II. — Insolation
On donne le nom d'insolation aux accidents produits par raction de b chaleur solaire sur Forganisme humain.
Ces accidents, communs sous les tropiques, sont plus rares dans nos contrées, où ils font des victimes surtout parmi les armées en campagne; ils sont locaux ou génémux. Les accidents locaux sont caractérisés par l'apparition de plaques érythémateuses plus ou moins étendues, s'eiïaçant sous les doigts, et qui au bout d'un certain nombre de jours se desquament et disparaissent. Ces plaques, ordinairement douloureuses, ont élê dans quelques cas comparées à l'eczéma et à l'érysipèle, aflectioas auxquelles elles ressemblent symptomatiquement, mais dont elles diffè-' rent par l'évolution. L'étude histologique de ces lésions est encore à faire.
Les phénomènes généraux de Tinsolation ne sont pas nécessairement accompagnés d'accidents locaux; ils consistent en des hypérémies «les principaux organes avec ou sans extravasations sanguines. Assez généralement les enveloppes du cerveau et de la moelle épinière sont congestionnées, les veines sont gorgées de sang (1), la sérosité ventriculaire est colorée ; les poumons, perméables à l'air, sont le siège d'une hypérémie intense et même de points hémorrhagiques, les bronches renferment une écume sanguinolente. Le* péricarde, dans certains cas, contient de la sérosité plus ou moins colorée, les cavités du cœur sont gorgées d*un sang liquide et non coagulé. Ce sang, d'une teinte rouge violacée, a été trouvé acide dans un cas; la proportion des leucocytes est gcnéralement augmentée par suite de la dissolution d'une partie des globules rouges. Le foie, la rate et les reins sont souvent hypérémies ; le tube digestif contient un mucus abon dant^ et la membrane muqueuse de l'estomac est congestionnée et parsemée de sulTusions sanguines.
Tels sont les principaux désordres anatomiques rencontrés chez les individus atteints d'insolation. S'ils expliquent difficilement la mort
(1) Une véritable méningite peut être causée par une chaleur excesnve ; c*est di moins ce qui me parait résulter de deux cas observés par moi chex des fiUes logées sons ks toits pendant les plus grandes chaleurs de l'été.
par eux-mêmes , ils permettent du moins d'en saisir le mécanisme.
jt^EBectivenfMBt les hypérémies simultanées de divers organes, l'état du sang dans les cavités cardiaques sont des circonstances qui indiquent
«r un aRaibdJssement progressif de Torgane central de la circulation, et
k^ Tendent trèi-probable Thypothèse de la mort par la paralysie de cet organe.
#f Les expériences d'Obernier et celles de Vallin sur les animaux ont d'ailleurs montré qu'au moment de l'agonie de l'insolation le cœur se contracte
^ à peine, tant il est difficile d'y apercevoir quelques petits mouvements rhythmés et fibrillaires. C'est h cet état que tiennent la petitesse du pouls et la diminution de la sécrétion urinaire. D'un autre côté, les recherches ingénieries de Claude Bernard nous ont appris que les tissus particulièrement affectés chez les animaux soumis à une température élevée sont les tissus musculaire et nerveux et que la mort a lien tantôt par la coagalation du suc musculaire du ventricule gauche, tantôt par altération da système nerveux, suivant que réchauffement est rapide ou lent. Un point qui dans l'espèce ne manque pas d'importance, c'est que les personnes prédisposées aux accidents de l'insolation, celles que ces accidents font ordinairement périr, sont précisément les alcooliques, c'est-à-dire les individus dont les svstèmes musculaire et nerveux sont modifiés et vieillis.
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