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V. — Anomalies du cristallin et du corps vitré

Les malformations que nous venons d’étudier portent sur le globe oculaire tout entier ou sur l’une de ses membranes constituantes. Celles qui vont suivre ont pour siège plus spécial les milieux de l’œil, c’està-dire le cristallin et le corps vitré.

Cristallin. — Le cristallin présente des altérations de transparence, des modifications de siège et de forme.

Les altérations de transparence constituent la cataracte congénitale signalée par Janin de Lyon au siècle dernier, et bien étudiée depuis vingt ans. Cette cataracte offre plusieurs variétés : 1° la cataracte laiteuse ou cataracte molle, qui ne s’accompagne d’aucun gonflement de la lentille et peut se laisser traverser par une aiguille sans qu’il y ait le moindre déplacement ; 2“ la cataracte zonulaire que caractérise l’existence d’une zone intermédiaire opaque, située entre le noyau de la lentille resté transparent, et les couches corticales périphériques entièrement normales, ou parfois atteintes d’opacités ponctuées ou radiées; 3® la cataracte ponctuée formée d’opacités multiples qui, pour la plupart,

APPAREILS DES SENS

occupent la partie centrale du champ pupillaire et donnent lieu à des dessins variés; 4“ La cataracte pyramidale constituée par une opacité limitée qui occupe le centre de la pupille et comprend soit la capsule crislallinienne seule, soit, tout à la fois, cette capsule et les couches antérieures de la lentille.

La pathogénie des cataractes congénitales n’est pas bien connue. Parmi les auteurs qui se sont occupés de cette question, les uns attribuent ces lésions à un arrêt de développement, les autres à des intlaminations des membranes voisines du cristallin, de l’iris, de la choroïde, de la cornée, etc. Les opacités cornéennes et les lésions de l’iris assez souvent concomitantes de la cataracte congénitale, viennent à l’appui de cette dernière hypothèse. La cataracte pyramidale résulterait, d’après cette théorie, de la traction exercée sur la cristalloïde par l’adhérence à la cornée du cristallin que repousse en arrière l’humeur aqueuse.

Les déplacements du cristallin, le plus souvent incomplets et bilatéraux, consistent dans une simple décentration de cette lentille. Ils se produisent dans les sens les plus divers, en haut, en bas, en dedans ou +îu dehors, et quelquefois simultanément dans deux sens, en haut et en dehors ou en haut et en dedans. Enfin ils sont fré([uemment accompagnés d’opacités capsulaires ou capsulo-lenticulaires. L’hérédité de ces déplacements a été constatée dans plusieurs circonstances; elle ne peut être mise en doute. Leur pathogénie se rattache, selon toute vraisemblance, à des lésions inflammatoires des parties en rapport avec le cristallin. 11 nous resterait à parler des anomalies de forme du cristallin: mais ces anomalies sont très variables, et déjà nous avons signalé l’existence de la principale, le colobome du cristallin, qui dans certains cas se trouve associé au colobome de l’iris et de la choroïde.

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Corps vitré. — Les anomalies par défaut du corps vitré et ses lésions inflammatoires intra-utérines ayant été signalées dans la description que nous avons faite de la microphthalmie, il ne peut être question ici que de la persistance de l’artère hyaloïde et du canal de Cloquet.

L’artère hyaloïde, pendant la vie fœtale, traverse la partie centrale du corps vitré pour aller former, entre ce corps et le cristallin, un réseau qui embrasse la cristalloïde postérieure, mais, en général, ce vaisseau s’oblitère dans les dernières périodes de la vie intra-utérine, de telle sorte que dans un œil complètement développé, il n’existe aucun vestige de son existence. La persistance de cette artère a été néanmoins constatée dans des cas exceptionnellement rares, tantôt comme un mince filament, tantôt comme un cordon qui ballote dans les mouvements de l’œil, tantôt enfin sous d’autres formes. Les malades se plaignent alors de la sensation d’un ver qui voyage dans l’œil, et sont parfois pris de vertiges.

La persistance du canal de Cloquet est comme celle de l’artère hyaloïde une anomalie des plus rares. Ce canal est constitué par une portion de la membrane hyaloïde qui, arrivée au niveau de la papille se replie sur elle-même ei s’adosse à celle du côté opposé pour former un canal allant de cette uornière au pôle postérieur du cristallin. Ce canal, chez le fœtus, donne passage à l’artère hyaloïde, aussi Vassaux a-t-il été

conduit à le considérer comme une gaine lymphatique semblable à celle des vaisseaux cérébraux, mais, il n’en résulte pas moins que sa persistance constitue un phénomène anormal.

Cette anomalie, ordinairement double et isolée, accompagne fréquemment la persistance plus ou moins entière de l’artère hyaloïde. Elle se présente sous la forme d’un cordon transparent assez semblable à un tube de verre, et qui traverse le corps vitré dans toute sa longueur.

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