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II. — Plaies

Les plaies des articulations, quel que soit l’instrument qui les produise, pénètrent ou non dans la cavité articulaire.

Les plaies non pénétrantes ne diffèrent pas d’une façon sensible de celles des autres régions, et partant elles n’ont pas à nous occuper. Les

plaies pénétrantes, c’est-à-dire celles qui sont accompagnées de l’ouverture du sac synovial, sont des accidents toujours graves en raison de la phlegmasie qui en est la conséquence.

Un des premiers ell'ets de cette ouverture est l’écoulement au dehors du liquide synovial, qui est transparent, séreux, légèrement visqueux, parfois sanguinolent, et qui augmente de quantité quand l’articulation malade est mise en mouvement. Bientôt après, la membrane synoviale perd son poli, revêt une coloration d’un rouge jaunâtre, puis d’un rouge vif, et souvent se recouvre de fausses membranes fibrineuses. Histologiquement, elle présente à sa surface une prolifération cellulaire abondante et qui consiste presque uniquement en petites cellules rondes, dont les plus superficielles ont tous les caractères des corpuscules de pus. En même temps, le tissu conjonctif sous-jacent prend la consistance d’un mucus gélatineux et offre ainsi une grande ressemblance avec la substance inlercellulaire du tissu de bourgeons charnus. Le liquide renfermé dans l’articulation devient de plus en plus trouble et ne tarde pas à présenter tous les caractères du pus; la surface de la synoviale, peu à peu surmontée de petites granulations fongueuses semblables à celles d’une surface bourgeonnante ordinaire, devient le siège d’une sécrétion purulente continue. Néanmoins il est rare de voir le liquide purulent se frayer un passage dans le tissu cellulaire sous-cutané et à plus forte raison à l’extérieur; maison observe quelquefois des suppurations périarticulaires sans communication directe avec la cavité articulaire, et dues vraisemblablement à la résorption du pus par les lymphatiques de la synoviale. L’intensité de la suppuration articulaire est variable : tant qu’elle reste superficielle, la synoviale peut revenir à l’état normal; mais quand il y a ulcération et fonte du tissu de cette membrane, la formation d’une cicatrice est le seul résultat possible.

Le cartilage, à moins qu’il ne soit lésé, participe tardivement à l’inflammation traumatique ; sa surface devient terne, il perd son poli, mais il peut n’élre pas détruit totalement, et dans le cas de guérison la terminaison a lieu avec ou sans raideur. Par contre, si le travail morbide est intense, le cartilage se fond en petites molécules, ou bien de grandes portions se nécrosent et se déta( hent de l’os, il s’établit un travail d’inflammation éliminatrice entre l’os et les portions nécrosées, travail qui entraîne presque forcément une terminaison par ankylosé. Ainsi l’évolution et le mode de terminaison des arthrites traumatiques sont variables, comme du reste le pronostic de ces affections, bien qu’il soit toujours redoutable.

Les arthrites traumatiques, envisagées autrefois comme des accidents très. sérieux, sont beaucoup moins graves depuis l’emploi des pansements

ARTICULATIONS

antiseptiques; néanmoins elles offrent des dangers réels, surtout quand un liquide septique est déposé dans l'articulation et que le malade a été surmené. Leur marche est en rapport avec l’étendue des désordres articulaires et la nature du principe septique, et, si au point de vue purement anatomique elles diffèrent peu des arthrites suppuratives spontanées, il faut reconnaître qu’elles en sont nettement distinctes par leur évolution.

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