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IV. — Colobome oculaire

Ce nom sert à désigner une altération résultant de la fermeture tardive de la fente oculaire primitive, et qui se trouve située un peu en dedans du point où le méridien vertical et antéro-postérieur vient toucher la

paroi du bulbe oculaire. Caractérisée le plus souvent par une division de la choroïde, cette anomalie s’accompagne, en général, d’une ectasie du plancher oculaire, par suite d’un défaut de résistance de la sclérotique. Elle atteint d’ordinaire plusieurs des membranes de l’œil, de telle sorte qu’il y a tout à la fois colobome choroïdien et iridien. Le colobome choroïdien est la prolongation habituelle en arrière d’un colobome de l’iris, mais on a pu constater l’existence d’un colobome du fond de l’œil, alors que l’iris et le corps ciliaire étaient normaux, et même, dans quelques cas, il n’existe qu’un petit colobome voisin de la papille du nerf optique, ou encore une simple absence de pigment dans le fond de l’œil.

En conséquence, le colobome de l’œil peut être total ou partiel. Dans le premier cas, la lésion occupe tout l’espace compris entre la papille optique et les procès ciliaires; sa forme est celle d’un ovale à grosse extrémité, dirigée en avant et en rapport avec ces mêmes procès. Fréquemment divisée, sa petite extrémité regarde en arrière et se continue parfois avec le nerf optique. La coloration générale du colobome est d’un blanc bleuâtre, qui varie selon l’épaisseur de la choroïde au niveau de la fente et aussi selon l’ectasie de la sclérotique. Cette membrane, dont les couches externes font souvent défaut, est accusée par des bosselures en escalier. La choroïde manque rarement au niveau de l’ectasie, elle y forme une pellicule plus ou moins mince contenant des cellules peu pigmentées.

L’absence des éléments rétiniens a été constatée dans plusieurs cas, malgré la présence habituelle des vaisseaux de cette membrane sur le fond du staphylome. La disposition des vaisseaux est subordonnée à la distension du colobome. Si cette distension est peu marquée, quelques vaisseaux s’aperçoivent sur le fond blanc de cette anomalie, et leur direction est toujours plus ou moins perpendiculaire à la direction normale des vaisseaux du fond de l’œil. Lorsque le colobome est très prononcé, les vaisseaux font défaut au niveau de la lésion et semblent émerger de la sclérotique. Si, enfin, la fente embryonnaire est largement ouverte, les parois oculaires sont fortement distendues, et, dans ces conditions anormales de nutrition, le globe oculaire reste plus ou moins rudimentaire, souvent réduit à une petite nodosité qui s’insère sur la vésicule plus grande constituée par l’ectasie.

Les divers degrés de colobome de l’œil sont en réalité le résultat d’une occlusion défectueuse ou du défaut d’occlusion de la fente oculaire embryonnaire. On conçoit que la persistance de cette fente puisse retarder ou empêcher le développement de la choroïde et de la sclérotique. Quant à la raison intime du fait, elle nous échappe; mais il y a des raisons sérieuses de croire qu’ici, comme dans la plupart des cas de mal forma-

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lion, ce sont des lésions inflammatoires anciennes qui engendrent le mal, ainsi que Deutschmann a pu s’en rendre compte.

Rappelons, en finissant, que le colobome de l’œil est une cause relativement commune de microphthalmie ; celle-ci n’est alors que l’efiet du trouble notable apporté dans le développement de l’œil par la persistance de la fente oculaire.

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