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Auémios et liypérémies

L’anémie de l’oreille s’observe dans les cas d’anémie générale, comme aussi lorsqu’il existe un rétrécissement mécanique ou spasmodique des vaisseaux artériels qui se distribuent à cet organe ; le sang cesse alors d’affluer dans l’oreille et la membrane muqueuse se décolore. Ainsi, if existe des anémies auriculaires, les unes matérielles, les autres purement spasmodiques ou nerveuses. Ajoutons que ce phénomène a encore été constaté à la suite de l’ingestion de la quinine. Sur douze personnes dont les oreilles étaient saines, Guder a vu, sous l’influence de 1 gramme de quinine, la température descendre peu à peu dans le conduit auditif, et cinq fois il a pu noter la disparition d’une légère hypérémie préexistante des vaisseaux du manche du marteau.

Les hypérémies de l’oreille sont ici comme partout ailleurs, sous la dépendance de trois facteurs : le système circulatoire, le système nerveux et le sang. L’hypérémie d’origine vasculaire, lorsqu’elle n’est pas une simple propagation d’un état congestif de la gorge ou de l’arrièrecavité des fosses nasales, résulte tantôt d’un eflort et s’observe dans l’éternuement, la toux, etc., tantôt d’un simple obstacle au retour du sang veineux, et survient à la suite des tumeurs du cou, des alfections du cœur ou des poumons. Elle est par conséquent plus ou moins passagère; sa persistance détermine l’induration et l’épaississement des parties affectées.

L’hypérémie névropathique de l’oreille, assez peu étudiée à l’était pathologique, a pu être observée expérimentalement. Tout le monde connaît la congestion du navillon après la section du nerf sympathique au cou ; mais, d’après Gellé, la section du trijumeau exercerait de son côté une influence sur la vascularisation de la caisse. Berthold, après

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avoir divisé la racine de ce nerf, a constaté' neuf fois sur dix la présence d’altérations dans la membrane muqueuse tympanique, deux fois l’hypérémie et l’imbibition, sept fois des épanchements séreux ou hémorrhagiques. Dans les 3/5 des cas, l’altération se produisit, mais à un degré plus faible, du côté sain. L’extirpation du ganglion cervical supérieur et l’arrachement du glosso-pharyngien n’ayant rien produit de semblable, cet auteur se trouva conduit à admettre que la muqueuse tympanique des lapins n’est pas influencée par les lésions du sympathique et du glosso-pharyngien, tandis que celles du trijumeau y produisent des altérations congestives ou inflammatoires. De ces faits il est facile de conclnre que les excitations ou les paralysies des nerfs vaso-moteurs sont de nature à produire chez l’homme des hypérémies de l’organe auditif.

Les hypérémies liées à une altération du liquide sanguin surviennent dans le cours des maladies, qui, comme la leucémie, ont pour elfet de ■modifier la crase sanguine. Toutes ces hypérémies se révèlent par l’injection et la distension partielle ou générale des vaisseaux de la membrane muqueuse de l’oreille moyenne ou externe et même des parties sous-jacentes. Des congestions de l’oreille interne peuvent être observées dans les mêmes conditions; c’est ainsi que Toynhee rapporte le fait d’un enfant de six ans, sourd de naissance, mort à la suite de crises convulsives et qui présentait, en même temps qu’une profonde altération des oreilles moyennes, du sérum sanguin dans l’oreille interne du côtédroit.

Bibuograpiue. — Toynbee, Diseuses of the ear {Medico-chirurg . Transact.^ London, 1869, XXXII, 92). — E. Bertiiold, üeher den Einfluss d. Nerven d. Paukenhühle auf die Sécrétion ihrer Schleimhaut (Archiv f. Ohrenheilkdc, XVII, O. 217, et Bev. d. sc. mCd.. XIX, 316). — P. Curer, Action de la quinine sur l’oreille Inimuine, llièse, Berlin, 1880.

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