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V. — Fibromes

Lésions plus communes que le lipome et le myxome, les fibromes de l’encéphale sont moins fréquents que les lymphomes. Contrairement à ces derniers et surtout aux endothéliomes, ils siègent de préférence dans les régions profondes de l’encéphale et notamment dans les grands amas

de substance ganglionnaire, la couche optique, le corps strié, les tubercules quadrijumeaux, ou encore dans les pédoncules cérébraux, le pont de Varole et le cervelet (fig. 156). Envisagés au point de vue de leur développement, les fibromes de l’encéphale comme ceux des autres organes sont embryonnaires ou adultes.

Le fibrome embrijonnaire, sarcome de la plupart des auteurs, est la forme la plus commune du fibrome encéphalique ; il se trouve formé tantôt par des cellules rondes (fibrome globo-cellulaire), tantôt par des cellules fusiformes (fibrome fuso-cellulaire).

Le fibrome globo-cellulaire est' une production arrondie ou lobulée non énucléable, mais nettement distincte de la substance nerveuse voisine, dont la sépare une zone vasculaire très riche. Semblable à une masse aplatie, il a le volume d’un marron ou d’un œuf, une coloration rosée, une consistance molle et presque fluctuante. Histologiquement cette tumeur se trouve composée d’une substance intercellulaire, de vaisseaux et de cellules conjonctives embryonnaires. La substance intercellulaire peu développée est parcourue par des vaisseaux nombreux, souvent larges et variqueux (voy. monilf/as d'aiiat. path., pl. 43), pourvus

Fig. 156.. — Le cervelet, dont un des lobes borizontalement sectionné laisse voir en a un libronie embryonnaire en voie d’accroissement.

ENCÉPHALE

de parois extrêmement minces et faciles à rompre, d’où les taches ecch\ motiques et les hémorrhagies si communes dans ce genre de lésion. Les cellules, pressées les unes contre les autres, constituent l’élément prédominant; elles sont peu volumineuses, sphériques ou globuleuses, ordinairement pâles et délicates, de telle sorte que si les vaisseaux ne sont pas en grande abondance, la végétation présente une teinte gris clair, assez semblable à celle de la substance grise de la couche optique.

Le fibrome fuso-cellulaire forme une ou plusieurs masses arrondies et parfois étalées (voy. mon Atl. d'anat. path., pi. 41, fig. 4, 4', 4"); il dilfère peu du précédent, quant à ses caractères macroscopiques, mais il s’en distingue histologiquement par ses éléments cellulaires qui sont allongés, fusiformes avec des prolongements très longs et un corps relativement mince (voy. t. I, p. 3G7). Reconnaissons que les deux ordres d’éléments en question coexistent assez fréquemment dans la même tumeur et que les prolongements des cellules fusiformes toujours très rapprochées peuvent revêtir alors l’apparence d’une sorte de stroma fibrillaire servant de gangue aux cellules rondes, j Les fibromes embryonnaires de l’encéphale, comme toutes les tumeurs j du même genre, sont sujets à des métamorphoses diverses et surtout aux î dégénérescences muqueuse et graisseuse. La première de ces métamorphoses a pour effet la transformation des éléments cellulaires en une j sorte de substance muqueuse semi-liquide ou liquide, qui donne nais- ’ sance au sein de la masse, à des espaces cystoïdes, ou à des cavités rem- I plies par un caillot sanguin (voy. mon Atlas d'anat. path., pl. 43, fig. 3). La transformation graisseuse se manifeste par la présence sur une coupe, vers la partie centrale de la tumeur, de plaques jaunâtres, sèches, d’apparence caséeuse, parfois molles, humides et assez semblables à une gomme ramollie. L’infiltration calcaire est relativement rare, partielle plutôt que ! générale.

1 On ne confondra pas le fibrome globo-cellulaire avec le lymphome j dont le différencie un stroma tout spécial. Le fibrome fuso-cellulaire I pourrait à la rigueur être pris pour un endothéliome; mais il s’en dis- ! tingue par le fait que, dans ce dernier, la substance intercellulaire fait défaut, et qu’un certain nombre de cellules se réunissent pour former des globes assez semblables aux globes épidermiques. D’un autre côté les cellules allongées, qui entrent dans la constitution du fibrome ne permettent pas de confondre cette néoplasie avec le lymphome.

Le fibrome adulte ou fibrome proprement dit a été rarement observé, et, dans les quelques faits connus, on constate le plus souvent l’association des deux variétés embryonnaire et adulte. Cette tumeur est arrondie

facilement énucléable, ferme, plus résistante que le fibrome embryonnaire, d’une couleur blanche ou grisâtre, assez peu riehe en vaisseaux. Son tissu, vu sur une coupe, est homogène, dense, d’une couleur blanc ibfeuàtre, semée çà et là de points jaunâtres. Histologiquement, elle est 'formée d’une substance intercellulaire compacte et fibrillaire, parsemée ‘de noyaux, de petites cellules rondes, souvent aussi de cellules fusi- Iformes, parallèlement disposées , et renferme des vaisseaux en petit nombre.

Le fibrome adulte a une marche lente et progressive ; arrivé à un certain degré de développement, il reste quelquefois stationnaire et subit rarement les métamorphoses graisseuse ou calcaire. Cette variété est moins grave que les précédentes, car, toutes choses égales d’ailleurs, les néoplasies constituent des affections d’autant plus sérieuses que dans leur composition il entre des éléments plus jeunes, aussi le fibrome globocellulaire est-il le plus redoutable.

Les désordres fonctionnels résultant de la présence des tumeurs 'fibreuses au sein de l’encéphale varient non seulement avec le siège, mais encore avec la rapidité de leur développement. Les fibromes adultes qui ont l’évolution la plus lente peuvent exister des années entières et atteindre un volume parfois considérable, sans produire de symptômes bien particuliers, tandis que les fibromes embryonnaires, par leur marche rapide, ne tardent pas à amener des troubles sérieux des fonctions encéphaliques.

Les uns et les autres se lient d’une façon très certaine au développement du stroma conjonctivo-vasculaire de l’encéphale; mais leurs conditions étiologiques nous échappent, et si, dans quelques cas, le traumatisme paraît agir comme cause déterminante, il faut reconnaître que souvent leur apparition, tout à fait spontanée, ne peut être rattachée à aucune action locale extérieure.

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