ARTICLE III. — PROTOZOAIRES
Ces êtres inférieurs, généralement connus sous le nom d'infusoires, sont des animaux microscopiques dont les divers systèmes et les organes ne sont pas en général nettement séparés, et dont l'organisation est réductible au type de la cellule, excepté chez iXti petit nombre où existent des organes extrêmement simples.
Les téguments des protozoaires, tantôt mous et contractiles, tantôt durs et cornés, sont ordinairement pourvus d'appendices variés ou cils qui servent à la préhension des aliments, à la locomotion, etc. Le parenchyme du corps est une substance molle, diffluente, transparente et contractile (sarcode), qui dans certains cas seulement présente un tube digestif plus ou moins complet et une cavité pulsatile ou système circulatoire rudimentaire. La génération s'accomplit par fissiparité, par gemmiparité ou par des organes sexuels. Ceux-ci, toujours très-simples, sont constitués par des vésicules distinctes dans lesquelles se développent les spermatozoïdes ou les ovules.
Les protozoaires sont extrêmement répandus ; ils existent dans les eaux stagnantes ou courantes, douces ou salées, dans l'humus, etc. Ils apparaissent rapidement dans les matières végétales ou animales en décomposition^ se rencontrent sur les téguments des animaux qui vivent dans Teau, dans divers organes des animaux à sang froid et même chez les animaux à sang chaud, où ils occupent surtout la surface des plaies, les mucosités intestinales ou vaginales. Les infusoires qui vivent dans les organes des animaux sont de véritables entozoaires, car ils périssent promptement lorsqu'on les retire de ces organes, et, d'autre part, les infusoires libres succombent lorsqu'on les inti*oduit dans un organisme animal. Peu connus chez les animaux domestiques, ces parasites ont été mieux étudiés chez l'homme; ils appartiennent à plusieurs familles dont voici les principales :
§ 1. — MONADIENS.
1" Cercomonas hominis, Davaine. Cercomonas intesttnalts Lambl. Cet animalcule, découvert en nombi*e considérable dans les déjections récentes des malades atteints du choléra, a le corps piriforme, long de 0"",0l
à O^'^jlS. Son extrémité postérieure, amincie, se termine par un filament caudal aussi long que le corps; son extrémité antérieure, obtuse, présente un filament vibratile très-long et flexueux difficile à voir; son tégument est mou et blanchâtre (fig. 2/14). Les cercomonades sont très-
FiG. 2àà, — Cercomonas intcstinalis, petite et grosse Yariétét (Davaine).
agiles, ce qui rend difficile Tobservation de leui*s caractères; quelquefois suspendus par lagglutination de leur filament caudal aux corps environnants, ces animalcules oscillent comme la lentille du pendule autour de sa tige; ils ne tardent pas à périr lorsque les matières qui les renferment se refroidissent , ce qui prouve que leur formation n est pas due à la décomposition de ces matières. Ce sont donc de véritables parasites qui vivent dans Tintestin de l'homme, lorsqu'ils y trouvent certaines conditions qui leur sont indispensables (Davaine).
Une seconde espèce de cercomonade, plus petite que la précédente , a été rencontrée par Davaine chez un jeune homme atteint de fièvre typhoïde .
Bibliographie. — Davaine, Traité des entozoaires, p. 3, Paris, 1860, et Dict, -encyclopéd. des se, méd., arL MonadienSf p. 125. — Lambl, Prager Vierteljahrschr.y 1859, t. J, p. 50.
2^ Cercomonas urinariuSy Hassall. Cette espèce, dont les caractères ne sont pas suffisamment déterminés, a été observée par Hassall dans l'urine des cholériques, quelquefois aussi dans des urines alcalines ou albumineuses. Elle a le corps granuleux, nu, une forme arrondie ou oblongue, un, deux ou trois filaments flagelliformes, un mouvement vacillant.
BiBUOGRAPHiB. — A.-H. Hassai.l, Ths Laticety nov. 1859.
V* Trichonumas vaginalis^ Donné. Découverte par Donné dans Im mucosités vaginales de la femme, la trichomonas vaginale a le corps d'une longueur de 0 millim. 01, subglobuleux, ovoïde oh piriforme, légèrement granulé, glutineux, transparent, blanchâtre ou grisàlre. Elle porte à l'une de ses extrémités un filament flagelliforme plus long que le corps, quelquefois deux, rarement trois (Kolliker); cinq ou six cils vibratiles assez courts accompagnent ces filaments, ils sont situés à la base en
séries. L autre exlrérailé offre un prolongement épais et fixe ; un mouvement vacillant est déterminé par les filaments flagelliformes (fig. 265;.
Les trichomonades du vagin se trouvent dans le \ mucus vaginal chez la femme, où elles sont souvent
réunies par groupes de cinq ou six individus et même plus, dans lesquels on ne distingue que quelques appendices flagelliformes. Le mucus qui les renferme e>l généralement altéré et contient des bulles d'air qui lui donnent un aspect écumeux. Quand ce mucus est refroidi, les protozoaires ne tardent pas à disparaître. J'ai rencontré la trichomonas vaginale avec un seul Fic. 245.— Tricho- fihmienl flagelliforme chez la plupart des femmes monas vaginale atteintes de blennorrhagie que j'ai soignées pendant
l'espace de deux ans à l'hôpital de Lourcine ; pour un instant, j'avais pensé à faire de cet infusoire la caractéristique du pus blennorrhagique, mais je n'ai pas tardé à reconnaître qu'il existait chex des femmes ayant une simple leucorrhée. Davaine a observé cet animalcule dans l'urine de femmes atteintes d'écoulement leucorrhéique abondant
Bibliographie. — Donné, Recherches microscopiques sur la nature du munx et la matière des divers écoulements chez l' homme et chez la femme. Paris, 1837. — Le même, Cours de microscopie. Paris, iSlJiU, p. 157, pi. IX, fig. 33. — J.VoGEL Icônes, Htsf.pa/W., pi. IX, fig. 9, elAnat.path. génér,, Ir. fr., Paris, iSUly p. 39. — ScANzoNi et Kolliker^ Scaiizonfs Beitrâyen fur GeburtskuHdf, 1855, t. II, p. 131, pi. m, fig. 2, el Gaz, méd, de Paris, 1855, p. 3i5. — DiEsiNG, Revision der Pi'othelminthen, p. 61, Wien, 1861. — Davaixe, art. Monadtens dnDict, encyclopéd, des se. méd. y p. 129.
§ 2. — Paraméciens.
Paramecium coli, Malmsten. Cet infusoire est ovoïde, aminci eo avant, long de 0°",1 environ, couvert de cils serrés, disposés en séries obliques. Il & une bouche antéro-latérale, munie de cils plus longs que les» précédents, un œsophage légèrement élargi et recourbé, un anus simé en arrière, à la face abdominale, plus ou moins saillant el dktinct, deux vésieules contractiles, variables, l'une plus petite, subcentrale, l'aiitre située près de l'anus (fig. 2(i6). Les paramécies, douées d'une mobilité et d'une vivacité assez grandes, se rencontrent au nombre de vingt à vingt-cinq dans une seule gouttelette de mucus. Elles meurent très-vite hors de l'intestin.
PARASITES ANIMACK. 1X1 -
La paramécie de l'hontme a élé trouvée par Malmsten, en mime temps que des cellules de pus et des globules de sang, dans deux cas de diarrliée lientérique. La mort ayant eu lieu dans V' de ces cas, on put constater que les iuFusoires étaient en plus grand nombre sur les points où la membrane muqueuse du côlon et du cœcum était peu alTectée , que dans les endroits où l'allération était manileslc cl dans le pus qui en provenait.
Treille eut l'occasion d'observer sin fois, sur ncurmalades alleinis de la dysenterie de Cochinchîne, la pam- fie. aae.— Pomm?méciedu ciilon dans les déjections intestinales; il fdit "<"» ">li {m\nMen). remarquer que la présence de cet infusoire a coïncidé pour ainsi dire exactement avec l'hémorrhagie.
BjELccNiRAPHiE. — Malhïttkn, Archtv t. palkol. Anal, tmd Pkysiol., 1857, t. XII, p. 302-309, pi. X. — LuDwiG StiEnt, Archie far paikol. Anal, und Pkysiol., clc, 1866, I. XXXV[, p. 285. — G. Tbkille, Kole sur le iianimfcivm
coli observé dans la dysenterie de Cockinchinc {Archives de médecine navale, 1875, t. 11, p. 129-133). — Leuckart, Die menschlichen Farasiten, t. II, p. 845. Leipzig, 1876.
§ 3. — Grécarinbs et Rsorosperuies.
Les grégarînes {Gregarinœ, L. Dufour) sont des organismes cellulaires qui se rencontrent dans les viscères des animaux inférieurs, beaucoup plus rarement dans les organes de l'homme. Dès leur premier âge, ces parasites se présentent sous la Torme de corps globulaires qui se meuvent en toussens (amibes). Libres dans l'intestin ou réunis en séries, ilspeuvent comme tclsétre confondus avec des globules de pus. Plus tard ils prennent une forme elliptique ou ovalairc aplatie , s'entourent d'une membrane à double conltiur, sans ouverture et sans structure, sous laquelle on distingue une couche transparente, contractile. La cavité circonscrite par cette membrane renferme un liquide visqueux, transparent, des granulations arrondies et réfringentes, contenant dans lettr épaisseur un noyau nucléole, de forme ellipsoïdale régulière (grégarines). Après enlcTStemenl et à la suite d'une sorte de fractionnement du noywi et de la matie granuleuse, la grégarine se change en petites vésicules quiy suivant quelques auteurs, donnent naissance aux psorospermies ou pseudo-naotcelles. Ces dernières sont formées d'une membrane extérieure composée de deux valves qui s'appliquent exactement par leurs bords, et d'une cavité
Lakceseaux. — Trail6 d'iuat. ptth. I. — A7
intérieure, contenant plusieurs petits organes vésiculeux, brillants, situés à Tune des extrémités, et une masse glutineuse centrale (i). Enfin lamasse centrale devient granuleuse et se condense, il se produit un gros noyau ou globule sarcodique, Tenveloppe se détache et ce globule prend sa liberté
pour devenir amibe sphérique, et finalement grégarine (Lieberkûhn).
Les grégarines siègent habituellement dans les cellules épithéliales de l'intestin ; c'est là qu'elles se transforment en psorospermies. Relativement Fréquentes chez la souris, le lapin et le chien, elles ont été vues dans les épithéliums intestinaux de l'homme. De l'intestin elles gagnent assez ordinairement le foie et d'autres organes, ces derniers sans doute par l'intermédiaire du système lymphatique ; aussi les a-t-on trouvées dans les reinSy dans les valvules et dans le système musculaire du cœur (Lindemann). Leur présence et leur agglomération au sein des tissus ne tardent pas à déterminer une irritation avec genèse d'éléments conjonctifs et une transformation caséeuseplus ou moins étendue. Que cette altération, à laquelle s'ajoute dans l'intestin la destruction des cellules épithéliales, setende au foie et à d'autres organes, il peut en résulter des conséquences fâcheuses ou même la mort de l'individu affecté : ce sont des cas de ce genre observés chez des mammifères y compris l'homme qui ont été désignés par Eimer sous le nom de grégarinose. On ne connaît pas jusqu'ici l'origine des grégarines. Suivant Lindemann, ces parasites proviendraient de la vermine des femmes d'où on tire les faux chignons et se fixeraient aux cheveux de celles qui portent cette parure, où elles se transformeraient en psorospermies ; mais cette opinion n'est nullement confirmée.
BiBuoGRAPHiE. — Hake, A treotise on varicose capillariesy as constituHng tk structure of carcinome of the hepatic ducts,^ etc. London, 1839. — J. Mûllei, Uebei" eine eigenth, kranhh, parasitische Bildimg, etc. {Muller's Archiv, iS&i, p. 477). — Cu. Robin, Hist. nat. des végét. parasites, etc. Paris, 1853, p. 201.
— N. Lieberkûhn, Évolution des grégarines {Mém, de VAcad. royale et Belgique, 1854). — Klebs, Archiv f, pathoL Anat. und PkysioL, t X>1, p. 188. — ViRCHOw, Ibid., t. XVIII, p. 342 et 527. — L. Stieda, /W., t. XXXU, p. 132. - ^UBLER, Mém, de la Soc. de biologie, 1829, t. V, p. 61.
— Leucrart, Die.menschlichen Farasiten, t. I, p. 740. Leipzig, 1863. - L. Waldenburg, Zur Entwickelungsgeschichte des Psorospermien [Ardm /. pathol. Anat. und^hysioL, 1867, t. XL, p. 435). — Balbiani, Sur Vorgm»-
(1) Balbiani, dans une étnde très-bien faite des psorospermies chei les considère ces organismes comme des êtres faisant partie du règne Tégétal; déji vtfK^ Tant Ch. Robin les avait classées parmi les algues.
PARASITES ANDIAUX. 739
tion et la nature des psorospefTnies {Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1863, p. itl, et Gaz. méd. de Paris, 1864, p. 146). — Étude et Mém, sur la maladie psorospermique des vers à soie {Comptes rendus des séances de la Soc, de bioL, 1867^ p. 103, série U, t. IV), — Lindemann, Bull, de la Soc. impér. des naturalistes de Moscou, 1863, t. Il, p. U'25-UZl; Ibid., 1865, p. 2H2. —Sur la signification hygiénique des grégarines (Deutsche Zeitschr. f. die Staatsarzneikunde, 1868, etGas. méd. de Paris, 1870, p. 86). — Knoch, Jowm. d. Russischen Kriegs départements, t. XCV, 1866. — EiMER, Ueber die Ei odei* kulgelformigen sogenannten Psorospermien der Wirbelthiere. Wurtzburg, 1870. — Arloing et Tripier, Lésion orgmiique de nature parasitaire chez le poulet (Assoc. française pour l* avancement des sciences, 1873, et Gaz. hebdomad., 1873, p. 574). — Ch. Robin, Traité du microscope. Paris, 1871, p. 785 et 945.
CDAPITRE II
L*ctude scientiGque du parasitisme végétal ne remonte pas au delà de la découverte du champignon de la maladie des vers à soie par Bassi et de celui de la teigne par Schœnlein. Vulgarisée par le remarquable ouvrage du professeur Ch. Robin, celte étude a reçu tout dernièrement une impulsion nouvelle grâce aux curieuses recherches de Pasteur résumées dans cet axiome : a Sans parasites pas de fennentation, pas de putréfaction >, et aux travaux non moins intéressants de Davaine sur les bactéridies des maladies charbonneuses. A partir de ce moment, les parasites végélaui sont devenus pour les observateurs et pour les médecins en particulier Tobjet d'une attention spéciale, et dès lors l'opinion ancienne qui consistait à attribuer la plupart des maladies à des agents parasitaires ne tarda pas à être remise en honneur : les parasites végétaux furent généralement considérés, à tort ou à raison, comme les agents actifs de la contagion, les génémteurs des épidémies. Cette manière de voir est sans doute exagérée; mais il y a lieu de croire qu'une connaissance plus approfondie du sujet arrivera à répandœ la lumière sur l'étiologie et la pathogénie d'un grand nombre de maladies.
Les parasites végétaux que Ton observe chez Thomme appartiennent à la classe des cryptogames, et spécialement à la famille des champignons, car il est aujourd'hui reconnu qu'un grand nombre d'entre eux, rangés autrefois parmi les algues, sont en réalité des champignons à leur premier degré de développement ; la sarcine seule ferait peut-être exception. Les cryptogames sont des végétaux qui se reproduisent par le moyen de cellules simples ou composées nommées spores^ soit immédiatement, soit en passant par une forme intermédiaire. Ceux qui nous intéressent sont des plantes cellulaires, dépourvues de chlorophylle, qui se nourrissent d'une substance préalablement organisée, absorbent de Toxygène et exhalent de l'acide carbonique ; ils sont formés de deux parties principales : Tune qui végète et absorbe les principes nutritifs, myctlihm
PARASITES VÉGÉTAUX. lil\
OU rhiznpodium^ l'autre qui porte les organes de la reproduction ou réceptacle.
Le mycélium des champignons qui vivent sur l'homme est formé de filaments cylindriques simples ou ramifiés, quelquefois cloisonnés ou articulés. Ces filaments sont tantôt lâchement entre-croisés (mvcelium filamenloux), lanl()t plus serrés et en quelque sorte confondus de façon à former une membrane plus ou moins épaisse (mycélium membraneux). Ils ne présentent aucune particularité distinctive qui permette de les rapporter, quand ils sont stériles, 'à une espèce déterminée. Indispensable à la vie des champignons qu'il peut reproduire, h mycélium s*élend graduellement d'un point central où il a pris naissance par un accroissement périphérique rayonnant, d'où la disposition en cercles des épiphytes de Thomme; il change d aspect selon les conditions d'humidité, de sécheresse ou de lumière dans lesquelles il se développe.
Les réceptacles sont formés de filaments simples ou complexes; ils naissent du mycélium, produisent et supportent les organes de la reproduction. Ceux-ci se composent de cellules (spores, conidies) destinées h devenir de nouveaux individus, et de cellules mères leur donnant naissance (sporanges, basidies, etc.).
Contrairement à l'opinion de quelques auteurs, la reproduction des champignons n'a jamais lieu par génération spontanée, mais par génération sexuelle ou asexuelle. Ce dernier mode nous intéresse d'une façon plus spéciale; les spores se développent de trois façons différentes : 1** par formation cellulaire libre dans des cellules mères appelées asques, thèques, tubes sporifères; 2" par bourgeonnement, et la cellule mère s'appelle alors baside ; 3" par segmentation ou gemmation de cellules mères nommées sporanges.
Arrivées à l'état de maturité, les spores sont mobiles (zoospores) ou stables. Les spores mobiles n'appartiennent qu'à un petit nombre de champignons, ce sont des corpuscules protoplasmatiques dépourvus de membrane cellulosique manifeste et donnant le plus souvent naissance à leur surface à deux cils vibraliles. Toutes les autres spores sont privées de mouvement spontané; elles possèdent une membrane vésiculaire solide formée d'un feuillet externe (exospore) et d'un feuillet interne (endospore). Cette membrane se distingue par une grande force de résistance contre la décomposition et les réactifs puissants, surtout contre les acides minéraux concentrés. Le contenu de ces spores consiste en une masse protoplasmati(|ue homogène, ou infiltrée d'un nombre variable de granulations ou de gouttelettes de graisse; il est ordinairement dépourvu de noyau. A l'état frais, il est très-riche en parties aqueuses; desséché, il
attire Thumidité du milieu ambiant. La forme des spores est ovoïde ou sphérique , rarement anguleuse ou en fuseau ; leur consistance est ferme, leur coloration jaunâtre, gi'ise, d'un blanc plus ou moins éclatant à la lumière réOé chie. Traitées par l'acide sulfurique et la teinture d'iode, les spores prennent une coloration bleue due à l'action de ces substances sur la membrane extérieure formée de cellulose (Ch. Robin). Les acides concentrés coagulent le liquide intérieur; mais l'éther, le chloroforme, la solution de potasse, l'ammoniaque, l'acide acétique ne le modifient pas, et comme telles ces substances sont les réactifs qui permettent le mieux de distinguer les spores des éléments de l'organisme et des corps étrangers.
Les spores étant très-abondantes, c'est par leur intermédiaire que s'effectue la grande dispersion des champignons. En raison de leur petitesse {U à 5 millièmes de millimètre) et de leur légèreté, elles sont transportées partout avec les liquides et même avec l'air. En examinant la poussière atmosphérique, les sécrétions et les excrétions animales répandues dans l'air, comme l'ont fait Pasteur et quelques autres observateurs, on arrive à la démonstration de ce fait qu'il existe partout des spores de champignon susceptibles de développement (1). La dureté et la nature de leurs enveloppes permettent à ces parties élémentaires de se conserver pendant des années malgré le froid et la sécheresse, et cela sans perdre leur faculté ge^ minative qu'une température trop élevée peut seule détruire.
Une température modérée de 0" à 40' centigr., de l'humidité, un peu d'oxygène, un air rarement renouvelé et la présence d'une substance organique, telles sont les conditions les plus favorables à la germination des spores et au développement des champignons. Or ces conditions se rencontrent chez l'honmie, et partant un certain nombre de spores cryplogamiques, apportées par l'air ou autrement, arrivent à se fixer et à germer à la surface de la peau ou des membranes muqueuses et même jusque dans la profondeur des organes, car, de même que les corps solides, les spores déposées dans les tissus sont quelquefois absorbées (2).
On aurait tort toutefois de croire que des spores soient aptes à germer sur tous les organismes, il faut pour cela un terrain préparé, des tissus peu vivaces, modifiés ou altérés dans leur nutrition ; un certain état de
(1) Le docteur Cunntngham, & la suite d'expériences pratiquées à ce siget dm 4* Inde, établit que des spores se rencontrent constamment dans Tair en nombre couidérable et qu'elles sont prêtes & entrer en développement dès qu'elles rencontrent n •miUeu favorable. {Microscopic examinations of the air, Nt'nth annuai Report of the i»' nitary commissionner, Calcutta, 1872.)
(2) Voyez Davaine^ Sur Vabsorption des corps solides déposés dans les tissus {Rees» <le méd. vétérinaire, liv. 5, t. VU, p. 633).
souffrance ou de maladie est nécessaire au développement du parasitisme végétal chez l'homme. Un fait vient mettre cette prédisposition hors de doute : sur un certain nombre d'individus auxquels on inocule une espèce quelconque de champignon, VAchorion Schœnleinii f tir exemple, les uns guérissent rapidement et spontanément tandis que les autres permettent le développement complet du végétal, sa reproduction, et ne peuvent être débarrassés que par l'intervention de Tart. A la vérité, la cause de cette prédisposition nous échappe, mais il y a lieu de croire qu'elle n'est pas impossible à trouver. On sait que les sporules du Botrytis Bassiana se développent par le simple Tait de la neutralité ou de l'acidité du sang du ver à soie, et conséquemment semblable état du sang de l'homme, ou toute autre modification encore inconnue des liquides ou des solides, peut bien prédisposer aux maladies déterminées par des végétaux parasites ; c'est ainsi que les individus adonnés aux boissons alcooliques ont en général une grande aptitude à contracter les maladies contagieuses, telles que la y^fiole et le choléra, qui passent aujourd'hui pour avoir une origine parasitaire. On sait, du reste, que certaines .altérations des produits de sécrétion peuvent contribuer au développement du parasitisme ; ainsi un mucus acide, des productions membraneuses dans lesquelles le mouvement nutritif est très-lent, sont les conditions au milieu desquelles apparaissent en général les productions cryptogamiques. Le milieu acide et la diminution de l'activité vitale des tissus, quoique favorables au développement des végétaux parasites, n ont toutefois qu'une importance relative, car on voit, chez certains animaux herbivores, des parasites végétaux se montrer sur des parties qui donnent une réaction neutre ou même alcaline.
Les parasites ne sont mis en rapport avec l'organisme que d'une manière passive : l'air, comme nous le savons, peut les déposer sur la peau ou sur les muqueuses ; l'eau ou les aliments sont quelquefois aussi leur moyen de transport, c'est par leur intermédiaire que certains parasites, tels que la sarcine, sont introduits jusque dans l'estomac. Les objets qui, chaque jour, servent à l'homme (habits, linges, coiffures, peignes), les instruments dont il fait usage (rasoirs, etc.), sont dans quelques cas des agents de transmission crjfptogamique. Certaines professions conduisent à un semblable résultat : les fabricants d'amadou, les brosseurs sont quelquefois atteints d'accidents parasitaires. Enfin la contagion s'effectue de l'homme à l'homme et le plus souvent des animaux domestiques à l'homme ; ce dernier cas s'observe surtout pour l'herpès parasitaire.
Les effets des végétaux parasites sur l'organisme humain sont de deux ordres : les uns mécaniques, les autres chimiques. Les effets mécaniques
74i ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
sont les moins dangereux, on les observe principalement lorsque ces végétaux se développent à la surface de la peau. Par son accumulation, Tachorion de la teigne comprime le derme, Tamincit et en amène la résorption partielle, d'où les cicatrices qui lui font suite. Grâce h leur petit volume et à l'énergie de leur développement, les spores et les filaments cryptogamiques croissent et se multiplient principalement dans l'intervalle des cellules épithéliales, celles de la couche moyenne surtout, dans les follicules pileux, entre les éléments des cheveux et des ongles qu'ils disjoignent et dont ils déterminent l'atrophie et la chute.
Le cryptogame s'arrête habituellement dans les couches profondes de Tépiderme, à la surface du derme cutané ou muqueux; dans les tissus de ces parties, il provoque une forte hyperhémie et quelquefois une inflammation proliférative ou même ulcérative pouvant retentir jusque sur le système lymphatique ; il ne pénètre pas ordinairement dans les vaisseaux de ce système, pas plus que dans les vaisseaux sanguins; pourtant Zenker prétend avoir constaté la présence de champignons jusque dans le cerveau chez une personne dont la langue et le pharynx étaient recouverts de plaques de muguet. Dans la plupart des circonstances, les nerfs de la sensibilité sont irrités par la présence- du parasite, et ainsi se développent fréquemment de vives démangeaisons, comme dans le pityriasis versicolor, ou un sentiment de brûlure, comme dans le muguet.
Les effets chimiques produits par les champignons sont de plusieurs ordres. D'abord les recherches récentes et notamment celles de Pasteur ont établi que ces végétaux sont la cause de fermentations diverses, telles que les fermentations acétique, alcoolique, lactique, butyrique, etc. Or ces fermentations constituent quelquefois un état pathologique, c'est lorsqu'elles se produisent dans des cavités muqueuses comme celles de l'estomac, de la vessie, etc. Les organismes qui, en pareil cas, jouent le rôle de ferment, sont habituellement la levure, la sarcine, les bactéries et les vibrions. Ils occasionnent le plus souvent de légères irritations, mais quelquefois aussi des inflammations graves de la muqueuse qui sans doute proviennent des décompositions opérées par le champignon plutôt que d'une action directe de ce dernier. En second lieu, les champignons peuvent amener la décomposition des matières organiques par une oxydation qui donne naissance à de l'eau, de l'acide carbonique, de l'ammoniaque et des composés organiques plus simples que les matières primitives. Une quantité relativement petite de ces matières sert d'aliment au champignon qui, suivant l'espèce, détermine un mode de décomposition variée dans une même substance. Ainsi agissent les cryptogames dans la putréfaction et 4ans la gangrène, car bien qu'on n'ait pas la preuve directe de Tae-
lion de ces organismes dîins la genèse de ce dernier processus, cependant la p:angrène est caractérisée par une décomposition des tissus si complète que Ton ne peut considérer la présence des champignons au sein des parties atteintes comme purement accidentelle, et cela d'autant plus qu'un foyer gangreneux ne s'établit jamais à Tabri du contact de Tair extérieur (1), ce que je me suis efforcé de démontrer à maintes reprises. (Voyez mon Atlas d'Anatomie pathologique).
Certains champignons sont enfin la cause très-probable des maladies contagieuses ; ce qui porte à le croire, c'est la marche définie de ces affections, qui présente de l'analogie avec la manière dont se développent, se propagent et disparaissent les organismes inférieurs, leur incubation, indice d'une multiplication des germes organiques fournis par la contagion avant l'apparition des troubles essentiels (2), la présence de parasites dans les évacuations des malades et les propriétés contagieuses, au bout d'un certain temps, de quelques-unes des matières évacuées.
Les parasites végétaux, comme les parasites animaux, accomplissent quelquefois leur évolution, non pas sur un seul être, mais sur plusieurs hôtes successifs, et subissent autant de métamorphoses pendant lesquelles ils ont des moyens différents de reproduction. Un exemple de ce polymorphisme nous est fourni par la puccinie des graminées qui, à l'état parfait ou de puccinie, vit sur le seigle et sur le blé, et qui, dans une phase moins avancée, c'est-à-dire à l'état A'^cidium, se rencontre sur les feuilles de l'épine-vinette. Dans le premier état, ce champignon possède deux sortes de spores : 1° des urédospores qui le reproduisent constamment chez les graminées (ces spores seraient les analogues de nos bou-
(1) Les expériences instituées d'abord par Spallanzani et poursuivies avec tant de succès par Pasteur ont démontré que les substances organiques abandonnées à elles-mêmes tombent aisément en putréfaction si des champignons peuvent arriver à leur contact, tandis qu'elles restent intactes si on les expose à une température qui tue les spores, ou bien si elles sont placées dans une atmosphère dont les germes organiques ont été préalablement enlevés en faisant passer l'air à travers une solution de potasse ou d'acide sulfurique, en l'exposant à une chaleur rouge ou en le faisant filtrer a travers l'ouate désinfectée ou une vessie sèche.
(2) Dans cette théorie, on doit supposer que les spores d'un champignon, pénétrant dans l'organisme à travers les bronches ou les voies digestives, se multiplient extraordinairement en un laps de temps variable, mais déterminé pour chaque espèce de maladie, et provoquent l'explosion des symptômes. Ceux-ci sont la conséquence des conditions mécaniques ou physiques de la muqueuse, ou bien ils résultent de ce que le cryptogame, pour se nourrir et se multiplier, enlève certaines substances néces3aires au corps; ils peuvent être dus à la décomposition des produils azotés en eau, en acide carbonique et en ammoniaque, ou encore à la production d'une matière nuisible à l'organisme.
7/i6 ANATOMIB PATHOLOGIQUE.
tures) ; 2« des léleutospores ou spores d'arrière-saison qui, après le sommeil hibernal, pénètrent dans les feuilles de répine-vinette et y développent un mycélium produisant le champignon appelé jEcidium berberidis. Gel yScidium porte aussi des spores qui, transportées sur des feuilles de seigle, y germent et se transforment enurédos caractéristiques de la puccinie des graminées et sont susceptibles de se propager sous cette forme. Quelques autres métamorphosesdu même genre ont été bien étudiées; mais il importe de savoir que l'étude des générations alternantes des champignons est à peine ébauchée, et que les recherches les plus récentes faites dans cette voie laissent souvent à désirer.
La culture artificielle est le grand moyen d'étudier les métamorphoses des champignons ; elle a déjà donné d'excellents résultats et ne manquera pas de conduire à une détermination plus exacte des espèces. Toutefois cette étude synthétique est trop peu avancée pour qu'il soit possible de classer scientifiquement les espèces végétales parasitaires ; aussi nous contenterons-nous de donner une description abrégée des principales formes de microphytes observées chez l'homme, sans nous appesantir sur les caractères des groupes de champignons auxquels elles paraissent devoir être rapportées.
Ces groupes sont d'ailleurs vraisemblablement peu nombreux ; la plupart des parasites végétaux qui se développent sur l'homme peuvent être rapportés à deux chefs : les hyphomycètes, qui comprennent les mucédinées et les mucorinées, en un mot la plupart des champignons dits moismures, et les schizomycètes, dans lesquels se rangent le plus grand nombre des fer ments organisés. Cette division est pour nous d'autant plus légitime que les champignons du premier groupe n'ont guère que des effets mécaniques sur les tissus, tandis que ceux du second groupe exercent plutôt sur les mêmes parties ou sur le contenu dés organes une action chimique.
Bibliographie. I. Partie botanique. — L.-R. Tulasne et C. TcLASîfK, Sdedi fungorum carpologia, etc. Paris, t. I, 1861 ; t. Il, 1863 ; t. III, 1866. — Th. Bail, Die wichtigsten Sàtze d, neuem Mykologie, etc. léna, 1861. — U même, Mykologische Sludien^ etc. Ibid., 1862. — MUtheiltmgen ûberéss Vorkommen und die Entwickelung einiger PUzformen, Dantzig, 1867. — WiU». HoFMEisTEK, Handbuch der physiohgischen Botanik, in Verbindung mit A, àt Bary, Th. Irmisch und J. Sachs herausgegeben^ t I, Leipzig, 1862 ; t. IV, 1865: t. Il, 1866. — H. Hoffmann, Mycologische Berichte {Botan, Zeitung, 1862, 1865, 1864, 1865, 1866). — Brongniart, Les Champignons (Reme des cours sdaÊifigues, 1869, p. 626). — De Bary, Beitraege zur Morphologie und Physiologii ér Pilze, etc. Frankfurt, 1870. — F. Cohn, Beitràge zur Biologie der Pfms»* Breslau, 1870. — De Seynes, Développement des spores de PemcHHum gkma^
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748 ANATOMIK PATHOLOGIQUE.
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§ 1 . — UYPUOMYCÈTES.
Les champignons de ce groupe, communément désignés sous le nom de moisissures, ont un système végétatif composé de cellules allongées, tubuleuses, disposées en séries linéaires, et constituant des filamenlsramiCés de forme régulière, élégante, sur lesquels naît le fruit. Les spores prennent naissance dans intérieur ou à l'extrémité des rameau!^ filamenteux, et s'en détachent à l'époque de la maturité (1).
Ces champignons se montrent, chez l'homme, sur les parties des surfaces extérieures ou intérieures du corps dont la nutrition est plus ou moins modifiée; rarement ils envahissent les organes profonds, à cause sans doute de la difficulté qu'ils éprouvent à pénétrer dans ces parties. Ils se présentent sous des fonnes variables, les unes parfaites et que Ion observe en dehors de l'organisme humain, les autres imparfaites, auxquelles se rattachent la plupart des cryptogames qui constituent les affections parasitaires de la peau et des membranes muqueuses; nous étudierons séparément ces formes.
1° Pénicillium. — Le genre pénicillium est caractérisé par un mycélium rampant, qui donne naissance à des filaments dressés, cloisonnés, se terminant en un pinceau de rameaux, dont les extrémités poilent des chapelets de spores simples et nues (fig. 2^7). Les organes de fructification, du moins ceux du Pénicillium glaucum type du genre, sont complexes; ce champignon a tout à la fois une reproduction asexuée et une reproduction sexuée dont les organes sont contenus dans un sclérote.
Les Pénicilliums constituent la plus grande partie des moisissures qui s'observent sur les matières végétales en décomposition (pain, fruit), et plus rarement sur les matières animales. Ils n'ont pas été vus chei
(1) Le groupe des hyphomicètes, anciennement formé, est tous les jours démembré, les plantes qui le composaient n'étant souvent que l'état de reproducUon inférieur (conidien) de champignons d'un ordre supérieur (Thécasporés ou Basidiosporés). I.cs dfix premiers genres dont il est question ci-après sont dans ce cas; mais comme les fmctil- . cations de l'ordre le plus élevé ne se rencontrent pas à l'état de parasite chez rbomneoi les animaux, il est plus simple de conserver la classification primitive, toutes résents faites sur sa valeur botanique.
Fin. 247. — PeniciUium g/aucum (d'après Decaisnc et Lemaout).
rhomme, du moins à l'état de complet développement; mais on croit assez généralement que certains parasites cutanés ne sont que des formes intermédiaires de ces végétaux.
L'action du Pénicillium glaucum a été expérimentéesurdesanimaux vivants. Wertbeim, avant injecté dans la veine jugulaire de plusieurs chiens '8 ou 10 centimètres cubes d'eau distillée tenant en suspension des débris de ce végétal, vit apparaître 8ur les pattes de ces animaux, vingt-quatre heures après l'opération, de petites tumeurs rouges phlegmasiques dont les caractères objectifs rappelaient ceux d'une éruption psoriasiquc; en même temps, il retrouvait les éléments du champignon dans les parties malades et constatait l'obstruction des capillaires. Cet auteur conclut de là que les spores du Pénicillium glaurum introduites dans le sang par une voie quelconque, naturelle ou artificielle, sont susceptibles de s'arrêter dans les vaisseaux delà périphérie et d'y produire une maladie de la peau analogue ou identique au psoriasis. Leplat et Jaillard, pour vérifier ces faits intéressants, délayèrent des spores du Pénicillium glaucum dans de petites quantités d'eau distillée, et, les ayant injectées dans les veines de quatre chiens, n'obtinrent aucun résultat positif; du moins ils n'observèrent aucune éruption.
Bibliographie. — Consultez la partie botanique de la bibliographie générale. — Wertueim, Communication à la Société impériale de Vienne, 11 décembre i863. — Leplat et Jaillart, Action du Petiicillium et de l Oïdium Tuckeri sur féconomie animale (Gaz, des Hôpitaux, 1864, p. 399). — Oscar Bhefeld, Botan. Untersuch, Uber SchimmelpUze, T partie, J>te Entwickelung von Pénicillium , mit 8mb. Taf. Leipzig, I86/1.
2" Aspergillus. — Le genre Aspergille [Aspergillus Micheli) est constitué par un mycélium épais, ramifié, incolore et formé de filaments minces, les uns déliés, simples, non articulés, les autres tubulés et articulés. Les pédicules, généralement inarticulés et presque perpendiculaires au mycélium, s'élargissent à leur extrémité libre et se renflent en une sorte de petite tête globuleuse dont la surface est couverte de cellules ou spores disposées en chapelets et dont l'ensemble produit un petit capitule <lun vert bleuâtre. Les organes de reproduction sont de deux ordres, des conidies et des conceplacles d'Eurotium (Kg. 248, ceXb),
Les diverses espèces d'aspergille, très- répandues principalement sur le vieux bois, fe rencontrent encore sur les substances animales desséchées ou à demi putréfiées et placées dans un milieu humide. Ces cryptogames peuvent exister chez les animaux ; ils ont été obser\'és d'abord sur les sacs aériens des oiseaux, puis dans les cavernes pulmonaires, les bronches des phthisiques, dans la cavité pleurale des malades atteints de pneumo-thorax, etc. Développés sur des surfaces libres et à une certaine période de leur évolution, ils forment tantôt des plaques isolées et bien limitées, tantôt un enduit irrégulier, diffus, de couleur blanchâtre ou vert grisâtre, sale, et rappellent les moisissures par leur aspect. Les organes les plus exposés à la végétation de Taspergille chez Thomme sont le conduit auditif externe, les ongles et les poumons.
Dans le conduit auditif externe, Taspergille s'observe à Tétai de parfait développement, avec mycélium formé de filaments fertiles ou réceptaculaires^etdes spores libres. Lemycelium consiste en un lacis complexe, embrouillé, de filaments stériles, fins, noueux, diversement tordus et ramifiés. Transparents et incolores, ces ^filaments renferment à leur extrémité un plasma finement granulé, et dans leur continuité une substance limpide, homogène. Les filaments les plus larges ont leur contenu souvent interrompu par des vacuoles ; les plus fins permettent seulement de distin* guer un contour simple et Tabsence de toute articulation, tandis qu'avec Taccroissement de la largeur on remarque l'apparition de contours dou- FiG.248.— a, il5per^i7/t«^fo«cii6, -0,000- blés et d 'articulations produites par
ceptacle à*£urottum\ c, conidies sur ^ •• i •
leur cellule mère ousporophore (d*après des cloisons transversales cellulaires.
c. Cooke). Les filaments fertiles (réceptacu-
laires) sont des tubes cylindriques simples dressés à angle droit par rapport aux filaments du mycélium qu'ils surpassent toujours en grosseur et en largeur. Ces tubes rigides, transparents, sont quelquefois partagés par des cloisons cellulaires transversales. L extrémité libre de ces filaments est formée par un renflement en sphère ou en ovale oblougou
PAHASITES VÉCtETAL'S. 751
transversal (fig. 2U9). La surface est couverte de cellules qui produisent chacune un petit chapelet de spores dont l'ensemble Tonne un capiluled'nn vert bleu&tre. Rangées en forme de Gis de perle, ces spores, répandues en rayons dans toutes les directions, sont de petites cellules sphériques, d'un diamètre de 0'*°'002 à 0°"*003, qui, nées de cellules basales, cnlourent le réceptacle. Elles forment 4ea chaînes voisines les unes des auti-es et se-. dispersent par le moindre attodchement.
L'as pergi [le du conduit auditif externe se développe piincipalement sur
FlG. 219. — AtpergUlM nigricani, Wr., ytgtlaal dant le cérumen de l'oreill*; l'un des capitules & montre la dispotilion det cellulei iporopbores. — a. Sporei à un plus fort groMifMmenl montrint la mime structure qut- celte da VAipergillui glaucus, Lk. (d'iprèiun dessin de M. deSejnes).
la membrane du tympan, à la surface de laquelle il forme comme une Tausse membrane, épaisse de 1 b 3 millimètres, consistant en un tissu fîlamenteui , lardacé, blanc et luisant, friable et couvert en plusieurs endroits de taches jaunes brunâtres {Àipergillw flavescens), ou de taches noir&tres (Aipergillus nigricant) ; toutefois cette différence de coloration n'indique pas des espèces diiïérenles, mais des variétés de VAspergiltt» glaucus, comme Wreden semble l'avoir prouvé.
Aux ongles, l'aspergille ne se produit guère qu'après une exfoliation préalable de la couche épidermique; il commence à la racine pour s'étendre ensuite en dessous de l'ongle qui s'épaissit, et donne lieu à des plaques d'un blanc jaunâtre, soit dans toute l'étendue de l'organe, soit à sa partie antérieure ou latérale. Dans les poumons, ce parasite se développe sur des parties dont la nutrition est préalablement modifiée sur des ulcères
tuberculeux, au niveau de foyers inflammatoires* ou gangreneux, principalement chez les diabétiques. 11 se présente sous la forme de petites masses gris verdiUre ou brunâtre, sans odeur, villeuses et comme écailleuses, sales, d'aspect velouté, et nettement distinctes des tissus qui leur servent de support.
Si une certaine modification des tissus est nécessaire au développement de Taspcrgille, il n'en est pas moins vrai ^ue ce cryptogame nemanqucpas de produire Taltération des tissus sur lesquels il vit(t). Les conditions de son développement sont les suivantes : un terrain spécial, apte à la germination du végétal comme des tissus en voie d'altération, une atmosphère particulière contenant des spores d'aspergille, puis un certain degré d'humidité et de température.
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3" Mucor. — Le genre de champignon ainsi désigné par Micheli est formé d'un mycélium qui se répand à la surface ou dans l'intérieur du substralum nourricier et donne naissance à des filaments di'essés produisant des toufles veloutées. Chaque filament se termine par une petite
(1) Mulilenbeck, de Miilhous^e, a observé un cas d'empoisonnement de deux tonneliffl par VAspergillus glaucus, et Grohe, en injectant des asperg^lles, a pu donner lieuànoe infection générale.
PARASITES VEGETAUX.
sphère membraneuse ou spoVauge, qui contient des corps reproducteurs ou spores d'origine ^game (fig. 250). Un mode de reproduction agamedes mucors a lieu par des conidies qui se développent à Tintérieur des filaments mycéliens ; mais il est encore pour ce champignon des organes de reproduction appelés zygospores qui se forment par conjugaison de deux filaments semblables en contact par une de leurs extrémités, germent au bout d'un certain temps de repos et produisent un filament sporangifère sans donner naissance à un mycélium. Le svstème végétatif ne provenant jamais que d'une spore ou d'une conidie, il en résulte une véritable alternance de génération.
Les mucors se rencontrent communément sur les substances organiques ou les excréments des animaux. Une des espèces les plus répandues du genre, le Mucor mucedo (Linné), a été trouvée par Litzmann et Eichstaedt dans une excavation gangreneuse du poumon. Ce parasite se présentait sous forme d'une masse noire formée de filaments parsemés de globules arrondis, adhérents aux parois de la caverne et terminés par un renflement couronné d'une série de cellules ovales ; mais il n'est pas certain que, dans ce cas rapporté par Sluyter , il ne s'agisse pas autant d'un Aspergillus que d'un Mucor. Dans un travail tout récent, Furbringer a donné le dessin d'un Mucor mucedo qui occupai! les bronchioles pulmonaires d'un malade mort de cancer de l'estomac el des poumons.
Hg. 250. — a, Mucor wiic*do avec trois sporanges (Cooke). à. Autre Mucor mucedo y un seul sporange.
Bibliographie. — Sluyter, De vegetabilihus organismi animalis para&itis, Berolini, 1847, p. 14-29, fig. I. — Ch. Robin, Hist. nat, des végétaux parasites. Paris, 1853, p. 611. — Van Tieghem et G. Lemonnier^ Comptes rend. Acad. des sciences^ 15 avril 1872, et Revue des cours scientif.^ n* 43, p. 1028. Paris, 1872. — J. DE Seynes, art. Mucor, du Dict. encyclop. des Se. méd. Paris, 187 1 . — P. Furbringer, Beobachtung ûber Lungenmycose heim Menschen [Mchivf. pathoL Anat. undPhysioL, t. LXVI, p. 330.)
1* Chionyphe Carteri (Berkeley). Pied de Madura. — Le champignon découvert récemment par Carter dans le pied de Madura, et qui a reçu
Lahcereauz. — Traité d'Anat. path. 1. — 48
75& ANATOHIE PATHOLOGIQUE.
de Berkeley le nom de Chionyphe Cartert, "est une moisissure r
igede
I;:' \ ' '■ '';u' ''ii
la famille des mucorinées, voisioe par sa forme de certain s champignons aquatiques, mais dont l'habitat est encore inconnu.
Ce champignon est composé d'un mycélium formé de lubes cloisonnes, plus ou moins cylindriques et ramifiés , de cellules allongées, rondos ou irrégulières sans nopus {fig. 2&1}. Les lubes émanent d'une masse centrale cylindrique ; ils offrent, les uns , une transparence parfaite, les autres, une teinte sombre orange ou sépia qui semble avoir son principal siégedans la paroi. Leslubes non colorés sont en génénil de faibles dimensions, tandis que les lubes colorés sont plus larges et ont souvent des parois 1resépaisses. C'est à la présence de ces derniers et à la matière iatermédiaire qui les sépare que sont dues les teintes diverses présentées par les corpuscules ou masses provenant des trajets fistuleux du pied de Madura. Un certain nombre de tubes offrent à leur extrémité des renflements Fie. 251. — Mycélium, etc.. du champignon du „plt,,|~i-pc ronds nu ovales oue pied de Uadura (Tilbur, Foi). ceimiaires ronus ou o>aies que
l'on a pu considérer comme destinés à ta production des spores (Tilbury Fox). Celles-ci sont légèrement fu si formes.
Le Chionyphe Cartert pénètre et s'étend dans les tissus de l'homine ï la façon des parasites végétaux qui envahissent les plantes ligneuses. L'aHection qu'il détermine occupe ordinairement les pieds et les mains, rarement elle s'étend au delà du couple-pied ou du poignet, elle laisse les doigts intacts (1). Après une période d'incubation et une durée encore indéler minée, elle s'annonce tantâl par une petite induration livide et indolente, tantât par une vésicule, un abcès, une bulle. La main quelquefois, plus souvent le pied commence à enOêr, devient globuleux, acquiert ui volume triple ou quadruple; les creux s'effacent, puis des ouvertui» fongueuses se produisent, il survient une suppuration ahmidaiiK
(!) Une attéraUon du maxillaire inréricur obserTéedani l'Inde et iéàgaieiau kM* d'Épulit grave, serait, suiraat quelques médecim, an même nature que l'altfi décHte lom le nom de pied de Hadnra.
PARASITES VEGÉTAnX 755
qui se continue pendant des années, jusqu'à 1 épuisement complet du malade : ainsi cette aiïection (fig 352) a de la ressemblance avec certaines manifestations scrofuleuses Le pus, tenu, sanieux ou séro-purulent, tient en suspension des corpuscules ou masses comparées à des grains de poudre, à de petites graines, celles du pavot, par exemple, noirâtres ou rougelttres et dans le fait absolument caractéristiques. Quand le mal est ancien, le pied est sillonné dans tous les sens par des canaux sinueux, reliés entre eux par des anastomoses et pénétrant jusqu'aux os, qui sont altérés, exca\és, nécrosés Souvent, dans leur trajet ou à leur extrémité profonde, ces canaux forment une sorte de cavité kystique; ils sont tapisses par une membrane plus ou moins épaisse, velvétique, friable, p&le, non vasculaire, et renferment à leur inté rieur des parcelles noires (v«riete mélanoîde) ou des masses d'un rouge pivoine {variété ochroïde) formées, comme les corpuscules qui s'en échappent, par le champignon ou par ses débris (liarter).
Le pied de Madura, affection endémique dans quelques parties de I Inde, se rencontre dans les contrées du ' Sud de la présidence de Madras, «t principalement dans les euMrons de Madras, de Pondichéry et
de Madura. On le trouve encore à Bi- F"C- 252- — Pied de Madur» (d'aprta une
, , ., j n I- L photographie due au docleur Collai),
canir, sur les frontières du Pendjab,
dans les déserts de l'Inde, ainsi que dans les États de Radjastan, à Hissar (province de Delhi), puis à Kutch, dans le Guzerat et le Sindh ; il n'a pas été signalé dans la province du Bengale, et n'est connu que dans les districts Nord-Ouest de la présidence de Bombay.
Celte affection a pu être rapportée au sol, et l'on a accusé le terrain magnésien ou dolomitique (Collon soil) de la produire. C'est Ifi une opinion qui parait plausible, si l'on réfléchit que les terres à coton, en vertu de leur constitution physique, présentent toujours un très-haut degré d'humidité, même pendant la saison sèchç, et que par suite elles sont propres au développement des formes inférieures de la vie végétale mais il faut avouer que jusqu'ici elle ne repose pas sur des données inattaquables. La question de savoir comment des spores de champignons peuvent s'introduire et se fixer dans les tissus n'est nullement ré-
solue^ mais il y a lieu de remarquer que le pied de Madura atteint ordinairement les hommes de vingt à vingt-cinq ans, qu'il n*est guère observé que sur les natifs et particulièrement sur les Hindous, circonstance d'autant plus importante que les individus qui portent des chaussures, comme la plupart des Européens vivant dans Tlnde, sont presque tous à labri de ce mal. Or si Ton considère que Taffection se développe spécialement aux extrémités inférieures et de préférence aux pieds, on peut concevoir facilement Tintroduction de spores provenant du sol ou de tout autre corps mis en contact avec les pieds, comme par exemple les plantes. Cela serait d'autant plus vraisemblable que le pied de Madura a pu être attribué aux piqûres causées par les épines d'une espèce de Mimosa fort commune à Madura (Colebrooke), et, dans ces conditions, on arrive à se demander si l'épiphyte n'a pas quelque relation de coexistence avec cette Mimosa. ,
Les connaissances que nous avons du pied de Madura, quoique fort incomplètes, doivent cependant conduire à rechercher si plusieurs affections analogues, telles que \q^ boutons d'Alep^ de Biskra (1), la plaie de VYémen, les ulcères de Mozambique ^ de Delhi ^ de Cochinchiney etc., ne sont pas sous la dépendance d'un parasite animal ou végétal. L'idée que ces diverses affections sont de natui*e parasitaire est d'autant plus admissible que leur extension géographique est moins grande; mais d'ailleurs il semble reconnu que quelques-unes d'entre elles, les boutons d'Alep, par exenapie, tiennent aux qualités nuisibles des eaux de la localité.
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(1) Au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons connaissance d'an travail de E. Weber, intitulé : Études sur le bouton de Biskra (Recueil de mém. de chirurg. et à pharm . milit.^ t. XXXII, p. dâ, 1876), dans lequel cet auteur soutient la nature contagievi du bouton do. Biskra, et rapporte que Carter a trouvé d'une manière certaine, à l'esaBei d'une pièce nnatomiquc qu'il lui avait adressée, un véritable cryptogame dermophJte,.•^ cupant les petits canaux lymphatiques de la peau. Ce dermophyte s'est montré sousTo^ de petits filaments entrelacés et fournissant des spores (conidies) à leurs extrémités U)k«>>
PARASITES TÉGËTADI. 757
pique des lésions que l'oit observe dans l'affection connue sous tes noms de périeal, pied de Miidura {Comptes rendus des séances et Mém. de la Soc. de biologie, 1865, avec planche). — T. Foi, Fangus-foot of India (Jransact. ofthe pathol. So'-, ofLondon, t. XXII, p. 320, 1871), — L. Vcncent, Archives demédediu navale, t. XXIV, p. 157, 1875.
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Plaie de l'Yémcn. — Harhis, The kighlands of Mthiopia. London, 18Ù2.
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2o Achorton Scficenkimi (Uemak). Teigne fateuse. —Le mycélium de ce champignon se compose de tubes cylindriques, Oexueux, ramifiés, sans articles ou cloisons, vides ou contenant de rares granules moléculaires. Ces tubes donnent naissance aus réceptacles qui contiennent ^ des filaments articulés et remplis de spores (Gg. 253). Celles-ci sont de grosses cellules larges de 0,005 à 0,007 mm. rondes ou p,c 353, ^ube mjiilienderiovales, libres ou articulées bout h bout avec cAo'-ioiiScAœnWmtfle»ueox,supj ,- 1 ,- . portant de» flliraents arlicoléi
resserrement au niveau des articulations et ^^, ïolummeux, rempli, de sposans apparence de membrane enveloppante r»», «' «P^res libre* ou agrégeai.
Tir- . Il . (SOO diamèlrei).
commune. Tres-rerringenles, nullcmenlmo-
difiées par l'action de l'eau ou de l'acide acétique, ces spores présentent
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dans leur intérieur une fine poussière de granules moléculaires doi d'un mouvement brownien Irès-vif se produisant après l'action de l'ea L'achorîon de Scbœnlein se développe chez l'homme parliculiéremei sur le cuir chevelu, mais il peut se rencontrer siu* toutes les parties i corps, la face, le conduit audiliF, le tronc (fig. 255) et surtout au nive^uih
Fie. S53. — Coupe mieroEcopiquG de la peau au niveau cl'un gudet fuvJqoaH deiiin de Cb. Remj). A, couche (^anuleuse rorinèe par l'alléralioii du réaea el de la partie suporOeielle du derme; B, tubea llni, parallèles et i mïci-lienï; C, spores et lubea aporifère»; n, pflpille ; i, vaisicau i papilles livpertrapliiées; r, couche £pilh6lisle iaterpapillaire respcclée par la fi faviqus; d, vaiiaeau lymphatique el pi^rl-ljmphatigile (150 dismilres].
sillon des ongles, où il s'inocule quelquefois par le grattage. Ce p occupe les couches profondes de l'épiderme, notamment la partie ini rieure du conduit épidermique du poil, où il semble prendre naissancajl de là il s'étend, d'une pari, au pourtour du cheveu, dont il i chute, d'autre part sous la couche cornée qu'il détruit ; il arrive e jusqu'à la couche papillaire qu'il modilie, comme j'ai pu le voir ava mon interne, M. Ch. Remj (fig. 254). La dépression centi-ale et la disp» sition en forme de godets des petites masses hémisphériques d'un jauB soufré, à la surface du cuir chevelu ou de la peau, connues sous la dén miuation de godets faviques, est due au dépérissement du champignon bien plus qu'à son adhérence au poil.
Le favus commence par une rougeur ér; ihémateuse peu vive, circon-
PARASITES VÉGÉTADS.
scriU' et de forme circulaire, OU diffuse et étendue. Les poils deviennent tornos, perdent leur couleur et se laissent facilement arracher; dans quoi((«es circonstances, une éruption pustuleuse discrète pn^èdc l'appnritiou des godets faviques. Plus tard le champignon apparatt extérieurement sous forme de concrétions jaunâtres, friables, faciles à réduire en poussière par la pression ; les cheveux s'altèrent davanlage, mais le bulbe contiime encore de sécréter les éléments nécessaires à leur nutrition.
Survient enfin raltéralion des conduits pilifèresd'où résulte une calvitie déHnitive, et le parasite, au bout d'un certain temps, ne trouvant plus à la surface eiillammée du derme les étémenis nécessaires à sa nutrition, périt ; c'est alors que des cicatrices fibreuses plus ou moins irrégulières et nues lui succèdent.
Pendant le cours de cette évolution, le favus présente des caractères objectifs assez différents pour que les au- ' teurs aient été conduits à lui reconnaître trois variélésde forme : le faous urcéoluire ou favus isolé disséminé en godets, le favus scvtiforme ou favus Bummulairc en écu, en anneaux, en cercles, et le favw squarrmx ou favus granuleux, en saillies anfractueuses.
Chez l'enfant représenté figure 255, i!
exislaitsurletroncunemassefavique ''";■. 2"-— Enfant âgé de in r
^ tEint d UD favut Bcutiroraie occupant à
de l'étendue d'une pièce d'un franc. ■ - ■ -
Des recherches récentes tendent à établir que le i'CTi'ciWium glaucum est l'origine du favus, Hallier, ayant nourri VAchorion SckcenUinii avec du suc de citron dans un appareil à i:
champignon germer et produire le pénicillium ; d'un autre côté, ce même expérimentateur, aprés avoir déposé des spores de pénicillium sur la peau d'un homme, produisit une éruption analogue à celle du premier degré de développement du favus. Baumgarten prétend aussi avoir pu produire le pénicillium par la culture de l'achorion sur de la colle d'amidon ; mais
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