite, quand nous voyons la plupart des lésions parasitaires produire des colorations variées à la surface de la peau.

En présence de la divergence d'opinions sur le caractère du parasite dans la pelade , on est tenté de croire que sous cette dénomination sont comprises des affections diverses dont quelques-unes, peut-être, seraient parasitaires, tandis que les autres auraient une tout autre nature. Dans des expériences récentes, Homnd tenta d'inoculer la pelade non traitée à des jeunes chiens sans avoir jamais pu réussir; il n'eut pas plus de succès sur un jeune enfant Aussi ce pathologiste pense-t-il, avec d'autres observateurs, que la pelade n'est qu'une atrophie cutanée d'origine nerveuse.

Bibliographie. — Gruby, Comptes rend. Acad, des sciences, 1843, t. XVil, p. 301, et 1844, p. 585. — Bazin, Recherches sitr la nat. et le traitement des teignes. Paris, 1853. — Le môme, Leçons sur les maladies cutanées parasitaires. Paris, 1858, et Dict. encyclopédiq, desSc.méd., art. Microsporon, 1873. — Ch. Robin, Hist. nat. des végét. parasites. Paris, 1853, p. 426. — Courréges, Etude sur la pelade. Thèse de Paris, 1874. — Malassez, Note sur le champignon de la pelade (Archives de physiol. normale et pathol,, 1874, p. 203). — Horand, Considérations ^r la nature et le traitement de la pelade (Annales de dermatologie et de syphiliographie, t. VI, n» 6, et t. VII, n» 1).

6' Oïdium albicans (Ch. Robin). Muguet. — Le champignon du muguet est constitué par des filaments* lubuleux , sporifères, et par des spores globuleuses ou ovoïdes. Les filaments sont cylindriques, allongés, droits

I FÂTflOLOCrQUB.

OU incurvés en divers sens, lai'ges de 0,003 à 0,00^1 millimètres s à 0"'"60 de longueur, el raénie plus, suivant la période de leur àé menl. Ils sont nettement délimités, cloisonnés d'espace en espacée! formés de cellules iillongées, articulées bout à bout, el souvent sépai'ées par des étranglements; à 1 elal adulte, ils sont mmiliés, et les l'amilications sont composées de cellules plus courtes que celles des lilamenls. Ces diverses ^.j^,^ fj cellules renferment ordinairement quel-

ques granulations moléculaires de leint»

foncée , et souvent douées de mouvement brownien. L'extrémilé d'or giue ou adbérente des filaments est a cbée au centre de spores isolées Q mêlées avec des cellules épithéli^ tandis que l'exlrémilé libre ou sporîb est simplement arrondie ou se t< par une ou plusieurs sports j et ovales, disposées en série linéaîr renlermant des granulations (tig. !5( Les spores sont spbériques ou ovalM i bord net ou foncé ; elles réfracli fortement la lumière et contiennenl it poussière douée de mouvema brownieu. Elles adhèrent pour la |rii part au\ cellules épithéliales de la nu queuse buccale.

Ce champignon germe et sedérelopii principalement sur les membranes muqueuses de la bouche, de la g(xge,dti l'œsophage, même sur celle de l'estomac, où il est sans doute treniporli par la salive. Plusieurs fois il m'est arrivé de constater sa présence sur 1| muqueuse gastrique, pendantmonclinicatàl'llûtel-Dieu, chez des enTanl) morts d'inanition ou par suite d'une alimculAtion non appropriée à U âge. Il est quelquefois transmis au mamelon des nourrices, et oupvatro^ server ii l'anus, aux grandes lèvres et Jusque dans le vagin (HaussnuDn). Dans un cas rapporté par Zenker, il existait dans le cerveau, enmânK temps qu'un muguet de la bouche, du pharynx et de rœsopbage,despoiDls purulents qui renfermaient , outre des globules de pus, des filaments tubuleux parasitaires ayant, selon toute vraisemblance, leur origine dans It bouche ou l'œsophage d'où ils avaient été transportés par les vaisseaux U champignon du muguet a été trouvé par Parrot sur l'épiglotte, les cordes vocales inférieui-es, et jusque dans les alvéoles pulmonaires ; par contre

Fie 258. — Cellules épithilialei, fllameols et e porcs du muguet.

Les tubeiilu c1iam|)i([aan, régulièrement cjlindriquu, contiennenl des eranulei matéculoires dam leur cavitA L'extrémité d'origine eit cach£« danide< amas de sports el de lamellea épilhëlialei, l'aulru est arroadie, ou bien elle mes de cellules ovoïdes, articulées bout à bout ; les spores sphérïque ou ovales sont isolées ou réunies e chitiio(32l)diainitres}.

cet observateur ne Ta pas rencontré dans la trachée, et ne pense pas qu'il puisse se fixer sur les épithéliums vibratiles.

La membrane muqueuse de la bouche est celle qui permet le mieux de suivre l'évolution du muguet. D'abord cette membrane rougit à Textrémité de la langue, et bientôt la rougeur, de plus en plus vive, s'étend à toute la muqueuse buccale; puis on voit poindre sur cette muqueuse comme un semis de taches blanches plus ou moins rapprochéesles unes des autres, qui s'élargissent et se rejoignent pour former de petites lames mamelonnées. Celles-ci se montrent sur la langue, à la face interne des joues et des lèvres, enfin sur la voûte palatine et les gencives. Elles forment peu à peu des masses d'un blanc de neige éclatant, qui par leur réunion peuvent envelopper une partie ou la totalité de la langue et de la muqueuse des joues. En vieillissant, ces masses s'épaississent, perdent leur brillant, revêtent une teinte jaune ou brunâtre, à moins qu'il n'y ait une évolution très-rapide, auquel cas tout l'intérieur de la bouche peut apparaître comme recouvert de couches de lait concret. Les cellules épithéliales de la bouche se tuméfient, s'obscurcissent, s'infiltrent de granulations protéiques, et plus tard de granulations graisseuses ; elles sont le siège d'un véritable processus phlegmasique qui se propage jusqu'aux glandes.

Le muguet se voit principalement chez les nourrissons qui éprouvent de la difficulté à prendre le sein et qui font des tentatives infructueuses de succion, chez les jeunes enfants insuffisamment alimentés et affaiblis, chez les adultes dans le cours ou à la fin des fièvres graves, notamment la fièvre typhoïde. Le dernier stade de la tuberculose et de la carcinose et les maladies cachectiques en général prédisposent à cette affection. Une des conditions qui favorisent la germination et le développement du muguet dans ces diverses maladies , est, cx)mme l'a montré Gubler, l'acidité des produits de sécrétion muqueuse, et sans doute aussi une mauvaise nutrition des épithéliums. Le champignon du muguet se nourrit dans la bouche, surtout aux dépens de la salive; sa transraissibilité est fort contestable.

Suivant des recherches récentes (Hallier), le champignon du muguet ne différerait pas de Y Oïdium lactis, champignon de la fermentation lactique. Il serait produit par le développement du leptothrix, ainsi que cela aurait lieu en dehors de l'organisme quand on laisse le lait s'acidifier. Ces recherches ont besoin de confirmation avant d'être définitivement acceptées.

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Sole sw If mugitel (Gaz. métl. de Puni, 1852, p. 412). — U môme, £(tl sur Voriyiiie et les couditioi^ de développemont delamacéeiiHti'du muguet (Oidîil albicans) Mém. lu à l'Acail. de miJdecine, séance du 4 aoùl 1857. Paris, 18i

— Ch. Robin, IHilûin' naturelle des parasites vigétaux. Pdns, 1853, p. et pL 1. — ButN, Becherehes sur la nalare et le traitement des teigtia. Pi 18,î3, p. 12, pi. III. (Ig. 2. — Expis, Etude de la diphthtrite {Aixh. gin. mid., 1850, l, X.\ll, p. 281). — KucnENMtiSTER, Parnsiten, t 11, p. 110. 18S

— Reubolb, Archiv /- patA. Anat. nnd Physiul., 1854, I. VU, p. 76. — 8 CHAHUT, Aiinalen d. Serliner Chiirité, XII, 1, p. 1, 1864, et Schmidt's Jahr cher, 1. C.XXV, p. 130. — Ql-inouaud, Archives de physinlogie nom. rt jiatA 1868, l. i, p. 29D-305, pi. VIU. — J. Paiihot, Im mugiwt gastrique et deçi i/ucs autres localisations de ce parasite. Ibid., p. 504 cl 599.

rncryptogamedirréreutducli.iiiipignoii du miiguels'oliservc quelque sur la meinbr.iii^ muqueuse de la I gue, ù laquelle il donne une colorai noire toute particulière. Signalé Maurice Itaynand, qui a Taitconnà ses principaux cnractores, ce été retrouvé par nous û la surbce la langue d'un homme Siaé de c quante-neuf ans, et dont une futplus tiird atteinte de la mi lion. Quoique jouissant d'viretMi; santé, cGthommeétatt incomiBodè] une sensationde gène lêjïëro,eti fort inquiet de l'état de sa qu'il examinait plusieurs fois dans' cobrs de la même journée. Celle<ï{ii) sentait une coloration notre noncée, comme si on l'cill barbouiU avec de l'encre. Celte coloration, t[ se montra tout d'abord vers la paît moyenne de l'organe et en avant du ngual, setendit peu à peu, de fep»

à atteindre toute la face dorsale de la langue et fi laisser seuleraenl les bord* intacts et rosés (lig. 259). Elle Tormait une large plaque manifesteni< saillante et tout Ji fait noire, plus allongée dans le sens do l'axf

Vu.. ■:.

— liaiigue couvi^rle d

. aoirâlre limité à sa ■nie el caoslilué par des Cïlindres ipiUifliaux inElltrËi ilc spores.

PARASITES VtGfiTADX. 771

l'organe que dans le sens transversal, et nettement circonscrite sur ses bords. Cetle plaque tomenteuse, ou mieux viiieuse, représente une sorte de gazon touiïu, et semble constituée par de fins cbeveux, les uns entrecroisés, les autres régulièrement disposés principalement vers la poinlede l'organe où il exisie par momenls comme une raie médiane. Une spatule promenée à la surface de la langue ramène un magma noir, abondant, qui, agité dans l'eau, laisse voir un grand nombre de filaments semblables à des poils de différente grandeur, pouvant atteindre jusqu'à un centimètre de longueur.

Placés sous le champ du microscope et vus par transparence, ces filaments apparaissent sous la forme de petits cylindres d'uu jaune ocreux, oFTrantune partie centrale plusclaire, bordée de cbaquecAtépar une bande plus foncée. Ils sont formés d'éléments épilbéliaux fortement lassés les uns contre les autres, aplatis et souvent difficiles à reconnaître; leurs bords sont hérissés de lamelles épithéliales adhérentes |iarune extrémité, libres par l'aulre, et assez régulièrement étagées à la manière des barbes d'une plume (lig. 360). Traités par la potasse, ils offrent une structure épithéliale

Fie. 200. — Cjlindre «pîlhilial infillré de spores, a; aulre cjlindre uns inflltrilion, b. (100 djamitres).

FiG. 261 . — Tubei et iparei ohtenxa par le raclage de la langue représenlèe tlg. 259 13S0 dÎBDièlrei).

encore plus nette, qui ne manque pas d'une certaine analogie de structure avec les poils ou encore avec les ongles (M. Raynaud). Ces cylindres qui.

772 anàtohib pathologique.

en somme, ne sont que le revêtement épithélial hypertrophié et allonge des papilles filiformes de la langue, offrent, sinon tous, du moins un certain nombre, comme incrustés à leur surface des corps cellulaires très-réfringents, insolubles dans Téther, ordinairement disposés en amas, et qui sont manifestement des spores. Ces spores, sphériques, plus rarement ovoïdes, ont un diamètre qui varie entre 0,004 et 0,0U5 millimètres; elles sont réunies en petits amas plutôt que disposées en chapelet; ordinairement attachées aux cylindres épithéliaux, elles sont quelquefois libres ou fixées sur des cellules épithéliales isolées (fig. 261).

Il existait en outre, chez mon malade, des tubes sporifères, ondulés, ramifiés, comme l'indique la figure 261. Toutefois ces tubes n'ont peuL être pas une existence constante, car après les avoir trouvés une première fois en compagnie de nombreuses spores , il m'a été impossible de les rencontrer une autre fois, alors que les spores étaient d'ailleurs moins abondantes; mais il est juste de dire qu'à cette époque le malade était depuis près d'un mois soumis à un traitement par le chlorate de potasse et le bicarbonate de soude.

L'impossibilité d'avoir sous la main le malade porteur de cette aflection ne m'a pas permis de faire une étude suivie du végétal dont il est ici question. Néanmoins j'ai tenu à en donner un dessin, lequel, je l'espère, pourra servir à des observations ultérieures. L'hypertrophie épithéliale et la présence d'un champignon sont évidemment la cause de la coloration si particulière de la langue; mais lequel de ces deux éléments joue ici le principal rôle? Il me serait difficile de le dire; je n'oserai toutefois avancer avec Maurice Raynaud que c'est l'épithélium d'abord transformé en cylindre filiforme, car si parfois on ne trouve pas de spores, il n'est pas certain que celles-ci n'aient pas existé au préalable.

Bibliographie. — Eolenberg, Ein sckwarzer ZungenhéUg {Archio f, physid, EeUkande, t. XII, p. &90. Stuttgart, 1853). — Maurice Ratnaud, Me svr une nouvelle affection parasitaire de la muqueuse linguale (Mém. lu à la Soc. méd. des hôpitaux le 26 février 1869, et Union mid., sér. 3, t. MU, p. S, 1869). — E. Lancereaux, Société méd. des hôpitaux^ 1876.

§ 2. — SCHIZOMYCÈTES (NaGELI). FERMENTS.

Le nom de schizomycètes (<jxtf;«i diviser, f^iw»; champignon), qui est de dale récente, sert à désigner un groupe de champignons composés (k

cellules incolores, de formes diverses, le plus souvent sphériques ou ovoïdes, isolées ou réunies en chaînettes par l'intermédiaire d'une gangue glutineuse, et susceptibles de se multiplier par division.

Les champignons de ce groupe vivant à Tétat parasitaire ne déterminent aucun effet mécanique; ils absorbent, au contraire, pour vivre une portion des substances organiques solides ou liquides en présence desquelles ils se trouvent, et partant ils exercent sur ces substances une action chimique en vertu de laquelle elles sont dédoublées ou décomposées en principes de plus en plus simples, d'où le nom de ferment donné à ces cryptogames. C'est de cette façon que ces êtres inférieurs peuvent produire les désordres les plus considérables, tantôt sur les tissus, tantôt sur le sang des animaux sur lesquels ils viennent à se développer. Or si Ton tient compte de l'évolution définie et de la contagion de la plupart des maladies épidémiques, il est au moins raisonnable d'admettre la possibilité de l'influence de ces agents dans la genèse de ces maladies.

Ces parasites présentent des formes et des propriétés très-diverses ; aussi croyons-nous devoir séparer leur étude en deux parties : la première comprendra les organismes dont les formes végétales sont nettement déterminées; la seconde renfermera ceux qui, en raison de leur faible volume, de leurs formes et de leurs propriétés spéciales, ne sont pas encore définitivement rangés dans le règne végétal.

1» Sarcina ventricuU (Goodsir), Uerismopœdia venir iculi (Ch. Robin). — La sarcine est un végétal qui, chez l'homme, se présente sous la forme de masses généralement cubiques ou prismatiques, avec des angles quelquefois arrondis ou irréguliers. Plus lourdes que l'eau, ces masses se déposent au fond des matières vomies et des liquides ; elles sont incolores et transparentes, ou bien légèrement brunâtres et peu réfringentes, teintées en brun ou en jaune foncé. Elles sont formées de cellules cubiques rarement allongées, prismatiques, à angles mousses, et plus ou moins irrégulières, qui ont en moyenne 0"'",008 de côté, et qui présentent vers le milieu de chaque face une légère dépression d'où parlent, en s'écartant à angle droit, quatre sillons donnant lieu sur chaque face à quatre petites saillies arrondies (fig. 562). Situées les unes à côté des autres au nombre de quatre, huit, douze, seize, trente-deux, etc., ces cellules sont maintenues par simple contact ou à l'aide d'une petite quantité de matière mucilagineuse susceptible d'être gonflée ou détruite

nil ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

par les alcalis et les acides étendus, sans modification aucune de Télément figuré. Chacune d'elles est composée d'une masse homogène sans noyau ni granulations, ou bien renfeiine de deux à quatre noyaux, et souvent trois. Prismatiques, allongés, à angles arrondis, les noyaux ont une teinte qui varie du brun jaunâtre au brun clair. Les sarcines se multiplient d'une manière continue par division ou segmentation quadruple, en donnant naissance à des cellules d'abord arrondies, plus lourdes que l'eau, qui tombent au fond des liquides.

Le milieu dans lequel se rencontrent ces parasites est ordinairement le contenu liquide de l'estomac, dans certaines conditions morbides; cest

dans ce liquide qu'ils ont été découverts. Les vomissements qui les renferment sont de couleur brunâtre ou verdàtre, de la consistance d'une crème, acides avec une odeur aigre très-prononcée; ils contiennent des acides divers, acétique, lactique, chlorhydrique, etc. Chez une femme de iG. . — arcmes. quarante ans n'ayant aucune lésion matérielle de l'estomac, que j'ai pu suivre pendant plusieurs mois à la consultation de l'Hôtel-Dieu et du Bureau central, les vomissements survenaient principalement dans la nuit^ sous une forme tout à fait intermittente. Au contraire, chez un homme âgé de cinquante-cinq ans» observé à l'hôpital de la Pitié, ils avaient lieu de préférence pendant le jour. Dans ces deux cas, ils étaient abondants, mais surtout chez le dernier malade, qui avait l'estomac manifestement dilaté et probablement cancéreux (1). La sarcine a encore été observée dans les fèces (Benneti); Heller l'a trouvée dans les matières fécales d'un individu atteint d'un cancer du rectum, dans les sédiments de l'urine d'une jeune fille; Virchowl'a vae dans un abcès gangreneux du poumon , et moi, dans un foyer de gangrène qui, du sacrum, avait gagné la région lombo-iliaque. Ce parasite a pour effet très-vraisemblable, dans l'estomac, d'amener la fermentation du contenu, dans les poumons et dans certains tissus, de favoriser le développement de la gangrène. Son origine n'est pas encore bien connue ; toutefois, suivant Itzigsohn, la sarcine dériverait de l'une des espèces d'oscillatoires que l'on observe dans les sources.

Bibliographie. — John and Harry Goodsir, Anatomical and pathobgicàl Obsenatiom. Edinburg, 1841-^5. — Heller, Arehiv f. physiolog, Htilkmdef

(i) Le nombre des sarcioes contenues dans les vomissements de ces deux maUdei était extrêmement considérable; eUes apparaissaient, sous le cbamp du microscope, sous la forme de pavés formant des îlots plus ou moins étendus.

18^8, pail. I, et Archiv f, physiol, und pathol. Chemie undMkroscopie^ 1852, p. 30. — BusK, Microscopical Journal, 1843. — R. Virchow, Sarcina {Archiv f, paihol. Anat, und Physiol., etc., .18/!i7, t. I, p. 264). — Sciilossberger, Wurtembei*g Correspondenzbl. ^ 1846, n** 26, Archiv /. physiolog. Heiîkunde^ t. V, p. 747, 1847. — G.-W. Simon, De Sarcina ventriculi, Dissert, inaug. Halle, 1847. — Lehmanx, Lehrb, der physiolog. Chemie. Leipzig, 1850, II, p. 128. — UASSEyBeobachtung. ùber die Sarcina venhicuU(Mittheilung. d, Zurisch. yaturforsch. Gesellsch., 1847, p. 95). — Ch. Robin, Hist. nat. desvég. parasites.Paris, 1853, p. 331-345; atlas, pi. I,fig. 8, eipl.XlI, flg. 7. — Itzigsoun, Arch. f. path. Anat., t. XIII, 541, 1858. — Ebrrth, Ibid., t. XIII, 522. — RossMANN, Ibid., t. XIV, 393. — W. Jenner, Med. chir. Review, cet. 1853, p. 329, London. ^ H. Hassall, The Lancet, April, p. 338. London, 1853. — R. Neale, Med. Times and Gazette, Juny 1853, p. 623, London. — Budd, On the org, diseases and fond, disorders of the stomach. London, 1855, p. 233. — Ph. MuNK, Ueber Harnsarcine (Archiv f. pathol. Anat, und Physiol., t. XXII, p. 570, 1861). — Beale, Very minute sarcinae {Archiv of medicin, M, 8, p. 285, 1861). — Oppolzer, Erweiterung des Magens, mit Erbrechen von Sarcina (SpitalS'Ztg., 4 et 11 april, 1863, et Schmidfs Jahrb., t. CXIX, 296). — Soringar, La Sarcine de l'estomac, recherches sur la nature végétale, la structure anatomique et les lois qui président au développement de ces organismes. Leyde, Anal, dans Gaz, hebd, de méd, et dechirurg., p. 110, 1866. — E. Lancereaux, Atlas d'anat, patholog., p. 30 et 449. — Rud. Weise, Sarcina ventricuU (Goodsir) [Berlin. Klin. Wochenschrift., t. VII, 34). — J. More, On the Sarcina\ ventricuU of Goodsir (The Lancet, 4 janvier 1873, et Bévue de Hayem, i. I, 628).

2® Cryptococcus cerevistœ. Synonymie : Torula cerevistœ (Turpin). — Autrefois rangé parmi les algues, ce cryptogame est aujourd'hui considéré comme un champignon. H ^ ^

se compose de cellules de 0™",004 « wa d^

à 0'°»,007 de diamètre, rondes ou ®®Q^^o^

ovales, incolores, avec un ou deux (oV,,^ * ® ® ^ g ^ corpuscules nucléaires, d'appa- ® ^^ ^.,, ^^ ^^^^^ ^ rence graisseuse à leur intérieur et q ^^ ^ 9i% f

(fig. 263). Ces cellules en engen- „ ^^^ , ^

\ , . ^1^- 2^^- ~" ^' Ciyptococcus cerevisiœ,

drent de nouvelles par bourgeon- provenant de rcstomac et rendu par vo-

nement, et celles-ci se multiplient missements ; B, le même champignon,

^ tiré de la bière.

de la même mamère ou par segmentation, de sorte qu*il se produit des séries de cellules (3 à 5) adhérentes les unes aux autres, mais non disposées en filaments. Le Cryptococcus cerevisiœ a été plusieurs fois rencontré chez Thomme;

776 ànàtomie pathologique.

il se développe dans les liquides de la bouche, de l'œsophage, de restomac et de l'intestin (enduit de la langue, vomissements, selles diarrhéiques). Dans ces différenls cas, il est souvent introduit par la bière. Lebert a constaté la présence de ce végétal dans la bouche d'une femme atteinte d'une affection chronique.de l'utérus; des faits analogues ont été rapportés par d'autres observateurs. Vogel l'a rencontré dans l'urine des diabétiques, ce qui n'est pas pour cela un signe certain de l'existence du sucre, car on l'observe dans des urines non sucrées ; j*aî moi-même constaté sa présence dans les urines de personnes affectées de diabète.

Ce cryptogame se développe rapidement toutes les fois qu'il trouve un milieu acide et une température convenable, surtout dans les liquides da tube digestif et les urines. Sa signification pathologique est toujours douteuse; il n'aurait, suivant quelques auteurs, aucune action nuisible sur l'animal dans les humeurs duquel il se développe; sa présence ne serait qu'un épiphénomène, une suite de l'altération des humeurs et non la cause de cette altération.

Bibliographie. — Vogel, Icônes histol. pathol, Upsiae, 1843, p. 93. — H.jln- NOVER, Ueber Entophyten auf dm Schleimhauten des todten und lebenden Mmschen {Muller's Archiv f, Anat. und Physiol., 1842, p. 281, tab. XV, fig. 1-à). — Gruby, Comptes rendus de l'Académie royale des sciences de Paris, \Shh, t. XVIII, p. 586. — Ch. Robin, Des fermentations. Paris, 1847. — Le môme. Histoire naturelle des végétaux parasites, Paris, 1853, p. 322-327; Atlas, pi. Il, fig. 10, pi. IV, fig. 3 et 4, pi. VI, fig. i. — P. ScHUTZENBERGER, RecheTches sur la le^re de bière {Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXI, p. 20&, 1875).

3» Lepiothrix buccalis (Ch. Robin). — Ce cryptogame est formé de filaments tubuleux incolores, assez roides, droits ou courbés, quelquefois coudés brusquement et en général sous un angle obtus à bords nets avec des extrémités brusquement arrondies et non effilées. Larges de 0"*,0005, longs de 0"^,020 à 0°"",100, ces filaments, non articulés et très-fragiles, renferment quelquefois de très-petits granules ronds dans leur intérieur; réunis par leur base à une gangue amorphe,, granuleuse, ils forment des touffes plus ou moins serrées à côté desquelles on aperçoit des filaments isolés en forme de baguettes, des cellules épithéliales, des vibrions, etc. (fig. 264). La manière dont se reproduit ce végétal n'est pas connue. Les petits corps ronds qui se voient parfois à l'intérieur des filaments sont peut-être des corps reproducteurs, mais rien n'est encore démontré à cet égard.

FARASITES TtciTAUX. "77

Le Leptothrix buecalii se rencontre constamment dans les matières en décomposition de la bouche de l'homme (sur la pointe des papilles linguales, dans l'enduit des dents, le tartre, dans la cavité des dents cariées) ; de là il passe quelquefois dans les liquides de l'estomac et de l'intestin, ou même dans ceux des voies aériennes. Ces liquides touterois ne semblent pas favorables au développement du leptothrix, car dans ces milieux les tubes sont généralement courts, isolés, très-rarement implantés sur un support, comme s'ils ne pouvaient atteindre leur complet déve* loppement.

La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître que le Leptothrix hiccalis

n'est pas nuisible à l'homme, qu'il n'a aucune signification pathologique ; mais c'est là une opinion par trop favorable si je m'en rapporte k ma propre observation. Sans vouloir parler ici des cas de carie dentaire et de gangrène pulmonaire où il est fait mention de la présence de ce parasite, je dois dire qu'il m'est arrivé plusieurs fois d'être conduit à lui attribuer des dyspepsies acides ou Gatulenles qui ont cédé à l'emploi de l'hyposullite de soude et des pastilles de menthe. Dans un cas (I }, ce végétal

(1) Lu Dommée IL.., Yictorine, âgée de vingt aot, domuUqae, admite à l'hdpital de Lonrcine dant mon tcrvice, le IS janvier 187&, eil une jeune penonne bien caniliinée, et qui a loi^jauri joui d'une bonne Moté. Quinie joun avant mo entrée, elle

m'a paru jouer un rôle véritable dans la genèse d'une stomatite qui ce>sa aussitôt après Tadministi'ation de Tagent parasiticide.

Bibliographie. — Ant. Leeuwenhoek, Arcana naturœ' détecta. Lugd. IlitaTor.^ 1722, t. XL, fi g. A. — Mandl, hecherches microscopiques sttr la com/wif^iH du tartre et des enduits muqueux {Comptes rendus de VAcad. des se, t. XVII, p. 213). — Rrmak, Biagnost, und pathog, Untersuchungen, Berlin, 1845.— BowDicnr, American Journ, ofmed, sciences, April 1850, p. 362. — Ch.RoBW, Histoire naturelle des végétaux parasites. Paris, 1853, p. 3/i5-356 ; Allas, pi. I, fîg. 1-2. — Wedl, Grundzùge der path. Histologie^ trad. anglaise par Busk, p. 7^6-749. — Ubisch, Berlin, klin. Wochenschrift, 1875, p. 702.

Bactéries et vibrions, — Les bactéries sont des êtres organisés tout à fait inférieurs et qui apparaissent dans les matières organiques eu voie

ressent au palais, à la langue et dans la gorge une douleur qu'elle compare à une seuation de feu. Huit jours plus tard elle perd l'appétit, se plaint de fièvre, céphalat^ne et courbature ; mais ces symptômes nesontque passagers. Lors de notre exaoïen, lesganglioos sous-maxillaires sont tuméfiés, douloureux et volumineux. Dans son tiers antérieur U langue est desquamée et d'un rouge vif, les papilles sont à nu. Vers la partie niovenae de cet organe il existe, surtout à gauche, des plaques ovales, d'une étendue de 2 ceatiniètres, rougeàtres et entourées d'un épitbélium blanchâtre contrastant a^ec l'épithélium vrai. La partie gauche du voile du palais, de la voûte palatine et de la face interne de la joue, la lèvre supérieure surtout, sont le siège d'une rougeur framboiscet limitée par un bord festonné, comme si l'on avait passé sur ces parties on pinceau eodoit de carmin ; dans le voisinage on aperçoit quelques taches rouges isolées. La face inférieiR (le la langue^ le pharynx, la face interne de la joue droite sont intacts. Les amygdales toat volumineuses, d'une coloration normale. La face dorsale de la langue est raclée à Taide d'un scalpel; le produit examiné au microscope renferme : 1<^ des filaments de leptothrix implantés sur une substance granuleuse, à la surface des cellules épithéliales alléréa; 2® des bactéries et des vibrions en très-grand nombre ; 3<* des cercomonas (fig. 261).

Le 19 janvier, la rougeur a envahi la partie droite de la langue, avec les ménei caractères. Douleur à la gorge, déglutition difGcile. Collutoire au chlorate de potasse.

Le 20, la rougeur persiste et envahit les trois quarts de la face dorsale de la lanfve, la face inférieure reste intacte; la rougeur s'étend à une grande partie de la face interne des lèvres et est toi\jours accompagnée de sensation de chaleur et de brtilart. Le collutoire est continué.

Le 21, on ne trouve plus au microscope le Leptotrix buccaliSy les bactéries, les vibrion* et les infusoires. Le 25, la rougeur a disparu, et le lendemain la malade nous demaadc sa sortie. (Obs. recueillie par Gh. Remy.)

PARASITES VEGETAUX. 779

de décomposition. Leurs faibles dimensions et la simplicité apparente de leur organisation ne permettent pas jusqu'ici de distinguer d'une manière certaine les unes des autres leurs diverses espèces. Semblable difficulté se présente encore lorsqu'il s'agit de séparer ces petits êtres d'avec les espèces appartenant à des genres voisins par leur organisation, les vibrions par exemple. Les bactéries et les vibrions font partie d'un groupe d'êtres désignés en France sous le nom de vibrioniens, en Allemagne sous celui de bactériens ; ils se produisent dans les mêmes circonstances et suivant les mêmes lois, jouissent de propriétés semblables ou analogues et exercent sur les milieux dans lesquels ils se développent des effets qui, pour être différents, n'en ont pas moins une grande similitude. Tous ces corpuscules, contrairement aux infusoires animaux, sont insolubles dans l'ammoniaque, quoique ce réactif arrête leurs mouvements. Ce caractère d'ordre chimique est considéré avec raison par Ch. Robin comme l'un des plus propres à faire rentrer les bactéries et les vibrions dans le règne végétal.

Les vibrioniens sont constitués d'après Cohn : 1*^ par une masse de protoplasma creusée de vacuoles et animée de courants dans son milieu, homogène et immobile vers sa périphérie; 2^ par une Gne membrane cellulosique que met en évidence la teinture d'iode, qui la colore. Ajoutons qu'à leur iniérieur se voient encore de petits corps granuleux qui sont probablement de nature graisseuse. Après la mort des vibrioniens, la substance contenue dans la membrane s'altère et occupe des espaces variables, laissant des int^^alles vides qui permettent de la reconnaître facilement. C'est une particularité qu'il faut connaître, car ces vibrioniens en voie de décomposition, mêlés à d'autres encore vivants, peuvent fort bien donner lieu à une méprise et faire croire à deux espèces distinctes. D'un autre côté, l'aspect que ces êtres prennent en se desséchant sur une plaque de verre a porté Ehrenberg à conclure que chaque filament est composé d'une série d'animalcules à peine plus longs que larges et retenus par une division spontanée imparfaite ; mais cette opinion n'est pas justifiée.

La plupart des vibrioniens ont des mouvements variés; ils avancent, reculent, oscillent ou pirouettent autour de leur centre ou de leur extrémité, comme des tiges rigides, se redressent ou s'infléchissent en ondulant, comme le serpent. Toutefois ces mouvements ne sont pas constants ; il est facile de voir que ces infusoires sont généralement immobiles dans la première période de leur développement et que cette période d'immobilité dure quelquefois plusieurs jours (Davaine). Ils peuvent cesser de se, mouvoir, tomber dans un état d'inertie qui n'est pas toujours leur

780 ÀNATOMIB PATHOLOGIQUE.

mort, puisqu'ils ne présentent aucune altération dans leur oonsUtution ; quelques-uns d'entre eux sont d'ailleurs toujours immobiles. Ces êtres se nourrissent aux dépens des liquides au sein desquels ils sont plongés, et sans doute par absorption endosmotique, comme le prouve la coloration rouge qu'ils revêtent au contact d'une larve rouge de mouche. Ils respireraient, suivant Pasteur, les uns l'oxygène libre (aérobies], les autres l'oxygène combiné (anaérobies), mais cette opinion n'est pis généralement partagée; Grimm a constaté que l'air atmosphérique était nécessaire à tous les bactériens, et Cohn a reconnu que ces êtres décomposent et réduisent l'acicle carbonique comme tous les autres végétaux.

Les vibrioniens ne se développent jamais que dans un milieu déterminé, au point que, pour les faire disparaître, il suffit de modifier le liquide organique qui les renferme, de substituer une eau pure à uneeui corrompue, de l'eau de mer à de l'eau douce ou réciproquement. Cite température trop basse ou trop élevée s'oppose à leur développement, celle qui leur est le plus favorable oscille entre 30 et liO degrés; il en est de même d'une pression atmosphérique trop faible ou trop forte, car P. Berta pu constater que sous une tension de 23 à 2& atmosphères tontes les putréfactions liées au développement des vibrions cessent de se produire. La présence de phosphates et de substances azotées, de l'ammoniaque surtout, dans un liquide, favorise leur développement ; par contre, cc^ tains agents tels que le chloroforme, l'acide salicylique, ne manquent pas de les tuer. Quelques vibrioniens, la bactéridie du charbon par exemple, peuvent subir une dessiccation complète sans perdre leur vitalité, et cela pendant toute une année ; cependant ils ont perdu la faculté de s'inoculer, c'est-à-dire qu'ils périssent dès qu'ils sont placés dans une certaine quantité d'eau (Davaine).

Les vibrioniens n'ont qu'un seul mode de reproduction connu, c'est la scissiparité ; celle-ci se montre avant que ces infusoires aient atteint Imir longueur ordinaire, et pour ainsi dire dès leur apparition, ce qui augmente beaucoup leur faculté de propagation. Sur la ligne de division, le protoplasma s'éclaircit, puis il se forme une cloison transversale qui sépare le contenu en deux portions; la cloison, d'abord très-mince, acquiert rapidement l'épaisseur de la membrane cellulaire primitive qui se ramollit et se liquéfie. Quelquefois les deux moitiés de la cellule, au lieu de se séparer, restent en contact, tout en continuant à se multiplier individuellement, et de la sorte elles arrivent à former des chapelets. Dans certaines conditions de milieu peu favorables au développement des bactéries, les deux portions de division de ces êtres s'enveloppent d'une

matière glulineuse commune, et si la division se répète un certain nombre de fois, il se forme des groupes ou amas plus ou moins volumineux.

Avant Tapparition des vibrioniens dans les infusions artificielles et d'ailleurs dans la plupart des circonstances, il se passe en général un certain temps, il y a comme une sorte d'incubation, après quoi la multiplication de ces êtres a lieu avec une prodigieuse rapidité. Ce moment d'hésitation apparente tient surtout au milieu et à Timperfection de notre

examen, car si, par exemple, on place le vibrion ferment de l'acide tartrique droit dans une solution aqueuse de tartrate d'ammoniaque,* on feu\ prouver après quelques heures de contact qu'il y a du tartrate transfoi^é. L'absence d'incubation tient, dans l'espèce, à ce que nous possédblft jip procédé pour reconnaître immédiatement le développement du vibrioB tartrique. Dans tout autre cas, la période d'incubation n'est sans doufe qu'apparente et la génération par scissiparité peut nous en donner fa raison, comme elle peut rendre compte ensuite de l'apparition rapide et presque soudaine des vibrioniens. Semblables effets se rencontrent dans un certain nombre de maladies.

Malgré les nombreuses discussions auxquelles elle a donné lieu, l'origine des vibrioniens qui se rencontrent chez l'homme parait aujourd'hui nettement établie. Ces êtres, d'après les expériences concordantes de Pasteur, Lichtenstein, Douglas, Cunningham, Tyndall, etc., existent partout dans l'atmosphère, et pénètrent l'organisme humain parTintermédiairede l'air à peu près comme certains vers, cysticerques et échinocoques, y sont introduits par l'eau. Effectivement, quel que soit l'endroit où on l'examine, l'air contient toujours un grand nombre d'infusoires, beaucoup moins toutefois sur les hautes montagnes que dans les vallées. Mais il suffit, comme le recommande Pasteur, de filtrer l'air à travers du coton pour éviter les effets produits par la présence de ces organismes. Beaucoup plus rarement, ces êtres sont apportés par l'eau; c'est là néanmoins un second mode d'introduction dans l'organisme. On comprend ainsi qu'un grand nombre de maladies aient été attribuées aux vibrioniens ; il est à remarquer qu'elles ont presque toutes leur localisation anatomique dans le système lymphatique.

La classification des vibrioniens doit reposer sur leurs caractères extérieurs, mais c'est à la condition de ne pas oublier que ces êtres ont pour cachet spécifique le milieu particulier dans lequel ils se développent, autrement dit leur fonction physiologique. Déjà Davaine et Cohn ont tenu compte àe ces différents caractères dans la classification qu'ils donnent de ces organismes. Malheureusement, nos connaissances des formes diverses que peut revêtir un même individu sont très-insuffisantes, et par-

782 ANATOMIK PATHOLOGIQUE.

tant la difficulté d'isoler chaque espèce apporte la plus grande obscurité dans la détermination des vibrioniens qui nous intéressent le plus. C est pourquoi nous ne parlerons ici que des types les mieux connus (!}.

l*» Bacterium. -* Corps filiforme, roide, devenant plus ou moins distinctement articulé par suite d'une division spontanée; mouvement vacillant, non ondulatoire (Dujardin).

Bacférium termo (Dujardin). — Ce microphyte a la forme d'un filame^ cylindrique un peu renflé au milieu; deux à cinq fois aussi long que larg^il mesure 0°"°,002 à O^^jOOS en longueur et se trouve parfois as- $eftiblé avec un filament semblable résultant d'une division spontanée: il i§i animé d'un mouvement vacillant.

Cette liiactérie, l'un des êtres les plus petits du règne organique» apparaît au bout de très-peu de temps dans les matières animales en putréfactioo, elle se multiplie bientôt d'une façon excessive pour disparaître ensuite à mesure que d'autres espèces qui ne sont peut-être qu'une forme différente viennent à se développer. Lq Bacterium termo parait avoir été observé dans plusieurs maladies, la variole notamment ; Chauveau a constaté que sa présence dans le sang d'un bélier bistourné favorise le développement de la gangi'ène de l'organe privé de son aliment habituel. Cet être respire l'oxygène libre (Pasteur), s'empare de ce gaz dans les liquides qui contiennent des matières organiques et périt ensuite, ou bien il continue de \i\Te à la surface, formant une pellicule qui protège les liquides contre l'actiou de l'air atmosphérique. Il possède encore la faculté de fixer l'oxygène de l'air sur certains produits organiques, et contribue ainsi à leur destruction complète.

Dujardin décrit encore un Bacterium catenula, ou en chaînette; Ehrenberg a fai t connaître le Bacterium punctum ; l'un et l'autre sont peu différents du Bacterium /ermo. Davaine admet de plus l'existence d'un Bacterium pv-

(1) Davaine classe les vibrions comme il suit :

Filaments droits ou inflé- ^ gc mouvant spontanément ( rigides... Bacterium chis, mais non tournes en | | flexueux . Vibrio

bélice ) immobiles ( Bacteridimn

Filaments tournés en bélice SpiriUuiD.

Tels sont les genres. Les espèces sont généralement déterminées d'après le Bilieo qui leur convient.

Cohn Q adopté la classification suivante :

i° Sphsorobactéries (Kugelbactericn) G. Micrococcus.

2° Microbactéries G. Bacterium.

3^ Desmobactéries G. Bacillus, Vibrio.

40 Spirobactéries G. Spirillum, Spirochsete.

PARASITES VftGËTAOX. 78S

Iredinis donl il a étudié les dilTéreiites formes. Ce microphyle détennîne dans les plantes une pourriture plus humide que celle qui est causée par le mycélium des champignons.

2" Bacteridium (Davaine). — Corps filiforme, droit ou infléchi, plus ou moins distinctement articulé, par suite d'une division spontanée împirfaite, toujours immobile.

^Bactéridie rAardonnetisf (Davaine). — Ce végétal a la fonnede 6Iaments droits, roides, cylindriques, quelquefois composés de deux, troii et rai;ement quatre segments, oiïrani des inflexions à angles obtus en rapport awc les articles. Ces filaments sont Irès-ininces relativement à leur longueur qui va jusqu'il O"",!)! et 0"",012 pour un seul article, et jusqu'à 0",05 pour un filament composé. Ils mesurent 0'°'',ni dans la pustule maligne, ilssont moins longs dans le sang des gros vaisseaux; c'est dans la rate qu'ils ont leur plus grande dimension. Si ces filaments sont quelquefois rares dans le sang du cœur, on les trouve en grande quantité dans les concrétions librineuses placées entre les colonnes charnues ou dans les oreillettes (ftg. 261) ; on les observe encore dans le corps muqueux de la peau de l'homme (pustule maligne). Leur développement, en rapport avec leur Age, est en outre soumis à d'autres influences, car on les trouve beaucoup plus courts chez certains individus que chez d'autres.

Les hactéridies se distinguent des cristaux en aiguilles, avec lesquels elles ont quelquefois une très-grande ressemblance de forme, par leur résistance à l'action de la potasse caustique et de l'acide sulfurique; elles se différencient des vibrioniens qui se forment dans le sang putréfié, en ce que ceux-ci sont doués de mouvements spontanés ; ajoutons que les bacléridies charbonneuses sont détruites par la putréfaction.

Ces bacléridies se développentchezl'homme, chez le mouton, le bœuf, le cheval , le lapin, etc. ; elles ont une relation Irès-étroile avcclamaladieconnuesouslenomdecAm*o». Fie. 2G5. — Bacteridie» char- , , . .,. , . bonDeuseselamat de globule;

Par contre, la bacteridie chartranneuse ne se rougis provenani du sang du rencontre point chez le chien, le chat, les oi- ««"f d'"" malade mori d'une

. , , , tir. puslule maligne.

seaux, m chez les animaux à sang froid. Davaine décrit en outre des hactéridies intestinales qui sont des filaments droits avec espace clair médian, indice d'une segmentation binaire, quelquefois coudés en ce point.

ISU ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

3<» ViBRio (Mûller et Ehrenberg). — Corps filiforme, plus ou moins distinctement articulé par suite d'une division spontanée imparfaite, susceptible d'un mouvement ondulatoire comme celui d'un serpent (Dujardin).

Vîbrîo lineola (Mûller). — Le Vibrio lineola ressemble beaucoup au Bacterium iermo et se trouve souvent dans les mêmes infusions, de telle sorte qu'il est difficile de savoir si Tun n'est pas le premier âge de l'autre. Il a le corps diaphane, cylindrique, deux ou trois fois plus long qnt large; ses articles, assemblés au nombre de deux ou trois en une ligne mince et flexueuse, ont une largeur de 0"'"',0035, une épaisseur de 0"»»,0012 à0"",0003.

Vibrio rugula (Mûller). — Ce vibrion, dont le corps est diaphane, se montre sous la forme de fils alternativement droits ou flexueux, longs de 0,008 à 0,013 et qui se meuvent avec vivacité en ondulant ou eo serpentant. La faculté que possède ce petit être de s'allonger et de rester droit le distingue des 5/)tr{7/um, qui sont toujours plus ou moins enroulés. Il se trouve dans les matières intestinales de l'homme et surtout dans les déjections des cholériques.

Une autre espèce, le vibrion-baguette (Ftérto Bacillus Mûller), n'a que des mouvements d'inflexion ; il se distingue du vibrion rugule par une longueur plus grande des articles; on le retrouve dans la matière blanche du tartre qui s'amasse autour des dents. Tous ces vibrions sont des agents de la putréfaction.

Pasteur décrit un vibrion lactique qui se rapproche beaucoup da Bacterium termo, et qui est formé d'articles globuleux très-courts, un pea renflés aux extrémités. Ce vibrion se développe dans les liquides sucrés et détermine la formation de l'acide lactique. Le même savant admet en outre l'existence d'un vibrion butyrique et d'un vibrion tartrique.

h* Spirillum (Ehrenberg). — Corps filiforme, contourné en hélice, non extensible, quoique contractile (Dujardin).

Spirillum undulatum. — Ce microphyte a le corps filiforme, contourné en hélice lâche à un tour et demi ou deux tours, déprimé dans le sens de l'axe de l'hélice et plus mince vers le contour; sa longueur totale est de 0-"°,008 à 0'»",012, sa largeur de 0-»,005. Il ne s'étend Jamais en ligne droitCj et par là il se distingue du vibrion rugule. En repos, il représente un V majuscule, en mouvement, la lettre M; il se développe dans les infusions végétales et animales fétides. Une espèce parasitaire appartenant au genre Spirillum aurait été observée par Obermeyer {BerliiL

PARASITES VEGETAUX. 785

klin. Woclienschrift, 1873, n» 13, p. 152, el n« 33, p. 391) dans la fièvre récurrente.

5^* MiCROCOCCUS. — Ce genre, créé par Hallier, renferme toutes les bactéries globuleuses : ce sont des corpuscules ronds ou ovales, réfringents, à contours nets, el animés d'un mouvement oscillatoire lorsqu'ils sont placés dans un liquide étendu. Cohn fait de ces bactéries, qui sont trèsnombreuses , trois groupes : les espèces simplement pigmentaires ; les espèces pigmentaires et zymogènes; les espèces contagieuses. Billroth, au contraire, admet comme probable l'opinion que vibrions, bactéries et micrococcus appariiennent à un même genre d'algues, les oscillatoires. On voit par là combien on s'entend peu jusqu'ici sur la détermination spécifique de ces ôtres. D'un autre côté, on est loin de s'accorder sur leurs eiïets au sein de l'organisme vivant ; car, s'ils sont considérés par plusieurs auteurs comme pouvant être la clause de désordres pathologiques, il est encore des médecins (|ui ne leur attribuent aucune influence nuisible. La vérité, à notre avis, est entre ces deux extrêmes. Les micropbytes ne se développent pas dans les tissus d'un individu jouissant de la plénitude de sa santé ; mais ils ont la plus grande tendance à envahir toutes les parties où la nutrition languit, et à plus forte raison celles dans lesquelles se produisent des composés chimiques pouvant servir à leur alimentation. C'est ainsi qu'on les voit apparaître à la surface dos plaies, et, par leur absorption, contribuer à la genèse de l'infection putride, de l'infection purulente (voy. p. 253) et de la gangrène, et, lorsqu'ils ont été injectés dans le sang ou qu'ils y ont pénétré d'une façon (|uelconque, localiser leurs eiïets sur les parties dont la nutrition est affaiblie ou nulle, comme l'ont montré les expériences de Chauveau chez des béliers auxquels il avait préalablement pratiqué le bistournage. De cette façon, on peut se rendre compte des suppurations et des gangrènes des parties génitales, de la bouche et des extrémités chez les enfants ou les adultes, à la suite de fièvres graves, puisque ces parties sont celles où la nutrition est le moins active, et souvent aussi celles où les microphytes ont le plus de tendance à séjourner lorsque malheureusement on néglige les soins de propreté. En somme, la présence des microphytes au sein de l'organisme se lie invariablement à une modification préalable des solides ou des liquides; mais il n'en est pas moins vrai qu'elle devient à son tour l'occasion de désordres tout à fait spéciaux comme les êtres qui en sont la cause. La conséquence pratique à tirer de ces doimées, c'est qu'il faut chercher par tous les moyens à détrUiVe ces êtres si nuisibles à l'organisme humain.

LANCEUEAUX. — Trailé (l'Anal. palU. l, — 50

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