I. — Contusions
Les contusions des articulations sont directes ou indirectes suivant que le choc porte immédiatement sur l’article ou y retentit après avoir atteint une partie plus ou moins éloignée. Les accidents qui leur succèdent sont nécessairement variables. Dans le plus grand nombre des cas, à la suite d’un choc violent, lorsque l’articulation n’est pas ouverte, il se développe un gonflement articulaire plus ou moins douloureux, constitué par du sang extravasé auquel s’ajoutent ensuite des exsudats inflammatoires. L’examen des articulations, en dehors même de toute fracture concomitante des extrémités osseuses, laisse voir des extravasats sanguins au sein de la synoviale et des épanchements de sang et de synovie dans la cavité articulaire ; mais, sous l’influence du repos et de l’emploi des moyens antiphlogistiques, ces épanchements finissent en général par être résorbés, laissant à leur suite une raideur plus ou moins persistante. Il n’en est pas de même lorsque l’articulation est ouverte, car souvent une arthrite se développe et persiste pendant une période de temps plus ou moins longue.
L’entorse ou distorsion des articulations est l’effet d’une contusion qui consiste principalement en une distension trop forte avec ou sans déchirure des ligaments et extravasation sanguine dans l’articulation et les tissus environnants. Ce traumatisme, dans lequel la déchirure des ligaments se trouve presque toujours compliquée d’une lésion de la synoviale ou des gaines tendineuses, est suivi d’accidents inflammatoires ordinairement sans gravité, mais très longs si on n’a soin de soumettre à un repos absolu l’articulation affectée.