‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 30 sur 218 · I. — Échinocoque · texte numérisé non relu

I. — Échinocoque

La présence de l’échinocoque dans la substance osseuse a été constatée un assez grand nombre de fois ; le nombre des cas connus est aujourd’hui de vingt-neuf; ils se répartissent comme il suit :

Crâne. .

Uachis. .

Bassin. .

Humérus.

Fémur. .

Tibia . .

Phalange

Ce ver vésiculaire envahit indistinctement les os longs ou les os plats et sans doute aussi les os courts ; il se loge dans la partie spongieuse de ces organes où il se développe d’une façon lente et progressive. Les hydatides dans lesquelles est contenue cette larve occupent des loges distinctes au sein du tissu spongieux, ou bien, ce qui arrive le plus souvent, elles sont renfermées dans une poche unique. La tumeur, dans ce dernier cas, peut acquérir le volume du poing, elle comprime et distend le tissu osseux, l’amincit, amène sa résorption totale et prédispose aux fractures, si le périoste ne sécrète des couches osseuses nouvelles. Par conséquent, il vient un moment où la tumeur hydatique se met en contact avec les parties molles, et, si elle continue à se développer, elle refoule celles-ci et peut déterminer des accidents sérieux, comme, par exemple, lorsqu’elle a son siège dans les os du crâne ou de la colonne vertébrale. La compression du cerveau et de la moelle épinière sont, dans ces conditions, la cause de désordres graves et souvent mortels. D’un autre côté, une tumeur de ce genre, venant à envahir l’orbite, peut produire uneexophthalmie ; lorsqu’elle siège dans les os longs, elle s’étend quelquefois jusqu’aux articulations et engendre des arthrites séreuses.

La poche hydatique, ordinairement irrégulière, bosselée par le fait de la plus ou moins grande résistance qu’elle rencontre dans son développement, est constituée par une membrane mère lisse à l’intérieur et distincte du tissu osseux, qui est légèrement sclérosé à son voisinage. Cette poche se développe généralement sans déterminer de vives souffrances, et tant qu’elle se trouve enveloppée par le tissu osseux, il est difficile de

la diagnostiquer ; mais, si elle vient à faire saillie, elle se distingue par de la mollesse et une sensation de fausse fluctuation sur un point circonscrit, et par un rebord osseux au niveau de sa base d’implantation. Dans certains cas, cette lésion passe inaperçue jusqu’au moment où l’os aminci et fragile se rompt tout à coup à la suite d’un effort musculaire. D’autres fois, le kyste s’ouvre spontanément ; mais celte ouverture est suivie d’une suppuration qui persiste à cause de la difficulté du rapprochement des parties; aussi, le plus souvent, le malade s’affaiblit et succombe par hecticité, s’il n’est emporté par résorption purulente. En conséquence, l’ouverture artificielle des poches hydatiques des os est grosse de dangers, et la simple ponction, avec aspiration du contenu de ces tumeurs, constitue une méthode de beaucoup préférable; il n’est pas moins vrai cependant que, dans la plupart des cas, un kyste hydatique est une afleclion grave et redoutable.

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