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I. — Plaies

Les os, comme tous les organes, sont lésés par des instruments piquants, ti’anchants ou contondants, qui peuvent les transpercer de part en part •ou bien ne les intéresser que dans une partie de leur épaisseur. Ces traumatismes, assez peu graves la plupart du temps, sont néanmoins dangereux par la malpropreté de l’instrument, la lésion d’une cavité splanchnique ou d’un viscère voisin. Les instruments tranchants entament l’os et quelquefois lui enlèvent un lambeau, ce qui le dénude et l’expose à la nécrose. Les plaies contuses, généralement produites par l’action de corps lourds ou lancés avec une grande force, entraînent à leur suite l’écrasement des os et la production d’épanchements sanguins dans la substance médullaire. La réparation de ces parties est difficile et n’a lieu qu’à la suite de pertes de substance plus ou moins étendues ; elle s’opère par l’intermédiaire d’un tissu embryonnaire qui se transforme en tissu osseux.

Les plaies des os sont accompagnées, dans un grand nombre de cas, de la présence de corps étrangers qui, après s’être brisés, restent

(1) Froriep, Chirurgische Kupfertafeln, Weimar, 1820, pl. 438, fig. 1.

implantés dans le tissu osseux et constituent une complication redoutable par les accidents inflammatoires qui en sont la conséquence. Ces ostéites traumatiques exigent une description spéciale et méritent de nousarrêter, car elles se produisent encore à la suite des fractures des os, dont nous n’avons pas à nous occuper ici, les ayant étudiées dans la première partie de cet ouvrage (voy. t. I, p. 801).

Biblioguaphie, — Bonn, Tabulœ ossium morbosonm. Amsteled, 1785. —

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H. — Ostéites traumatiques.

Ces ostéites, distinctes de l’ostéite spontanée tant par leur origine que par leurs caractères symptomatiques et leur évolution, offrent des difl'é-

os.

rences notables, suivant que la blessure de l’os est sous-culanée ou exposée à l’action de l’air extérieur, car si, dans le premier cas, l’inflammation osseuse est proliférative et ossifiante, dans le second, elle est toujours suppurative. Nous ne reviendrons pas sur le premier de ces modes phlegmasiques,.qui a été étudié ailleurs (voy. t. I, p. 804), mais nous ne pouvons passer sous silence le processus suppuratif qui survient dans les os à la suite des plaies contuses par armes à feu, des amputations, des résec tions, etc.

L’ostéomyélite ou mieux l’ostéite qui survient dans ces conditions est circonscrite ou difl'use. L’ostéomyélite circonscrite, quelle que soit sa cause, reste localisée a une portion d’os dans laquelle se produit peu à peu une couche de bourgeons charnus rougeâtres ou grisâtres, qui donnent naissance à une quantité variable de pus et forment à la surface d’un os amputé, par exemple, une sorte de champignon plus ou moins saillant. En fin de compte, un tissu osseux nouveau se constitue par un processus semblable à celui qui détermine la formation du cal des fractures compliquées de plaies (voy. t. I, p. 805) ; mais dans quelques cas, la suppuration venant à s’étendre, certaines parties de l’os afl'ecté sont mises dans l’impossibilité de se nourrir, et finissent par se nécroser.

L’ostéomyélite diffuse est celle qui envahit rapidement un ou plusieurs os entiers. Le tissu osseux est rougeâtre ou violacé, infiltré de sucs; la moelle grisâtre, ou jaunâtre par la présence du pus, se fait remarquer par sa mollesse et une odeur pénétrante, infecte, attribuée à la gangrène ou à la putréfaction, mais qui est, sans aucun doute, comme ces deux processus, le résultat de l’action des microbes. Demarquay a démontré que du pus pur ou altéré, introduit dans le canal médullaire d’animaux sains, a pour effet une ostéomyélite le plus souvent suivie de mort par pyohémie ou septicémie suivant la qualité du liquide introduit.

Cette lésion, véritable infection locale, est généralement accompagnée de douleurs vives, d’une fièvre intense, de désordres nerveux multiples; elle a une marche aiguë et se termine presque fatalement par la mort dans un court espace de temps. Au lieu de cette marche rapide ou foudroyante, l’ostéite traumatique difl'use évolue quelquefois avec une certaine lenteur (ostéomyélite diffuse chronique), est accompagnée de périostite et même de suppuration des parties molles, donne lieu à la formation d’ostéophytes et entraîne à sa suite des abcès et des nécroses plus ou moins étendus de l’os (voyez mon Atlas cV anatomie pathologique, pl.56, fig. 1 et 3).

Ces formes diverses de l’ostéomyélite sont fréquemment compliquées d’embolies graisseuses dans différents organes, particulièrement dans les

poumons et les reins (1), et quelquefois de phlébite et d’infection purulente. Leur gravité est des plus grandes; le traitement antiseptique est formellement indiqué, car l’amputation est un moyen à peu près impuissant, et la désarticulation même est le plus souvent inutile.

Bibliographie. — Th. Valette, Be V ostéomyélite des amputés (Recueil de mém. de méd., de chirurgie et de pharmacie milit., 1855, sér. 2, t. XVI, p. 230). — Th. Longmore, Remarks upon osteomyelitis conséquent on gunshot wounds of the upper and lower extremities, 'etc. (Med.-chirurg. Transact., 1865, t. XLVIII, p. 43). — J. Roux, De l'ostéomyélite et des amputations secondaires après les coups de feu (Mém. de V Acad, de méd., Paris, 1860, t. XXIV, p. 558). — H. Larrey, Des amputations consécutives à V ostéomyélite des membres par armes à feu. Paris, 1860. — R. Fischer, Fülle von vereiternder Entzund. der Schadelknochen. Inaug. Diss. Breslau, 1869, et Schmidt’s Jahrber. , t. CXLVIII, p. 37. — H. Muller, ?7e6e?’ Ostcitis traumatica pundenta. Inaug. Diss. Breslau, 1871. — Demarquay, De V ostéomiélite dans ses rapports avec l’infection purulente (Archiv. gén. de méd., 1872, t. II, p. 257). — Poulet, Du rôle de la circidation des os dans la production de V ostéomyélite des amputés. Thèse de Paris, 1872. — Gosselin, Ostéite traumatique des os longs (Clinique chirurgicale de l’hôpital de la Charité, Paris, 1875, 1. 1, p. 423). — Garrot, Étude sur les phénomènes observés dans Vos après les amputations. Thèse de Paris, 1878.

(I) Voyez la bibliographie, t. I, p. 647, et déplus:

Halm, BeUragezur Lehre von der Fettembolie, Munich, 1876. — Th. Flournoy, Contribution d Vétude de l’embolie graisseuse, Thèse de Strasbourg, 1878. — Th. Egli, Embolies graisseuses (Untersuch. aus. d. path. Instit.zu Zurich, Leipzig, 187.3, t. I, p. 100). — V. Czerny, Ueber die klin. Bedcutung fur Fettembolie (Berl. kl. Wochenschrift, 1875, p. 593,-605). — J Déjerine, Uec/terc/ies expérimentales et cliniq. sur l'embolie graisseuse dans les altérai, osseuses (Gaz. méd. de Paris, \8Td,p. 455 et 468). — Egli-Sinclair, Ueber Fettembolie [Correspond. Blatt f. Schweh.Aerzte,\819,it.l6l). — M. Wiener, Wesenund Schiksal der Fettembolie [Archiv f. exper. Patholog. und Pharmak., 1879, t. XI, p. 257). — R. C. Pellis, De l'embolie graisseuse, Thèse de Paris, 1879. — Scriba, Untersuch. ueber die Fettembolie [Berl. klin. Wochenschr., Leipzig, 1879).

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