II. — Hypérémies
Les hypérémies musculaires ont été rarement étudiées pour ce fait qu’elles laissent peu de traces après la mort. Leur existence n’en est pas moins incontestable ; elles sont de plusieurs ordres ; les unes actives ou irritatives (névropathiques), les autres passives ou stasiques (angiopathiques).
Les hypérémies actives se manifestent au pourtour d’un foyer inflammatoire ou bien dépendent d’un désordre de l’innervation vaso-motrice. Les hypérémies passives sont observées toutes les fois qu’il existe un obstacle mécanique, une gêne à la circulation cardiaque ou veineuse, et encore dans certains cas d’altération de la crase sanguine.
Les muscles hypérémiés sont tuméfiés, ils ont une teinte rouge vif ou violacé ; les vaisseaux qui s’y distribuent sont dilatés, notamment dans l’hypérémie stasique; la fibre musculaire est normale, quelquefois hypertrophiée (bypérémie active), d’autres fois granuleuse (hypérémie stasique de longue durée). La puissance musculaire est accrue plutôt que diminuée, excepté dans les cas de stase prolongée.
Lamarche de l’hypérémie musculaire est tantôt aiguë, tantôt chronique, sa durée plus ou moins longue. Lorsqu’elle est simplement passagère, cette lésion ne laisse à sa suite aucun désordre appréciable de la fibre musculaire ; mais si elle vient à durer pendant un certain temps, celle-ci finit par être modifiée. La modification qu’elle subit varie avec la nature du processus pathologique ; si l’hypérémie est active, c’est-à-dire névropathique, le faisceau primitif, tout en conservant ses caractères physiologiques, augmente de volume et s’hypertrophie; au contraire, si l’hypérémie est passive ou angiopathique, ce même faisceau devient granuleux et s’atrophie. Par conséquent, les effets de l’hypérémie musculaire sont
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très variables, et cet état pathologique ne peut être considéré comme toujours identique.
Les causes de l’hypérémie musculaire sont ou bien des désordres nerveux ou bien des désordres circulatoires. Les désordres nerveux ont des origines très diverses ; ils sont liés à une lésion locale, telle que plaie, tumeur comprimant un nerf (névrite), etc. , ou bien dépendent d’un état général (hystérie, herpétisme, etc.). Les désordres circulatoires sont multiples, ils ont pour siège le cœur ou les vaisseaux, les veines principalement ; les varices et les thromboses veineuses sont en efïet les causes les plus ordinaires des hypérémies passives des muscles.