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II. — Néopliisies épilht'Iiulfs

ÉP1T11ÉL10.MES. — Ces néoplasies ont été plusieurs fois rencontrées dans l oreille, ce qui ne peut nous surprendre, puis(|ue l’organe de l’audilion renferine des épithéliums divers, chacune des parties qui le composent ayant pour ainsi dire son épithéüome propre. L’épithéliome de l’oreille externe a beaucoup d’analogie avec le cancroïde, celui de l’oreille moyenne ressemble aux néoplasies des membranes muqueuses, celui de l’oreille inlei ne dilVère des précédents, et est considéré comme rare. Cependant l’oreille interne contenant des épithéliums, on ne comprend pas bien, tout d'abord, la cause de cette rareté; mais, si on examine attentivement les faits, on ne tarde pas à reconnaître que l’on a générale- Hienl désigné, sous le nom de carcinome ou de tumeur maligne, des lésions que, en raison de leurs caractères et de leur évolution, nous n’hésitons pas à rattacher à l’épithéliome.

Malgré la diversité de leur origine, les épithéliomes de l’oreille ont néanmoins un certain nombre de caractères communs dont le plus important est l’envahissement des parties voisines, des os eux-mêmes, par les éléments épithéliaux qni les atrophient et les détruisent. Aussi ces tumeurs ont-elles de la tendance à s’étendre soit à l’extérieur, soit à l'intei’ieur du crâne, en gagnant tantôt le conduit auditif externe, tantôt l’apophyse masloide, tantôt le conduit auditif interne ou même en détruisant le rocher. La dure-mère, à son tour, peut être envahie; la veine jugulaire, le sinus transverse sont atteints de thrombose, ou suppurent, suivant qu’il y a simple compression de la part du néoplasme ou ramollissement et suppuration de ce produit.

l.’épithéliome ne se ramollit pas seulement, mais il s’ulcère, quand surtout il siège au niveau des parties externes de l’oreille. L’ulcère grenu, sanieux, en forme de capsule ou d’entonnoir, laisse suinter un liquidé lilanchàtre ou jaunâtre; mais quelquefois aussi il est pendant longtemps comme recouvert d’élevures fongueuses saillantes, ou papilles hypertrophiées, tapissées d’un épithélium corné, formant des espèces de mamelons entre lesquels on distingue des sillons plus ou moins profonds et irréguliers, comblés par un détritus Jaunâtre ou blanchâtre composé d’un mélange de pus, de sang et de débris épithéliaux.

APPAHKILS DES SENS.

yiq

L’épilhéliome de l’opeille, quel i[ue soit son siège initial, est constitué par de grosses cellules épithéliales pourvues d’un ou de plusieurs noyaux. (Jrdinairement granuleuses, mais variables de Corme suivant leur point de départ et le degré de compression auquel elles peuvent être soumises, ces cellules forment des amas plus ou moins étendus, circonscrits par des travées tibreuses qui s’anastomosent entre elles.

Cette néoplasie est une lésion des plus graves, par la propriété qu’elle possède d’envahir les tissus, de s’étendre et de finir pour ainsi dire toujours par la mort, malgré les opérations auxquelles elle peut être soumise ; sous ce rapport, elle ne diffère pas des épithéliomes des tegu-; inents et des organes, preuve de la parenté de toutes les végétations épi-ihéliales. ,

Bibliogkaphië. — H. ScHWAKTZii, Füll von prinuiren Epithelial-krebs det- Mithelohres [Archiv f. Ohreaheilhunde, Leipsig, 1875, IX, 208-219, 2 pl., et, Rev. d. SC. méd., t. VII, p. 303). — Delstanchu Cils et Stocolaht, Cancer épithélial primitif du canal externe de l'oreille (J. de méd., ctdrurg. et pharmucoL, Bruxelles, 1879, XV, 21-34). — A case of parotidean and intra-

tympanic malignant tumor (Arc/i. otoL, Xcw-York, 1877, VIII, 311-321). — PoLAïu.ON, Carcinome de l'oreille moyenne et du rocher; destruction d’une partit de la base du crâne et de l’atlas {Ann. des maladies de l’oreille et du larynx^ Pai-is, 1879, V, 254-262). — C.-J. Kipp, A case of epithelioma of the middlc car {Tr. am. otol. Soc., Boston, 1881, 484-487). — J. Mac-Kay, Aurai polypus, facial paralysis, mastoiditis and chronic meningitis, with recover y from the two. latter {Tr. am. otol. Soc., Boston, 1882, 111, 32). — A. PourzEn, Krangengeschichte und Sectionsbefund eines Carcinoma aur. med. et labyrinth dext. verstorbenen 41 Jdhrigen Mannes {Tr. internat. M. Cong. 7 Sess., Lmidon, 1881 . lit, 406-408). — Le même, Primare bosartige Neubild. im Gehôrorgane {Wien.' med. Blatt, 1882, V, 257,289). — T. -K. Lafakgue, Tumeurs malignes du pavillon de l’oreille. Thpse de Paris, 1879. — A. -A. Bowluy, A case of epitheliom.a of the ear {Trans. of the path. Society, London, 1884, t. XXX\ , p. 330). — W.-B. Williams, Epithelioma of the external car (Ibid., t. XXXV, p. 331) .

§ 4. — Hypoplasies.

L’oreille n’échappe pas aux dégénérescences des parties qui la constituent. Ces dégénérescences, à part l’infiltration uratique du pavillon, ne diffèrent pas de celles qu’on observe communément dans les organes ; elles s’en distinguent simplement par une moindre fréquence et les connaissances plus im par fai es que nous en avons. ,

Effeclivemeiit, la sléatose ot la leucomalose des parties conslituantos de l’oreille sont mécor.iiues, quoique tout porte à croire à leur existence.

La calciose, observée dans quelques cas, a pour siège habituel le périoste et le périnèvre. D’autant plus abondante et plus considérable que les personnes sont plus âgées, cette lésion occupe surtout le périoste du méat interne, celui du labyrinthe et le névrilème du nerf acoustique. Elle se présente sous l’aspect de petites concrétions rondes ou ovales, en forme de citron ou de massue, à contours bien ou mal définis. Ces concrétions constituées par des couches concentriques d’une matière homogène, calcaire, réfractent fortement la lumière et sont parfois entourées de couches concentriques d’une substance organique. Elles consistent en phosphate de chaux et se distinguent facilement des oolithes du vestibule (|ui sont formées par du carbonate de chaux cristallisé sans mélange de matières organiques. Ces dépôts, relativement communs dans plusieurs espèces animales, ont pour elfet, chez l’homme, un certain degré de surdité.

Bibliographie. — Bottcheu de Dorpat, Dépôts calcaires dans le périoste de loreille interne {Arch. f. path. Anut., XII, p. 104-, 1857, etArch.gén. deméd., 1858, 11, 354). — Moos, De la présence et de la signification des concrétions de phosphate de chaux dans le tronc du nerf acoustique (Archiv f. Psychiatrix und Nervenkrankh., 1879, t. IX, p. 12ÎÎ, et Rev. d. sc. méd., t. XIV, p. 304). — K. Bubkner, Die Ossificationslücke im aüsseren Gehorgange {Arch. f. Ohrenh., Leipz., 1878, XIII, 163, 183).

V infiltration uratique est caractérisée par un dépôt plus ou moins abondant d’acide urique ou d’urate de .soude au sein des organes. Rencontré quelquefois dans l’oreille de l’homme, ce dépôt se localise de préférence au pavillon, et forme, en diflerents points, notamment au niveau du bord supérieur de l’hélix, de petites saillies fermes, grenues, qui par suite de l’amincissement de la peau, revêtent une teinte jaunâtre qui leur donne une apparence toute particulière. Le plus souvent multiples, ces concrétions, dont le volume varie depuis celui d’un grain de millet jusqu’à celui d’un pois, sont indolentes, occasionnent, dans quelques cas, une irritation des parties voisines pouvant amener la destruction du tégument qui les recouvre et permettre leur issue au dehors.

Bibliographie. — A. -B. Garrod, La goutte, sa nature et son traitement, avec annotât, par Charcot, trad. fr. de Oilivier,. Paris, 1867, p. 82 et 88. — Charcot, Sur Us concrétions tophacées de Voreille externe chez les goutteux {Comptes rendus de la Soc. de biologie, Paris, 1861, sér. 3, t. II, p. 47). —

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Le même, Leçotis cliniques sur les maladies des vieillards et les maladies chroniques, 1800.

ANOMALIES DE CIRCULATION

lies désordres de «irculation sont difficiles à constater dans l’oreille interne et dans l’oreille externe, aussi ont-ils été peu étudiés. Nous savons cependant que des phénomènes d’anémie et d’jiypérémie peuvent se passer dans chacune des parties de l’organe audilif.

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