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légère, il peut se développer au sein de ce foyer un travail aigu, avec toutes ses conséquences.

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ENCEPHALE.

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Localisations cérébrales.

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I Eig. 172. — A, centre des images motrices d’articulation des mots (aphémie); B, centre ' des images motrices graphiques (agraphiej; C, surdité verbale; D, cécité verbale; E, facial inférieur et hypoglosse ; F, membre supérieur; G, membre inférieur; H, blépharoptose d’origine corticale.

1 parlions des recherches faites récemment sur les localisations cérébrales. Ces recherches ont non seulement un intérêt scientifitjue, mais encore une importance pratique, en ce sens qu’en permettant de préciser un diagnostic elles mettent le chirurgien à même de pouvoir intervenir utilement dans certaines circonstances, comme, par exemple, lorsqu’il s’agit d’ouvrir un abcès, d’enlever une tumeur des méninges, ou de débarrasser l’encépbale d’un foyer hémorrhagique qui le comprime. Pour être bien faite, cette étude doit tenir compte tout à la fois de l’expérii mentation, des données anatomiques et des observations cliniques, qui se contrôlent réciproquement.

Depuis la découverte de Broca, un certain nombre de départements de Lancereaux. — Traité d’Anat. path. III. — Tfi

l’écorce grise ont été exactement délimités. La localisation de l’aphasie au pied de la troisième circonvolution frontale de l’hémisphère gauche reste un fait acquis. Mais une étude plus attentive des troubles de l’usage des signes du langage a montré qu’une lésion isolée de ce centre abolissait seulement la mémoire de l’articulation des mots et produisait V aphémie ou aphasie motrice verbale (fig. 172, A). Les images motrices graphiques paraissent fixées dans un groupe cellulaire distinct du centre précédent, car, bien qu’il n’existe pas encore d’observations A'agraphie pure accompagnant une destruction limitée de l’écorce, on admet néanmoins avec Exner que ce symptôme relève d’une altération du pied de la seconde frontale (fig. 172, B).

, A côté des aphasies motrices corticales prennent place d’autres désordres désignés sous le nom à’aphasies sensorielles, et dont les deux variétés principales sont la surdité et la cécité verbales. L’observation de Giraudeau peut servir de type pour établir la localisation de la surdité verbale. Il s’agissait d’un gliôme détruisant la pi’emière temporale du côté gauche. La malade pouvait parler, écrire et lire; elle entendait, mais ne comprenait pas les paroles qu’on lui adressait. Les nombreux faits réunis par Nothnagel ont établi définitivement ce siège des images auditives des mots (fig. 172, C). La localisation de la cécité verbale, quoique moins bien déterminée, doit être vraisemblablement rapportée au lobule pariétal inférieur, dans le voisinage du pli courbe (fig. 172, D).

Un fait digne de remarque, c’est que ces centres autonomes sont exclusivement cantonnés à l’hémisphère gauche. Serait-ce, comme l’a indiqué Gratiolet, que cet hémisphère se développe plus tôt que son congénère, et s’adapte à la fonction au moment où commence l’apprentissage de la parole? Aussi bien, cette prééminence est dévolue au cerveau droit, chez les gauchers. Du reste, c’est peut-être grâce à la suppléance exercée par cet hémisphère que se rétablit progressivement le langage, à la suite des lésions affectant l’écorce du côté gauche.

A côté de ces groupes cellulaires qui servent à l’emmagasinement et à l’expression des signes du langage, se trouve une autre confédération de centres corticaux, dits psycho-moteurs, symétriquement répartis sur les deux hémisphères. Reliés aux corps striés et à l’axe gris antérieur de la moelle par des systèmes spéciaux de fibres, ils tiennent sous leur dépendance la motilité des membres et de la face. Qu’une lésion détruise la partie supérieure des deux rolandiques, il s’ensuit une abolition des mouvements volontaires dans le membre abdominal du côté opposé. Cette zone psycho-motrice du membre inférieur occupe donc le sommet des deux circonvolutions ascendaïue.^ (jui bordent le sillon de Rolando (fig. 172, G);

ENCEPHALE.

mais elle se rencontre en outre à la face interne de l’hémisphère, en empiétant sur le lobule paracentral. Le centre du membre thoracique est situé au-dessous et en avant du précédent, sur le milieu de la frontale ascendante ((ig. 172, F). Wus bas encore, à la partie tout à fait inférieure de la même circonvolution, se place l’origine corticale du facial inférieur et de l’hypoglosse (lig. 172, E). Ces deux derniers centres affectent des rapports homologues de voisinage avec les noyaux de l’aphasie motrice, et ainsi se trouvent rapprochées, dans des localisations contiguës, la main et l’expression graphique, la bouche et l’expression verbale.

Les divers centres moteurs de la face et des membres peuvent être lésés isolément ou simultanément, comme on l’observe par exemple dans le ramollissement, suivant qu’une branche de la sylvienne ou le tronc même de l’artère se trouve oblitéré. Dans ce dernier cas il se produit une hémiplégie motrice, qui respecte constamment l’orbiculaire des paupières. Aussi faut-il admettre pour le facial supérieur une origine distincte, éloignée de la région rolandique, à moins qu’on ne suppose une décussation partielle des libres de ce nerf.

La paralysie du releveur de la paupière a coïncidé quelquefois avec des altérations du pli courbe (fig. 172, H). Mais une localisation précise du ptosis d’origine corticale en ce point est encore prématurée.

Les résultats positifs actuellement acquis, bien qu’ils soient peu nombreux, permettent de présumer que les études ultérieures fixeront complètement l’origine des différents nerfs crâniens dans l’écorce grise. La classification actuelle de ces nerfs perdra alors de sa valeur, et une nouvelle nomenclature trouvera sa base naturelle dans la connaissance de I l’aboutissant cérébral des fibres nerveuses. Il est évident, par exemple, que les muscles des joues et des lèvres reçoivent leur innervation de la même source cérébrale que les muscles de la langue, et le facial infé- I rieur se groupe bien mieux avec l’hypoglosse qu’avec le facial supérieur.

Il ne faut pas oublier que les troubles moteurs dus aux modifications pathologiques de l’écorce ne sont pas toujours du genre des désordres paralytiques. Ceux-ci, en effet, ne relèvent que des altérations destruc- I tives. Mais l’irritation simple des zones motrices par une tumeur ou par [ des productions méningées réalise cliniquement les mêmes elîets que I leur irritation expérimentale. L’épilepsie jacksonienne reste un symi ptôme révélateur précieux des excitations périphériques du cerveau, ainsi que je l’ai signalé autrefois dans mon Atlas d' anatomie pathologique I (Paris, 1871, p. 423).

! Il se peut que les centres psyëho-moteurs reçoivent une partie des im- I pressions sensitives des membres dont ils gouvernent le mouvement;

mais la localisation corticale de la sensibilité n’est ni aussi étroite ni aussi limitée (jue celle du mouvement. Si la sphère sensitive se superpose à la zone motrice, elle la déborde tout au moins. Les sensations paraissent se diffuser largement dans la substance grise et surtout vers les circonvolutions postérieures, comme l’indique une déchirure portant sur le segment postérieur de la capsule interne. Il n’existe pas de preuves suffisantes pour rapporter à l’homme les localisations sensorielles queFerrier et Munk ont déterminées chez les animaux, pour le goût et l’odorat en particulier. De grandes réserves s’imposent également pour la cécité verbale, précédemment mentionnée, et pour l’hémianopsie, dont la localisation est encore plus hypothétique. Le seul centre sensoriel qui>soit bien déterminé est celui de la surdité verbale.

En résumé, le siège d’une lésion corticale ne peut être formellement diagnostiqué que s’il répond à l’étroite zone verticale qui s’étend du milieu de la première temporale au lobule paracentral, suivant les berges du sillon de Rolando. Tout le reste des circonvolutions fait encore partie de ce qu’on appelle la zone latente. Quant au siège de l’intelligence, les auteurs s’accordent généralement à le placer dans la partie antérieure des lobes frontaux.

Jusqu’à quel point l’un des hémisphères cérébraux parvient-il à suppléer son congénère? C’est là une question dont la solution ne peut être donnée exactement ; néanmoins il faut reconnaître que cette suppléance est en partie possible, du moins pour les facultés intellectuelles. Nous avons vu en effet des malades (jui conservaient à peu près toute leur lucidité d’esprit, malgré la destruction du lobe frontal, d’une grande ■ partie du lobe pariétal du côté droit, et chez lesquels, par conséquent, il I

y avait tout lieu de croire à cette suppléance. Il nous resterait à parler ici des désordres purement dynamiques de l’encéphale, si ces désordres, ; nombreux et liés à des circonstances diverses, ne se trouvaient trop en dehors de notre cadre pour être Tobjet d’une étude suivie. Qu’il nous ' suffise de dire que les commotions vives, la frayeur engendrent parfois des troubles particuliers non seulement des facultés mentales, mais encore de la sensibilité et du mouvement (1).

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