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III. — Hydromyélie

Ce nom qui a été employé comme synonyme de hydrorachis ou Spina bifida (voy. t. I, p. 130) devrait, selon nous, servir à désigner exclusivement rhydropisie du canal central de la moelle épinière. L’hydromyélie doit être rapprochée, en effet, de l’hydrocéphalie, affection avec laquelle elle coexiste parfois, et le nom de syringomyélie que lui a donné Ollivier, ayant depuis lors reçu une autre signification, il nous a paru qu’il y avait lieu de ne pas l’employer.

De même que le cerveau se trouve creusé de cavités intérieures, de même la moelle présente, du moins pendant la vie fœtale, un canal central qui se rétrécit vers le cinquième ou sixième mois et s’oblitère, dans la suite plus ou moins complètement ; mais, dans certaines circonstances, ce canal se remplit de sérosité et persiste : c’est alors qu’il y a hydromyélie. Des exemples nombreux de cette affection ont été rapportés : Bonnet parle dans son Sepulchretum d’un cas d’hydrocéphalie dans lequel les hémisphères étaient distendus par huit livres de sérosité, tandis que la moelle épinière ofl'rait dans son centre une cavité qui se prolongeait jusqu’à la région dorsale ; le liquide qui la distendait communiquait avec les ventricules du cerveau par l’intermédiaire de l’aqueduc de Sylvius. Semblable disposition se rencontre fréquemment chez les fœtus affectés d' hydrorachis et de spina bifida. Chez un fœtus né avec un spina bifida delà région cervicale. Portai a trouvé le canal central de la moelle aussi large que celui d’une plume à écrire, rempli d’un liquide roussâtre et communiquant avec le quatrième ventricule. Hutchinson a constaté l’existence d’un canal centrai de la moelle qui s’étendait des ventricules cérébraux à un sac séreux situé au niveau de la queue de cheval. Leyden a observé un fait qui nous paraît encore avoir sa place ici; c’est celui d’un enfant de deux ans et demi, opéré d’un encéphalocèle et qui présentait un élargissement considérable du canal de l’épendyme. Beaucoup d’autres faits sont connus sous cette même dénomination, mais dans le nombre il s’en trouve quelques-uns sur la nature desquels il est possible de conserver du doute. Tel est celui d’un pêcheur vénitien sur le cadavre duquel Morgagni et Santorini virent le canal central de la moelle élargi au point d’admettre l’pxtrémité du petit doigt jusqu’à cinq travers de doigt au-dessous de la moelle allongée, et entouré de substance grise.

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sans communication avec les deux sillons médians. Tel est encore le cas rapporté par Nonat, d’un sujet qui succomba après avoir présenté pendant un an les symptômes d’une lésion grave de la moelle épinière. A l’autopsie il existait dans la moelle cervicale un canal tapissé d’une membrane fine et luisante et rempli de sérosité liquide. Ces derniers faits sont vraiment trop différents de ceux qui précèdent pour pouvoir leur être assimilés ; non seulement, ils ne se rencontrent pas chez des j nouveau-nés atteints d’hydrocéphalie ou d’hydrorachis, mais dans l’un et dans l’autre cas il est question d’une substance grise qui entourait le canal central, ce qui nous porte à les rapprocher des cas de myélite avec syringomyélie dont nous parlerons plus loin.

^ L’hydromyélie, qui a encore été décrite sous le nom d’hydrorachis interne, présente des degrés divers. Les faits que nous avons cités se rapportent aux cas les plus légers, à ceux dans lesquels, le canal central est ! peu distendu et la moelle épinière légèrement comprimée; ajoutez qu’il est des circonstances où le liquide hydropique en plus grande abondance distend la moelle au point de l’atrophier et de la faire disparaître totalement; ces faits se confondent avec ceux d’amyélie.

Bibliographie. — Ollivier, Traité des malad. de la moelle épinière (édit. 2, Paris, 1827, p. 178). — A. Forster, Enorme déreloppement de Vépemhjme dans une hydrocéphalie chronirpie (Wurzb med. Zcitschrist, 1800, 1. 1). — ■ Le même. Die Misshilditngen des Menschens. léna, 1805, p. 88. — Hutchinson, Spina j bifida, with hydroccphalus serons canal through the whole length of spinal f'ord.

I [Transactions of the pathol . Society of London, 1857, t. VIII, p. 23). — R.

' Virchow, Me Betheiligung des Rückenmarlies an der Spina bifida und die Hydromyelie [Archiv f. pathol. Anat. and Physiolog., 1803, t. XXVII, p. 575). — E. Leyden, Ueber Hydromyelie und Syringomyelie [Archiv f. pathol. Anat. und ‘ Physiol., 1870, t. LXVIII, p. 1).

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