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III. — Hémorrhagies

Les hémorrhagies musculaires, de même que les hypérémies, sont actives ou passives, ou mieux angiopalhiques, névropathiques ou hémopathiques.

Les hémorrhagies musculairês qui ont pour point de départ l’altération des vaisseaux sont les mieux connues ; elles ont été observées à la suite d’une rupture anévrysmale, d’une lésion athéromateuse des artères des membres, de la ruptui’e de varices veineuses, et aussi à une période avancée de la myosite pyrétique. Dans cette dernière affection, qui a pour siège de prédilection le tiers inférieur des muscles grands droits de l’abdomen, l'hémorrhagie est liée non seulement à une modification préalable du muscle, mais encore à l’altération des artères de cet organe, à une endartérite finissant quelquefois par une oblitération vasculaire (Ilayem) ; c’est sans doute à une lésion de ce genre que se rattachent quelques-unes au moins des hémorrhagies du scorbut.

Les faisceaux musculaires, ramollis, friables, jaunâtres, en partie détruits ou rompus, sont écartés par le sang extravasé sous forme de caillots plus ou moins volumineux. Ces caillots irritent les tissus de leur voisinage, et sont peu à peu circonscrits par une membrane de nouvelle formation qui aide à leur résorption, au fur et à mesure de la modification subie par les globules sanguins. Ainsi, il vient un moment où l’hémorrhagie musculaire revêt un caractère entièrement kystique.

Les hémorrhagies névropathiques des muscles, peu étudiées, et dans tous les cas peu fréquentes, se montrent sous la forme d’infiltration sanguine, de taches ecchymotiques, plutôt que sous celle de caillots san- , guins ; elles ne sont accompagnées d’aucune déchirure musculaire et dis-

ANATOMIE PATHOLOGIÜtJE.

paraissent sans laisser de trace. Les hémorrhagies survenant dans le cours d’un accès de fièvre intermittente et beaucoup d’autres ont cette origine.

Les hémorrhagies hémopathiques sont rares ; elles se traduisent le plus souvent par de simples ecchymoses, et s’observent dans certaines formes d’empoisonnement (phosphore, arsenic), dans le cours des affections du foie avec altération des cellules propres de cet organe, dans les affections de la rate, la leucémie, etc.

BiBLioGRApaiE. — J. Cruveilhier, Apoplexie musculaire (Anat. path. gêner., livr. XVII, pl. III, fig. 1). — Büciianam, Old blood-tumour of the gastroenemius muscle [Transact. of the pathol. Soc. of London, 1857, t. VIII, p. 363). — J. -F. Payne, Hœmatoma among the muscles of thig (Ibid. , 1872, t. XXIII, p. 237).

— J. Cruveilhier, Apoplexie du tissu musculaire {Traité d’ anatomie pathologique générale, Paris, 1862, t. IV, p. 227 et 231). — R. Virchow, Hématome musculaire, dans Pathologie des tumeurs, trad. fr. par P. Aronssohn, Paris, 1867, p. 140. — Reverdin et Hayem, Hématome des muscles droits de l’abdomen dans le cours de la phthisie pulmonaire (Bull, delà Soc. anat., 1868, t. XLIII, p. 612).

— G. Hayem, Études sur les myosites symptomatiques {Arch. de physiol. norm. et patholog., Paris, 1870, t. III, p. 428).

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